Politique

Le président, Pierre Nkurunziza, est candidat à sa propre succession. Afriqueeducation.com a, souvent, écrit qu'il est un potentiel président à vie qui ne dit pas son nom, à l'instar de certains de ses homologues voisins. A ce titre, il compte se présenter en 2020, en 2025, en 2030, en 2035, en 2040, en 2045, en 2050, etc. jusqu'à ce que Dieu le Tout Puissant décide de lui donner un congé définitif. Voilà le programme de Nkurunziza, maintenant qu'il a vaincu la faible résistance de son opposition et celle de ce qui est communément appelé, « communauté internationale ».

Qualifié de président corrompu (ce qui est une insulte dans son pays), le président, Jacob Zuma, dont les Sud-Africains, ne veulent plus et dont les affaires de corruption continuent de défrayer la chronique, est, une nouvelle fois, passé entre les gouttes, lors d'un vote, mardi, 8 août, pour sa destitution. Obligée d'organiser ce vote à bulletins secrets, sa très proche, la présidente du Parlement, Baleka Mbete, a poussé un Ouf de soulagement, après avoir constaté que son mentor de président de la République, n'allait pas être éjecté du pouvoir comme un malpropre. C'eût été une première dans ce pays où la bonne image laissée par Nelson Mandela, commence à s'évanouir à cause des pratiques malsaines de certains de ses indignes héritiers comme Jacob Zuma.

Fils du lamido de Garoua (Province du Nord-Cameron), Issa Hayatou a décidé de sortir de sa réserve. De naturé très réservé, il n'a, jamais, pendant 29 ans de présidence de la CAF (Confédération africaine de football), fait de déclaration à l'emporte-pièce, jamais, prononcé un mot au-dessus de l'autre, portant préjudice à qui que ce soit. Cette forme d'éducation est, foncièrement, ancrée dans sa culture. Pourtant, que de problèmes n'a-t-il pas rencontré dans sa très longue et riche carrière. Alors qu'il s'était, formellement, interdit de commenter l'action de son successeur, il est, malheureusement, obligé, trois mois, seulement, après so départ de l'organisation, de mettre les points sur plusieurs « i ». Cette sortie a été faite, sur les antennes de la CRTV-Radio, aujourd'hui, au lendemain du très long communiqué du président de la Fédération camerounaise de football, qui signifiait la « consternation » du Cameroun, après les propos disproportionnés et, visiblement, irréfléchis du président, Ahmad Ahmad, sur l'incapacité (manifeste) du Cameroun, « actuellement incapable d'organiser une CAN même avec 4 équipes ». Pour Issa Hayatou (président pendant 29 ans de la CAF), le Cameroun, à l'heure actuelle, dispose de 5 stades au point dont trois à l'état neuf (Stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, Stades de Limbe et de Bafoussam, tous à l'état neuf et répondant aux Normes CAF et FIFA). Voici, du reste, l'essentiel de ses déclarations, qui permettent à chacun de se faire sa propre opinion.

La République démocratique du Congo (RDC) a connu une éruption de violences, lundi, 7 août, avec douze morts par balle, à Kinshasa (certaines sources font état de plusieurs dizaines de morts), selon la police, qui accuse une secte politico-religieuse opposée au président, Joseph Kabila, à la veille du lancement d'une série de mobilisations de l'opposition contre le chef de l'Etat. Joseph Kabila avait refusé de quitter son poste au terme de son mandat, fin décembre 2016, et s'y maintient, toujours, grâce à la seule force militaire. Joseph Kabila est, cependant, assis sur un volcan (politique) susceptible d'entrer en ébullition à tout moment. Les prochains jours s'annoncent, d'ailleurs, tumultueux sur le plan des manifestations de l'opposition et de la société civile.

La présidente du parlement sud-africain a créé la surprise lundi, 7 août : les députés voteront à bulletin secret la motion de défiance contre le chef de l'Etat, Jacob Zuma, une décision qui pourrait encourager des députés de l'ANC au pouvoir à lâcher le très controversé président sud-africain, qui fait honte à certains parlementaires de son parti.

Des manifestants se sont réunis, lundi, 7 août, dans la capitale du Nigeria, Abuja, pour demander le retour ou la démission du président, Muhammadu Buhari, toujours, à Londres, depuis trois mois, pour des raisons médicales.

L'ancien président de Côte d'Ivoire et actuel président du PDCI et du RHDP, Henri Konan Bédié, vient d'en avoir pour son grade. Homme politique qui est tout sauf « faux », il n'a pas décelé, à temps, malgré de nombreuses mises en garde, que son « jeune frère », Alassane Ouattara, allait (comme il sait bien le faire) le tourner en bourrique. Complètement enfariné, aujourd'hui, le Grand Aimé Henri n'a plus que ses yeux pour pleurer, lui qui en voulait à certains de ses militants, qui osaient le mettre en garde contre Alassane Ouattara, homme qui a, rarement, respecté ses engagements.

Le principal chef de l'opposition au Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, a annoncé, samedi, 5 août, la formation d'une grande coalition de plusieurs partis d'opposition, dont le sien, en vue de défier à la présidentielle de 2018, Camarade Bob, l'inamovible chef de l'Etat qui trône à la tête du pays depuis 1980. Morgan Tsvangirai prend-il ses désirs pour la réalité ? A-t-il les moyens de son ambition ?

Que se passe-t-il au Bénin où le président élu, Patrice Talon, en fonction depuis l'année dernière, avait annoncé qu'il ne ferait qu'un seul et unique mandat à la tête du pays alors que la constitution lui donne la possibilité d'en faire deux ? Connaissait-il l'ampleur des mécontentements que sa politique allait entraîner avant de ne vouloir faire qu'un seul mandat ? Patrice Talon bouscule tout sur son passage, et Léhady Soglo n'échappe pas à ce tsunami, y compris, dans son propre parti, la Renaissance du Bénin, où il a, récemment, été suspendu de ses fonctions de président national.

Les 8e Jeux de la Francophonie terminés, la Côte d'Ivoire reprend son cycle normal de vie, fait d'attaques de commissariats ou de mutineries montrant des revendications des soldats non satisfaites, alors que Hamed Bakayoko, nouveau ministre de la Défense, a entrepris la tournée des casernes pour faire des promesses que l'Etat ne pourra tenir, pas plus que celles qu'avait faites Alassane Ouattara dans la rébellion.

Les Rwandais ont voté toute la journée du vendredi, 4 août, pour un scrutin présidentiel, qui n'était en rien différent des scrutins organisés sous le parti unique de son prédécesseur, Juvénal Habyarimana. Après avoir modifié la constitution qui n'autorisait pas un troisième mandat successif, Paul Kagame a, désormais, la voie libre pour la présidence à vie qu'il caresse de toutes ses forces depuis qu'il côtoie d'autres dictateurs (Ouganda, Congo-Brazzaville par exemple). Sans coup férir, il a obtenu son minimum syndical : 98% des voix. Qui dit mieux ?

C'est le genre de nouvelle qui jette de l'huile sur le feu, qui montre que les relations se dégradent entre Yahya Jammeh, ses proches, et l'actuel pouvoir, au lieu de s'améliorer. Qui a intérêt à ce que subsiste un climat de guerre entre Jammeh et Barrow et pour quel intérêt ? Désormais, l'ancien président gambien, en exil en Guinée équatoriale, devra-t-il voyager avec un passeport diplomatique offert par Teodoro Obiang Nguema puisqu'on l'a délesté du sien ? En attendant les explications de Banjul, on peut dire que cette décision ne favorise nullement la paix en Gambie.

Au moment où la chancelière, Angela Merkel, essaie de lancer un Plan Marshall pour favoriser le développement de l'Afrique et stopper les flux d'immigrés africains qui convergent vers l'Europe, le président français, Emmanuel Macron, a fait part de sa propre lecture de ce qui bloquait le développement de ce continent, à savoir, un problème « civilisationnel » avec des femmes qui comptent de 7 à 8 enfants, ce qui ne peut favoriser aucun développement malgré les « milliards » versés. Au moment où le ciel commençait à s'abattre sur la petite tête de Macron, à cause de ses propos désobligeants, certains parlementaires ouest-africains emmenés par le président de l'Assemblée nationale du Burkina Faso, Salif Diallo, ont cautionné le discours de Macron en soutenant l'instauration du planning familial pour limiter le nombre d'enfants à 3 par femme en Afrique de l'Ouest. Voilà comment le discours du président français a été légitimé par les parlementaires ouest-africains sur un continent qui a tout intérêt à faire des enfants, en grand nombre, car il y a de l'espace, un sous-sol riche, et que la population est une donnée économique de taille (cas de la Chine, de l'Inde et du Nigeria) et que ce n'est pas parce qu'en Europe, les hommes épousent les hommes, les femmes épousent les femmes, et par conséquent, tournent le dos à la procréation, ce qui sous-peuple ce continent, qu'on doit imposer cette « civilisation » à l'Afrique.

En un an (puisqu'il est en place depuis fin mai 2016), le président des Comores, Azali Assoumani, présente un bilan plus que positif : « Désormais, aux Comores, les villages, les foyers, les ateliers et les entreprises sont fournis en électricité, 24 heures sur 24 ». Autrement dit, plus de délestage. Qui dit mieux dans le reste de l'Afrique ? C'est quand même une performance rarissime. Ce n'est pas tout : « Je gère les deniers publics en bon père de famille. Il suffit de voir le parcours fait en un an en matière d’investissements publics et de régularité dans le paiement des salaires des agents de l’Etat, sur des fonds propres, contrairement, à mes prédécesseurs, pour s’en convaincre ». Le président revient sur beaucoup d'autres aspects positifs de son quinquennat dans cette interview que nous vous laissons découvrir. Malheureusement, le président rencontre, aussi, des difficultés. Des dossiers qui n'avancent pas comme il l'aurait souhaité. C'est le cas de Mayotte : « Les Comoriens meurent dans l’indifférence et le silence de la communauté internationale. Mais, ici, c’est moins spectaculaire que sur la Méditerranée », affirme le président, pour dénoncer le Visa Balludur qui a instauré un mur entre Comoriens. C'est une épine dans la chaussure de la France, ce fameux Visa Balladur, qui a transformé l'Océan Indien en un cimetière sans nom, à cause des embarcations de fortune parties des Comores, qui n'arrivent jamais à destination. Le droit international donne pourtant raison au président comorien : Mayotte devrait appartenir à l'Union des Comores. Pourquoi la France, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations-Unies, ne respecte-t-elle pas le droit international qu'elle est chargée de faire appliquer ? C'est, malheureusement, une question à laquelle ne peut répondre le président des Comores.
Le président a, aussi, répondu à la question ayant trait à la présidence tournante, ainsi qu'à plusieurs autres interrogations de ses compatriotes. Une interview parue dans le numéro 454-455 de juillet-août d'Afrique Education, actuellement, chez les marchands de journaux.

Vingt candidats se sont lancés, lundi, 31 juillet, dans le marathon électoral en vue de la succession de la présidente, Ellen Johnson Sirleaf, qui a accepté de quitter son poste, au terme de deux mandats successifs, sans modifier la constitution pour s'accrocher au pouvoir. Parmi les incontournables de cette présidentielle, l'ancien Ballon d'Or et actuel sénateur, George Oppong Weah, mais aussi, l'ancien chef de guerre, Prince Johnson, et l'ancien mannequin, MacDella Cooper.

Après le Nigeria dont les nouvelles autorités sont en train de poursuivre au tribunal l'ancien président, Goodluck Jonathan, et son ex-ministre du Pétrole, Diezani Alison-Madueke, réfugiée, à Londres, pour l'obtention de gros pots de vin dans des affaires d'attribution de permis pétroliers, c'est un autre pays anglophone du continent qui se distingue dans la lutte contre la corruption. Depuis, lundi, 31 juillet, en effet, les autorités du Malawi ont lancé un mandat d'arrêt contre l'ancienne présidente de la République, Joyce Banda, impliquée dans un gigantesque scandale de corruption dit du « Cashgate ».

La Corée du Nord est-elle une réelle menace pour la paix dans le monde ? Cette question mérite d'être posée. Certes, ce pays où la population meurt de faim, est champion toutes catégories des essais nucléaires. Ceux-ci se font de père en fils et, aujourd'hui, petit-fils, devant la vocifération des maîtres du monde et donneurs de leçons devant l'éternel (Paris, Londres, Washington). Et si, au lieu d'accuser toujours le grand camarade nord-coréen, Kim Jung-un, qui n'a rien à foutre des récriminations des Occidentaux, en colère contre ses essais, les pays titulaires des mêmes bombes de destruction massive, décidaient de mettre leurs compteurs à zéro ? Car, ce qu'on ne dit pas, c'est que, quand la Corée du Nord n'aligne que 10 bombes nucléaires qui provoquent tant de bruits, Washington, par exemple, en déploie 8.000, la France, 300. Une disproportion en leur faveur qui n'empêche, nullement, les Occidentaux de hurler. « Le Mouvement de la Paix » (France) en appelle, donc, aux uns et aux autres à plus de sagesse et à plus de responsabilité, dans son communiqué ci-après.

Beaucoup d'observateurs occidentaux critiquaient les Chinois de faire, uniquement, du commerce en Afrique en évitant de s'occuper des nombreuses questions du continent ayant trait à sa défense et sa sécurité. Depuis quelques années, les Chinois ont commencé à apporter des réponses à ces critiques, en envoyant des soldats au Darfour et au Nord-Mali. Mais, là où ils ont frappé fort, c'est dans la base militaire qu'ils ont construite, à Djibouti, et dont le rôle est, entre autres, de sécuriser les échanges de l'Empire du Milieu venant d'Afrique et de veiller à la protection de ses intérêts sans cesse grandissants.

Le nouvel envoyé de l'ONU pour la Libye, le Libanais, Ghassan Salamé, a rencontré, vendredi, 28 juillet, le secrétaire général des Nations-Unies, António Guterres, au siège de l'Organisation, à New York. La feuille de route qu'il compte appliquer, en Libye, a été exposée au secrétaire général de l'ONU.

Le président du Bénin, Patrice Talon, serait-il, à son tour, atteint par l'ivresse du pouvoir et de ses dérives ? La question se pose au fur et à mesure qu'il côtoie les dictateurs africains dans le cadre de sa fonction. La façon dont il a envoyé les forces de l'ordre et de sécurité s'introduire dans la résidence du maire de Cotonou, Lehady Soglo (que le pouvoir accuse de vouloir détruire les documents financiers et comptables de sa mairie de 2013 et 2014), sans mandat de perquisitionner, dans un Etat de droit (comme le Bénin), pousse à s'interroger : Où va le Bénin ? Après avoir voulu (sans succès) détruire la carrière politique de Sébastien Ajavon (qui l'avait pourtant soutenu au deuxième tour de la présidentielle où il était sorti troisième), pour une fausse affaire de drogue cachée dans un container au port de Cotonou, voilà que le président, Patrice Talon, met le grapin sur le jeune maire, Lehady Soglo, convaincu qu'il sera un adversaire de taille, à la prochaine élection présidentielle, à laquelle, lui, Patrice Talon sera candidat, après avoir dit et redit au monde entier qu'il n'était à la tête du Bénin que pour un seul et unique mandat de cinq ans. L'ivresse du pouvoir ! Dans le texte qui suit, notre ami, Olympe Bhêly-Quénum, qu'on ne présente plus, a pris sa plume pour dire tout le mal qu'il pense de cette dérive dictatoriale des autorités béninoises. On sent Olympe en colère.