Politique

Le président de la République du Mozambique, Filipe Jacinto Nyusi, et le chef du principal parti d'opposition, Afonso Dhlakama, ont conclu un accord sur une trêve indéterminée, qui fait suite à une première trêve de sept jours instaurée le 27 décembre 2016 et prolongée à deux reprises pour soixante jours.

La répression militaire qui s'abat sur la secte Boko Haram, ses divisions internes, ainsi que, l'état de santé du président du Nigeria, ont rendu possible la libération de 82 lycéennes de Chibok kidnappées il y a trois ans, après des semaines d'intenses négociations.

Le parlement panafricain a, réellement, besoin d'un second souffle. Depuis sa création, en 2001, il n'a aucun fait d'arme probant à son actif. Son président, le Camerounais, Roger Nkodo Dang, a, donc, raison de tenter de lui donner un sang neuf. Une initiative qui ne peut donner des fruits qu'en faisant appel à des chefs d'Etat, démocratiquement, élus, c'est-à-dire, porteurs d'espoir et d'aspiration populaire, comme le Burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré.

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, fait, désormais, une course contre la montre. A près de quatre ans de son deuxième et dernier mandat, il est convaincu d'avoir raté sa politique de réconciliation nationale. Pire : il risque de laisser la Côte d'Ivoire dans d'énormes tensions socio-politiques. Au sein même de sa propre famille politique, le RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix), chacun regarde de son côté, après son implosion du fait du président Ouattara à vouloir tout donner à son (seul) parti, le RDR. En effet, l'UDPCI et le MFA qui étaient deux principales composantes du RHDP ont fini par claquer la porte et perdu illico presto leurs postes de ministres dans le gouvernement. Avec le cacao qui s'empile dans le port de San Pedro et l'endettement qui repart à la hausse, la fin de mandat d'Alassane Ouattara risque tout simplement d'être apocalyptique.

Tout commence pour Emmanuel Macron. Elu président de la République, dimanche 7 mai, le candidat d'En marche ! n'a pas vraiment le temps de savourer son triomphe. Le futur locataire de l'Elysée a un calendrier déjà bien chargé, entre tractations politiques et rendez-vous protocolaires. Ce matin, il a participé, aux côtés de François Hollande, aux cérémonies du 8 Mai, à Paris. Un début d'apprentissage d'une fonction qui sera, loin loin, d'être de tout repos. Attention aux législatives qui pourraient être calamiteuses si elles donnent lieu à une cohabitation. Juste dans un mois.

Les résultats du deuxième tour de l'élection présidentielle viennent de tomber : 34% pour Marine Le Pen contre 66% environ pour le vainqueur, Emmanuel Macron. On aura beau dire que deux Français sur trois adhèrent au projet de la France « En Marche ». Ce serait ignorer le plus grave : un Français sur trois vote pour le repli sur soi, le choix du racisme et de la xénophobie.

Après trois semaines d'absence, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a réapparu, vendredi, à l'occasion de la prière, à la mosquée du palais présidentiel. Quand elle est sortie de sa réserve, il y a quelques jours, pour annoncer qu'il n'y avait pas d'inquiétude à avoir sur la santé du président de la République, la première dame, Aisha Buhari, avait été accusée d'occulter les faits. Elle disait, pourtant, la vérité. Le cœur des Nigérians s'arrête-t-il pour autant de battre fort ?

Le dictateur est, sérieusement, gêné aux entournures. Rien ne marche plus pour lui en ce moment : dans le Pool où il a pensé envoyer, fin avril, une expédition punitive pour en finir avec le pasteur Ntoumi, c'est un véritable désastre pour ses soldats et miliciens : 200 tués rien que le 1er mai. Parfois du fait de sa propre aviation. A Paris, Okemba Jean Dominique qu'il a envoyé pour rencontrer le candidat, Emmanuel Macron (futur chef de l'Etat français), a trouvé portes closes. Seule bouffée d'air frais pour le dictateur : le retour, à Brazzaville, d'Antoinette après un séjour médical réussi à Paris. Cela suffira-t-il à lui remonter le moral alors que Brazzaville commence à être sous la menace des Ntoumi Boys ?

Pour une fois que le doyen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, demande à oeuvrer en faveur de la paix dans le monde au sein des instances mêmes des Nations-Unies, organisation dont la Guinée équatoriale est membre à part entière et où elle a toujours rempli efficacement un rôle constructif pour assurer l'entente entre les peuples, il ne devrait, réellement, pas avoir de contre-feux. La Guinée équatoriale voudrait devenir membre non permanent du Conseil de sécurité lors des élections de juin prochain. Pour y parvenir, avec le maximum de facilités, le président de la République est en train de battre le rappel de ses amis et soutiens pour cette noble cause.

Jacob Zuma n'est pas en odeur de sainteté depuis qu'il a effectué un remaniement ministériel contesté jusque par son propre vice-président de la République, Cyril Ramaphosa. Jeudi, 4 mai, c'est la justice qui s'en est mêlée en lui demandant les documents qui prouvent que ce remaniement a été fait pour préserver l'intérêt national. C'est une nouvelle affaire qui commence et qui est du pain béni pour son opposition aussi bien parlementaire et syndicale que de l'ANC, son propre parti dont il est le président.

Muhammadu Buhari n'est pas au seuil de la mort. Pour une fois, son épouse, Aisha Buhari, n'est pas priée de s'occuper de sa « cuisine » pour l'empêcher de donner son point de vue sur tout. Après cette leçon de mariage entre ces deux distingués époux, en Allemagne, sous les yeux ébahis de la chancelière, Muhammadu Buhari a, certainement, été content de la montée au créneau de son épouse pour dire, cette fois, qu'il est loin d'être mourant (comme ça se dit sur les réseaux sociaux) et qu'il travaillait de façon reposée, depuis la résidence. Les propos de la première dame sont-ils pour autant rassurants ?

Denis Sassou-Nguesso est (très) silencieux ces derniers temps. Totalement muet. Il sait pourquoi. Ses dernières cartes jetées dans la bataille du Pool où il essaie d'en finir avec les FALC (Forces d'autodéfense pour la libération du Congo) tournent à un véritable massacre de ses propres troupes : sans exagérer, on compte, déjà, près de 200 soldats tués non seulement par les combattants de Ntoumi, mais aussi, par les hélicoptères du dictateur qui ont bombardé, par erreur, hier, les soldats venus de Brazzaville, provoquant un bain de sang. L'état-major, comme d'habitude, ne fera aucune déclaration.

Muhammadu Buhari savait-il qu'il était inapte pour diriger le Nigeria et il s'est, tout de même, présenté à l'élection présidentielle ? La question mérite d'être posée car depuis qu'il a prêté serment, il y a deux ans, il n'arrête pas de tomber malade. Après avoir suivi des soins pendant un mois et trois semaines en janvier, février et mars derniers, à Londres, il vient, à nouveau, d'arrêter le travail manquant les deux derniers conseils des ministres. Ces absences répétées font monter au créneau la société civile qui lui demande de se mettre, carrément, en congé maladie, afin qu'il se soigne correctement.

Les deux principaux protagonistes de la crise en Libye, le chef du gouvernement d'union (GNA), Fayez al-Sarraj, et l'homme fort le maréchal Khalifa Haftar, se sont rencontrés, mardi, 2 mai, à Abou Dhabi, selon l'agence loyale aux autorités de l'Est libyen. Les deux négocient l'avenir de la Libye.

Le Front national (FN) a créé la surprise en réussissant le ralliement du gaulliste, Nicolas Dupont-Aignant, président de Debout la France. Ancien membre du RPR et de l'UMP, il en est parti, en 2005, après que son parti et le Parti socialiste se mirent ensemble pour rejeter le vote du peuple qui ne voulait pas de l'Union européenne. Les Africains désapprouvent la Françafrique, cette politique de pillage systématique et de destruction de leur continent mise en oeuvre par les pouvoirs de droite et de gauche successifs à l'Elysée. Or, si les Républicains et le parti socialiste ont montré, sur ce plan qu'ils étaient bonnet blanc blanc bonnet, le FN, lui, veut que les Africains restent chez eux, aient leur monnaie différente du F CFA, exploitent leurs ressources et élisent, sans interférence extérieure, leurs dirigeants. Voilà pourquoi notre collaborateur se pose la question : qui en réalité est contre l'Afrique et les Africains ? Qui est contre la Françafrique ?

Le Gabon est en plein dialogue convoqué par le président, Bongo Ondimba Ali. Celui-ci ne réunit pas les amis du candidat malheureux à la présidentielle, Jean Ping. Pourtant, ce dialogue politique est une ultime chance pour le pays. Les Gabonais sauront-ils oeuvrer au nom du seul intérêt de leur pays ?

Le président du Togo, Faure Gnassingbé, pourrait, valablement, nommer son ambassadeur en France, « Ministre de la Promotion commerciale ». Il ferait bien le job. Mais, en France où il est, solidement, implanté, il ne perd pas au change. Car Paris est une place forte de sa diplomatie économique. On s'en est rendu compte, vendredi, 28 avril, lors du 57e anniversaire de l'indépendance, fêté en léger différé, à Paris, où l'ambassadeur, Calixte Batossié Madjoulba, a réuni deux gros milliers de ses compatriotes ainsi que des amis duTogo. Du beau monde au Pavillon Royal qui a abrité la cérémonie autour du bon vin et des mets togolais, ont permis de passer de très beaux moments. Car les moments de réjouissance comme ceux-là, sont bien rarissimes. L'ambassadeur l'a bien compris en mettant les petits plats dans les grands, ce qui a fait que les Togolais, unis et réunis autour de lui, ne voulaient plus quitter le Pavillon royal, même quand l'heure de partir et de libérer le local, avait sonné.

Denis Sassou-Nguesso a fait ses comptes : il ne se retrouve pas dans cette élection présidentielle française dont le deuxième tour se tiendra le 7 mai prochain. Son candidat rêvé, François Fillon, a été balayé au premier tour. Mais comme il sait très bien être entreprenant quand il le faut, il cherche à se positionner. Maintenant qu'il est encore temps. Le chargé de cette mission n'est autre que l'incontournable, Jean Dominique Okemba, qui vient d'atterrir, à Paris, ce samedi matin à ce sujet. Objectif : rencontrer Emmanuel Macron pour lui parler "bien".

A peine revenu de Londres où il est resté pendant près de deux mois pour se soigner, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, fait, encore, faux bond, en manquant, coup sur coup, deux conseils de ministres qu'il devait présider, ces deux dernières semaines. De quoi souffre, réellement, « Baba Go Slow » ? Pourra-t-il tenir les très lourdes charges de chef de l'Etat jusqu'à la fin de son mandat ? Les Nigérians retiennent leur souffle.

Les grandes manœuvres ont commencé, au Kenya, en vue de l'élection présidentielle du 8 août 2017. Candidat malheureux, il y a 5 ans, Raila Odinga va, à nouveau, croiser le fer avec l'actuel président de la République. Candidat unique de l'opposition, il ambitionne, cette fois, de déboulonner Uhuru Kenyatta qui souhaite se succéder à lui-même. Seule inconnue : les violences qui pourraient marquer le scrutin comme celui qui avait consacré la réélection du président, Mwai Kibaki, il y a dix ans ; on avait enregistré 1.100 morts.