Politique

L'élection présidentielle qui aura lieu le 8 août prochain commence dans un climat de terreur. Avec l'attaque de la résidence à l'arme lourde, ce samedi, 29 juillet, du vice-président kenyan, William Ruto, qui fait liste commune avec le président, Uhuru Kenyatta, on peut, d'ores et déjà, dire que les hostilités sont mal engagées. Et que le spectre d'il y a dix ans où les violences électorales avaient fait 1.100 morts, fin 2007-début 2008, plane, à nouveau, sur le Kenya.

A peine arrivé à l'Elysée, Emmanuel Macron a trouvé des « amis » qui n'ont pas pris de gant pour s'imposer à lui. Quand on décide de gouverner un pays comme la France, doit-on, absolument, avoir les mains sales ou tremper dans les combines des dictateurs africains ? Après que Déby eut menacé de retirer, unilatéralement, le contingent tchadien du Sahel, le jeune président français a pris peur, et l'a reçu, en grandes pompes, à l'Elysée, une semaine, seulement, après le Sommet du G5, le 2 juillet, à Bamako : accolades, embrassades, tapes sur les joues, main dans la main, le général-tortionnaire du Tchad au pouvoir depuis 26 ans (sans jamais avoir gagné une élection), aux anges, a dû se dire, intérieurement : autant c'était un peu dur (au départ) de se mettre Hollande dans la poche, autant Macron s'est, littéralement, couché avant que je lui demande de se relever.

Le président, Denis Sassou-Nguesso, a-t-il encore besoin de bomber le torse ? Si oui, contre qui ? Aucun Congolais n'est (réellement) fait à sa pointure. Telle le vent du désert, sa furie a tout balayé sur son passage. Ceux des opposants qui ont essayé de le contrarier, ont, sans ménagement, été jetés en prison. Devant le silence et l'indifférence des Congolais, ils peuvent y moisir à moins de bénéficier de la magnanimité du dictateur. Après le vote d'une nouvelle constitution, en octobre 2015, la victoire plus que contestée à l'élection présidentielle de mars 2016, voilà le « raz-de-marée » aux législatives de juillet 2017. C'est du grand art qui mérite d'être enseigné dans les universités : comment être dirigeant impopulaire et tenir tête à tout le monde. Une sacrée performance digne du leader nord-coréen Kim Jung-un qui n'est pas à la portée du premier venu.

La Côte d'Ivoire est-elle le berceau de l'impunité ? Si l'ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, est protégé du fait de sa nouvelle nationalité ivoirienne, qui n'autoriserait pas son extradition au Burkina Faso, tel semble être, aussi, le cas pour son frère cadet, François Compaoré, qui est accusé d'avoir commandité l'assassinat du journaliste, Norbert Zongo, et qui avait, également, obtenu, en un temps record, la nationalité ivoirienne, par les bons soins du président ivoirien, Alassane Ouattara.

Le fils contre le maître : Macky Sall contre Abdoulaye Wade. L'heure de la revanche a-t-elle sonné ? Alors qu'il se reposait, tranquillement, à Versailles, en région parisienne, depuis plus de deux ans, l'ancien président, Abdoulaye Wade, a, subitement, interrompu sa retraite méritée, pour une nouvelle bataille des législatives qu'il entend mener pour arracher la majorité à benno bokk yakaar (majorité présidentielle actuelle) à l'Assemblée nationale, ce qui permettrait à l'opposition actuelle de changer le cours des choses au Sénégal. Abdoulaye Wade pourrait, aussi, faire revenir, en homme libre, son fils, Karim Wade, de Doha, au Qatar, pour participer à l'élection présidentielle de 2019 dont il est le candidat du PDS (Parti démocratique sénégalais). Les enjeux sont, donc, multiples et variés.

Nommé ministre de la Défense depuis le limogeage (injuste) d'Alain-Richard Donwahi qui a rejoint le ministère des Eaux et Forêts, Hamed Bakayoko multiplie les visites dans les casernes et les temps de parole sur les médias d'Etat pour marquer les esprits. L'attaque de l'Ecole de police ayant coïncidé avec sa prise de fonction au ministère de la Défense, il a sanctionné les cinq gendarmes arrêtés en les radiant, purement et simplement, des effectifs de l'armée. Etait-ce la bonne solution ? Toujours est-il que les cinq vont se retrouver dans la nature où ils ne seront plus sous les ordres de personne.

Un homme averti en vaut deux. Secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, faute de prévenir les violences en Centrafrique et encore moins les contenir, en est arrivé à les annoncer. Si les Nations-Unies à travers la MINUSCA brillent par une légendaire inefficacité en Centrafrique, elles sont aidées en cela par les très inopérants gouvernements et parlements centrafricains, qui ne conjuguent pas leurs efforts pour aller dans la même direction. Le pays est en panne. Complètement à l'arrêt. Du coup, les Centrafricains commencent à regretter la (très critiquée) transition où les efforts réalisés par le duo Samba-Panza/Kamoun pour remettre le pays en ordre de marche, avant les élections, n'étaient pas, toujours, appréciés à leur juste valeur. Aujourd'hui, on se rend compte, même, très loin, à New York, au siège des Nations-Unies, que le Centrafrique va, sûrement, vers la catastrophe, s'il n'y a pas (à temps) ressaisissement du gouvernement et du parlement.

Même sous l'emprise des djihadistes d'Al-Qaïda, d'AQMI et de l'Etat islamique (EI), qui tentent de déstructurer ce pays dont le rôle donné à la femme, a, toujours, été un modèle à suivre dans le monde arabe, la Tunisie vient de réaliser un véritable bond en avant en votant une loi contre les violences faites aux femmes. Une très bonne nouvelle car sur un plan, purement, sécuritaire, par exemple, c'est la preuve que le pays n'est plus sous l'influence des djihadistes dont le propre, c'est de considérer la femme comme une sous-personne, pire, un objet, qui ne peut revendiquer aucun de ses droits dans la société.

Dans un décret signé, lundi, 24 juillet, par Ingénieur, José Eduardo dos Santos, président de la République d'Angola, Joao Manuel Gonçalves Lourenço est déchargé de sa fonction de ministre de la Défense, pour se consacrer, entièrement, à sa campagne des législatives dont le mandat de député lui permettra de devenir président de la République en tant que candidat du MPLA. De même, Bornito de Sousa Baltazar Diogo, quitte le ministère de l'Administration du territoire pour la même raison car il est le futur vice-président de la République. L'Angola donne la preuve de la stabilité de ses institutions alors qu'il n'y a pas dix jours, certains médias occidentaux annonçaient que le président était dans un coma irréversible dans une structure hospitalière en Espagne. Une désinformation que votre site quotidien, www.afriqueeducation.com avait, vivement, dénoncée.

La justice nigériane a abandonné les charges contre un homme qui avait nommé son chien, Muhammadu Buhari, du nom du président du Nigeria, actuellement, en « séjour médical », depuis deux mois et demi, à Londres.

Trois casques bleus marocains viennent d'être, sciemment, tués par les rebelles en l'espace d'une semaine, à Bangassou, sans compter les blessés. C'est inhabituel pour un contingent dit de paix d'être, ainsi, ciblé. Pourquoi le contingent marocain présent dans la ville de Bangassou est-il, autant, indexé par le groupe armé des Anti-Balaka ? Pourquoi l'évêque de la ville souhaite son départ ? Décidément, le retour de la paix en Centrafrique sera une œuvre de très longue haleine, les problèmes existant, partout, même là où on ne les imagine pas.

Candidat malheureux à l'élection présidentielle d'août 2016, Jean Ping a-t-il décidé de mettre le feu au Gabon à son retour, ce mardi, 25 juillet, soir, à Libreville ? Cette question mérite d'être posée car les faits parlent d'eux-mêmes avec la rumeur selon laquelle Jean Ping sera installé par la foule, ce soir, au Palais du Bord de Mer. Mais, il n'aura pas carte blanche pour créer le désordre. Car d'ores et déjà se dresse devant lui, Lambert-Noël Matha, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, qui invite, le plus tranquillement du monde, les Gabonais à ne pas suivre de tels mots d'ordre et à rester chez eux.

Graça Machel, la veuve de Nelson Mandela a eu gain de cause. Sans même attendre la décision de la justice, qui n'avait pas, encore, été saisie (mais qui allait l'être), l'éditeur du livre controversé sur la fin de vie de Nelson Mandela a préféré arrêter la polémique, en retirant, purement et simplement, le livre de la vente. Une très sage décision qui fait que l'honneur de Madiba reste sauf !

Voilà enfin un bon diplomate (français). Pas parce qu'il pleure à l'idée de quitter son poste, mais, parce qu'il aimait, réellement, son travail au Togo qu'il va devoir abandonner. C'est cela l'amour et l'attachement à un pays qu'on a servi pendant trois ans. Honneur à Marc Fonbaustier, ambassadeur de France, en fin de mission au Togo, qui n'a pas caché, les larmes aux yeux, qu'il était mécontent de laisser ce pays qu'il a appris à aimer de toutes ses forces pendant sa mission. Ils ne sont plus nombreux, ce genre d'ambassadeurs de France en Afrique, qui donnent, encore, une certaine place, à l'amour, aux sentiments, et l'affichent sans se soucier des qu'en dira-t-on. Bravo à cette France en voie de disparition.

Le dictateur parvient toujours à ses fins. Après avoir modifié la constitution en octobre 2015, comme il le souhaitait, il a obtenu son élection, lors de la présidentielle de mars 2016, dès le premier tour, en proclamant les résultats à 2 heures du matin, après avoir pris le soin de mettre 5.000 militaires dans Brazzaville, dans tous les coins de rue. Le 16 juillet 2017, le hold up de la présidentielle a été consacré par une victoire à la soviétique qui s'annonce aux législatives. Il a tout, Sassou-Nguesso, sauf, la paix intérieure, sauf la paix tout court car le Pool brûle !
Mais, il faut dire la vérité à l'opposition congolaise : chaque pays a les dirigeants qu'il mérite. Les Congolais, contrairement, aux Burkinabé, attendent la libération de leur pays par (François Hollande hier) et par Emmanuel Macron aujourd'hui. D'autre part, c'est le pays où chaque opposant croit être le meilleur pour devenir président de la République. Cherchez la raison de la longévité de Sassou : elle est là. Ce dernier ne le sait que trop bien au point qu'il n'existe pas un seul dirigeant français digne de ce nom, qui ne fasse pas ami ami avec lui. Il a tout le monde dans sa main. Dès lors, que faire, que dire, sinon, de pester loin du Congo, comme cet opposant dont nous publions le texte.

Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, a offert un chèque de 60.000 dollars à sa belle-soeur comme cadeau d'anniversaire. C'est une somme, suffisamment, élevée pour être signalée, surtout, dans un pays en crise comme le Zimbabwe. Agé de 93 ans, le président de la République estime qu'il a, suffisamment, travaillé, dans sa vie pour faire de telles largesses à des proches qu'il chérit. Cette somme d'argent fait, néanmoins, polémique à cause des pénuries de liquidités, particulièrement, prononcées que connaît le système bancaire national.

L'initiative ne doit pas prêter à sourire. Elle vient du président en exercice de l'Union africaine, le Guinéen, Alpha Condé, qui s'est souvenu que « Baba Go Slow » (Muhammadu Buhari) avait dû, pour cause de maladie, reporter sa visite officielle, en Guinée, en mars dernier. Depuis, son état de santé ne s'est pas beaucoup amélioré puisqu'il suit, toujours, un traitement, à Londres, où il est parti se soigner depuis plus de deux mois.

Est-ce de la rigolade ? L'opposition, qui étale, au vu et au su de tous, sa stratégie pour faire partir Joseph Kabila du pouvoir. Devrait-on en rire ? Soyons sérieux un instant en empruntant le langage de Wole Soyinka ou plutôt en le paraphrasant : Un tigre proclame-t-il sa tigritude ? Il attrape sa proie et la dévore le tout simplement du monde. Mais, comme il n'en est pas ainsi au Congo démocratique, pour les besoins d'information et de simple analyse (purement intellectuelle) qui n'a rien à voir avec le réalisme qui fait défaut aux politiques RDCongolais de l'opposition, nous vous livrons in extenso ce fameux plan de l'opposition rdcongolaise concocté pour chasser le petit dictateur du pouvoir.

La diplomatie économique de Faure Gnassingbé vient de poser ses valises, à Lisbonne, au Portugal. Son ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l'Intégration africaine, le professeur, Robert Dussey, et son homologue portugais, Augusto Santos Silva, ont démarré un partenariat qui se veut, d'ores et déjà, ambitieux. Pour preuve, le lancement d'une liaison aérienne entre Lomé et Lisbonne à raison de 4 vols (pas moins) par semaine, pour répondre aux besoins de cette nouvelle dynamique.

Il s'agit de préserver le mythe qui a entouré Nelson Mandela. C'est le combat qu'entend mener, Graça Machel, la veuve de Nelson Mandela dont le médecin personnel livre des détails croustillants de sa fin de vie dans un livre paru à l'occasion de sa date d'anniversaire. Graça, qui n'avait pas été informée du projet, est tombée dans une colère noire, et a, immédiatement, pris contact avec son avocat pour préparer, rapidement, une plainte. Va-t-on vers la suspension du livre ou de la suppression des passages portant sur des secrets sur le grand homme parus dans le livre ?