Alassane Ouattara

Afriqueeducation.com n'était pas encore né. Ce média en ligne n'a que deux ans. Ni sa version papier qui a 25 ans d'âge. Mais les journalistes de ce groupe peuvent confirmer que le 15 octobre 1987, fut un jour de deuil pour eux tous, quand ils entendirent les radios internationales annoncer l'assassinat crapuleux du président, Thomas Sankara. La journée fut gâchée pour eux tous, comme si Thomas était un membre de leur famille. Ce président était proche d'eux, par ses idées, ses comportements, son amour pour une Afrique prospère, sans guerre, débarrassée de ses puissances néocoloniales qui l'empêchent d'avancer, d'évoluer. Veuve Mariam Sankara, une femme digne dans la douleur et l'adversité, a montré l'exemple aux Burkinabé et aux Africains comment on doit se tenir, se comporter, dans une telle déchirure. Tôt ou tard, l'Afrique devra célébrer son mari, Thomas, à travers elle, car ce couple fait partie des icônes, avec des grands Africains comme Nelson Mandela, et quelques autres, qui donnent de la fierté à notre beau continent, malgré le ciel qui nous tombe sur la tête.

Les ministres des Finances, les gouverneurs des banques centrales et les présidents des institutions régionales de la zone franc se sont réunis, jeudi, 5 octobre 2017, à Paris, sous la présidence de l'ancien chiraquien, Bruno Le Maire, actuel ministre de l’Economie et des Finances, dans le premier gouvernement Macron. Alors qu'un peu partout, en Afrique de l'Ouest et du Centre (Dakar, Cotonou, Douala, etc.), on n'a plus peur de brûler les billets CFA (malgré la pauvreté ambiante), devant les caméras des télévisions, comme pour signifier le dégoût des populations pour cette monnaie, suprêmement, coloniale, maintenue pour perpétuer la domination française sur les économies des 15 pays africains (CEMAC, UEMOA et Comores), les argentiers africains réunis, à Paris, ont gardé leur queue entre les jambes, incapables de traduire cette préoccupation des peuples devant le représentant français de l'ordre colonial. De quoi inviter les Anti-CFA à redoubler la contestation car le combat est très loin d'être gagné.
Paris ne désarme pas pour autant. En marge des Assemblées Générales des Nations-Unies, à New York, le mois dernier, Emmanuel Macron avait chargé Alassane Ouattara d'une mission sur le CFA auprès de ses homologues de la zone. On n'a pas besoin d'avoir une licence de droit pour savoir de quoi il s'agissait.

L'armée ivoirienne a découvert une importante cache d'armes à Abidjan, selon une source de l'état-major, alors que la Côte d'Ivoire est secouée par une crise sécuritaire depuis plusieurs mois. Alors qu'il a, déjà, passé sept ans à la tête de l'Etat, le président, Alassane Ouattara, n'a, toujours, pas pu résoudre le problème de l'armée ivoirienne qui reste entier. Celle-ci est la principale menace pour la stabilité du pays. A trois ans de la fin de son deuxième et dernier mandat, peut-il, encore, résoudre ce lancinant problème que risque d'hériter son successeur ?

C'est un aparté assez inédit qui a eu lieu, lundi, 18 septembre, en marge de la 72e Assemblée des Nations-Unies, à New York. Pour la première fois, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a réuni quelques chefs d'Etat africains triés sur le volet, afin de leur parler Coopération de manière officielle. En réalité, c'est le conflit avec son puissant voisin et non moins puissance nucléaire, la Corée du Nord, qui a motivé cette rencontre. Objectif : couper tout lien (commercial) entre les pays africains (sous tutelle) et la Corée du Nord.

Professeur de littérature africaine à l'Université de Temple en Pennsylvanie (Etats-Unis), notre ami, Jean-Claude Djereke, n'y va pas de main morte contre le régime d'Alassane Ouattara dont il demande la chute sans porter les gants. Alassane Ouattara un chef d'Etat qui oeuvrerait contre les intérêts des Ivoiriens et qui recevrait ses ordres de Paris.

Alassane Ouattara, futur président réélu du RDR, dimanche, 10 septembre, à l'issue de son 3e Congrès ordinaire ? C'est une certitude puisque c'est lui-même qui s'était démarqué de cette fonction, après son élection à la tête du pays en 2010. Maintenant, il veut reconquérir ce poste pour quoi faire ? Pour imiter Ingénieur José Eduardo dos Santos quand il ne sera plus président dans trois ans ? Peut-être ! Pour tenir le RDR lui-même au moment où son rival de toujours, Henri Konan Bédié, dirigera son PDCI-RDA ? Sans doute ! Les grandes manœuvres commencent en Côte d'Ivoire, à trois ans d'une palpitante élection présidentielle à laquelle Ouattara ne sera plus candidat.

Les Français savaient que le F CFA est une monnaie impopulaire. Mais, ils ignoraient jusqu'à quel niveau elle l'était. Après l'emprisonnement (arbitraire) du panafricaniste, Kemi Seba, à Dakar, à la demande de la très néo-coloniale BCEAO, et sa remise rapide en liberté après la levée générale de bouclier, ils se rendent, aujourd'hui, compte que le F CFA est, tout simplement, vomi car les peuples africains n'en veulent plus. Que les chefs d'Etat comme l'Ivoirien, Alassane Ouattara, ou le Sénégalais, Macky Sall, continuent de le soutenir contre la volonté de la grande majorité des Ivoiriens et des Sénégalais, est une réalité qui en désole plus d'un en Afrique. Mais, ajoutons que ces deux dirigeants sont, strictement, minoritaires, dans cette position. Si Emmanuel Macron avait des doutes sur le crédit du F CFA en Afrique, il doit, maintenant, se rendre à l'évidence : qu'il retire, tout simplement, sa monnaie coloniale de la circulation en Afrique Zone Franc.

L'ancien président de Côte d'Ivoire et actuel président du PDCI et du RHDP, Henri Konan Bédié, vient d'en avoir pour son grade. Homme politique qui est tout sauf « faux », il n'a pas décelé, à temps, malgré de nombreuses mises en garde, que son « jeune frère », Alassane Ouattara, allait (comme il sait bien le faire) le tourner en bourrique. Complètement enfariné, aujourd'hui, le Grand Aimé Henri n'a plus que ses yeux pour pleurer, lui qui en voulait à certains de ses militants, qui osaient le mettre en garde contre Alassane Ouattara, homme qui a, rarement, respecté ses engagements.

Pendant que les délégations d'athlètes devant participer aux 8e Jeux de la Francophonie, posaient leurs valises, mercredi, 19 juillet, soir, dans des hôtels dédiés, des tirs nourris venant de l'Ecole de police se faisaient entendre. La poudrière de cette vénérable institution de formation a presque été, totalement, dévalisée par des militaires cagoulés venus d'ailleurs, tandis que des véhicules de passants ont été emportés et ce, dans une peur panique totale qui s'était emparée des habitants de ce secteur d'Abidjan (Cocody). Ces tirs nourris, dans les environs de 22 heures (Heure GMT et heure d'Abidjan) n'étaient pas seulement une façon de dire « Bienvenue » à Hamed Bakayoko, qu'Alassane Ouattara venait de nommer, avec les pleins pouvoirs, au ministère de la Défense pour contrer l'influence de Guillaume Soro dans les casernes. Ils étaient, aussi, une façon de rappeler au chef de l'Etat qu'il n'aura pas le sommeil léger tant qu'il ne respectera pas ses engagements (financiers) pris pendant la rébellion.

Hier Burkinabé, né comme tel et travailleur comme tel jusqu'à son arrivée à Abidjan comme « premier ministre » de Félix Houphouët-Boigny avec pour tâche de redresser l'économie du pays, Alassane Ouattara est, aujourd'hui, à Ouagadougou, pour participer au Sommet Côte d'Ivoire/Burkina Faso, non pas comme président du Burkina Faso mais comme président de Côte d'Ivoire. Car entre temps, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, celle qui a permis de prendre la Côte d'Ivoire en otage. Notre propos n'est ni d'encourager, ni de féliciter, ni de condamner, cette métamorphose, mais seulement, de rappeler un fait historique que doivent connaître les Africains.

La question est sur la bouche de beaucoup d'Ivoiriens : « Alassane Ouattara est-il un homme de parole, qui sait respecter ses engagements » ? Pour beaucoup, c'est Non ! A trois ans de la fin de son deuxième et dernier mandat, les revendications se font entendre de partout, même, des casernes militaires où les locataires de ces lieux se font rappeler à son bon souvenir. Pendant sa rébellion, Ouattara avait fait des promesses qu'il n'a pas tenues auprès de certains depuis qu'il est au pouvoir. Résultat : à trois ans de la fin de son parcours politique à la tête de l'Etat, beaucoup de rebelles d'hier, manquent, aujourd'hui, à l'appel des satisfaits. Au moment où le régime a fabriqué des centaines de milliardaires, du même et seul côté. Ceux qui sont bien lotis étaient, parfois, invisibles, hier, quand il fallait braver le danger au sein de la rébellion, en tirant le coup de feu. Voilà pourquoi, malgré le langage d'apaisement du pouvoir, ils se font entendre. Avec ou sans les armes. Dans la nuit de vendredi à samedi, des soldats de deux casernes d'Abidjan et de Korhogo, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, ont attendu une heure du matin pour commencer à tirer à l'arme lourde. Bilan : trois morts. C'est un avertissement (presque) sans frais pour Ouattara, en attendant qu'il résolve, rapidement, leurs problèmes. Le régime a un peu d'argent pour satisfaire de telles promesses prises de longue date. Ce n'est qu'une question de volonté politique du chef de l'Etat.

Alassane Ouattara n'a fait que du Alassane Ouattara : rouler son aîné Henri Konan Bédié dans la farine. Il a attendu son deuxième et dernier mandat pour sortir le grand jeu. Après avoir montré son vrai visage à Mabri Toikeusse et Gnaniem Konan en les excluant (autoritairement) du RHDP (dont le président est Henri Konan Bédié), ainsi que, leurs formations politiques, il passe, aujourd'hui, à la vitesse supérieure devant un Henri Konan Bédié, totalement, politiquement, affaibli. Ce dernier était resté sourd, muet, aveugle, dans le passé, aux appels à la vigilance lancés par certains de ses cadres face au double visage du président de la République que tout le monde connaît. Bédié, en tout bon naïf, est en train de se faire avoir pour la deuxième fois par Ouattara, la première fois, c'est quand ce dernier l'avait, doctement, chassé du pouvoir en décembre 1999 par un coup d'état militaire, avant d'installer, provisoirement, à sa place, le général, Robert Gueï, qui venait de nulle part. Un pouvoir que Bédié cherche, toujours et encore, à reconquérir, de son vivant, alors que l'alternance en 2020, vu le comportement de son allié Ouattara, n'est pas à l'ordre du jour pour le PDCI-RDA. On peut se demander si Henri Konan Bédié est, réellement, le président qu'il faut au PDCI-RDA de Félix Houphouët-Boigny ?

Les 6.000 « rebelles démobilisés », qui faisaient partie de la rébellion du président, Alassane Ouattara, pour chasser par les armes, le président, Laurent Gbagbo, dans les années 2000, et qui avaient choisi de retourner dans la vie civile au lieu d'intégrer l'armée comme 8.500 de leurs camarades à qui le pouvoir venait d'allouer 12 millions à chacun, ont bloqué l'entrée de la ville de Bouaké, dimanche, 9 juillet, pour rappeler à Alassane Ouattara qu'ils sont toujours dans l'attente de sa promesse. Ils ont, en effet, exigé une somme de 18 millions de F CFA, chacun, comme contrepartie de leur participation à la rébellion, qui a favorisé l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara.

Les militants du PDCI-RDR commencent, enfin, à se rendre compte qu'ils ont été roulés dans la farine par leurs frères et camarades du RDR. Après avoir soutenu le candidat du RDR, en l'occurrence, son président, Alassane Ouattara, à l'élection présidentielle, en 2010 et en 2015, le PDCI-RDR (ce n'est plus, tellement, un secret) croisera, à nouveau, un candidat RDR (Alassane Ouattara ou quelqu'un d'autre) en 2020. Cette éventualité ne fait pas beaucoup plaisir au président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, qui avait (naïvement ?) cru à la parole donnée par son jeune frère Alassane Ouattara. La consécration de cette option sera, clairement, affirmée, les 9 et 10 septembre, pendant le 3e Congrès du RDR dont le président du Comité d'organisation, est l'infatigable, Adama Bictogo.

Alassane Ouattara est en train de mener la Côte d'Ivoire vers l'abîme. C'est une certitude. Il tient le volant d'une voiture qu'il ne maîtrise plus. Loin de là. A cause de son absence de vision, la réconciliation nationale a foutu le camp. Ses principaux lieutenants d'hier et d'aujourd'hui, vont bientôt se tirer dessus. Aujourd'hui, c'est déjà la guerre froide entre eux. Aujourd'hui, Guillaume Soro est celui qui est le plus en perte de vitesse, celui qui crie sur tous les toits pour réclamer la réconciliation. Est-il sincère avec lui-même ou le fait-il pour dénoncer à sa manière les choix actuels de Ouattara ? Le pardon et la réconciliation seront (résolument) en panne en Côte d'Ivoire aussi longtemps que la vérité et la justice seront mises de côté ; ils resteront une illusion tant que certains (on les connaît) se serviront de cette noble cause pour atteindre des objectifs personnels.

Très très long à l'allumage, le président du PDCI, Henri Konan Bédié, vient, enfin, de sortir de sa réserve, en annonçant la candidature (qu'il neige ou qu'il vente), d'un membre de son parti, à l'élection présidentielle de 2020, qu'il y ait eu entente au sein du RHDP ou non. Si les militants de la vieille dame cinquantenaire peuvent pousser un gros Ouf de soulagement, le Maradona du paysage politique ivoirien (Alassane Ouattara) qui a pris pour habitude de dribbler tout le monde et de marquer les buts qui profitent à son seul parti, le RDR, a, très vite, botté en touche : pour lui, « 2020 c'est dans trois ans », donc, il ferme la parenthèse. Traduisez en langage dioula : je ne suis pas d'accord, étant en train de préparer mon candidat RDR que les Ivoiriens connaissent déjà.

Le chanteur à succès ivoirien, Alpha Blondy, qu'on ne présente plus, a appelé, mercredi, 14 juin, à "une amnistie générale" et à la libération de tous les prisonniers détenus dans le cadre de la crise post-électorale de 2010-2011 en Côte d'Ivoire, en estimant que le pays vit un "traumatisme". Empêcheur de tourner en rond (contrairement à beaucoup d'autres sportifs et artistes célèbres), Alpha Blondy, en invitant Ouattara à être conséquent avec son discours, reste égal à lui-même.

Dominique et Alassane Ouattara aiment Paris, et plus, particulièrement, le 16e arrondissement. C'est dans cet arrondissement qu'ils avaient fêté leur mariage. Réputée pour son calme et son caractère très haut standing, une célèbre avenue de cet arrondissement vient de connaître une agitation inhabituelle à l'occasion du bref séjour du couple Ouattara en France, du 9 au 11 juin 2017.

Premier chef d'Etat africain à être reçu à l'Elysée, ce dimanche, 11 juin, un jour d'élections législatives en France, l'Ivoirien, Alassane Ouattara, a eu une séance de travail élargie aux deux équipes, de plus d'une heure avec son homologue, Emmanuel Macron. Si les relations entre les deux pays sont excellentes, les deux chefs d'Etat ont préféré mettre l'accent sur les efforts qu'ils comptent faire pour éradiquer le terrorisme, développer les énergies renouvelables et assister la Côte d'Ivoire au niveau européen dans ses besoins en matière de financement de ses investissements. Cependant, pas un mot sur la réconciliation nationale alors que rien ne sera, durablement, possible en Côte d'Ivoire tant que les efforts ne seront pas, concrètement, faits dans ce domaine où une bonne partie d'Ivoiriens considèrent (à juste titre ?) le président de la République comme étant le plus grand diviseur national du pays.

La réconciliation est un sujet, hautement, sensible en Côte d'Ivoire. Surtout, depuis l'échec de sa mise en œuvre par le président, Alassane Ouattara. En fait d'échec, il s'agit, en réalité, d'une situation (tardivement) explosive que le président risque de laisser à son successeur, dans la mesure où même au sein de sa propre famille politique, le RHDP, il a été (rigoureusement) incapable de garder unis les partis membres qui le composaient. Le RHDP a presque volé en éclats. Soucieux des dégâts qu'on voit venir, Guillaume Soro (qui sait marcher lui-même sur les œufs) demande, activement, au chef de l'Etat de réaliser, absolument, une réconciliation inclusive, avant de quitter le pouvoir. Il le dit par le canal d'un groupe parlementaire qui lui est (très) proche.