Attaques djihadistes

A un an et demi de la prochaine élection présidentielle, le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, présente un bilan avec des hauts et des bas. S'il n'est pas encore temps d'en faire un, plus exhaustif, on peut tout de même rapidement dire qu'il a réussi à apaiser le pays qui ne recourt plus à des manifestations monstres pour montrer ses multiples désaccords avec le pouvoir comme au temps de Blaise Compaoré. D'autre part, le Burkina Faso est redevenu ce pays « des hommes intègres » qu'il était sous Thomas Sankara, le nouveau pouvoir faisant très attention à la gestion des biens publics. Cela dit, il y a un domaine où il est en train d'échouer : celui de la défense et de la sécurité. Un domaine dans lequel son prédécesseur excellait en savoir-faire. Après trois ans et demi de pouvoir, Roch Marc Christian n'a pas réussi à bâtir une armée capable de défendre les frontières du Burkina Faso contre les nombreuses incursions des djihadistes à défaut de leur offrir le gîte et le couvert pour avoir la paix comme Blaise Compaoré. Un problème de volonté politique car la Mauritanie voisine qui n'est pas plus riche que le Burkina Faso a instauré, elle, une politique qui l'a mise à l'abri des attaques terroristes, ce qui n'est pas le cas du Faso. Au Mali et au Burkina Faso, les dirigeants préfèrent appeler de leurs vœux la montée en force de la Force G5 Sahel que les Occidentaux refusent de financer. La sécurité des Burkinabé est une affaire du président du Faso et non celle de la communauté internationale. Si Roch Marc Christian est incompétent pour assurer cette sécurité à ses compatriotes, il pourrait être sanctionné lors de la prochaine présidentielle car les attaques djihadistes sont le gros point faible de son bilan à la tête de l'Etat.