Boko Haram

Ce qui devait arriver est en train de l'être. L'affaiblissement de l'Etat islamique (EI) auquel Boko Haram a fait allégeance, est planétaire. Partout où il est implanté, en Irak, en Syrie et même en Libye, l'EI ne devient que l'ombre de lui-même. Il subit défaite sur défaite et abandonne tout derrière lui, dans la fuite. Pouvait-il en être autrement de ses démembrements comme Boko Haram qui risque de subir le même sort, celui de sa future et totale liquidation, ce qui le pousse, sans doute, par anticipation, aujourd'hui, à négocier par dignitaires kanouri interposés.

La lutte contre la secte terroriste, Boko Haram, est une œuvre de longue haleine. Sauf que le gouvernement nigérian a, déjà, à plusieurs reprises, annoncé sa « mort ». Mais, la secte est, toujours, là. Moins pugnace, comme avant, car elle est, rigoureusement, incapable de déployer des moyens militaires d'une armée moderne comme c'était le cas jusqu'à début 2016. Mais, elle s'est orientée vers des attentats-suicide, qui ont fini par créer une véritable psychose au sein des populations.

Annoncée en mars dernier, lors de la visite d'une délégation du Conseil de sécurité dans cette zone, la visite du secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, aura lieu, prochainement, dans la région du Lac Tchad, qui regroupe le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger. En proie au terrorisme de la secte Boko Haram, cette région souffre d'un déficit important de développement qui fait le nid du djihadisme. C'est la raison pour laquelle le secrétaire général de l'ONU sera accompagné des dirigeants de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, de l'Union africaine et de l'Union européenne.

La répression militaire qui s'abat sur la secte Boko Haram, ses divisions internes, ainsi que, l'état de santé du président du Nigeria, ont rendu possible la libération de 82 lycéennes de Chibok kidnappées il y a trois ans, après des semaines d'intenses négociations.

Cent trente combattants nigériens du groupe islamiste Boko Haram ont déposé les armes et se sont rendus aux autorités nigériennes, depuis décembre, dans la région de Diffa (Sud-Est du Niger), a annoncé le président du Niger, Mahamadou Issoufou.

Le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, a annoncé avoir tué l'un de ses membres éminents, accusé de comploter contre lui, dans un climat de divisions et de luttes fratricides au sein du groupe djihadiste nigérian.

Une conférence de donateurs aux victimes du groupe djihadiste, Boko Haram, au Nigeria, et dans les pays voisins du Lac Tchad, a abouti, vendredi, 24 février, à Oslo, à 672 millions de dollars d'engagements de 14 pays, en l'absence notable des Etats-Unis.

Au moins, 50 personnes, dont six humanitaires de la Croix-Rouge locale, ont été tuées lorsqu'un avion de l'armée de l'air nigériane a bombardé, par erreur, un camp de déplacés dans le Nord-Est du Nigeria.

Après le Nigeria et le Niger, au tour du Cameroun de publier les pertes que son armée vient d'infliger à Boko Haram ces dernières semaines, ce qui confirme l'affaiblissement certain de cette secte terroriste, obligée, maintenant, d'exister en commettant des attentats suicide.

La saignée des combattants d'Abubakar Shekau continue. Très gonflé pour reconnaître que son mouvement est en totale perte de vitesse, il continue de bomber le torse. Après avoir été chassé de sa base de Sambisa par l'armée du Nigeria, il y a deux semaines, Boko Haram a vu ses combattants s'éparpiller dans la nature. Parfois pieds nus. On les trouve errant ici et là leur unité de commandement ayant éclaté. Face à cette débandade, beaucoup d'entre eux eux préfèrent se rendre. C'est le moindre mal. C'est le cas de la vingtaine de combattants qui ont signé leur reddition, il y a quelques jours, auprès des autorités du Niger.

La fin de Boko Haram en tant que groupement terroriste est proche, même s'il restera des résidus de djihadistes qui réussiront à fondre dans les populations, parfois, avec quelques capacités de nuisance. L'objectif actuel est de mettre la main sur son chef présumé, Abubakar Shekau, mort ou vif. En attendant, on commence à solder certains comptes dans les pays concernés. Au Niger, par exemple, un millier de combattants de cette nébuleuse vont bientôt passer devant les tribunaux.

La guerre d'Abubakar Shekau n'est plus que virtuelle, sinon, médiatique. Alors qu'il y a deux ans, il faisait la guerre conventionnelle avec chars et véhicules blindés pour enfoncer les lignes adverses, aujourd'hui, il préfère se cacher, quelque part, dans la forêt touffue de Sambisa, pour livrer un message qui n'interpelle plus personne, tout le monde sentant la fin proche de sa secte terroriste. Même s'il dit le contraire, ce qui est de bonne guerre.

Les sources indiquant que Boko Haram vit ses derniers jours, se multiplient et se confirment. La preuve la plus tangible en est la réouverture des frontières entre le Nigeria, le Cameroun et le Tchad, il y a quelques semaines. Frontières qui étaient fermées depuis 2014 à cause des incursions sanglantes de Boko Haram. Le Niger, jusque-là, épargné par cette débandade des combattants de la secte, est, à son tour, touché.

Visiblement satisfait, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a déclaré ce samedi, 24 décembre, que l'armée avait "écrasé" Boko Haram dans la forêt de Sambisa, l'un des derniers bastions du groupe islamiste dans le Nord-Est du pays. C'est la débandade du côté de la secte où Abubakar Shekau est en fuite, activement, recherché par l'armée nigériane.

Divisions à gauche, querelles intestines à droite, puissance de feu des adversaires de plus en plus redoutable en face, Boko Haram rencontre de sérieux problèmes d'existence en tant qu'organisation terroriste. Il ne se passe pas de jour sans qu'il ne connaisse des désertions dans ses rangs. Le gouvernement camerounais, par exemple, « exploite » des informations très utiles livrées par ses anciens membres, sur le comportement, les méthodes de travail, les lieux de cache et autres, de la secte terroriste. L'objectif, c'est de mieux la connaître afin d'en finir le plus vite possible.

Doit-on s'en réjouir ? Voilà que le pouvoir du président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a accepté, pour la première fois, le principe de la négociation des prisonniers avec la secte, Boko Haram. Est-ce à dire que son armée a atteint sa capacité d'engagement limite sur le terrain, qui n'autoriserait plus de victoire rapide et significative (comme on l'espérait), sinon, permettre à Boko Haram de se renforcer encore plus ? Dans tous les cas, la libération des 21 jeunes lycéennes de Chibok est une bonne chose, mais, elle est inquiétante en même temps car cela montre que Boko Haram a, encore, la dent dure.

Une évaluation menée par le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) montre que la plupart des civils libérés de l'emprise de Boko Haram dans les régions du Nord du Nigeria, ont besoin de protection.

Selon un rapport de l'UNICEF (Fonds des Nations-Unies pour l'enfance), les années de violences de Boko Haram dans le Bassin du Lac Tchad ont engendré une crise humanitaire qui s'accentue, avec 1,4 million d’enfants déplacés et, au moins, 1 million d’enfants, toujours, piégés dans des zones inaccessibles. Mais, il manque encore beaucoup d'argent pour y faire face.

Incroyable mais vrai. Boko Haram a diffusé, ce dimanche, 14 août, une vidéo de jeunes filles présentées comme des lycéennes enlevées par le groupe djihadiste nigérian, en avril 2014, à Chibok, dans le Nord-Est du Nigeria, et réclamé la libération de combattants emprisonnés.

L’insaisissable leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, a refait surface, jeudi, 4 août, pour affirmer qu'il était "toujours présent", au lendemain de l'annonce de son remplacement par l'organisation Etat islamique (EI ou Daesh), révélant d'importantes divisions au sein du groupe djihadiste nigérian affilié à l'EI, depuis 2015.