Burkina Faso

Le courant ne passe plus entre l'ancien premier ministre de transition, le général, Isaac Zida, et le nouveau pouvoir du Burkina Faso. Installé au Canada depuis la fin de la transition, ce dernier n'a répondu à aucune des convocations qui lui ont été adressées pour reprendre ses fonctions dans l'armée.

Le procès de 27 militaires burkinabè, qui projetaient, en 2015, de libérer des collègues emprisonnés après un putsch raté, s'est ouvert, mardi, 20 décembre, devant un tribunal militaire à Ouagadougou.

Le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, a estimé, samedi, 10 décembre, que les nombreux procès attendus, dont les sensibles dossiers du putsch manqué de septembre 2015 et de l'assassinat du président, Thomas Sankara, constitueront "le point de départ d'une vraie réconciliation" nationale. Il n'est, donc, pas question de les éluder d'autant plus qu'ils sont attendus par tous les Burkinabé et même tous les Africains.

Dans le but de renforcer les liens de partenariat entre les pays africains, comme le préconise l'Union africaine (UA), le professeur, Faustin Archange Touadéra, a entrepris une mini-tournée, en Afrique de l'Ouest, qui l'a conduit, tour à tour, à Abidjan et à Ouagadougou.

Blaise Compaoré nourrit-il des velléités d'un retour au pouvoir ? Il peut, toujours, rêver, semble lui répondre le pouvoir en place. Roch Marc Christian Kaboré est prêt à faire face à une telle éventualité.

L'union fait la force. Surtout, au Burkina Faso où le pouvoir et l'opposition se rendent compte qu'à force de se faire la guerre, ils risquent de faciliter le retour aux affaires de Blaise Compaoré.

De son exil doré à Abidjan, Blaise Compaoré rêve-t-il de revenir aux affaires à Ouagadougou ? Le parti du président, Roch Marc Christian Kaboré, le pense, sincèrement. Lundi, 24 octobre, il a accusé les pro-Compaoré d'être à l'origine de la nouvelle tentative de coup d'état déjouée, début octobre, et dont les auteurs se recrutaient dans le fameux RSP dissout pendant la transition.

Le gouvernement du Burkina Faso affirme avoir déjoué, au début du mois, une nouvelle tentative de coup d'état, planifiée par d'anciens membres de l'ex-garde prétorienne du président, Blaise Compaoré, dissoute après l'échec d'un précédent putsch, en septembre 2015.

En tout cas, Roch Marc Christian Kaboré devrait commencer à avoir de quoi s'inquiéter. Huit partis de l'opposition burkinabè dont l'ancien parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) ont fondé, dimanche, 16 octobre, à Ouagadougou, une coalition pour la "réconciliation" à quelques jours du deuxième anniversaire de la chute du régime de l'ex-président Blaise Compaoré.

Adulé, hier, pendant la transition pour avoir été la cible des partisans de Blaise Compaoré qui cherchaient à faire échouer la transition, l'ancien premier ministre, Isaac Zida, s'attendait, peut-être, à être récompensé et à poursuivre, tranquillement, sa carrière, à l'étranger, ou à l'intérieur du Burkina, et non à faire l'objet de poursuites par les tribunaux de son pays. Que se passe-t-il entre lui et le pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré ?

Bientôt deux ans que Blaise Compaoré a abandonné le pouvoir, sous la pression de la rue, pour se réfugier en Côte d'Ivoire, pays qui lui a, récemment, octroyé la nationalité ivoirienne. Les événements ayant donné lieu à son départ, ont fait, au moins, une trentaine de morts. Des morts inutiles pour lesquels ce dernier devrait faire l'objet d'une inculpation en bonne et due forme.

Depuis la chute du président-capitaine, Blaise Compaoré, en octobre 2014, le Burkina Faso avance, paisiblement, dans la voie de la réconciliation nationale. Dernier fait en date qui le montre : la construction d'un mausolée en l'honneur du capitaine, Thomas Sankara, à Ouagadougou. Reste à déterminer le lieu et la date.

« Madame Najat Vallaud-Belkacem promue Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Intérieur ?», voilà la question sous le ton de l'ironie que les syndicats dont RESF posent, clairement, à la ministre de l'Education nationale de France.

Le Burkina Faso va devoir se doter d'une nouvelle CENI (Commission électorale nationale indépendante), le 15 juillet 2016. Le gouvernement a engagé des pourparlers pour obtenir la liste des représentants des partis politiques devant faire l'objet d'une nomination au sein de cette instance.

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, vient d'effectuer une visite en Belgique et au Luxembourg, au cours de laquelle les différents partenaires européens comptent allouer  plus de 370 milliards de F CFA pour soutenir le Programme national de développement économique et social (PNDES).

Les bonnes relations entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire ont pris le dessus sur le devoir de vérité que chaque justice doit à son peuple. Guillaume Soro, président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire et candidat à la succession d'Alassane Ouattara, va-t-il être jugé par un tribunal ivoirien, comme l'indique la justice burkinabé ? L'histoire fait, déjà, marrer à Ouagadougou.

Visiblement, l'ancien régime de Blaise Compaoré dispose, encore, de plusieurs relais pour contourner les nouvelles autorités. Le combat sera de longue haleine, avec la société civile qui veille au grain.

Une petite erreur judiciaire (d'inattention et de précipitation) d'un juge (un peu zélé) ne va pas priver le peuple burkinabé, sinon, le continent africain, tout entier, d'un palpitant procès sur une des affaires les plus cruciales de l'histoire de l'Afrique : l'assassinat de Thomas Sankara et, par extension, la tentative de coup d'état de septembre 2015 pour faire capoter la transition.

Roch Marc Christian Kaboré n'y est pas allé avec le dos de la cuillère. Dans le pays des hommes intègres, il est, désormais, interdit à tout fonctionnaire d'accepter un pot de vin de 35.000 F CFA (53 euros). Le peuple applaudit.

Le nouveau président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, à peine installé, est, déjà, sous le feu des critiques. A croire qu'il est à la tête d'un régime-jumeau de celui de Blaise Compaoré déchu, fin octobre 2014. Et dont on ne devrait plus beaucoup parler.