Burundi

Le Burundi est plongé dans une grave crise émaillée de violences depuis l'annonce en avril 2015 de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et son élection en juillet de la même année. Déjà, deux années pleines sans solution. On se demande pourquoi Nkurunziza luttait pour se maintenir au pouvoir, si c'est pour avoir un tel résultat.

Le gouvernement burundais a décidé de fermer 44 écoles fondamentales (ECOFO ; 7ème-9ème) privées pour avoir obtenu "moins de 20%" de résultats aux évaluations nationales de l'année scolaire 2015-2016. Après avoir réduit le budget du ministère de l'Education nationale de deux tiers par rapport à celui de l'année dernière, il s'agit d'une fuite en avant du pouvoir de Pierre Nkurunziza car sa décision ne résout aucun problème, pire, elle ne peut faire du mal qu'aux populations les plus démunies qui scolarisaient leurs enfants dans cet ordre d'enseignement.

La récente décision de Pierre Nkurunziza portant introduction d'un nouveau système d'octroi des bourses d'études et de stages dans l'enseignement supérieur au Burundi, ne passe pas du tout au sein de la communauté estudiantine. Celle-ci vient de lui lancer un ultimatum pour qu'il la retire au plus vite, sinon, elle paralyse l'université.

Un colonel de la police du Burundi a été retrouvé mort, lundi, 20 mars, à Bujumbura, selon le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye. Victime de la guéguerre que se mènent les pro et les anti-Nkurunziza, le colonel, Charles Ndihokubwayo était un proche du président de la République dont le pouvoir est, totalement, isolé sur le plan international.

Le ministère burundais de la Santé publique a annoncé que le pays faisait face à une épidémie de paludisme, quelque 1,8 million de cas et 700 décès ayant été enregistrés depuis le début de l'année. Voilà un autre front auquel le pouvoir de Pierre Nkurunziza doit faire, désormais, face, à côté de plusieurs autres dont l'opposition politique qui cherche à le faire tomber.

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est dit "troublé", lundi, 13 mars, par des informations faisant état de torture et d'enlèvements au Burundi. Mais, bien qu'une telle accusation devienne une constante, le Conseil a ignoré les appels d'organisations de défense des droits humains à imposer des sanctions. Cela dit, Pierre Nkurunziza n'a, nullement, à se satisfaire de ce refus de le sanctionner. Il est (en plein) dans le collimateur du Conseil de sécurité.

Pour la première fois, depuis l'indépendance du pays en 1962, l'Université du Burundi va se doter d'une école doctorale pour permettre aux étudiants nationaux de ne plus s'expatrier, automatiquement, pour faire leurs thèses de doctorat.

Afriqueeducation.com avait écrit, l'année dernière, que Pierre Nkurunziza voulait un 4e mandat, puis, un 5e, voire, un 6e, pour, finalement, terminer président à vie. Nos craintes sont reprises, aujourd'hui, par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui s'inquiète des propos récents du président burundais, Pierre Nkurunziza, évoquant la possibilité de briguer un quatrième mandat, dans un rapport confidentiel.

Le médiateur dans la crise burundaise, Benjamin Mkapa, a estimé, dimanche, 19 février, urgent de convoquer un Sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la Communauté des Etats d'Afrique de l'Est (EAC) qui l'ont mandaté, afin d'étudier les "obstacles au processus" de paix au Burundi.

Le gouvernement du Burundi va boycotter les discussions de sortie de crise qui doivent s'ouvrir, ce jeudi, 16 février, à Arusha (Tanzanie), selon un communiqué rendu public, hier, mercredi soir.

La FIDH et la Ligue ITEKA condamnent avec la plus grande fermeté l'attaque du camp militaire de Mukoni par des hommes armés non-identifiés le 24 janvier et les opérations de représailles des autorités au sein de l'armée contre les soldats tutsi des ex-Forces armées burundaises (FAB).

Un groupe d'experts des droits humains des Nations-Unies a condamné, aujourd'hui, la récente interdiction et la suspension provisoire d'un certain nombre d'organisations de la société civile au Burundi et a mis en garde contre «l'effet obstructif, restrictif et stigmatisant de la législation récente sur les ONG, dans un contexte de répression croissante des défenseurs des droits humains ».

Après l'Union européenne et les ONG locales mises sous surveillance, le petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza, s'attaque, maintenant, aux avocats, proches des organisations internationales des droits de l'homme. Il vient, ainsi, de frapper quatre avocats burundais proches de la FIDH (Fédération internationale des droits de l'homme). Il ne recule devant rien.

Human Rights Watch (HRW) ne passe pas par quatre chemins pour dire que les Imbonerakure sont une organisation criminelle au cœur du pouvoir.

La présidence burundaise a, officiellement, demandé à ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense, d'entamer la procédure de retrait des troupes burundaises déployées, en Somalie, dans le cadre de la force de l'Union africaine (Amisom), en raison d'un conflit sur les salaires des soldats.

Pierre Nkurunziza est en train de mettre le Burundi en lambeaux. Un seul chiffre : celui du secteur de l'Education dont le budget a été divisé par trois, en 2017, par rapport à 2016. Il n'y a plus d'argent dans les caisses de l'Etat.

Qu'est-ce qui ne tourne pas rond dans la tête du petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza ? Après avoir mis les ONG sous contrôle et exigé d'elles qu'elles déclarent leurs devises, après avoir laissé entendre que le peuple lui demandait de modifier la constitution afin qu'il devienne président à vie, le voilà qui interdit la plus ancienne ligue burundaise des droits de l'homme. Où s'arrêtera ce petit despote ?

Le ministre burundais de l'Environnement a été tué par balle, dimanche, 1er janvier, matin, dans la capitale Bujumbura, devenant le premier membre du gouvernement à être assassiné depuis que le Burundi a plongé dans une grave crise politique, il y a près de deux ans. Une crise qui va s'approfondir, Pierre Nkurunziza ayant annoncé la modification de la constitution pour une présidence à vie.

A côté d'un Paul Kagamé et d'un Denis Sassou Nguesso triomphants, parce qu'ils ont bravé les lois de leur pays qu'ils sont supposés faire respecter, le petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza, ne pouvait être insensible à une modification de la constitution qui lui donne la latitude de rester au pouvoir autant d'années qu'il le voudra. D'autant plus que la communauté internationale sur laquelle compte l'opposition burundaise compte pour du beurre, comme on l'a vu au Congo-Brazzaville et au Rwanda. Résultat : Pierre Nkurunziza a annoncé ne pas exclure un 4e mandat si le peuple le lui demande. Puis, un 5e, un 6e, un 7e, un 8e, un 9e, un 10e, bref, jusqu'à ce que Dieu le Tout Puissant veuille bien le convoquer, au ciel.

A la demande du petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza, l'Assemblée nationale du Burundi a adopté, vendredi, 23 décembre, un projet de loi qui doit permettre au gouvernement de mettre fin "au désordre et la confusion" dans le domaine des ONG internationales, en imposant un contrôle strict de leurs finances et projets. Rares sont les ONG qui accepteront de travailler sous ce régime d'inquisition. Car le Burundi devient un pays, tout simplement, invivable.