Burundi

Président du Burundi jusqu'en 2034, au moins, Pierre Nkurunziza a annoncé, jeudi, 7 juin, qu'il ne sera pas candidat à sa succession en 2020. C'est une surprise de taille pour ceux qui croient encore à sa parole dont la dévaluation est inversement proportionnelle à la catastrophique situation économique actuelle du Burundi. Le pays vient d'adopter une nouvelle constitution qui fait de lui un président à vie. Rien de moins. Une constitution qui est le fait de sa seule et unique volonté. Après l'avoir votée, de peur de coaliser les mécontentements sur le plan international, il commence à mentir, à nouveau. La seule chose qu'il sache faire. Car le mensonge est une spécialité de Pierre Nkurunziza, qui se dit, par ailleurs, pasteur de la secte religieuse « Born Again ». Il avait, déjà, trompé le Conseil de sécurité des Nations-Unies, qu'il n'allait pas se présenter pour un troisième mandat, en 2015. Mais, il s'est représenté malgré le tollé général suscité y compris dans son propre parti, le CNDD-FDD, et a signé sa réélection au terme d'une parodie d'élection qui ne laissa aucune chance à aucun de ses adversaires. Nkurunziza est un très (très) gros menteur  à ne jamais prendre au sérieux.

Sans surprise, les Burundais ont, largement, approuvé, par référendum, une réforme de la Constitution qui va permettre au président, Pierre Nkurunziza, de rester en poste jusqu'en 2034, selon les résultats provisoires qui vont, sans aucun doute, être confirmés. En fait de 2034, il s'agit d'une présidence à vie qui ne dit pas son nom car Nkurunziza, le moment venu, pourra, à nouveau, changer la constitution pour proroger son bail à la tête de l'Etat. Le Burundi revêt, donc, aujourd'hui, les attributs d'un royaume. En effet, le « très populaire président africain du Burundi » a, définitivement, enterré les Accords d'Arusha, qui régissaient le vivre-ensemble entre Burundais. Qu'on ne s'étonne, donc, pas si le pays renouait avec son cycle d'instabilité passé. Car tel que c'est parti, seule la force des armes pourra régler le problème. Fini le dialogue si dialogue il y a réellement eu. L'opposition de ce pays doit se demander, légitimement, le sens à donner à l'expression « Communauté internationale », c'est-à-dire, Nations-Unies, Union africaine, Etats-Unis, France, Belgique, etc.

La coalition d'indépendants Amizero y'Abarundi (Espoir des Burundais) a annoncé, samedi, 19 mai, qu'elle ne reconnaissait pas les résultats du référendum constitutionnel de jeudi au Burundi, qui doivent permettre au président, Pierre Nkurunziza, de rester en poste, au moins, jusqu’en 2034. De manière générale, pour l'opposition, c'est Niet !

Bien qu'il ait réussi à museler tous les partis politiques du Burundi, la société civile et les médias indépendants, le président, Pierre Nkurunziza, n'est pas rassuré d'obtenir le jackpot, lors du référendum du 17 mai. Un scrutin pour le moins très contesté qui devrait lui ouvrir la porte d'une présidence à vie à la tête du Burundi. Pourtant, les partisans du Non ont été empêchés de faire campagne. Leur vie ayant été mise sur la balance, beaucoup ont dû renoncer à faire des meetings. Dans tous les cas, le climat politique dans le pays est électrique. Et personne ne sait, à commencer par Nkurunziza lui-même, de quoi le Burundi sera fait, après ce référendum très contesté.

Le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, a signé, lundi, 23 avril, un décret portant ouverture de la campagne électorale pour le référendum constitutionnel burundais du 17 mai prochain. Quand le Burundi plongera-t-il dans l'abîme car ce n'est qu'une question de temps maintenant ? Avec ce référendum, Pierre Nkurunziza ne fait qu'enfoncer son pays, encore plus, dans une crise qu'il a créée de toutes pièces. En effet, en se représentant, en 2015, pour avoir un troisième mandat qui lui était, formellement, interdit, non seulement, par les Accords d'Arusha, mais aussi, par la constitution, il faisait valoir une lecture bien personnelle de ces Accords et indiquait à qui voulait l'entendre que c'est au terme de son troisième mandat qu'il quittera la présidence de la République. Mais l'appétit venu en mangeant, il a pris goût à la fonction et c'est la constitution qu'il va, maintenant, « déformer » pour rester au pouvoir, au moins, jusqu'en 2034, alors que le pays qu'il préside est, déjà, sur le ban de la communauté internationale. Totalement isolé, Nkurunziza a la phobie du coup d'état. Résultat, il ne sort plus du Burundi depuis trois ans, et ce sera le cas aussi longtemps qu'il restera président du Burundi dans les conditions actuelles. Son maintien forcé à la tête du pays est condamné par les Nations-Unies, l'Union africaine, la Francophonie et les grands partenaires bilatéraux occidentaux. Seules la Chine et la Russie lui trouvent des circonstances atténuantes, au nom de leur politique extérieure qui est fondée sur le principe de la non-ingérence dans les affaires d'un autre Etat.

On ne s'attendait pas au limogeage de quatre ministres, et non des moindres, juste un mois avant le référendum constitutionnel du 17 mai prochain qui va faire de Pierre Nkurunziza un président à vie. On pensait que Nkurunziza et ses 20 ministres formaient un bloc de granit, bien soudé à toute épreuve, pour affronter n'importe quel danger. C'est l'impression qui a, toujours, été affichée. Mais voilà que la façade de l'édifice se lézarde au point où de l'extérieur, on voit, aisément, les faiblesses du système.

Pierre Nkurunziza est devenu grave. Les décisions qu'il prend, depuis trois ans qu'il a plongé le pays dans une situation de crise irréversible, permettent de se demander s'il est, encore, en possession de toutes ses facultés d'homme ? Le 19 avril, dans un communiqué cosigné par les ministres de l'Intérieur et de la Formation patriotique, des Affaires sociales et des Droits de la personne humaine, et de la Sécurité publique, les personnes mendiantes sont, désormais, "sommées de quitter les rues", sous peine d'internement. C'est une mesure qui se passe de commentaire au regard de la très grande misère qui prévaut au Burundi à cause justement de la mal-gouvernance de Nkurunziza.

Personne ne sait où s'arrêtera Pierre Nkurunziza qui a fait du Burundi un pays de non-droit, une dictature sans nom. Alors qu'il prépare la tenue, en mai prochain, d'un référendum pour modifier la constitution qui fera de lui un président à vie, il a fait adopter par l'Assemblée nationale, mercredi, 18 avril, un projet de loi qui autorise, notamment, les perquisitions de nuit et sans mandat d'un magistrat. Cette nème provocation est dénoncée comme une atteinte à la démocratie par la société civile et l'opposition à un mois d'un référendum constitutionnel. Mais, Pierre Nkurunziza, a bravé son propre peuple (qui a fini par baisser les bras) et dépassé la communauté internationale. Il fait, donc, ce qu'il veut, quand il veut et comme il l'entend.

Il ne faut pas rire. Déjà qu'on n'avait pas encore fini de se moquer de lui à cause du fait que quand il joue au football, les joueurs de l'équipe adverse doivent, absolument, le laisser marquer, au moins, un but, sous peine de jouer aussi longtemps qu'il n'aura pas eu la possibilité de faire trembler les filets adverses, voilà encore une information qui va remuer la toile : Pierre Nkurunziza élevé au rang de « Guide suprême éternel ». Du jamais vu ni entendu auparavant. Ni au Burundi, ni en Afrique. On ne sera pas étonné qu'on puisse l'appeler, bientôt, le « Dieu sur terre », le « Jésus-Christ du Burundi » ou quelque chose de ce genre. A quelques semaines du changement, en mai prochain, de la constitution qui va lui permettre de se représenter à la présidence de la République autant de fois qu'il le souhaitera, Pierre Nkurunziza, à son âge relativement jeune (54 ans), est, déjà, atteint par la dérive dictatoriale, cette maladie incurable qui fait qu'il ne peut plus se passer du pouvoir. Impossible de voir sa vie hors du palais présidentiel, lui, l'ancien chef du maquis du CNDD-FDD, qui disputait sa modeste couchette en brousse avec des serpents. Cette folie inqualifiable dont afriqueeducation.com fait état depuis 2015, date à laquelle il avait violé les Accords d'Arusha et la constitution du Burundi, en se (re)présentant, pour une troisième fois, à l'élection présidentielle, risque de se terminer par le sang. En effet, beaucoup de sang risque d'être versé, à nouveau, à Bujumbura-Ville. Car les Burundais ne vont pas se laisser faire.

Bravant les Burundais et la communauté internationale, refusant de respecter la constitution du pays et les Accords d'Arusha qui lui interdisaient de se représenter pour briguer un troisième mandat successif, Pierre Nkurunziza a réalisé un putsch contre les institutions de son pays pour se maintenir à la tête de l'Etat, après l'organisation, en 2015, d'une présidentielle affectée par une fraude industrielle. Au moment où il prépare le changement de cette constitution pour pouvoir se représenter en 2020, et rester président à vie, les Nations-Unies tirent la sonnette d'alarme, la famine gagnant du terrain à pas de géant. Voilà la performance hors norme réalisée par ce président dont l'entêtement a poussé les grands partenaires au développement à rompre, purement et simplement, leur coopération avec le Burundi, en attendant que son président reprenne le chemin de la démocratie et de la préservation des droits de l'homme.

On savait que le Burundi était une petite dictature. Mais, ce qu'on ignorait, c'est qu'il est une dictature, pleinement, accomplie. Dans ce pays, pas moyen de dire Non quand Pierre Nkurunziza, lui, dit Oui. La police vient, implicitement, menacer d'arrestation, ceux et celles des Burundais et des Burundaises, qui font campagne pour le "Non" au référendum constitutionnel très contesté prévu en mai et qui devrait, logiquement, permettre au président de rester au pouvoir jusqu’en 2034, au moins.

Le petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza, ne lâche pas le pays qu'il a, littéralement, pris en otage, et qui connaît, depuis, une destruction avancée. Suivant sa logique du changement de la constitution qui lui permet de se représenter autant de fois qu'il le souhaitera, il prépare, déjà, activement, sa réélection en 2020, alors qu'il jurait, en 2015, que le présent mandat serait le dernier. Comme il sait qu'aucune institution ne lui apportera son soutien financier ou matériel dans l'organisation de ce scrutin, il a pris les devants en demandant aux Burundais de financer, eux-mêmes, cette mascarade électorale qui se prépare, au nom d'une prétendue indépendance nationale. Dès cette fin de mois de janvier, les coupes sombres dans les salaires des fonctionnaires vont démarrer, pour ne finir qu'avec la tenue de la présidentielle en 2020.

Pierre Nkurunziza a décidé de s'accrocher au pouvoir malgré la réticence de son opposition et de la communauté internationale. Il vient d'imposer une contribution "volontaire" de la population pour financer les élections de 2020 à laquelle il est candidat alors que son pays est plongé, depuis plus de deux ans, dans une profonde crise politique dont il est le seul et unique responsable.

Au moment où le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, essaie de maintenir une paix par les armes, après avoir brigué grâce à la fraude un troisième mandat à la tête de l'Etat auquel il n'avait pas droit, les présidents tanzanien, John Magufuli, et ougandais, Yoweri Museveni, ont, vivement, critiqué la décision des juges de la Cour pénale internationale (CPI) autorisant l'ouverture d'une enquête sur des crimes contre l'humanité présumés au Burundi. De qui se moquent-ils en faisant semblant de jouer les facilitateurs entre les deux camps ennemis alors qu'en réalité, ils soutiennent la dictature de Nkurunziza comme le montre leur soutien ?

Le gouvernement du Burundi a rejeté "catégoriquement", vendredi, 10 novembre, la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d'autoriser l'ouverture d'une enquête sur des crimes contre l'humanité présumés entre 2015 et 2017 au Burundi, la ministre de la justice assurant que Bujumbura ne collaborera "jamais" avec cette Cour.

Le gouvernement du Burundi a adopté un projet de révision de la Constitution qui pourrait permettre au président, Pierre Nkurunziza, de briguer, dès 2020, deux nouveaux mandats de sept ans. « J'y suis j'y reste jusqu'à ma mort », aurait-il déclaré à ses proches. Nous y sommes. Une nouvelle guerre est-elle évitable au Burundi ?

Des enquêteurs de l'ONU ont exhorté, lundi, 4 septembre, la Cour pénale internationale (CPI) à enquêter, de toute urgence, sur les crimes contre l'humanité et autres atrocités commis par les autorités au Burundi. On commençait, sérieusement, à désespérer des Nations-Unies alors qu'à Bujumbura, le petit despote, fort de son impunité et de la complicité de ses homologues voisins, initiait, déjà, une quête pour récolter les fonds nécessaires à l'organisation de l'élection présidentielle de 2020. Pour donner le bon exemple, il a donné, lui-même et sa femme, 3.000 euros (2 millions de F CFA), à ce Fonds.

La rébellion des Forces républicaines du Burundi (Forebu) a annoncé, ce lundi, 28 août, qu'elle changeait de nom, pour "mettre fin à la confusion" qui régnait à sa tête et qu'elle serait, désormais, dirigée par un ancien officier supérieur de l'armée burundaise, le général, Jérémie Niranyibagira. Le changement de nom devrait s'accompagner d'un changement de stratégie susceptible de bouter Pierre Nkurunziza hors du pouvoir qu'il usurpe depuis juillet 2015.

Le président, Pierre Nkurunziza, est candidat à sa propre succession. Afriqueeducation.com a, souvent, écrit qu'il est un potentiel président à vie qui ne dit pas son nom, à l'instar de certains de ses homologues voisins. A ce titre, il compte se présenter en 2020, en 2025, en 2030, en 2035, en 2040, en 2045, en 2050, etc. jusqu'à ce que Dieu le Tout Puissant décide de lui donner un congé définitif. Voilà le programme de Nkurunziza, maintenant qu'il a vaincu la faible résistance de son opposition et celle de ce qui est communément appelé, « communauté internationale ».

Un an après la disparition du journaliste, Jean Bigirimana, on est en droit de se poser des questions et exiger des autorités qu'elles publient les résultats de l'enquête promise dès août 2016. Sinon, le pouvoir du président, Pierre Nkurunziza, aura à répondre, tôt ou tard, de cette disparition qui s'apparente à un assassinat pur et simple d'un confrère qui ne faisait que son travail de journaliste, et qui a été, barbarement, décapité par les services de renseignement du régime.