Congo-Brazzaville

La mission du FMI est partie du Congo, le 4 octobre, après avoir évalué une dette publique (connue) de 110% du PIB. Reste un certain nombre de zones d'ombre dans le calcul de cette dette. Il s'agit de la dette contractée par l'Etat et la SNPC (Société nationale des pétroles du Congo) auprès de plusieurs créanciers privés (Glencore, Trafigura, Worldwide, Commisimpex, etc), mais aussi, de la dette intérieure (qui a plombé l'activité des entreprises) et celle auprès de la Chine qui reste un véritable mystère. Le FMI demande que tous les documents de ces différentes dettes soient mis sur la table pour qu'il apprécie le niveau réel de son engagement au Congo-Brazzaville. Depuis un mois que la Mission est partie de Brazzaville, plus rien. C'est comme si les deux parties ne voulaient pas donner raison à Afrique Education qui, dans son numéro 458 d'octobre, avait évalué le véritable niveau de la dette publique congolaise à près de 200% du PIB.

En attendant de trouver un accord avec le FMI (Fonds monétaire international), le Congo-Brazzaville vit des moments, particulièrement, difficiles. Preuve que le pays est, déjà, en faillite, le plus grand hôpital du pays, le CHU de Brazzaville, a fermé ses portes aux malades, faute d'argent pour son fonctionnement. Il en est de même de l'Université Marien Ngouabi de Brazzaville dont les portes sont, également, fermées à cause de quatre mois d'arriérés de salaires. Le dictateur serait attendu à Paris. L'heure est grave : les troubles ne sont pas à écarter, à Brazzaville, si le gouvernement n'arrivait pas à payer les salaires de fin octobre.

Ce n'est pas pour aller vite en besogne ou pour justifier l'injustifiable. Mais, très souvent, en Afrique, juste parce qu'elle n'aime pas un régime, l'opposition accepte, parfois, de jouer le jeu de la déstabilisation extérieure pour arriver à ses fins, ignorant qu'elle ne peut jamais s'inscrire sur le même agenda politique que les déstabilisateurs extérieurs, qui ont d'autres motivations quand ils ciblent leur pays. Après le Printemps arabe, la leçon ne semble pas avoir été retenue par une certaine opposition togolaise, encore prête à s'accrocher à la queue du serpent pourvu qu'elle atteigne son objectif.

Est-ce le Saint-Esprit qui descendra du ciel pour déterminer la dette exacte du Congo à l'égard de ses créanciers ? Toujours est-il que la première mission du Fonds monétaire international (FMI) qui a pris fin, mercredi, 4 octobre, à Brazzaville, n'arrive, toujours pas, à savoir à combien s'élève, exactement, la dette publique congolaise. Le FMI a sorti un chiffre presque déjà connu de 110%. Reste que le FMI n'arrive, pas encore, à déterminer à combien s'élève la dette litigieuse (Glencor, Trafigura, Commissimpex, etc.) qui s'élèverait à plusieurs milliards aussi. Il en est, de même, de la dette chinoise qui reste très floue à évaluer, un flou entretenu volontairement par Pékin et Brazzaville, et qui embrasse des pratiques comme le troc. Il y a, enfin, la dette intérieure dont on ignore aussi le montant exact. Le total de cette dette (non encore) évaluée pourrait rapprocher la dette totale congolaise à près de 200% du PIB.

"On va créer des couloirs humanitaires pour que ces jeunes gens sortent avec leurs armes", a déclaré le président, en recevant ce mardi, 3 octobre, une délégation de sages et de religieux du Pool.

Le dictateur a rencontré la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, le 19 septembre, à New York, en marge de la 72e Assemblée Générale des Nations-Unies. Au regard de la grave situation de l'économie congolaise, elle aidera le Congo (c'est sa mission), mais ne pourra pas faire des miracles que lui demande son « ami » Sassou-Nguesso. Car elle-même doit rendre des comptes à sa hiérarchie. Pour que le programme de redressement (à venir) ait une chance de réussir, l'opposition demande à être associée, d'une manière ou d'une autre, dans le processus de son aboutissement. D'autre part, le FMI va conclure un programme avec le Congo. Mais de quel Congo s'agit-il ? Car il y a le Congo de Sassou-Nguesso qui a ruiné le pays et l'autre Congo constitué par l'opposition qui représente la grande majorité de la population. Sans dialogue et consensus entre ces deux Congo, ce sera un coup d'épée dans l'eau. C'est à ce niveau où Christine Lagarde est priée de ne pas faire du Strauss-Kahn, si elle ne veut pas que son nom soit traîné dans la boue par les opposants congolais demain et après-demain.

Il n'y a pas si longtemps, Sassou-Nguesso niait toute crise dans le département du Pool. Quand on lui faisait le reproche de s'occuper des lointaines crises en Libye et en Centrafrique alors que son propre pays était en train de brûler avec des réfugiés qui se comptaient en plusieurs dizaines de milliers, il bottait, simplement, en touche. Eh bien, ce même Sassou est en train d'encourager la tenue d'un dialogue (express) avec ceux qu'il qualifiait hier de simples « bandits ». Pourquoi ce virage à 180° ?

Pardon à Ghys Fortuné Bemba. De l'avoir vraiment oublié alors que le caractère tranchant de ses écrits manque au paysage politique congolais. Cela fait huit mois qu'il est embastillé dans les geôles du dictateur, Sassou-Nguesso, (qui se dit « homme de paix » « homme de dialogue », « homme de tolérance ») alors qu'il est, en réalité, le plus grand bourreau de son peuple que l'Afrique n'ait jamais connu. Un tortionnaire primaire. Un buveur de sang humain. Un intolérant de bas étage. Un potentat d'un autre âge. Voilà comment on peut qualifier Denis Sassou-Nguesso, qui n'affectionne que ce qu'il domine totalement. On ne peut pas faire équipe avec lui s'il n'a pas droit de vie et de mort sur vous. Comme il n'avait aucune emprise sur notre confrère, Ghys Fortuné Bemba, il l'a envoyé paître en prison. Pour réfléchir à son sort. Honte à lui !

Jean-Claude Gakosso a été confirmé au poste de ministre des Affaires étrangères du Congo-Brazzaville, lors du dernier remaniement, grâce au dossier libyen qu'il pilote, sans grand bonheur, depuis plusieurs mois. Pour permettre au président du Haut Comité de l'Union africaine sur la Libye, Denis Sassou-Nguesso, d'avoir une certaine continuité sur ce dossier que convoitent plusieurs pays voisins de la Libye, membres de la Ligue arabe et de l'OCI, le dictateur n'avait pas hésité à mettre un avion à la disposition de son chef de la diplomatie pour sillonner les grandes capitales arabes à ce sujet, ce qui lui a, d'ailleurs, permis de gonfler (un peu plus) les épaules (déjà bien larges). Mais comme de Gaulle avait coutume de dire : « La volonté seule ne suffit pas », sous-entendu, il faut avoir, aussi, la capacité. Tel ne semble, malheureusement, pas être le cas pour le Congo-Brazzaville, qui n'a pas l'étoffe suffisante pour s'occuper des affaires libyennes alors que les siennes propres (dans le Pool) dépassent son médiateur international de président.

Denis Sassou-Nguesso ne contrôle plus ses nerfs (d'Homme d'Etat). Depuis qu'il a lu l'article de www.afriqueeducation.com (du mercredi, 30 août, à 12h34) sur les initiatives de la diaspora congolaise à Paris et à Washington afin de sensibiliser le FMI dans sa négociation avec le pouvoir, il se sent très mal. Voilà pourquoi il a décidé d'embastiller les responsables de l'opposition, depuis ce matin, afin qu'ils n'aient aucun contact avec les membres de la délégation du FMI qui sont arrivés, à Brazzaville, dimanche, 3 septembre, soir, en provenance de Washington, afin de négocier un programme de redressement avec le pouvoir.

Christine Lagarde, la patronne (française) du Fonds monétaire international (FMI) est-elle en train de payer les erreurs (volontaires ?) de son prédécesseur à ce même poste, Dominique Strauss-Kahn, dans les relations entre le FMI et le Congo-Brazzaville ? Toujours est-il que pour exiger un véritable programme digne de ce nom et dénué de tout soupçon de favoritisme à l'endroit de Brazzaville, la diaspora congolaise est vent debout pour exiger des conditionnalités sans lesquelles ce futur programme ne serait pas viable. Pour se faire entendre, elle va entreprendre une série de manifestations, à Paris et à Washington, pour pousser à la signature d'un accord utile, non pas pour le (seul) clan présidentiel, mais pour (tout) le peuple congolais.

Général d'armée, le seul du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso a été, platement, battu, dans le département du Pool, lui et son armée, par des va-nu-pieds qu'il qualifie, lui-même, de « bandits ». Plus d'un an, après y avoir envoyé les soldats les plus aguerris de son armée, avec un armement des plus sophistiqués, il a, lamentablement, échoué dans la traque du pasteur Ntumi et a, au contraire, endeuillé les familles de soldats dont beaucoup sont morts pour cette cause injustifiable. Dans son discours du 14 août, soir, prononcé avant le 20 heures de Télé Congo, il s'est borné à demander à Ntumi de se rendre afin d'être jugé pour ses actes. Un lamentable aveu d'échec venant d'un général 5 étoiles alors que Ntumi n'a que sa bible dans la main et la prière (la parole) comme arme. Lassées par une telle incompétence sans nom, les femmes proches du dictateur montent, aujourd'hui, au créneau pour lui demander de mettre fin à cette situation horrible.

Le dictateur a reconduit Clément Mouamba comme nous l'avions annoncé, juste après sa démission. Pour le bien du Congo, il n'a pas changé son nom juste pour déjuger son groupe de presse préféré (Afrique Education) dont il ne rate aucune lecture sur le Congo. Clément Mouamba a formé un gouvernement de 35 membres, mardi, 22 août. Dans la douleur car il y a de nombreux partants qui voulaient rester. Sassou, lui, a l'esprit ailleurs : son fils, Denis Christel, est aux prises, en région parisienne, avec les juges du Parquet financier.

Le dictateur a porté, samedi, 19 août, à la tête de la très monocolore Assemblée nationale, un fidèle parmi les fidèles, Isidore Mvouba. Elu du département du Pool où il conteste la popularité aux deux rejetons de Bernard Kolelas, celui qu'on appelle « Le Chinois » fait partie des dirigeants qui aident à la consolidation de la dictature de Sassou-Nguesso, depuis des lustres, sans toutefois, être très controversé comme peuvent l'être les membres du clan présidentiel. A l'heure de la négociation d'un programme avec le Fonds monétaire international, Isidore Mvouba sera sollicité chaque fois (et cela risque d'être trop souvent le cas) qu'il faudra aller au front pour éteindre les incendies. Il sera, avant tout, un homme de missions.

Le dictateur devrait former son nouveau gouvernement (pile ou face) dont l'ambition est de mener à bien les difficiles réformes économiques que va édicter le Fonds monétaire international (FMI). Ce gouvernement est annoncé, dans les tout prochains jours, tandis que le programme avec le FMI doit démarrer courant octobre, ou avant la fin de l'année, si les négociations sont, particulièrement, difficiles comme on peut le prévoir. Sauf à vouloir démentir (inutilement) afriqueeducation.com, Clément Mouamba, ayant l'avantage de bien connaître l'ampleur du désastre, est bien parti pour se succéder à lui-même.

Le Congo-Brazzaville fête, ce mardi, 15 août, le 57e anniversaire de son indépendance, à Brazzaville. Un défilé sobre, sans excès, à l'image des caisses publiques de l'Etat. Pour la première fois, depuis de très très longues années, le défilé a eu lieu sans la présence d'au moins, un chef d'Etat étranger. Aux côtés du couple présidentiel, il n'y avait que le président du sénat, le président de l'Assemblée nationale et le premier ministre chef du gouvernement. C'est vraiment la preuve que le Congo-Brazzaville est en « faillite ».

Ami politique d'André Okombi Salissa, candidat à l'élection présidentielle de mars 2016, Jacques Banangazala aurait été ministre si Okombi avait été élu président de la République. Sassou-Nguesso qui s'est déclaré gagnant de cette élection avec seulement 8% des voix, avait très mal pris qu'Okombi se présente contre lui, après avoir été 15 ans sous ses ordres comme son ministre. Résultat, Okombi a été jeté en prison, mais aussi, les principaux responsables de son équipe de campagne dont Jacques Banangazala qui la dirigeait dans le département de la Cuvette-Ouest dont il est originaire. Emprisonné dans une cellule infestée de cafards et de rats, il ne manque que des serpents pour lui régler son compte, sauf, si sa pneumonie qu'il a chopée en cellule (avec un risque de contamination d'autres prisonniers) ne l'emporte avant. Informé de la situation, Sassou n'aurait rien voulu savoir. Les amis de Jacques Banangazala ont peur qu'il ne finisse comme un certain Marcel Ntsourou, ancien colonel de son état, tué par le dictateur, après qu'il lui eut rendu beaucoup de bons et de loyaux services, parfois, contre ses propres parents.

La dette publique du Congo-Brazzaville par rapport au PIB n'est pas de 77% comme l'indiquaient, de façon mensongère, les autorités de Brazzaville, mais, de 117%. C'est le FMI qui vient de le faire savoir, très officiellement, critiquant, par la même occasion, le pouvoir de Brazzaville d'avoir cherché à l'induire en erreur en lui indiquant un déficit très loin de la réalité, pour bénéficier d'un accord qui n'aurait pas correspondu à la réalité de la situation du pays.

Alors que le taux d'endettement du pays par rapport au PIB (richesse nationale) doit être de 70%, au maximum, dans les pays membres de la CEMAC, celui du Congo-Brazzaville annoncé par les autorités de Brazzaville, s'élevait à 77%, au moment du Sommet du 23 décembre 2016, à Yaoundé, entre les chefs d'Etat des pays membres de la BEAC, le ministre français de l'Economie de l'époque, Michel Sapin, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Mais, ce qu'on ignorait, en ce moment, c'est que ce chiffre de 77% était faux. En effet, en pleine négociation pour l'octroi de nouveaux financements internationaux, le FMI découvre que le Congo-Brazzaville n'est pas endetté de (seulement) 77% de son PIB, mais, de 120%, ce qui le met, résolument, en situation de faillite.

Le président, Denis Sassou-Nguesso, a-t-il encore besoin de bomber le torse ? Si oui, contre qui ? Aucun Congolais n'est (réellement) fait à sa pointure. Telle le vent du désert, sa furie a tout balayé sur son passage. Ceux des opposants qui ont essayé de le contrarier, ont, sans ménagement, été jetés en prison. Devant le silence et l'indifférence des Congolais, ils peuvent y moisir à moins de bénéficier de la magnanimité du dictateur. Après le vote d'une nouvelle constitution, en octobre 2015, la victoire plus que contestée à l'élection présidentielle de mars 2016, voilà le « raz-de-marée » aux législatives de juillet 2017. C'est du grand art qui mérite d'être enseigné dans les universités : comment être dirigeant impopulaire et tenir tête à tout le monde. Une sacrée performance digne du leader nord-coréen Kim Jung-un qui n'est pas à la portée du premier venu.