Congo-Brazzaville

Seul et unique chef d'Etat africain, à avoir présidé aux destinées de son pays (pendant sept ans), qui a quitté le pouvoir, en mai 2006, et y est revenu, en mai 2016, après avoir gagné, très démocratiquement, le scrutin, qui fut, d'ailleurs, âprement, disputé, Azali Assoumani fait la Une du numéro double 454-455 d'Afrique Education de juillet-août 2017. Sur quatre pages, il décrit l'oeuvre entreprise depuis un an dans la simplicité langagière qui l'a, toujours, caractérisé. Le magazine projette, aussi, ses phares sur la très multicolore Assemblée nationale française voulue par le jeune président, Emmanuel Macron, au sein de laquelle l'Afrique est, plutôt, très bien représentée. Congo-Brazzaville, Pays de la CEDEAO en crise, Zone Franc et ses interrogations sur son éventuelle dévaluation ou sa survie comme monnaie (africaine), etc., le lecteur a de quoi lire.

Sur instruction du dictateur, le premier ministre, Clément Mouamba, a saisi le Coordonnateur humanitaire du Système des Nations-Unies, représentant résident du PNUD, à Brazzaville, pour un « Appel à l'aide humanitaire d'urgence en faveur des populations déplacées du département du Pool ». Montant sollicité : 21 millions de dollars (environ 20 milliards de F CFA). Mieux vaut tard que jamais car la situation dans le Pool est de l'ordre de l'urgence signalée.

Le dictateur a envoyé, en catastrophe, son ministre des Affaires étrangères, Jean Claude Gakosso, à Cotonou, pour porter un message de sympathie et de prompt rétablissement au chef de l'Etat, Patrice Talon, après ses deux opérations subies à Paris. Le président congolais n'a agi ni au hasard, ni par simple humanisme. Il sait d'où il vient. Surtout, il sait où il va.

Le général, Joao Lourenço, l'actuel ministre angolais de la Défense et futur président de la République en lieu et place de Ingénieur, José Eduardo dos Santos, vient de passer un (très) bref séjour, à Brazzaville. Ni vu ni connu. Ce séjour préparé en haut lieu par les deux chefs d'Etat qui entretiennent de très bonnes relations, a été passé sous silence, dans les médias, à la demande du dictateur. Joao Lourenço qui devrait accéder au pouvoir avant la fin de cette année, s'est fait adouber par son aîné du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, qui ambitionne d'étendre ses tentacules jusqu'à Luanda.

Le dictateur fait le dos rond depuis que le Qatar est cité comme Etat finançant directement le terrorisme international. Alors que plusieurs pays africains dont l'Egypte, la Mauritanie et les Comores ont rompu sans tarder leurs relations diplomatiques avec l'émirat gazier, mais aussi, le Gabon, le Tchad, le Sénégal et Djibouti, qui les ont suspendues, parfois, en rappelant leur ambassadeur pour consultations, Denis Sassou-Nguesso, lui, est resté de marbre. Son indifférence rappelle son implication supposée dans le crash du DC10 d'UTA pour lequel certains Congolais le rendent responsable.

La situation au Congo-Brazzaville se dégrade dangereusement. Dans sa course contre la montre, Denis Sassou-Nguesso a programmé la tenue des élections législatives en juillet prochain. Une véritable blague quand on observe la tension qui gagne le pays. Et si les combats dans Brazzaville rendaient la tenue des élections impossible ? Cette information donnée par afriqueeducation.com, il y a quelques jours, est en train de se confirmer.

Le dictateur est, sérieusement, gêné aux entournures. Rien ne marche plus pour lui en ce moment : dans le Pool où il a pensé envoyer, fin avril, une expédition punitive pour en finir avec le pasteur Ntoumi, c'est un véritable désastre pour ses soldats et miliciens : 200 tués rien que le 1er mai. Parfois du fait de sa propre aviation. A Paris, Okemba Jean Dominique qu'il a envoyé pour rencontrer le candidat, Emmanuel Macron (futur chef de l'Etat français), a trouvé portes closes. Seule bouffée d'air frais pour le dictateur : le retour, à Brazzaville, d'Antoinette après un séjour médical réussi à Paris. Cela suffira-t-il à lui remonter le moral alors que Brazzaville commence à être sous la menace des Ntoumi Boys ?

Denis Sassou-Nguesso est (très) silencieux ces derniers temps. Totalement muet. Il sait pourquoi. Ses dernières cartes jetées dans la bataille du Pool où il essaie d'en finir avec les FALC (Forces d'autodéfense pour la libération du Congo) tournent à un véritable massacre de ses propres troupes : sans exagérer, on compte, déjà, près de 200 soldats tués non seulement par les combattants de Ntoumi, mais aussi, par les hélicoptères du dictateur qui ont bombardé, par erreur, hier, les soldats venus de Brazzaville, provoquant un bain de sang. L'état-major, comme d'habitude, ne fera aucune déclaration.

Denis Sassou-Nguesso a fait ses comptes : il ne se retrouve pas dans cette élection présidentielle française dont le deuxième tour se tiendra le 7 mai prochain. Son candidat rêvé, François Fillon, a été balayé au premier tour. Mais comme il sait très bien être entreprenant quand il le faut, il cherche à se positionner. Maintenant qu'il est encore temps. Le chargé de cette mission n'est autre que l'incontournable, Jean Dominique Okemba, qui vient d'atterrir, à Paris, ce samedi matin à ce sujet. Objectif : rencontrer Emmanuel Macron pour lui parler "bien".

Ce n'est pas, seulement, 18 soldats que le dictateur a perdus dans les combats, mardi, 18 avril. Selon un dernier décompte reconnu par la force publique, ce sont, pas moins de, 90 soldats du régime que les FALC (Forces d'autodéfense pour la libération du Congo) du pasteur Ntumi ont mis hors d'état de nuire, malgré une présence massive d'hélicoptères et d'avions de combat, pour les appuyer au sol. On peut d'ores et déjà dire que Sassou a perdu la guerre du Pool contre Ntumi. Prochain objectif : Le Palais de Mpila de Brazzaville ?

Le dictateur est de très mauvaise humeur depuis ce matin. Et pour cause : au moment où il prenait son (traditionnel) whisky-café en écoutant les nouvelles sur RFI et la BBC, on lui a annoncé la mort de 18 soldats tombés dans une embuscade dans le Pool. Cette nouvelle a gâché sa matinée. Il est dans tous ses états.

Avis de recherche ! La nuit, le patron des renseignements du dictateur, Jean Dominique Okemba (JDO), est, parfois, introuvable. Porté aux abonnés absents. On peut le chercher sans le trouver. On s'interroge sur ses absences nocturnes pendant ces temps de grosse incertitude dans l'entourage du dictateur.

Dans le Congo-Brazzaville du dictateur, Sassou-Nguesso, les assassinats se suivent et se ressemblent comme un long fleuve tranquille. La vie d'un être humain compte pour du beurre. On tue en riant, sans jamais rendre compte à personne, ni sur le plan national, ni à l'extérieur. Le Congo-Brazzaville de Sassou-Nguesso est le royaume de l'impunité totale, avec à sa tête l'un des chefs d'Etat les plus sanguinaires à être encore en exercice. C'est sans doute pour cela qu'il ne sait pas s'arrêter. Il n'a peur de personne. Après avoir scalpé le colonel, Marcel Ntsourou, il y a quelques mois, dans un contexte où personne ne lui demande aucun compte (comme si Ntsourou n'avait aucun parent), il entend mettre le cap, aujourd'hui, sur la décapitation d'André Okombi Salissa (AOS) à qui il ne pardonne pas de l'avoir, politiquement, défié.

C'est comme l'histoire de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. C'est selon. On attendait une douzaine de ministres pour le lancement de ce « Fonds bleu » dont le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, avait suggéré la création, lors de la COP 22, à Marrakech, au Maroc. Mais, au final, bien que membres, près de la moitié n'est pas venue à cette cérémonie de lancement qui s'est déroulée, à Oyo, la ville natale du dictateur. En réalité, le « Fonds bleu » ne serait pas venu de nulle part : le Franco-Marocain, Richard Attias, en tirerait les ficelles.

Général 5 étoiles, Denis Sassou Nguesso sait faire autre chose : couler le sang des Congolais. Malheureusement, il ne sait pas faire ce pourquoi il est à la tête du Congo : gérer. En l'espace de quatre ans, il a acheté des armes pour près de 10.000 milliards de F CFA. Pour quoi faire ? Le Congo-Brazzaville est en guerre contre qui ? Même Boko Haram ne s'intéresse pas à ce pays, pas plus que les Séléka. La mauvaise gestion du dictateur ne s'est pas arrêtée dans des achats d'armes sans objet. Se substituant aux bailleurs de fonds, il a arrosé à tour de bras en Afrique de l'Ouest, pour s'acheter les faveurs des chefs d'Etat, démocratiquement, élus dont la mission était de faire « plier » le pouvoir français, hostile au dictateur. Bref, ces cinq dernières années, le dictateur (sans rendre des comptes à personne) a dilapidé, sans compter, l'argent du pays. Aujourd'hui, toute honte bue, il frappe à la porte du FMI, prêt à s'agenouiller devant sa patronne, Christine Lagarde, pour avoir quelques miettes. Un piètre gestionnaire ce Sassou-Nguesso ! Il mériterait le Prix Nobel de la bêtise financière. Ses compatriotes ne le savent que trop bien.

Si elle voulait faire plaisir aux présidents du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, et du Tchad, Idriss Déby Itno, que la France ne s'y serait pas prise autrement. Sans se soucier des qu'en dira-t-on, elle a gelé les avoirs de trois opposants tchadiens et congolais, pour une durée de six mois. Comme si ces derniers étaient titulaires d'une fortune personnelle capable de déstabiliser les Etats du Congo-Brazzaville et du Tchad. On en est, pourtant, très (très) loin. Voilà pourquoi la mesure prise, étonne. Venant, de surcroît, d'un gouvernement socialiste, il y a lieu de se poser mille questions. Qu'est-ce qui arrive, réellement, franchement, à François Hollande pour qu'il agisse de cette façon, ce qui étonne plus d'une personne ? D'autant plus que même son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, accusé d'être réactionnaire, n'était jamais allé aussi loin.

Pourquoi Manuel Valls a du souci à se faire pour le second tour ? L'ancien premier ministre n'est arrivé qu'en deuxième position à l'issue du premier tour, derrière Benoît Hamon. Sans (grandes) réserves de voix, il se retrouve, désormais, dans la position d'outsider. On peut, aujourd'hui, constater que l'activisme des Congolais de la diaspora contre Manuel Valls, accusé, de soutenir le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, lors de la modification controversée de la constitution, est en train de porter les fruits. Les Congolais faisaient campagne contre l'ancien premier ministre français, dans le métro et le RER, à des heures de grande affluence. Cela semble avoir payé.

En sa qualité de président du Comité de haut niveau de l'Union africaine (UA) sur la Libye, depuis le 9 novembre 2016, le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, devrait être, logiquement, le « Monsieur Afrique » sur la question libyenne, ayant la capacité de discuter en tant que tel, devant les interlocuteurs occidentaux, impliqués, eux aussi, dans cette question libyenne. Cela ne sera pas le cas, l'Egypte s'octroyant de facto ce dossier pour cause de proximité avec la Libye et de meilleure compréhension de ce dossier plus que le lointain Congo-Brazzaville qui, décidément, veut être de toutes les médiations en Afrique, même quand il n'en a pas la capacité. Sassou-Nguesso a, d'ores et déjà, programmé un Sommet sur la Libye, le 25 janvier, à Brazzaville. Aura-t-il, encore, lieu ?

Le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, a effectué une visite, jeudi, 19 janvier, à Kinshasa, où il a rencontré les évêques catholiques, le premier ministre, ainsi que, le chef de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC).

Le dictateur a horreur d'être contrarié. Il n'aime pas non plus la contradiction. Se sachant très impopulaire, il se maintient, au pouvoir, par la (seule) force des armes. Parce qu'il redoute, fortement, l'avenir qui ne lui sourit plus, il s'est mis à mettre, un par un, en prison, tous ses grands opposants qu'il redoute. C'est le cas de Paulin Makaya, de Jean Marie Michel Mokoko et depuis quelques jours, d'André Okombi Salissa. Ces deux derniers opposants l'ont battu à la présidentielle de mars 2016 avant qu'il n'inverse les résultats en sa faveur. Mais, même s'il a transformé Brazzaville en une prison à ciel ouvert, Sassou-Nguesso ne fait plus peur à personne. C'est, au contraire, lui qui a, désormais, peur des Congolais qui entendent prendre leurs responsabilités, à l'instar de Claudine Munari, qui agit à la tête de l'opposition unie.