Congo-Brazzaville

Denis Sassou-Nguesso a fait ses comptes : il ne se retrouve pas dans cette élection présidentielle française dont le deuxième tour se tiendra le 7 mai prochain. Son candidat rêvé, François Fillon, a été balayé au premier tour. Mais comme il sait très bien être entreprenant quand il le faut, il cherche à se positionner. Maintenant qu'il est encore temps. Le chargé de cette mission n'est autre que l'incontournable, Jean Dominique Okemba, qui vient d'atterrir, à Paris, ce samedi matin à ce sujet. Objectif : rencontrer Emmanuel Macron pour lui parler "bien".

Ce n'est pas, seulement, 18 soldats que le dictateur a perdus dans les combats, mardi, 18 avril. Selon un dernier décompte reconnu par la force publique, ce sont, pas moins de, 90 soldats du régime que les FALC (Forces d'autodéfense pour la libération du Congo) du pasteur Ntumi ont mis hors d'état de nuire, malgré une présence massive d'hélicoptères et d'avions de combat, pour les appuyer au sol. On peut d'ores et déjà dire que Sassou a perdu la guerre du Pool contre Ntumi. Prochain objectif : Le Palais de Mpila de Brazzaville ?

Le dictateur est de très mauvaise humeur depuis ce matin. Et pour cause : au moment où il prenait son (traditionnel) whisky-café en écoutant les nouvelles sur RFI et la BBC, on lui a annoncé la mort de 18 soldats tombés dans une embuscade dans le Pool. Cette nouvelle a gâché sa matinée. Il est dans tous ses états.

Avis de recherche ! La nuit, le patron des renseignements du dictateur, Jean Dominique Okemba (JDO), est, parfois, introuvable. Porté aux abonnés absents. On peut le chercher sans le trouver. On s'interroge sur ses absences nocturnes pendant ces temps de grosse incertitude dans l'entourage du dictateur.

Dans le Congo-Brazzaville du dictateur, Sassou-Nguesso, les assassinats se suivent et se ressemblent comme un long fleuve tranquille. La vie d'un être humain compte pour du beurre. On tue en riant, sans jamais rendre compte à personne, ni sur le plan national, ni à l'extérieur. Le Congo-Brazzaville de Sassou-Nguesso est le royaume de l'impunité totale, avec à sa tête l'un des chefs d'Etat les plus sanguinaires à être encore en exercice. C'est sans doute pour cela qu'il ne sait pas s'arrêter. Il n'a peur de personne. Après avoir scalpé le colonel, Marcel Ntsourou, il y a quelques mois, dans un contexte où personne ne lui demande aucun compte (comme si Ntsourou n'avait aucun parent), il entend mettre le cap, aujourd'hui, sur la décapitation d'André Okombi Salissa (AOS) à qui il ne pardonne pas de l'avoir, politiquement, défié.

C'est comme l'histoire de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. C'est selon. On attendait une douzaine de ministres pour le lancement de ce « Fonds bleu » dont le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, avait suggéré la création, lors de la COP 22, à Marrakech, au Maroc. Mais, au final, bien que membres, près de la moitié n'est pas venue à cette cérémonie de lancement qui s'est déroulée, à Oyo, la ville natale du dictateur. En réalité, le « Fonds bleu » ne serait pas venu de nulle part : le Franco-Marocain, Richard Attias, en tirerait les ficelles.

Général 5 étoiles, Denis Sassou Nguesso sait faire autre chose : couler le sang des Congolais. Malheureusement, il ne sait pas faire ce pourquoi il est à la tête du Congo : gérer. En l'espace de quatre ans, il a acheté des armes pour près de 10.000 milliards de F CFA. Pour quoi faire ? Le Congo-Brazzaville est en guerre contre qui ? Même Boko Haram ne s'intéresse pas à ce pays, pas plus que les Séléka. La mauvaise gestion du dictateur ne s'est pas arrêtée dans des achats d'armes sans objet. Se substituant aux bailleurs de fonds, il a arrosé à tour de bras en Afrique de l'Ouest, pour s'acheter les faveurs des chefs d'Etat, démocratiquement, élus dont la mission était de faire « plier » le pouvoir français, hostile au dictateur. Bref, ces cinq dernières années, le dictateur (sans rendre des comptes à personne) a dilapidé, sans compter, l'argent du pays. Aujourd'hui, toute honte bue, il frappe à la porte du FMI, prêt à s'agenouiller devant sa patronne, Christine Lagarde, pour avoir quelques miettes. Un piètre gestionnaire ce Sassou-Nguesso ! Il mériterait le Prix Nobel de la bêtise financière. Ses compatriotes ne le savent que trop bien.

Si elle voulait faire plaisir aux présidents du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, et du Tchad, Idriss Déby Itno, que la France ne s'y serait pas prise autrement. Sans se soucier des qu'en dira-t-on, elle a gelé les avoirs de trois opposants tchadiens et congolais, pour une durée de six mois. Comme si ces derniers étaient titulaires d'une fortune personnelle capable de déstabiliser les Etats du Congo-Brazzaville et du Tchad. On en est, pourtant, très (très) loin. Voilà pourquoi la mesure prise, étonne. Venant, de surcroît, d'un gouvernement socialiste, il y a lieu de se poser mille questions. Qu'est-ce qui arrive, réellement, franchement, à François Hollande pour qu'il agisse de cette façon, ce qui étonne plus d'une personne ? D'autant plus que même son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, accusé d'être réactionnaire, n'était jamais allé aussi loin.

Pourquoi Manuel Valls a du souci à se faire pour le second tour ? L'ancien premier ministre n'est arrivé qu'en deuxième position à l'issue du premier tour, derrière Benoît Hamon. Sans (grandes) réserves de voix, il se retrouve, désormais, dans la position d'outsider. On peut, aujourd'hui, constater que l'activisme des Congolais de la diaspora contre Manuel Valls, accusé, de soutenir le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, lors de la modification controversée de la constitution, est en train de porter les fruits. Les Congolais faisaient campagne contre l'ancien premier ministre français, dans le métro et le RER, à des heures de grande affluence. Cela semble avoir payé.

En sa qualité de président du Comité de haut niveau de l'Union africaine (UA) sur la Libye, depuis le 9 novembre 2016, le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, devrait être, logiquement, le « Monsieur Afrique » sur la question libyenne, ayant la capacité de discuter en tant que tel, devant les interlocuteurs occidentaux, impliqués, eux aussi, dans cette question libyenne. Cela ne sera pas le cas, l'Egypte s'octroyant de facto ce dossier pour cause de proximité avec la Libye et de meilleure compréhension de ce dossier plus que le lointain Congo-Brazzaville qui, décidément, veut être de toutes les médiations en Afrique, même quand il n'en a pas la capacité. Sassou-Nguesso a, d'ores et déjà, programmé un Sommet sur la Libye, le 25 janvier, à Brazzaville. Aura-t-il, encore, lieu ?

Le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, a effectué une visite, jeudi, 19 janvier, à Kinshasa, où il a rencontré les évêques catholiques, le premier ministre, ainsi que, le chef de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC).

Le dictateur a horreur d'être contrarié. Il n'aime pas non plus la contradiction. Se sachant très impopulaire, il se maintient, au pouvoir, par la (seule) force des armes. Parce qu'il redoute, fortement, l'avenir qui ne lui sourit plus, il s'est mis à mettre, un par un, en prison, tous ses grands opposants qu'il redoute. C'est le cas de Paulin Makaya, de Jean Marie Michel Mokoko et depuis quelques jours, d'André Okombi Salissa. Ces deux derniers opposants l'ont battu à la présidentielle de mars 2016 avant qu'il n'inverse les résultats en sa faveur. Mais, même s'il a transformé Brazzaville en une prison à ciel ouvert, Sassou-Nguesso ne fait plus peur à personne. C'est, au contraire, lui qui a, désormais, peur des Congolais qui entendent prendre leurs responsabilités, à l'instar de Claudine Munari, qui agit à la tête de l'opposition unie.

Le président, Sassou Nguesso, en tant que président du Comité de haut niveau de l'Union africaine (UA) sur la Libye, convoquera un Sommet sur la Libye, le 25 janvier, à Brazzaville, soit, la veille du Sommet de l'UA, à Addis Abeba. Il compte tenir cette rencontre internationale dans un pays qu'il maintient en état d'urgence, notamment, au Pool (région de Brazzaville) où il a déployé plus de 10.000 militaires pour y déloger le pasteur Ntoumi accusé de lui tenir tête. Dans une dictature où il n'y a aucune contestation possible, le pasteur Ntoumi est considéré par les Congolais comme un héros. Au vu et au su de tous, le dictateur met, un à un, tous ceux qui peuvent lui apporter contradiction aux arrêts. Après Paulin Makaya (dont l'emprisonnement l'a empêché de se présenter à la présidentielle de mars 2016 et Jean-Marie Michel Mokoko et beaucoup d'autres, il vient, coup sur coup, en moins d'une semaine, d'arrêter le député, André Okombi Salissa (AOS), ancien candidat à la présidentielle, alors qu'il bénéficie de l'immunité parlementaire. Depuis cinq jours, AOS est embastillé à la DGST (police politique), menotté (notre photo), comme un vulgaire délinquant, alors que son écharpe tricolore lui confère des prérogatives que seule la loi peut enlever. Depuis hier, c'est notre confrère, patron de Thalassa, Ghys Fortuné Dombé, qui croupit dans les geôles de la même DGST. Juste parce qu'il a déclaré que des individus comme le général, Jean François Ndengué, directeur général de la police, après avoir atteint la limite d'âge, ne devraient plus émarger dans la fonction publique comme agents de l'Etat. Conclusion : Sassou est au-dessus de la loi quand il n'est pas lui-même la loi. Il a dépassé les Congolais, mais aussi, le monde entier.
Il y a quelques semaines, Afrique Education avait réussi à joindre AOS de son refuge à Brazzaville. Il nous avait accordé une interview (parue dans le numéro 447 d'Afrique Education) qui avait fait perdre le sommeil au dictateur. Cette interview (à lire ci-après) a permis de sauver la vie à Okombi. Car le dictateur avait organisé son assassinat. Purement et simplement. Maintenant, AOS est sous sa « protection » directe. Si quelque chose lui arrive, on saura à qui demander les comptes. C'est-à-dire à Sassou-Nguesso himself.

Le Falcon 7X a été immatriculé par l'armée de l'air congolaise, et pas, directement, par le dictateur. Simple astuce d'un mauvais payeur devant l'éternel ? N'étant pas un avion présidentiel, il devient, du coup, un avion saisissable par les huissiers de justice. Est-ce pour cette raison qu'un secret opaque l'entoure, en ce moment, en ce sens que, comme si on s'était passé le mot, personne ne veut en parler dans les services compétents ?

Le Congo-Brazzaville est triste. Après une année de cavale, André Okombi Salissa (AOS) a été arrêté, ce matin, par les services du dictateur, en plein cœur de Brazzaville. Ce n'est, vraiment, pas une bonne nouvelle, mais, positivons en disant que ceux qui l'adorent peuvent, enfin, respirer car, désormais, plus de balle perdue pour le tuer avant de maquiller l'assassinat, plus de poison dans sa nourriture, avant de diffuser une fausse version sur Télé Congo. Aujourd'hui, on sait qu'il est entre les mains du dictateur. Si un de ses cheveux saute, ce sera Sassou-Nguesso himself.

Ils sont toujours comme ça les Chinois. Ils disent vouloir faire des affaires sans juger les régimes politiques africains avec lesquels ils traitent. Après, ils parlent de partenariat « gagnant gagnant » pour cacher leur hypocrisie, alors que chez eux, le président de la République qui est en même temps le patron du parti communiste, ne peut faire que deux mandats de 5 ans, ce qui fait en tout et pour tout, 10 ans au pouvoir. Au Congo-Brazzaville où Sassou-Nguesso s'est octroyé une présidence à vie (déjà 33 ans au pouvoir), les Chinois font un partenariat "perdant perdant" : Des milliers de morts à l'actif du dictateur sous les yeux des Chinois. Alors question : Les Chinois sont-ils les amis des Congolais ?

Denis Sassou-Nguesso n'est pas bien dans sa peau de dictateur ces derniers temps. Son Falcon 7X (de location) actuellement en révision en France, est cloué au sol pour factures non honorées. Les frais de stationnement ne sont pas non plus payées. Mais ce n'est pas la seule mauvaise nouvelle qui le frappe. Pas plus tard qu'hier, il a failli perdre son (précieux) directeur de cabinet, Firmin Ayessa, suite à une chaude engueulade avec sa fille et non moins conseillère en communication, Claudia Sassou-Nguesso, qui considère Ayessa comme son chiffon, alors qu'il est son patron direct. Après l'humiliation de Miami, Sassou est obligé d'éteindre le feu qui couve à ses portes.

Sassou-Nguesso a-t-il donné son accord pour la liquidation de Paulin Makaya, comme ça se chuchote à Brazzaville ? Le comportement de ses sbires fait, en tout cas, peser de forts soupçons selon lesquels le dictateur voudrait, vite, se débarrasser de l'empêcheur de tourner en rond, Paulin Makaya. Mais, très mal exécuté, son plan pour assassiner le président de l'UPC, le 29 décembre, a connu quelques ratés, ce qui lui donne quelques jours de sursis, à moins que le dictateur ne change de fusil d'épaule, maintenant que tout est mis sur la place publique.

L'opposition en est certaine : le remue ménage qu'on a connu cet après-midi à Brazzaville est une mise en scène de Sassou Nguesso. Expert en la matière, il veut détourner l'attention des Congolais vers d'autres faits de violence savamment orchestrés. Après sa gamelle ramassée chez Donald Trump, il voudrait que les Congolais ne se concentrent pas sur son gros échec diplomatique aux Etats-Unis, mais, restent focalisés sur les assassinats qu'il a planifiés à la Maison d'Arrêt de Brazzaville.

Afriqueeducation.com n'a pas besoin de s'informer en profondeur, pour savoir que le dictateur est de (très) mauvaise humeur, depuis, hier, et qu'il a passé une très mauvaise nuit. Sa rencontre avec le président élu, Donald Trump, aux Etats-Unis, qui était considérée comme une victoire diplomatique, à Brazzaville, est en train de se transformer en une gamelle diplomatique. Comme quoi, Trump fait du Trump. Toujours égal à lui-même.