Cour suprême

La Cour suprême du Kenya a blâmé (il n'y a pas un autre mot), mercredi, 20 septembre, la Commission électorale (IEBC) pour sa gestion calamiteuse de l'élection présidentielle invalidée du 8 août, lui reprochant d'avoir proclamé les résultats sur la base de documents parfois "douteux" et de ne pas avoir permis l'accès à ses serveurs informatiques. Pour la Cour, l'IEBC serait truffée d'agents anti-Raila Odinga avec pour mission de faire gagner, par tous les moyens, le président sortant. Du coup, la demande de Raila Odinga d'opérer un changement profond au sein de l'IEBC avant de retourner aux urnes, prend un sens. La date du 17 octobre est-elle tenable ?

On dira ce qu'on veut, mais, les pays africains anglophones sont en nette avance sur les pays francophones en ce qui concerne la démocratie électorale. En Afrique francophone, en effet, il n'existe pas d'équivalent du Ghana, du Nigeria, du Liberia, de la Tanzanie, de l'Afrique du Sud, et maintenant, du Kenya, qui, jusqu'à cette décision de la Cour suprême, n'était pas considéré comme un bon élève de la démocratie. Le Sénégal qui faisait figure d'exemple, en Afrique francophone, a connu un réel recul démocratique, lors des élections législatives de juillet dernier. Du coup, de sérieux doutes commencent à planer sur la présidentielle de 2019 à laquelle le président, Macky Sall, est, déjà, candidat. Le Sénégal devenu un pays, démocratiquement, peu sûr, il ne reste plus que le Bénin, le fameux « quartier latin » de l'Afrique francophone qui fait office de pionnier en la matière. 67 ans après les indépendances, c'est tout, simplement, désespérant que les pays africains francophones continuent d'avancer en reculant sur le plan démocratique.

A cause du refus du président sortant, Yahya Jammeh, de quitter le pouvoir, le président élu, Adama Barrow, a dû, avec le soutien des autorités du Sénégal, « prêter serment », à l'ambassade de Gambie, à Dakar. Ce serment est pour la forme, un autre devant être organisé, à Banjul, devant les chefs d'Etat invités et les autorités gambiennes compétentes (Cour suprême, autorités politiques, militaires, religieuses et civiles), après le départ (d'une façon ou d'une autre) de Yahya Jammeh du pouvoir.

De nombreuses incertitudes planent, toujours, sur l'audience de la Cour suprême gambienne du 10 janvier pour statuer sur le recours du parti du président, Yahya Jammeh, contre sa défaite électorale.

Ainsi va la vie démocratique dans le pays du général-président, et non moins, ancien putschiste, Mohamed Ould Abdel Aziz. Après avoir fait enfermer ces deux leaders négro-mauritaniens pour les priver de parole publique, il vient de faire ordonner leur libération par une pirouette dont seul son régime a le secret.