Laurent Gbagbo

Alassane Ouattara est en train de mener la Côte d'Ivoire vers l'abîme. C'est une certitude. Il tient le volant d'une voiture qu'il ne maîtrise plus. Loin de là. A cause de son absence de vision, la réconciliation nationale a foutu le camp. Ses principaux lieutenants d'hier et d'aujourd'hui, vont bientôt se tirer dessus. Aujourd'hui, c'est déjà la guerre froide entre eux. Aujourd'hui, Guillaume Soro est celui qui est le plus en perte de vitesse, celui qui crie sur tous les toits pour réclamer la réconciliation. Est-il sincère avec lui-même ou le fait-il pour dénoncer à sa manière les choix actuels de Ouattara ? Le pardon et la réconciliation seront (résolument) en panne en Côte d'Ivoire aussi longtemps que la vérité et la justice seront mises de côté ; ils resteront une illusion tant que certains (on les connaît) se serviront de cette noble cause pour atteindre des objectifs personnels.

Très très long à l'allumage, le président du PDCI, Henri Konan Bédié, vient, enfin, de sortir de sa réserve, en annonçant la candidature (qu'il neige ou qu'il vente), d'un membre de son parti, à l'élection présidentielle de 2020, qu'il y ait eu entente au sein du RHDP ou non. Si les militants de la vieille dame cinquantenaire peuvent pousser un gros Ouf de soulagement, le Maradona du paysage politique ivoirien (Alassane Ouattara) qui a pris pour habitude de dribbler tout le monde et de marquer les buts qui profitent à son seul parti, le RDR, a, très vite, botté en touche : pour lui, « 2020 c'est dans trois ans », donc, il ferme la parenthèse. Traduisez en langage dioula : je ne suis pas d'accord, étant en train de préparer mon candidat RDR que les Ivoiriens connaissent déjà.

Le monde est petit, et le temps court. Il n'y a pas si longtemps, Alassane Ouattara, maquisard en chef fomenteur de coups d'état depuis le Burkina Faso sous Blaise Compaoré, faisait tout ce qui était possible pour arriver à ses fins : devenir le président de la République de Côte d'Ivoire, par tous les moyens. A l'époque, c'est la fin qui justifiait les moyens. A-t-il la mémoire courte ?

Que ceux qui le croyaient fini se ravisent. Interné à la CPI (Cour pénale internationale) depuis cinq ans, l'ancien président de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, mettrait son isolement carcéral à profit pour réfléchir à son retour aux affaires. Cette idée a de quoi faire trembler ce qui reste du RHDP que le président, Alassane Ouattara, a presque fait voler en éclats : aujourd'hui, le PDCI-RDA de son très cher aîné, Aimé Henri Konan Bédié, et son RDR sont loin de parler le même langage.

Laurent Gbagbo a-t-il eu tort de croire aux Accords signés à Pretoria pour permettre à Alassane Ouattara d'être candidat ? A-t-il eu tort de jouer le jeu en remplissant sa part de contrat ? Aujourd'hui, il se retrouve enfermé par la CPI (Cour pénale internationale). L'échec de la réconciliation prônée par Alassane Ouattara (lire le numéro 449 d'Afrique Education actuellement chez les marchands de journaux), en est la parfaite illustration. Pour le professeur Jean-Claude Djereke qui connaît bien Laurent Gbagbo, l'actuel président ne dirige pas la Côte d'Ivoire pour le bien-être des Ivoiriens et des Ivoiriennes, mais pour le pays qui lui donne la possibilité de loger ses comptes bancaires et d'acquérir des appartements.

Le roman d'Aminata Sow Fall, édité en 1979, aux Nouvelles éditions africaines (NEA) est d'actualité. Son récit s'adapte à la lutte que mènent les Africains pour créer une monnaie, authentiquement, africaine, différente du F CFA d'aujourd'hui, mais aussi, au procès Gbagbo dont l'emprisonnement à La Haye a bloqué la réconciliation en Côte d'Ivoire.

En ce début 2017, le professeur, Jean-Claude Djereke, invite les Africains à un changement profond des mentalités, à sortir de leur sommeil profond, à prendre exemple sur le Japon et Israël, qui, après avoir été persécutés, ont su prendre leur destin en main, en se donnant la capacité de faire face, aujourd'hui, à toute sorte d'adversité. D'où qu'elle vienne. La liberté ne s'octroie jamais. Elle s'arrache. Toujours, toujours. C'est la leçon de Bernard Dadié à l'Afrique, son Afrique, en cette nouvelle année pleine d'incertitude.

Les partisans de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, incarcéré, depuis 2011, à La Haye, où il est jugé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, ont lancé, mercredi, 22 juin, une pétition ambitieuse pour réclamer sa libération.

Alors que le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé va bientôt s'ouvrir, à la Haye, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) joue sa crédibilité, voire, même, une partie de sa carrière au moment où des pressions se font jour pour que l'Union africaine retire son appui politique à cette institution qui ne sait que sanctionner les Africains.

Comment ne dire que quelques mots au sujet de Laurent Gbagbo ? Peut-on décrire un homme qui a parcouru plusieurs vies ? Le temps est bref. Fouiller ma mémoire blesse un cœur déjà fragile. Raconter une anecdote ne suffit pas. Alors, je me propose de dérouler le fil analytique de l’histoire d’une quête de souveraineté, explique son fils, Michel.