Mohammed VI

Que serait la France sans l'Afrique ? Juste une puissance moyenne de la taille de l'Italie, sans siège permanent au Conseil de sécurité. Depuis qu'il est entré à l'Elysée, Emmanuel Macron, montre, clairement, où se trouvent les intérêts de la France. C'est vraiment un bon banquier. Après avoir été saluer le dispositif Barkhane, à Gao, au Mali, et reçu, à Paris, les présidents de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, et du Sénégal, Macky Sall, les 11 et 12 juin, le voilà pour deux jours (jusqu'au 15 juin) au Maroc, avant de repartir, le 2 juillet, au Mali, plus précisément, à Bamako, cette fois, où il tiendra une séance de travail avec les chefs d'Etat du G 5 sur le terrorisme. Mais avant ce grand-rendez-vous, il fera un saut chez Abdelaziz Bouteflika, à Alger, pour discuter de plusieurs dossiers bilatéraux importants. Mais pas seulement : il y a, aussi, que la place de l'Algérie dans la sous-région nécessite une concertation préalable entre Paris et Alger avant que le président Macron ne se rende, le 2 juillet, à Bamako. Car comme tout bon banquier (qui ne s'ignore pas), il donne l'impression d'avoir horreur de perdre son temps (Time is money).

Le 51e Sommet de la CEDEAO (Commission économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) a pris fin, ce dimanche, 4 juin, à Monrovia, au Liberia. Outre la passation de témoin entre la Libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, et le Togolais, Faure Gnassingbé, qui va présider aux destinées de l'organisation, pendant un an, on aura observé un mouvement de foule du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie, qui demandent, selon des formules différentes, à adhérer à la CEDEAO.

Le roi du Maroc, Mohammed VI, va désigner, au plus vite, un nouveau premier ministre pour remplacer Abdelilah Benkirane, qui n'est pas parvenu à former une majorité, après cinq mois de négociations, a annoncé, mercredi, 15 mars, soir, le cabinet royal.

A quelques semaines du Sommet de l'Union africaine, à Addis Abeba, où le plat de résistance des travaux, après l'élection du successeur de Xhosazana Dlamini-Zuma, concernera l'admission du Maroc au sein de la grande famille africaine, le président sud-africain, Jacob Zuma, vient d'apporter un soutien de taille à la RASD (République arabe sahraouie démocratique), en demandant la fin de la colonisation marocaine dans cette « province » du Maroc. Avec l'indéfectible soutien de l'Algérie, éternelle marraine de la RASD, on est à peu près sûr que l'organisation va, à nouveau, être paralysée si l'arrivée du Maroc voudra dire sortie de la RASD de l'UA. Personne ne l'acceptera à Pretoria et à Alger.

L'action de son premier ministre et de son ministre des Affaires étrangères, n'ont pas suffi. La lettre du roi lue au Sommet de l'Union africaine (UA), en juillet dernier, à Kigali, a montré la volonté du Maroc de revenir dans l'Union africaine (UA), mais, sans plus. Cette fois, le roi a pris le dossier, lui-même, en main. Il y donne de sa personne, en terminant un mini-périple continental par le Sénégal, fer de lance des pays africains qui demandent, activement, le retour du royaume chérifien dans l'organisation continentale.

Le débat sur le retour du Maroc dans l'Union africaine (UA) continue de faire rage, surtout, que le lobby des 28 pays africains qui appuient cette mesure royale, demande que la République arabe saharouie démocratique (RASD) soit suspendue de l'organisation panafricaine. Et si le message de Mohammed VI, aux participants au Sommet de Kigali, n'était que la partie émergée de l'iceberg ?

Le Maroc est un pays qui pèse lourd sur l’échiquier africain. Depuis 1999, le roi Mohammed VI a ‘’transformé’’ le Maroc, qui est devenu, depuis 2002, la cinquième puissance économique en Afrique.

Le Roi Mohammed VI effectuera à partir du dimanche, 13 mars, une visite officielle à la Fédération de Russie. Une occasion pour consolider les relations, dans tous les domaines, entre les deux pays.