Okombi Salissa

Dans le Congo-Brazzaville du dictateur, Sassou-Nguesso, les assassinats se suivent et se ressemblent comme un long fleuve tranquille. La vie d'un être humain compte pour du beurre. On tue en riant, sans jamais rendre compte à personne, ni sur le plan national, ni à l'extérieur. Le Congo-Brazzaville de Sassou-Nguesso est le royaume de l'impunité totale, avec à sa tête l'un des chefs d'Etat les plus sanguinaires à être encore en exercice. C'est sans doute pour cela qu'il ne sait pas s'arrêter. Il n'a peur de personne. Après avoir scalpé le colonel, Marcel Ntsourou, il y a quelques mois, dans un contexte où personne ne lui demande aucun compte (comme si Ntsourou n'avait aucun parent), il entend mettre le cap, aujourd'hui, sur la décapitation d'André Okombi Salissa (AOS) à qui il ne pardonne pas de l'avoir, politiquement, défié.

Le Congo-Brazzaville est triste. Après une année de cavale, André Okombi Salissa (AOS) a été arrêté, ce matin, par les services du dictateur, en plein cœur de Brazzaville. Ce n'est, vraiment, pas une bonne nouvelle, mais, positivons en disant que ceux qui l'adorent peuvent, enfin, respirer car, désormais, plus de balle perdue pour le tuer avant de maquiller l'assassinat, plus de poison dans sa nourriture, avant de diffuser une fausse version sur Télé Congo. Aujourd'hui, on sait qu'il est entre les mains du dictateur. Si un de ses cheveux saute, ce sera Sassou-Nguesso himself.

Ca chauffe au Congo-Brazzaville. Washington et l'Union européenne, après plusieurs jours de silence (réflexion?) viennent de reconnaître que Sassou n'est pas le (réel) vainqueur de la présidentielle du 20 mars. C'est la colère et l'indignation dans l'entourage du dictateur. L'opposition reprend confiance.