Russie

Le président des Comores, Azali Assoumani, qui n'a, jamais, ménagé ses efforts pour faire revenir l'Ile de Mayotte dans le giron national, sera, sans doute, très content de l'interpellation que Moscou vient de faire à Paris sur la question de Mayotte. En visite officielle en France, le nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a reçu le soutien d'Emmanuel Macron qui, parlant du différend entre la Russie et la Crimée, a parlé d'une « annexion illégale de la Crimée par la Russie ». Colère du ministère russe des Affaires étrangères qui a demandé au président français de balayer devant sa porte en évoquant le « 101e département français » (Mayotte). Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, est un concept qui est moins considéré par la France, ancien pays colonisateur par excellence, que par la Russie, qui s'est, toujours, distinguée dans son soutien aux peuples qui cherchent à s'autodéterminer. Sur la question de Mayotte, la diplomatie comorienne sait qu'en se rapprochant de la Russie, elle trouvera une oreille attentive.

Le président chinois, Xi Jinping, a achevé, vendredi, 7 juin, une visite en Russie. Moscou veut devenir pour Pékin un partenaire commercial alternatif aux Etats-Unis. Reste à construire une relation stable et, mutuellement, bénéfique, qui soit, aussi, stratégique que l'Alliance Atlantique, qui est, à la fois, stratégique et militaire (pour les pays occidentaux et la Turquie) et commerciale (Pays du G7 auxquels appartenait la Russie avant d'en être expulsée). L'Alliance Chine-Russie est, aussi, à construire, ce qui demande du temps, mais l'Alliance Atlantique s'est-elle construite en un jour ?

Des milliards envolés, des responsables en prison et un dirigeant en fuite à l'étranger : le secteur spatial russe se trouve au coeur de détournements de fonds astronomiques, qui entachent les ambitions de grandeur retrouvée de la Russie dans l'espace.

Solidarité pour le même combat anti-impérialiste oblige ! La Syrie (qui sait ce que c'est que l'ingérence occidentale dans un conflit) vient d'adresser un message de soutien à Nicolas Maduro, victime d'une tentative de coup d'état fomenté par l'opposant, Juan Guaido, avec le soutien actif des Américains. Le successeur du camarade Chavez bénéficie de l'accompagnement des Russes qui sont en train d'établir une base, à Caracas, afin d'apporter toute la protection nécessaire au président vénézuélien, comme ils l'avaient apporté, hier, au président syrien, Bachar al-Assad. Conséquence, on peut avancer sans risque de se tromper que Nicolas Maduro restera en place et que toute solution future au Venezuela se fera avec lui et non sans lui. N'en déplaise à Pompeo, le très radical secrétaire d'Etat de Trump, et aux 50 pays qui ont osé apporté leur soutien politique à un putschiste.

Le Kremlin a confirmé, mardi, 23 avril, une rencontre très attendue entre Vladimir Poutine et Kim Jong Un, organisée, jeudi, 25 avril, à Vladivostok, en Extrême-Orient russe, à un moment où Pyongyang cherche de nouveaux soutiens internationaux dans son bras de fer avec le bouillant président américain, Donald Trump. Avec à ses côtés, le Chinois, Xi Jinping, et Vladimir Poutine, le « leader bien aimé » saura, plus que par le passé, faire face au tumultueux locataire de la Maison Blanche qui lui demande de désarmer sans contrepartie véritable.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, mardi, 9 avril, à l'unanimité, une déclaration établissant des critères vers une possible levée, d'ici la fin de l'année, de l'embargo sur les armes imposé au Centrafrique depuis 2013. C'est une bonne nouvelle pour ce pays. Mais, sans se cacher la face, la Russie, grâce à sa forte implication dans la résolution de la crise centrafricaine, cs derniers mois, a beaucoup aidé pour faire fléchir la position de certains membres permanents du Conseil de sécurité, comme les Etats-Unis, qui, jusqu'à il y a peu de temps encore, ne voulaient pas entendre parler de la levée de cet embargo.

L'OTAN (Organisation du Traité Atlantique Nord) "ne veut pas d'une nouvelle course aux armements" ou "d'une nouvelle Guerre Froide" avec la Russie, mais, elle saura se défendre si nécessaire, a déclaré, mercredi, 3 avril, son chef à l'occasion du 70e anniversaire de l'Alliance.

Le pouvoir vénézuélien a accentué, jeudi, 28 mars, la pression sur Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, surtout, occidentaux ou alliés des Etats-Unis, en le déclarant inéligible durant 15 ans. En quelques temps, il a effectué près d'une centaine de voyages dont la plupart à l'étranger, ce qui pose le problème du financement de ceux-ci et de son mouvement insurrectionnel. Juan Guaido a, aussitôt, rejeté cette sanction. C'est un nouveau bras de fer qui commence au moment où, après avoir vociféré et braillé sans jamais mordre, en menaçant Maduro qu'il allait voir ce qu'il allait voir, Washington assiste, impuissant, à l'arrivée progressive mais impressionnante de la Russie dans le pays, à la demande du pouvoir légal et légitime de Nicolas Maduro, qui est, désormais, sous sa protection.

Pour qui Donald Trump se prend-il ? Les Etats-Unis sont-ils devenus les Nations-Unies pour donner des ordres à la Russie qui définit sa ligne diplomatique comme elle l'entend ? Le président américain a appelé, mercredi, 27 mars, la Russie à quitter le Venezuela, après un pic de tension lié à l'envoi par Moscou de militaires et de matériel à Caracas. Cette implication éloigne la chute du régime de Nicolas Maduro que Washington avait planifiée avec le « président par intérim », Juan Guaido, en concertation avec certains pays de la sous-région. Washington sait que la présence militaire de la Russie aux côtés de Maduro va déjouer tous ses plans comme ce fut le cas avec le président syrien, Bachar al-Assad. D'où la colère du vieillard de la Maison Blanche.

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a prévenu son homologue russe, Sergueï Lavrov, que les Etats-Unis ne resteraient pas "les bras croisés" si la Russie continuait "d'exacerber les tensions au Venezuela". En fait, pour faire face à la volonté manifeste de Washington de faire tomber le pouvoir vénézuélien actuel, le président, Nicolas Maduro, a fait appel à Vladimir Poutine qui a ordonné le renforcement de la coopération russe pour protéger le Venezuela du coup d'état américain en préparation. Comme en Syrie, hier, Pompeo sait qu'avec l'implication de la Russie dans la protection de Maduro, la déstabilisation américaine ne passera pas. Voilà pourquoi il est en colère.

La Russie et le Togo ne vont plus s'ignorer. En marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le professeur, Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, a rencontré son homologue de la Fédération de Russie, Serguei Lavrov, le 16 février 2019. La rencontre avec le chef de la diplomatie russe vient un peu tard dans la mesure où le ministre togolais des Affaires étrangères a, ces dernières années, rencontré plusieurs chefs de la diplomatie des pays de l'Est de l'Europe, pour parler des sujets d'intérêt commun. Cela dit, mieux vaut tard que jamais. Première décision concrète sortie de cette rencontre : l'encouragement de missions économiques entre les deux pays pour développer les échanges.

Les Etats-Unis veulent contrer les "comportements prédateurs" de Pékin et Moscou en Afrique, tout en promettant, dans la stratégie africaine de Donald Trump dévoilée, jeudi, 13 décembre, de mettre fin aux aides financières et aux missions de paix de l'ONU inefficaces. En guise de stratégie, il serait, plutôt, question de mettre fin à certaines aides et subventions que Trump juge inutiles pour l'Afrique et qu'il voudrait détourner en faveur d'autres régions du monde amies des Etats-Unis. Il est clair que sur l'Afrique, il n'a aucune stratégie. Pour lui, l'Afrique ne compte pas et n'a jamais compté.

Ils n'arrêteront jamais de nous étonner les Gaulois. Après avoir attaqué la Russie d'avoir utilisé à d'autres fins la résolution onusienne qui l'autorisait à livrer des armes au Centrafrique, la France, après avoir constaté que la Russie faisait la sourde oreille à ses remarques, change, aujourd'hui, de fusil d'épaule. La sortie de la ministre française de la Défense, Florence Parly, est plus conciliante, constructive et montre une volonté de coopération et non de confrontation.

Le deuxième groupe bancaire russe, VTB, a attribué, par erreur, un prêt de plus de 800 milliards de roubles (10,5 milliards d'euros, soit, 6.877,75 milliards de F CFA) au Centrafrique, a fait savoir la banque en réponse aux révélations de plusieurs médias.

La Russie et la Chine vont être, de plus en plus, des partenaires et non des concurrents en Afrique, où elles ont tout à gagner. Les domaines couverts par l'une, sur le continent, ne le sont pas, forcément, par l'autre. Exemple : la Chine assure les financements aux Etats africains sans rechigner et construit des infrastructures, partout, où on le lui demande. Mais, encore faudrait-il que les pays bénéficiaires vivent en paix et en sécurité, à long terme. La Russie dont le point fort se concentre dans les questions militaires et de sécurité, pourrait donner aux pays africains, cette chose qui leur fait défaut, parfois. Les choses vues sous cet angle, il est sûr que le développement des pays africains serait mieux assuré.

Les méthodes coup de poing de Donald Trump ont une limite. Elles ne peuvent réussir que si les autres pays, par faiblesse ou par complaisance, les laissent passer. Pour affronter le président américain, il faut utiliser ses propres façons de faire, user des rapports de force qu'il affectionne surtout quand ceux-ci lui sont défavorables. Aux Nations-Unies, par exemple, la Russie vient de bloquer un rapport critique d'experts chargés de l'application des sanctions internationales contre la Corée du Nord. Ce rapport fait la part trop belle aux positions de Washington dont on sait qu'elles sont jusqu'au boutistes. Moscou est en désaccord sur certains de ses éléments, ce qui est une première depuis l'imposition, en 2017, de vastes sanctions économiques contre ce pays. Parfois et surtout, avec l'aide de la Chine dans leur application.

Avec des amis occidentaux comme Michel Gally, Bernard Houdin, Albert Bourgi ou Me Jean Balan (bravo à eux !), nous luttons, chaque jour, pour la fin du F CFA, ainsi que, pour la fermeture et le départ des bases militaires étrangères présentes dans certains pays africains ; nous désirons jouir des richesses de nos sols et sous-sols ; nous ne voulons plus que nos matières premières soient pillées ou achetées à vil prix ; nous souhaitons que l’ancienne puissance coloniale arrête de décider à notre place aux Nations-Unies et de nous dire ce qui est bon/mauvais pour nous ou qui doit nous diriger.

La Russie (comme la Chine) a un principe : coopérer avec les Etats d'Afrique sans s'ingérer dans leurs affaires intérieures, contrairement, aux Occidentaux qui sont des donneurs de leçons devant l'éternel. De plus, la Russie n'a pas un passé colonial en Afrique, nommément, identifié, contrairement, aux pays occidentaux, qui avaient fait semblant de quitter l'Afrique en y restant pleinement. Alors, où est le problème quand un pays (malmené par son ancienne puissance colonisatrice) décide de prendre son destin en main, en s'alliant avec l'ennemi de son ancien colonisateur ? Voilà le cas de figure qui se pose en Centrafrique où, après avoir pris la poudre d'escampette en octobre 2016, en rapatriant sa Force Sangaris, à cause des coûts qu'elle générait dans le budget de l'Etat, la France est jalouse (c'est le mot exact), aujourd'hui, que le Centrafrique se trouve un nouveau protecteur pour l'aider à faire face aux menaces sécuritaires qui l'assaillent. Ce n'est pas juste de la part de Paris ! Les puissances occidentales, surtout, membres du Conseil de sécurité, devraient plutôt applaudir Moscou des deux mains. Mais, il y a qu'avec la présence des Russes en Centrafrique, les manœuvres de déstabilisation des uns et des autres ne passeront plus comme une lettre à la poste. Moscou les bloquera. Et cela énerve. Dès lors, pour ternir cette présence, on la salit de plusieurs manières, même en attentant à la vie de trois illustres confrères qui n'étaient là que pour faire leur métier. Mais la Russie n'étant pas un enfant de choeur, on la trouvera sur sa route si on lui cherche « noise ».

Trois journalistes russes présents depuis quelques jours en République centrafricaine (RCA) pour une enquête sur l’implication de mercenaires russes dans le pays, ont été, froidement, abattus par des inconnus. Depuis, l'enquête piétine et fait craindre le même sort qui fut réservé à Camille Lepage, cette photojournaliste qu'on assassina, en mai 2014, alors qu'elle se trouvait avec les miliciens anti-balaka, dans le maquis, pour effectuer son travail de journaliste. Son enquête n'a, depuis lors, donné lieu à aucune avancée. Ni en France, ni en Centrafrique. Reporters sans frontières (RSF), la police de la presse, tire, à juste titre, la sonnette d'alarme. L'organisation demande aux gouvernements centrafricain et russe de tirer cette affaire au clair.

Désinformation, amplification, intimidation : les dictateurs africains comme le Tchadien, Idriss Déby Itno, le Rwandais, Paul Kagame, le Soudanais, Omar el-Béchir, le Mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, sans oublier, le négativement célèbre en la matière, l'Egyptien, Abdel Fattah el-Sissi, suivent de bon pied leur modèle dans le domaine de la censure et de la manipulation, à savoir, le Russe, Vladimir Poutine, et le Chinois, Xi Jinping. Deux prédateurs (hors pair) de la liberté de la presse, qui opèrent, impunément sur internet. Reporters sans frontières (RSF) montre comment ils procèdent et comment contourner leurs manoeuvres.