Sarkozy

Là où elle fait de bonnes affaires, la Chine ne se mêle, jamais, de politique. Elle ne fait qu'aligner des contrats. Sa stratégie est, radicalement, différente de celle des Occidentaux, grands donneurs de leçons d'éthique et de morale (qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes) devant l'éternel. Avec son trésor de guerre, l'empire du milieu ne se fait pas prier pour conquérir l'Afrique. Cette Afrique qui est de moins en moins la chasse gardée de l'Occident. Ce dernier tente, actuellement, de rattraper son retard en suscitant, parfois, des conflits (sans queue ni tête ici et là), juste pour qu'on continue de faire appel à lui. Chacun fait la politique de ses moyens.

Ce que je vais vous raconter, ici, n'est pas de la fiction. C'est la réalité pure et simple telle qu'elle devrait être enseignée dans les universités et grandes écoles africaines : en perte de vitesse, dans ce qu'on appelle, aujourd'hui, « village planétaire », la France, après avoir, sans succès, activé tous ses leviers internes pour se relancer, se voit, maintenant, obligée, contrainte forcée d'amorcer le dernier acte de sauvetage de son économie : la recolonisation de ses anciennes possessions, non pas d'Asie (le Vietnam, le Cambodge et le Laos sont des bastions imprenables), ni du Maghreb (l'Algérie, le Maroc et même la Tunisie restent hermétiquement fermées à une telle (re)reconquête), mais, d'Afrique noire.

Afrique Education (version papier et site quotidien) a, à plusieurs reprises, tiré la sonnette d'alarme sur la Libye. Si l'affaire de l'esclavage des Négro-Africains, dans ce pays, a ému la terre entière (situation que les Négro-Mauritaniens sous la présidence du distingué général, Mohamed Ould Abdel Aziz, vivent tous les jours que Dieu fait), la Libye, jadis terre de paix et de prospérité sous la direction du Frère Guide Kadhadi, est devenue, aujourd'hui, à cause de l'action néfaste de l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, et de l'OTAN, un nid de djihadistes qui fuient la Syrie et l'Irak, qui à pied, qui en avion, qui en voiture, qui en chameau, etc. Hier, pays que voulait visiter tout dirigeant africain, la Libye représente, actuellement, un caillou dans la chaussure de l'Occident. Et ce n'est pas demain la veille que la stabilité reviendra dans ce pays que les Africains considéraient (avec raison) comme un modèle à suivre dans beaucoup de domaines.

Le Front national (FN) a créé la surprise en réussissant le ralliement du gaulliste, Nicolas Dupont-Aignant, président de Debout la France. Ancien membre du RPR et de l'UMP, il en est parti, en 2005, après que son parti et le Parti socialiste se mirent ensemble pour rejeter le vote du peuple qui ne voulait pas de l'Union européenne. Les Africains désapprouvent la Françafrique, cette politique de pillage systématique et de destruction de leur continent mise en oeuvre par les pouvoirs de droite et de gauche successifs à l'Elysée. Or, si les Républicains et le parti socialiste ont montré, sur ce plan qu'ils étaient bonnet blanc blanc bonnet, le FN, lui, veut que les Africains restent chez eux, aient leur monnaie différente du F CFA, exploitent leurs ressources et élisent, sans interférence extérieure, leurs dirigeants. Voilà pourquoi notre collaborateur se pose la question : qui en réalité est contre l'Afrique et les Africains ? Qui est contre la Françafrique ?

Notre confrère, Mediapart, va-t-il faire plier l'ancien chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, qui tordrait le cou à la vérité sur les 50 millions d'euros que l'ancien guide libyen lui aurait alloué pour sa campagne présidentielle en 2007 ?