Politique

L'opposition (radicale) togolaise du C-14 est-elle la plus bête de l'Afrique ? On l'entend dire dans certains milieux. Pas très faux. En effet, elle compte, en son sein, d'aveugles jusqu'auboutistes qui la conduisent à sa perte. Après les élections du 20 décembre où elle devait se tailler sa place pour continuer son combat, de façon démocratique, dans le cadre des institutions républicaines, là voilà qui a choisi la voie de la marginalisation et, donc, de la rue, de la confrontation, où elle n'a aucune chance de faire face à l'Etat qui est là pour préserver l'ordre, la paix, le bien-être et la sécurité des biens et des personnes. Si elle était dirigée par des personnes imprégnées de principes démocratiques (qu'elle réclame des dirigeants de l'Etat), les chefs de partis qui la représentent devraient, tous, démissionner de leur fonction ou, au mieux, remettre leurs mandats à la disposition de leurs militants. Le feront-ils ? Que non ! Ils refusent de s'administrer la potion politique qu'ils souhaitent, autoritairement, imposer au président, Faure Gnassingbé, dont les mandats à la tête de l'Etat et de l'UNIR sont, tous, légitimes, car obtenus, démocratiquement.

Le jeune président français vient de passer deux jours au Tchad pour parler entre autres sujets d'importance de la présence russe (de plus en plus inquiétante pour les intérêts français) en Centrafrique et dans la sous-région. Parlant des questions ayant trait à la vie des Tchadiens et des Tchadiennes, après avoir soigneusement évité les questions qui fâchent comme la catastrophique gestion de la démocratie et des droits de l'homme d'Idriss Déby Itno surnommé le sultan, et la très mauvaise gouvernance des fonds publics qui a mis le pays à genoux, il a égrainé quelques mesurettes pendant la rencontre avec 400 Tchadiennes sur les problèmes du genre.

La situation en République démocratique du Congo (RDC) est au cœur des préoccupations. Ce grand pays partage les frontières avec dix autres de la sous-région. Il faut, donc, s'organiser de façon collective pour que les élections du 30 décembre prochain, se déroulent dans la paix et la sérénité. Cela dit, certains pays voisins sont plus exposés que d'autres. C'est le cas du Congo-Brazzaville dont la capitale fait face à celle de la RDCongo et séparée par le fleuve Congo. Autrement dit, un gros débordement, lors des élections, pourrait entraîner un déferlement des populations de Kinshasa sur la ville de Brazzaville. Une situation à ne pas souhaiter car avec ses douze millions d'habitants, Kinshasa est six fois plus peuplé que Brazzaville.
Le dictateur à qui on peut tout reprocher sauf de manquer de vision pour son pouvoir (personnel), convoque la rencontre du mercredi, 26 décembre, au lendemain de la fête de Noël, ce qui montre l'urgence de la situation. Objectif : prévenir l'irréparable.

« PDCI-Renaissance », voilà le nom donné par les Ouattaristes à cette machine à broyer le PDCI-RDA de l'intérieur. En avant, les ministres PDCI membres du gouvernement qui, pour le moment, refusent de choisir l'un des deux camps, et qui, surtout, préfèrent rester au gouvernement où ils bénéficient de beaucoup de privilèges. Une sorte de corruption version Ouattara (formé au FMI) qui ne dit pas son nom mais dont les effets risquent d'être détestables pour Henri Konan Bédié, qui résiste, pour le moment, tant bien que mal, au rouleau compresseur du pouvoir exercé par son ex-allié, mais, pour combien de temps encore ?

RAS ! Rien à signaler ! Les observateurs de l'Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) sont formels : Tout s'est bien passé le 20 décembre, malgré le boycottage de la principale coalition de l’opposition.

Chacun voit midi devant sa porte. Pour que le jeune président français quitte la France, en pleine crise des « Gilets Jaunes », un samedi, où on risque d'avoir de la casse lors des manifestations, pour se rendre, dans les tropiques, plus précisément, au Tchad, montre que le dossier pour lequel il se déplace, ne peut attendre. C'est vrai que celui que ses détracteurs appellent « l'ancien banquier de l'Elysée » n'a rien d'un barbouzard, on n'a qu'à regarder son beau visage pour s'en convaincre (encore que...), mais, n'est-il pas au pouvoir pour défendre les intérêts de son pays ? Le voilà donc chez Idriss Déby Itno (surnommé le sultan pour sa manie à considérer le Tchad comme une propriété privée, un vrai sultanat), le faiseur de basses besognes dans la sous-région, le bras armé de Paris dans la zone sahélo-sahelienne. De quoi vont-ils parler ? Si j'étais Faustin-Archange Touadera, je commencerais par déménager pour faire chambre commune avec le conseiller russe chargé de sa sécurité. Car le président centrafricain (ou ce qu'il en reste son pays étant envahi à plus de 80% par les milices), forcément, sera au centre des discussions à N'Djamena.

Les Malgaches aiment, décidément, la fête. La preuve, ils sont en train de reconduire à la présidence de la République, l'ancien disc-jockey, Andry Rajoelina, qui dirigea le pays pendant quatre ans de 2009 à 2014, après l'éviction du patron de Tiko. En effet, il a pris l'avantage sur ce rival de toujours, Marc Ravalomanana, dans la course à l'élection présidentielle à Madagascar, selon des résultats partiels, dans un climat tendu par les accusations de fraudes que se renvoient leurs deux camps.

Au moment où nous mettons sous presse, tout est calme au Togo et le dépouillement des bulletins dans les 8.498 bureaux de vote a commencé. Il se poursuivra toute cette nuit du 20 au 21 décembre tandis que la CENI disposera de six jours pour donner les résultats. On a besoin de dire : « Rien à signaler » car la journée tant de danger de ce 20 décembre que beaucoup d'observateurs étrangers redoutaient, a, plutôt, donné raison au pouvoir qui disait que le vote se passerait très bien, selon les normes internationales en la matière.

Le principal opposant du Gabon, Jean Ping, a franchi la "ligne rouge" en appelant "à la confrontation" avec le régime, selon la porte-parole du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), Estelle-Flore Angangou, considérée comme l'une des plus farouches gardiennes de choc du « distingué camarade président », actuellement, en convalescence avancée, à Rabat, au Maroc.

La justice sud-africaine a émis un mandat d'arrêt contre Grace Mugabe, l'épouse de l'ex-président zimbabwéen, Robert Mugabe, dans le cadre d'une affaire d'agression contre un mannequin sud-africain, à Johannesburg, en 2017, a annoncé la police, ce mercredi, 19 décembre. Au moment des faits, elle était la première dame du Zimbabwe, ce qui avait permis un traitement de faveur de cette affaire malgré le tollé que cela suscitait dans l'opinion sud-africaine. Aujourd'hui, rien ne s'oppose plus à l'interpellation de Grace Mugabe, sauf si elle bénéficiait de la couverture du pouvoir d'Emmerson Mnangagwa.

Les Togolais se rendent aux urnes, jeudi, 20 décembre, pour des élections législatives boycottées par la principale coalition de l’opposition. Cela fait plus d'un an que cette dernière affiche son refus d'aller aux élections tant que le président, Faure Gnassingbé, n'aura pas affirmé qu'il ne serait plus candidat à sa succession à la présidentielle de 2020. Injonction de nul effet, a, à plusieurs reprises, répondu la majorité présidentielle, par la bouche de Gilbert Bawara. La majorité présidentielle est d'accord pour la mise en place des réformes, à condition que le décompte des mandats présidentiels commence en 2020.

On est, ici, au sommet de l'incurie et de l'incompétence. L'armée du Nigeria (ou ce qui en tient lieu) était connue pour son absence de professionnalisme, son inefficacité sur le terrain, son haut niveau de la corruption qui la mine de l'intérieur, ses échecs répétés depuis une décennie dans la lutte contre la secte Boko Haram, échecs qui affectent l'efficacité des très performantes armées du Tchad et du Cameroun alignées, elles aussi, dans le combat contre Boko Haram, l'armée du Nigeria (ou ce qui en tient lieu), c'est aussi l'achat des grades (comme on achète les oranges au marché central de Lagos), cette armée ingérable qui a fini par mettre le général-président, Muhammadu Buhari, au pas, lui qui voulait la discipliner en arrivant au pouvoir en 2015, cette armée qui, finalement, risque de lui faire perdre l'élection présidentielle de février 2019, c'est cette armée qui, toute honte bue, demande la fermeture des bureaux d'Amnesty International. C'est comme si pour baisser la fièvre, elle choisissait de casser le thermomètre.

Le « leader bien aimé » ne se laisse pas influencer. Doté d'une force de frappe que Washington souhaite démanteler, il dit tout haut ce qu'il pense de sa relation avec son homologue américain, Donald Trump. C'est ainsi qu'il a dénoncé les nouvelles sanctions décrétées contre la Corée du Nord par les Etats-Unis, accusés de vouloir "bloquer pour toujours" la dénucléarisation de la péninsule. Autrement dit, la ruse que voulait utiliser Trump pour obtenir la dénucléarisation sans rien donner en contrepartie, ne marche pas. Il en est de même de la ruse de Kim Jong-un qui pensait qu'en acceptant du bout des lèvres une dénucléarisation de la péninsule, il allait attirer, sans effort, les capitaux sud-coréens et japonais, dans son pays. Cela ne marche pas non plus. Chacun voulant tromper l'autre, a eu tout faut. Conséquence : on tourne en rond et il n'est pas exagéré de penser qu'à Pyongyang, on commence à jouer la montre espérant que les Américains ne donneront pas un second mandat à Donald Trump en 2020.

Ce n'est pas le genre de nouvelles qu'on annonce souvent. Après avoir bravé les sanctions et l'embargo des pays occidentaux sous couvert du Conseil de sécurité qui voulaient le faire emprisonner à la CPI (Cour pénale internationale), l'insaisissable président soudanais, Omar el-Béchir, se déploie, maintenant, sans crainte, dans les pays où il n'est pas persona non grata. C'est le cas de la Syrie dont les multiples tentatives d'assassinat de son chef d'Etat, Bachar al-Assad, par les grandes capitales occidentales (Washington, Paris, Londres pour ne citer que celles-là) ont toutes échoué, grâce à l'appui stratégique de la Russie et à l'aide non négligeable au niveau de la sous-région apportée par l'Iran et le Hezbollah. Pour une fois, les Africains ne sont pas restés inertes : l'Union africaine avait, officiellement, déclaré de nul effet les résolutions tendant à le condamner et demandé à tous les pays africains de lui réserver un bon accueil chaque fois qu'il décidait de se rendre dans un pays du continent. Voilà qui est clair.

« Baba Go Slow » est aux abois. C'est le moins qu'on puisse dire. Il sait qu'il peut perdre, facilement, l'élection présidentielle de février 2019 à cause de sa grande incapacité à éradiquer la secte Boko Haram comme il l'avait promis avant de se faire élire en 2015. De tous les pays qui participent à la lutte contre cette nébuleuse, le Nigeria (avec ses 180 millions d'habitants) est le pays qui aligne l'armée la plus faible, la plus contre-performante, de loin la plus corrompue et la moins bien entraînée. Que peut-on en espérer ? C'est quand même incroyable qu'en quatre années, malgré sa volonté sans cesse réaffirmée de régler son compte à ces djihadistes, Muhammadu Buhari, lui-même, ancien général de l'armée nigériane, n'ait rien pu faire plus que son prédécesseur civil, Goodluck Jonathan, qu'il avait, beaucoup (beaucoup) critiqué pendant la campagne présidentielle de 2015. Muhammadu Buhari aura beaucoup déçu ses homologues de la sous-région : on se rend compte que le Nigeria n'est qu'un géant aux pieds d'argile. Le fait qu'il lance un SOS à la solidarité internationale pour aider les pays du Lac Tchad à éradiquer ce fléau, est une façon de reconnaître son échec personnel.

La 108e session du Conseil des ministres ACP organisée du 12 au 14 décembre, à Bruxelles, a pris fin avec une concertation entre les douze ministres ACP chargés de négocier pour le compte des ACP et la délégation de l'Union européenne que dirigeait le Commissaire à la Coopération internationale et au développement de la Commission européenne, le Croate, Neven Mimica. Du côté des pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique), on a noté la présence du docteur, Issa Doubragne, ministre de l'Economie et de la Planification du développement et président de la Conférence des ministres des pays ACP, du professeur, Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo et négociateur en chef pour le compte des ACP de la future Convention ACP-UE, et du docteur, Patrick I. Gomes, secrétaire général des ACP.

Les Etats-Unis veulent contrer les "comportements prédateurs" de Pékin et Moscou en Afrique, tout en promettant, dans la stratégie africaine de Donald Trump dévoilée, jeudi, 13 décembre, de mettre fin aux aides financières et aux missions de paix de l'ONU inefficaces. En guise de stratégie, il serait, plutôt, question de mettre fin à certaines aides et subventions que Trump juge inutiles pour l'Afrique et qu'il voudrait détourner en faveur d'autres régions du monde amies des Etats-Unis. Il est clair que sur l'Afrique, il n'a aucune stratégie. Pour lui, l'Afrique ne compte pas et n'a jamais compté.

Ex-chef de milice centrafricaine et figure de proue des autorités du football africain, Patrice-Edouard Ngaïssona a été arrêté, mercredi, 12 décembre, en France, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a annoncé la Cour pénale internationale (CPI). Il a été, aussi, brièvement, ministre des Sports dans le gouvernement de l'ancien premier ministre (et actuel président de la République), Faustin Archange Touadéra.

Ils n'arrêteront jamais de nous étonner les Gaulois. Après avoir attaqué la Russie d'avoir utilisé à d'autres fins la résolution onusienne qui l'autorisait à livrer des armes au Centrafrique, la France, après avoir constaté que la Russie faisait la sourde oreille à ses remarques, change, aujourd'hui, de fusil d'épaule. La sortie de la ministre française de la Défense, Florence Parly, est plus conciliante, constructive et montre une volonté de coopération et non de confrontation.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a invité, dimanche, 9 décembre, le président américain, Donald Trump, qui a commenté par une série de tweets critiques le mouvement populaire des "Gilets Jaunes" en France, à ne pas se mêler de politique intérieure française. Il faut dire que « l'ami » Trump est tout hilare de voir Emmanuel Macron, donneur de leçons devant l'éternel, embourbé jusqu'aux cheveux dans une crise qu'on juge facilement évitable aux Etats-Unis.