Politique

Après avoir, volontairement, retardé la tenue des élections législatives afin de permettre à la CEDEAO et aux chefs d'Etat de Guinée et du Ghana, de mener une facilitation visant à rapprocher les deux camps politiques (opposition et majorité présidentielle), le gouvernement vient de prendre ses responsabilités en fixant la date des élections législatives le 20 décembre prochain. Cette date qui avait permis pendant plusieurs mois aux négociations de se faire ne tombe pas, aujourd'hui, comme un cheveu dans la soupe : elle avait été avancée par le gouvernement comme hypothèse de travail pour permettre à la classe politique de se préparer à ces législatives. L'opposition n'y avait, d'ailleurs, opposé aucune objection. Comme d'habitude, elle a attendu le dernier moment pour signifier son désaccord avec une argumentation fallacieuse, qui montre une certaine mauvaise foi à l'endroit de la CEDEAO et des deux chefs d'Etat facilitateurs. La balle étant, désormais, dans son camp, à elle de se déterminer si elle va y participer ou les boycotter sachant que ce n'est pas pour autant que la bonne marche du pays vers l'émergence économique en sera affectée.

Conformément à la constitution de l'Union des Comores du 23 décembre 2001, révisée par référendum du 30 juillet 2018, notamment, en ses articles 54, 2e tiret et 117, au regard de l'ordonnance du 25 octobre 2018 du juge d'instruction de la Cour de sûreté de l'Etat, de mise en détention provisoire de Dr Abdou Salami Abdou, sans oublier, l'autre ordonnance prise le même jour et plaçant sous contrôle judiciaire, avec notamment, interdiction de se rendre au gouvernorat, de Mahamoud Soilihi Boina, et après avoir consulté la Cour suprême, le président, Azali Assoumani, a procédé à la nomination d'un administrateur provisoire de l'Ile d'Anjouan.

Ike Ngouoni, le porte-parole de la présidence de la République gabonaise s'est, déjà, exprimé le 28 octobre sur l'absence du président, Ali Bongo Ondimba. Il a ajouté que seul le Palais du Bord de Mer était habilité à rendre publiques des informations sur la santé de la première institution du pays. Les médecins, à Riyad où est interné le président, ont diagnostiqué une « fatigue sévère » et prescrit un repos prolongé. Les propos du collaborateur du chef de l'Etat sont, suffisamment, limpides pour que l'on n'en rajoute pas sauf si on est un ennemi du Gabon, qui s'ignore.

Donald Trump va, enfin, rendre des comptes. Sur cette terre, rien n'est éternel. Surtout pas le pouvoir temporel. Le président républicain va devoir descendre sur terre en acceptant, pour la première fois, de partager son pouvoir dont il usait et abusait au gré de ses humeurs à la Maison Blanche : la Chambre des représentants (Députés) va revenir aux démocrates. Du coup, les deux prochaines années s'annoncent difficiles pour l'inconstant et insaisissable président américain. Bien fait pour lui ! Pour vous donner un avant-goût de la souffrance qui l'attend, voici, en quelques lignes, les conséquences de l'issue de ces "midterms" pour sa présidence ou, plus exactement, ce qu'il en reste.

Le roi du Maroc a appelé, mardi, 6 novembre, l'Algérie à un dialogue "direct et franc" en proposant la création d’un "mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation" pour "dépasser les différends" entre les deux voisins.

A Paris comme à Washington, on n'est pas content ce mardi, 6 novembre. Et pour cause, tous les plans visant à éjecter Paul Biya du pouvoir, ont, tous, été déjoués, les uns après les autres, par les Camerounais. Malgré ses 85 ans dont 36 au pouvoir, le président, Paul Biya, a, gaillardement, prêté serment ce mardi, 6 novembre, à Yaoundé, pour un 7è mandat après sa réélection le 7 octobre avec plus de 71% des voix. Cela dit, l'ennemi ne se cache plus : pendant la cérémonie d'investiture dirigée par Cavaye Yeguié Djibril, président de l'Assemblée nationale, un rapide coup d'oeil du côté de la loge des diplomates montrait le visage crispé de certains ambassadeurs occidentaux qui ont oeuvré, vainement, pour son départ : ils gardaient leurs mains serrées pendant que l'assistance applaudissait. Une attitude qui tranchait avec celle des diplomates africains, asiatiques et des BRICS.
Le numéro 470 de novembre 2018 d'Afrique Education disponible chez les marchands de journaux répond à la question de savoir si, une fois réélu et son serment prêté, le président, Paul Biya, pourra s'opposer aux Américains et aux Français, qui par tous les moyens utilisés ces derniers temps, ont montré qu'ils ne voulaient plus de lui.

Après avoir ouvert plusieurs fronts dans le monde, aussi bien, sur le plan commercial (Chine, Europe) que militaire (Russie, Iran, Corée du Nord, etc.), Donald Trump voit qu'il lui est impossible de poursuivre plusieurs lièvres à la fois, bien qu'il soit le chef de la superpuissance mondiale, les Etats-Unis. Après tout, il n'est pas le maître de l'univers et ses menaces ne valent que pour ceux qui les prennent vraiment au sérieux. A preuve, la Corée du Nord a prévenu les Etats-Unis qu'elle envisagerait "sérieusement" de revenir à sa stratégie politique de développement de son arsenal nucléaire si les sanctions économiques infligées à son pays n'étaient pas levées. Habitué à obtenir ce qu'il veut de ses interlocuteurs après les avoir menacés, Trump se rend compte qu'il n'en sera pas de même avec le « leader bien aimé », Kim Jung-un. Du coup, son gouvernement se remet à travailler à la tenue d'une nouvelle rencontre au sommet courant 2019. Trump n'a plus, totalement, son destin à main, à deux années du renouvellement de son bail à la Maison blanche. Tout faux pas lui est interdit, surtout, chez la turbulente Corée du Nord.

Trente-six candidats sont en lice pour le premier tour de la présidentielle à Madagascar, mercredi, 7 novembre, mais, la bataille se joue, avant tout, entre trois favoris, tous, anciens présidents de la Grande Ile. Il y a de fortes chances que le prochain président de la République sorte de ce trio magique.

A moins qu'il soit un « Anté-Christ » haut de gamme, on voit très mal comment le dictateur aurait le sommeil aisé, aujourd'hui, aux côtés d'Antoinette, lui, le général 5 étoiles en tueries. Avant la présidentielle de mars 2016, l'opposant, André Okombi Salissa, lui avait fait une offre restée lettre morte. Le dictateur avait choisi de conserver son pouvoir. Mais, cette offre prend toute son importance, aujourd'hui, où il est, largement, épinglé pour ses crimes de « génocide ». D'abord et avant tout par ses propres compatriotes et non par les seules organisations internationales des droits de l'homme comme on le voit souvent ailleurs.

« Le chef qui fait trembler est comme une grosse pierre qui barre une piste. Les voyageurs l’évitent, la contournent, puis un jour, ils s’aperçoivent que le chemin serait moins long s’il n’y avait pas la pierre. Alors, ils viennent en grand nombre et la déplacent. La force ne crée pas un chef mais un adversaire à abattre », écrit joliment et justement le Malien Seydou Badian dans “Sous l’orage”, un des romans africains qui abordent de fort belle manière le conflit entre tradition et modernité.

Ce n'est pas avec joie que la France a appris que la Russie avait été choisie pour s'occuper de la sécurité du président, Faustin Archange Touadéra. C'est un pied de nez grave que l'ancienne métropole coloniale a pris en plein visage et que son chef de la diplomatie tente bien que mal de corriger aujourd'hui. En effet, il y a deux ans, Jean-Yves Le Drian, à l'époque, ministre de la Défense sous le magistère de François Hollande, intimait l'ordre aux troupes françaises présentes en Centrafrique de rentrer en France, laissant le pays face à une rébellion qui n'occupait, en ce moment, que trois départements sur seize. L'insistance de Touadéra pour que l'armée française reste n'ayant reçu aucune écoute à Paris, le nouveau président ne tarda pas à être débordé par les miliciens, qui se répandirent, rapidement, dans onze autres provinces, ainsi que, dans la périphérie de Bangui. Le recours à la Russie a été la conséquence du départ de la France. C'est comme si Paris avait cherché à favoriser l'éjection de Touadéra du pouvoir, lui qui avait été élu démocratiquement en mars 2016. D'aucuns avaient même parlé d'agenda caché de Paris. A cet égard, la récente destitution de Karim Meckassoua de la présidence de l'Assemblée nationale est considérée par certains observateurs comme la riposte du pouvoir en place face à ses différentes manoeuvres de déstabilisation du pouvoir de Bangui, lui qui est réputé avoir de très bonnes entrées dans la capitale française. La nature ayant horreur du vide, Vladimir Poutine, contrairement, aux Français, ne s'est pas fait prier. Il a, immédiatement, volé au secours de Touadéra, après avoir convaincu le conseil de sécurité de ses bonnes intentions. Celles-ci ont, légèrement, évolué, au regard de la situation en place, le Centrafrique étant, aussi, un pays avec un sous-sol très riche. Désormais, il faudra, donc, compter avec la Russie en Centrafrique. Mais aussi avec la Chine. La France n'y sera plus seule comme avant. Les Centrafricains, de leur côté, ne subiront plus la seule loi de la présence française. Désormais, ils pourront, aussi, faire appel aux Russes et aux Chinois, lors des appels d'offre.

L'archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo, une des voix critiques de l'opposition aux pouvoirs en République démocratique du Congo (RDC), a cédé, jeudi, 1er novembre, son fauteuil à Mgr Fridolin Ambongo à moins de deux mois d'une présidentielle décisive qui doit entraîner la succession du président Joseph Kabila. La démission du cardinal se fait à moins de deux mois de la périlleuse élection présidentielle aux multiples inconnues qui sera organisée le 23 décembre prochain. Le pouvoir manoeuvrant pour le conserver alors que l'opposition ne s'est toujours pas accordée sur un candidat unique pour la représenter, le profil du cardinal, maintenant qu'il s'est mis en congé de l'église, pourrait faire consensus dans un pays où on en a marre de la gestion de Joseph Kabila.

Parmi les messages de félicitation qui s'additionnent sur la table de travail de Paul Biya, à Etoudi, il y en a un qui revêt une importance particulière, pas pour son destinataire qui va effectuer un septième mandat de sept ans, mais pour son expéditeur : Teodoro Obiang Nguema Mbasogo compte en le président camerounais quelqu'un sur qui s'appuyer en Afrique centrale en cas de coup dur.

La France est poursuivie par son passé colonial en Algérie. Après avoir cherché à s'en débarrasser à bon compte, elle a rencontré l'hostilité des Algériens, qui ne sont pas du genre à oublier, facilement, ce qu'ils ont, lourdement, enduré, pendant la colonisation.

Le journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, a été tué par "strangulation" et son corps "démembré" au consulat de son pays à Istanbul d'une manière préméditée. Voilà ce que révèle, le parquet turc, ce mercredi, 31 octobre, mettant en exécution les menaces du président, Recep Tayyip Erdogan, qui avait juré de tout mettre en public si le pouvoir saoudien, commanditaire de l'assassinat, ne se mettait pas à table. Cela dit, Ankara regrette, toujours, un manque de coopération de Riyad dans cette enquête. Mais, déjà, le secret est éventré : on sait, par exemple, que notre confrère saoudien a subi de pires atrocités de la part des barbares envoyés par Riyad et qu'une fois assassiné dans ces pires conditions, il aurait été, tout simplement, décapité. On soupçonne même que certaines parties de son corps se seraient retrouvées hors de Turquie, les commanditaires ayant du mal à montrer le lieu où ses restes ont été ensevelis. Sa famille n'est pas prête à faire le deuil dans ces conditions.

Le chef rebelle soudanais du Sud, Riek Machar, est arrivé, mercredi, 31 octobre, matin, à Juba, après plus de deux ans d'absence, pour participer à une cérémonie célébrant la signature d'un nouvel accord de paix au Soudan du Sud, dont la mise en œuvre se fait à pas comptés. Dans ce nouvel accord, Riek Machar conserverait son ancien poste de vice-président de la République.

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, sera le candidat du Front de libération nationale (FLN), son parti, et de la majorité présidentielle, de façon générale, à l'élection présidentielle d'avril 2019. Cette information qui ne faisait l'ombre d'aucun doute, a été confirmée, dimanche, 28 octobre, soir, par Djamel Ould Abbes, secrétaire général du FLN, et, immédiatement, reprise par l'Agence de presse algérienne. Agé de 81 ans, Abdelaziz Bouteflika prend les grandes décisions en laissant la gestion quotidienne à son premier ministre et aux dignitaires de la majorité présidentielle et de l'armée. Handicapé par un AVC (Accident vasculo-cérébral) survenu en 2013, il est, actuellement, le seul chef d'Etat au monde à diriger son pays à partir d'une chaise roulante.

Quelqu’un, après avoir lu mon post sur “le FPI fait quoi si Gbagbo n’est pas libéré en 2019 ?”, m’a interpellé, ce que je ne trouve pas anormal car, pour moi, tout amoureux de la démocratie devrait accepter d’être contredit ou critiqué, pourvu que ce qu’il a écrit ou dit soit bien compris et que la critique qui lui est adressée soit fondée et argumentée. Mon interlocuteur estime que mon post est politiquement incorrect, que je laisse entendre comme Affi N’Guessan qu’il faut tourner la page Laurent Gbagbo, qu’il est important d’attendre Gbagbo parce qu’il est un maillon essentiel de la réconciliation en Côte d’Ivoire et donc qu’il n’y a ni plan B ni plan C. 

Les milices musulmanes ne pouvaient pas laisser passer ce qu'elles considèrent comme une « injustice » à l'endroit d'un des leurs : la destitution de Karim Meckassoua de la présidence de l'Assemblée nationale passe mal. L'ex-Séléka, par exemple, annonce une guerre qui ne dit pas son nom mais qui en est une. En effet, elle a donné, samedi, 27 octobre, un ultimatum de 48 heures aux représentants de l'Etat centrafricain pour quitter les zones du pays sous son contrôle. Cette menace que Bangui ne prend pas à la légère car tout le monde sait qui est Séléka, n'est pas une bonne affaire pour le pouvoir du président, Faustin Archange Touadera dont on ignore tout, absolument tout, de sa stratégie.

Ce qui devait arriver arriva malgré son forcing et sa tardive campagne d'explication. En effet, le président de l'Assemblée nationale, Karim Meckassoua, a été, finalement, destitué, vendredi, 26 octobre, soir, par les députés. Dans le cadre de l'équilibre des pouvoirs, il avait bénéficié du soutien des députés de la majorité présidentielle pour accéder au perchoir, au titre de son appartenance à la communauté musulmane. Mais la politique ayant ses secrets que le secret ignore, il s'est trouvé que l'entente n'était plus au beau fixe entre l'exécutif et le législatif. La destitution de Karim Meckassoua a été dénoncée par des tirs dans sa circonscription, le quartier PK5 de Bangui, souvent, théâtre de violences et abritant la majorité des musulmans de la capitale. Sans prendre parti, il faut dire tout net que dans le contexte actuel où les miliciens musulmans quadrillent le pays, il faut espérer que l'éviction de Karim Meckassoua ne sera pas la goutte d'eau qui fera, à nouveau, déborder le vase.