Politique

Les plus hauts dirigeants de Chine et de République populaire démocratique de Corée (RPDC) ont déclaré, jeudi, 20 juin, que les deux pays devaient rester fidèles à leurs aspirations originelles, et s'efforcer de créer, à un nouveau point de départ historique, un avenir prometteur pour les relations entre les deux partis et entre les deux Etats. Une déclaration qui inquiète Donald Trump au plus haut point et qui l'isole un peu plus.

Le président des Comores, Azali Assoumani, qui n'a, jamais, ménagé ses efforts pour faire revenir l'Ile de Mayotte dans le giron national, sera, sans doute, très content de l'interpellation que Moscou vient de faire à Paris sur la question de Mayotte. En visite officielle en France, le nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a reçu le soutien d'Emmanuel Macron qui, parlant du différend entre la Russie et la Crimée, a parlé d'une « annexion illégale de la Crimée par la Russie ». Colère du ministère russe des Affaires étrangères qui a demandé au président français de balayer devant sa porte en évoquant le « 101e département français » (Mayotte). Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, est un concept qui est moins considéré par la France, ancien pays colonisateur par excellence, que par la Russie, qui s'est, toujours, distinguée dans son soutien aux peuples qui cherchent à s'autodéterminer. Sur la question de Mayotte, la diplomatie comorienne sait qu'en se rapprochant de la Russie, elle trouvera une oreille attentive.

Ceux qui avaient dit que le lancement du PND (Plan national de développement) togolais n'était qu'un programme de plus car c'est du déjà vu et du déjà entendu, se mordront, bientôt, la langue d'avoir parlé trop tôt. Car, après son lancement le 4 mars, à Lomé, par le président, Faure Gnassingbé, en présence des partenaires privés et publics nationaux, bilatéraux et multilatéraux du Togo, le président a organisé, les 13 et 14 juin, à Lomé, le premier Forum économique Togo-Union européenne, en présence d'un vice-président de la Commission de l'UE et de plus de 300 entreprises européennes. Bilan : plus de 1,3 milliard d'euros de projets vont être financés. Un succès qui ne dit pas son nom. Dans la foulée, le président a envoyé son ministre des Affaires étrangères, le professeur, Robert Dussey, au Brésil pour une mission dont le but est de renouveler l'expérience qui vient d'être réussie avec l'UE à Lomé. Ses contacts ont abouti à la tenue, au Brésil, très prochainement, du premier Forum économique Brésil-Togo dans le cadre du PND, en présence du chef de l'Etat togolais en personne.

La justice française a, définitivement, validé, mardi, 18 juin, le renvoi devant le tribunal correctionnel de l'ex-président, Nicolas Sarkozy, poursuivi, notamment, pour la "corruption" d'un haut magistrat de la Cour de cassation. Il est écrit dans la Sainte Bible que « Qui crache en l'air retombe sur sa face ». Le quinquennat de Sarkozy fut une calamité pour l' Afrique avec les deux coups d'état violents qu'il y organisa, d'une part, contre le colonel, Mu'ammar al Kadhafi, pour le chasser du pouvoir avec de lourdes conséquences (tout le Sahel est aujourd'hui affecté par des djihadistes sortis des geôles de Kadhafi ; ils se retrouvent dans la nature où ils dictent désormais leur loi aux Etats) et, d'autre part, en Côte d'Ivoire, avec l'éviction par l'armée française (missionnée par le président Sarkozy) de Laurent Gbagbo de son fauteuil de chef d'Etat pour y placer un ami personnel, Alassane Ouattara. Ces crimes ne font l'objet d'aucune poursuite pénale en ce moment de son auteur. C'est en France que l'ancien président est poursuivi pour d'autres délits qui vont le conduire, bientôt, en correctionnelle.

C'est la question qui se pose à dix-huit mois de la présidentielle américaine à laquelle l'actuel locataire de la Maison Blanche est candidat pour un deuxième mandat. Personnage controversé, Donald Trump a, effectivement, lancé la campagne pour sa réélection en 2020, mardi, 18 juin, devant 20 000 supporters réunis à Orlando. Le président américain a repris ses thèmes favoris de 2016 et attaqué, avec violence, les démocrates, accusés de vouloir "détruire le rêve américain". « Son » rêve américain !

L'ex-président soudanais, Omar el-Béchir, a été déféré, dimanche, 16 juin, au parquet en charge des affaires de corruption à Khartoum, sa première apparition en public depuis sa destitution par l'armée en avril sous la pression de la rue. Nul n'étant au-dessus de la loi, l'ancien président mérite, amplement, de comparaître devant la justice de son pays d'autant plus qu'il est accusé de mauvaise gouvernance et de détention illégale de très fortes sommes de devises, ce qu'il laisse croire qu'il aurait, massivement, détourné les fonds publics. La comparution d'Omar el-Béchir, président du Soudan, il y a encore six mois, ne laisse aucun chef d'Etat africain indifférent, surtout, ceux qui ont une certaine durée au pouvoir et qui sont contestés dans leur pays.

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré être opposé à la création de quotas pour le droit d’asile, tout en se demandant s’il ne faudrait pas en instaurer pour l’immigration. Une interrogation métaphysique qui soulève la polémique en France où le débat sur cette question ne se déroule, jamais, de façon apaisée.

Le texte qu’on va lire pourrait s’appliquer tout aussi bien aux pasteurs et imams de la Côte d'Ivoire. Si je ne m’adresse qu’aux évêques catholiques, c’est parce que ces derniers ont leur assemblée plénière, du 17 au 23 juin 2019, à Agboville, qui se situe à 80 km d’Abidjan. En outre, ne dit-on pas que « la charité bien ordonnée commence par soi-même » ?

La fin du ramadan a donné l'occasion au président, Azali Assoumani, de rendre visite à la population de Ndzuwani, pour lui présenter ses vœux, samedi, 15 juin, au palais de Dar-Nour. Deux jours, auparavant, jeudi, 13 juin, le président avait communiqué la liste du nouveau gouvernement de 15 membres avec lequel il a entrepris la grande bataille de l'émergence dont l'atteinte a été fixée à l'horizon 2030.

Le Bénin laissé en paix par Boni Yayi après dix ans d'une gouvernance (plutôt) paisible est en train de sombrer dans la violence, premier pas vers la dictature. C'est une situation signée Patrice Talon, milliardaire arrivé un peu par hasard à la tête de cet Etat qu'il confond avec ses entreprises privées. Hier, samedi, 15 juin, on a dénombré deux morts par balles des forces de défense et de sécurité. Une situation inquiétante d'autant plus que les troubles sont récurrents. Partout, dans le pays, les populations commencent à se révolter, pour défendre leur liberté confisquée par un homme d'affaire (devenu chef d'Etat) qui ne se soucie que de son intérêt personnel.

Le chef de l'Etat malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), s'est rendu, jeudi, 14 juin, sur les lieux de la tuerie du village dogon de Sobane Da, dans le Centre du pays. Du tourisme ? On sait que ce genre d'événements se répètent et, visiblement, les mesures ne sont pas prises, après le passage du chef de l'Etat sur les lieux où ils se sont déroulés, pour qu'ils ne surviennent plus. Alors question : IBK est-il dépassé par les événements ? Il faut commencer à se rendre à cette évidence.

Après avoir été critiqué (avec raison) pendant de grosses manifestations de jeunes organisées au Niger et au Mali, les soldats de Barkhane se réveillent enfin. Le communiqué qui nous est envoyé en date du 12 juin et que nous exploitons seulement aujourd'hui, alors qu'il a fait l'objet de nombreux commentaires dans la presse, montre que nous apprécions fortement l'attitude de fermeté de Barkhane à l'endroit des terroristes et ceux qui les aident, de près ou de loin, dans leur basse besogne.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, qui a promis, à maintes reprises, d'éradiquer la corruption dans son pays, est visé par une enquête autour d'une contribution électorale que lui a versée une entreprise, ont indiqué, mercredi, 12 juin, ses services. Cela fait un peu mauvais genre parce que Cyril Ramaphosa, prenant le contre-pied de son prédécesseur, Jacob Zuma, a placé son mandat sous le sceau des valeurs avec la lutte contre la corruption en pole position.

Pendant que le Mali pleure sa deuxième tuerie massive du genre après celle d'Ogossagou, le 23 mars dernier, la polémique fait rage sur le nombre de tués. Les chiffres du gouvernement sont, diamétralement, opposés à ceux des responsables locaux. Cela dit, les autorités ont reconnu, mardi, 11 juin, qu'il leur incombait de protéger la population et d'oeuvrer à la réconciliation entre communautés de plus en plus antagonistes dans le Centre du pays, après cette deuxième tuerie massive de civils, en l'espace de trois mois.

Grâce à son compte Twitter, Donald Trump a la manie d'agacer beaucoup de personnes. S'il croit régenter le monde à partir de simples tweets, il n'obtient que très peu de résultats. Son secrétaire d'Etat américain adjoint chargé de l'Afrique, Tibor Nagy, se veut à son image. Il dit tout haut ce qu'un diplomate de son rang doit dire tout bas, comme si à chaque fois, il était nécessaire d'annoncer la couleur avant de passer à l'action. Toujours est-il que les résultats de cette politique (assumée) ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Depuis lundi, 10 juin, le Gabon a un nouveau gouvernement, beaucoup plus restreint, comme l'avait souhaité le président de la République, Ali Bongo Ondimba. Le premier ministre, Julien Nkoghe Bekalé, reste en poste, autour d'une équipe gouvernementale resserrée : en tout 29 ministres y compris lui-même et les ministres délégués. C'est un record en Afrique centrale où les pays alignent des gouvernements pléthoriques.

Devant une délégation du PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), qu’il recevait chez lui à Daoukro, le 5 juin 2019, Henri Konan Bédié aurait déclaré ceci : “Nous avons fait venir des étrangers dans nos plantations de café et de cacao et ensuite ces gens se sont installés à leur propre compte et aujourd’hui ils agressent les planteurs ivoiriens et se disputent même la propriété des terres… Il faut simplement que nous soyons conscients car, le moment venu, nous agirons, pour empêcher ce hold-up sur la Côte d'Ivoire, sous le couvert de l'orpaillage… Nous dénoncerons aussi d’autres qu’on fait venir clandestinement, surtout, dans la commune d'Abobo ; les gens rentrent, on leur fait faire des papiers… Il faut que nous réagissions pour que les Ivoiriens ne soient pas étrangers chez eux, car actuellement, on fait en sorte que l'Ivoirien soit étranger chez lui...”.

Le collectif des organisateurs d'une manifestation de milliers de Libériens, vendredi, 7 juin, contre la gestion du président, George Weah, le "Conseil des patriotes", a annoncé, dimanche, 9 juin, lui accorder un mois pour satisfaire leurs revendications.

Le gouvernement ivoirien a condamné, samedi, 8 juin, dans un communiqué, des "propos d'une extrême gravité, appelant à la haine de l'étranger", tenus par l'ex-président, Henri Konan Bédié, trois jours plus tôt.

Que le temps passe vite. C'est hier que l'Afrique pleurait le deuxième président du Gabon, le patriarche, El Hadj Omar Bongo Ondimba, disparu, sans l'annoncer, à la clinique Quiron, à Barcelone, un certain 8 juin 2009. Ce mauvais jour pour les Gabonais et les Gabonaises (et les amis du Gabon) qui aimaient, véritablement, leur président, a continué à troubler leurs nuits de sommeil alors même que la gouvernance du pays changeait de main. Dix ans après, le bilan n'est pas reluisant. Mais, il faut s'empresser de dire qu'il y a de l'espoir : les prédateurs du Gabon sont partis. Le pays est, aujourd'hui, entre les mains de ses véritables fils et filles. Soutenu par sa tendre épouse, Ali Bongo Ondimba a pris la mesure de ses erreurs passées, erreurs pardonnées par ses compatriotes sauf les revanchards : Il met, désormais, le cap sur une gouvernance moderne à l'image de l'homme d'Etat où le centre d'intérêt sera le Gabon. Rien ne sera plus comme avant.