Gabon

Pour le gouvernement, cette rupture est plus que souhaitable, le groupe français n'ayant, vraiment, pas été à la hauteur. Le problème, ici, est technique, et non politique. Il n'est pas question d'aimer ou de haïr la France ou une de ses entreprises. La réalité est simple : l'eau est une denrée rare à Libreville. Quant aux coupures électriques, elles sont monnaie courante. La question mérite, alors, d'être posée : A quoi a servi la concession de 20 ans accordée à la SEEG (Société d'énergie et d'eau du Gabon), filiale du groupe français Véolia ? Rien qu'à pomper les bénéfices, répondent en choeur les Librevillois, pour qui ce problème n'est ni celui de l'opposition, ni de la majorité, mais, des Gabonais tout court. Pourtant, la concession allouée à Véolia (Générale des eaux avant) avait pour but de faire du Gabon un eldorado en Afrique centrale où les pays limitrophes pouvaient se ravitailler pour combler leur déficit. Le patriarche, comme toujours, en visionnaire, avait vu les choses en grand. Mais ses partenaires français, mais aussi, ses collaborateurs, l'ont roulé dans la farine. A qui la faute ? C'est plutôt à un spectacle ahurissant des mamans librevilloises portant des bonbonnes d'eau sur la tête, les robinets des maisons étant à sec, auquel le Gabon se livre, de temps en temps. Un triste spectacle quand le pays s'appelle « Gabon ». Mieux vaut tard que jamais ! Cette rupture engage les Gabonais à prendre (enfin) leur destin, dans ce domaine, en main. En attendant d'autres domaines. Un mal pour un bien.

L'entreprise Bouygues Energies & Services, présente depuis près de 70 ans au Gabon avec plus de 200 employés, a annoncé la fin de ses activités en milieu de semaine, suscitant l’incompréhension de ses salariés. Une véritable honte de quitter ce beau pays où elle a gagné beaucoup beaucoup d'argent juste parce qu'il traverse quelques difficultés passagères dues à la chute du cours de pétrole. Une logique très multinationale capitaliste vivement condamnable. Quant aux employés de Bouygues, ils ont, via leur syndicat, dénoncé, auprès du PDG, Martin Bouygues, dans un courrier à lui adressé, le caractère « inhumain de (sa) décision ». Pas de réponse du PDG qui reste silencieux.

Si chacun de nous était à la place d'Ali Bongo Ondimba, qu'aurait-il fait de mieux ? C'est la question qu'on doit se poser au lendemain de la formation du nouveau gouvernement de Franck Emmanuel Issoze Ngondet, qui fait l'objet de toutes sortes de commentaires. Si c'est la meilleure équipe possible pour le président de la République et le premier ministre afin de livrer la bataille du redressement économique et financier du Gabon, le gouvernement Issoze Ngondet II n'aura que huit (petits) mois pour démontrer son savoir-faire, les élections législatives d'avril 2018 devant entraîner la composition d'une autre équipe gouvernementale. Au moment où les passations de service se font dans les ministères, que chaque ministre sache, donc, dès maintenant, à quoi s'en tenir.

On commence à se demander (à Paris et dans d'autres capitales occidentales) si c'est le Jean Ping qui fut le très fidèle et efficace chef de la diplomatie de feu le patriarche Ondimba ? Si c'est ce Jean Ping qui présida, admirablement, la 59e Assemblée Générale des Nations-Unies en 2004-2005 avec un savoir-faire indéniable ? Si c'est le même Jean Ping qui officia à la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA) pendant quatre ans, prêchant, partout, la tolérance, la paix, la modération, oeuvrant, sans cesse, pour le dialogue entre frères et sœurs d'Afrique, comme moyen (unique) de règlement des conflits ? Est-ce le même Jean Ping qui veut, aujourd'hui, mettre le feu dans son pays, le Gabon ?

Candidat malheureux à l'élection présidentielle d'août 2016, Jean Ping a-t-il décidé de mettre le feu au Gabon à son retour, ce mardi, 25 juillet, soir, à Libreville ? Cette question mérite d'être posée car les faits parlent d'eux-mêmes avec la rumeur selon laquelle Jean Ping sera installé par la foule, ce soir, au Palais du Bord de Mer. Mais, il n'aura pas carte blanche pour créer le désordre. Car d'ores et déjà se dresse devant lui, Lambert-Noël Matha, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, qui invite, le plus tranquillement du monde, les Gabonais à ne pas suivre de tels mots d'ordre et à rester chez eux.

La question vaut son pesant d'or. Et quand Ali Bongo Ondimba déclarait dans une interview accordée à Afrique Education, dans la deuxième quinzaine d'août 2009, avant son élection : « Je ne suis pas le patriarche. Le patriarche était le patriarche », cette phrase prend, aujourd'hui, tout son sens au regard de l'évolution de la relation franco-gabonaise, qui n'est, vraiment, plus ce qu'elle était, avant l'atterrissage au Palais du Bord de Mer d'Ali Bongo Ondimba, en septembre 2009. Aujourd'hui, c'est une guerre ouverte entre Libreville et Paris, qui ne dit pas son nom, et qui ne se fait pas avec les canons ni les bazookas. Encore moins les orgues de Staline. Le documentaire diffusé par la télévision française, France 2, dans son émission, « Complément d'enquête » peut être assimilé à une déclaration de guerre car quand on veut détruire un chef d'Etat ou son régime, on ne fait pas autrement.

C'est une véritable terreur que la diaspora gabonaise a décidé de semer dans les pays occidentaux. Tout dignitaire du régime ou apparenté à celui-ci subit ses foudres dès qu'il est détecté. Le mois dernier, à New York, les collaborateurs directs du chef de l'Etat, Ali Bongo Ondimba, ont subi la loi du « milieu gabonais » alors que le président participait à une conférence aux Nations-Unies sur l'environnement. L'hôtel qui les abritait a même dû faire appel à des renforts pour sécuriser les lieux. Samedi, 24 juin, à Paris, point d'officiels cette fois-ci. Les personnes prises pour cible, sur la terrasse d'un café-restaurant du très chic boulevard Haussmann, n'avaient pas un ordre de mission du gouvernement. Elles étaient là, envoyées par leur entreprise. Mais cela ne les a pas épargnées de la violente agression dont elles ont fait l'objet, laquelle a, immédiatement, entraîné une vigoureuse condamnation du nouvel ambassadeur du Gabon en France. Ce dernier annonce, d'ailleurs qu'il va, soutenir l'action de ses deux compatriotes, qui est en train d'être entreprise auprès de la justice française.

Si la situation du Gabon n'était pas tendue, depuis l'élection présidentielle du 27 août dernier, on mettrait cette agitation de quelques individus plus ou moins illuminés dans la rubrique des « Faits totalement divers ». Mais même si leur sortie ne va pas empêcher le locataire du Palais du Bord de Mer de dormir sur ses deux oreilles, elle a le mérite de souligner l'état de tension qui règne dans le pays à quelques jours de l'arrivée de la mission d'information de la CPI (Cour pénale internationale) pour enquêter sur les troubles ayant perturbé la présidentielle de 2016.

Le numéro 453 de juin d'Afrique Education est, déjà, chez vos marchands de journaux habituels. Au sommaire, il y a de quoi se délecter en lisant des analyses et informations de première main sur la Côte d'Ivoire, le Congo-Brazzaville, le Gabon, le Cameroun, le Nigeria, le Sénégal, l'Angola, le Bénin, etc. qui y sont traitées selon des angles divers. En pleine page de couverture, Brigitte et Emmanuel Macron sourient au monde entier, qui, en retour, leur souhaite la bienvenue. Avec l'Afrique, continent qui fait de la France un grand pays en lui donnant une posture de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations-Unies, le débat va être âpre. En effet, les Africains (de la diaspora et d'Afrique) veulent, absolument, prendre leur destin en main, et ne veulent plus, en aucun cas que leur sort soit décidé hors d'Afrique par d'autres que les Africains. C'est clair. Nicolas Sarkozy, dans la suite de Jacques Chirac, avait refusé de l'entendre de cette oreille. François Hollande, dans l'ambiguïté qui l'avait, souvent, caractérisé, avait feint de le comprendre sans, réellement, comprendre. Qu'en sera-t-il d'Emmanuel Macron ?

Après six semaines de palabres, le Dialogue politique convoqué par le président du Gabon, Bongo Ondimba Ali (BOA) a pris fin, hier, vendredi, 26 mai. Les participants ont pu lui remettre les « Accords d'Agondjé » (du nom du lieu où s'est tenu ce Dialogue) afin qu'il les mette en œuvre. Deux faits à relever : les Gabonais, dans leur grande majorité, y ont adhéré et fait montre de leur volonté de tourner la page et de travailler pour l'avenir. D'autre part, le comportement du chef de l'Etat laisse penser qu'il est, maintenant, conscient de la (lourde) responsabilité qui pèse sur ses épaules en tant que président de la République du Gabon.

Le Gabon est en plein dialogue convoqué par le président, Bongo Ondimba Ali. Celui-ci ne réunit pas les amis du candidat malheureux à la présidentielle, Jean Ping. Pourtant, ce dialogue politique est une ultime chance pour le pays. Les Gabonais sauront-ils oeuvrer au nom du seul intérêt de leur pays ?

Personne ne sait, exactement, ce que donnera le Dialogue politique voulu par le président du Gabon, Bongo Ondimba Ali. Après la société civile, les partis politiques se retrouvent pendant quelques semaines pour trouver les voies et moyens de (re)vivre ensemble en frères sœurs d'un même pays. Le facilitateur ne vient pas hors d'Afrique. L'Union africaine, sollicitée par le pouvoir, a désigné l'ancien recteur de l'Université de Nouakchott, le professeur, Mohamed El Hacen Ould Lebatt, pour rapprocher les points de vue des uns et des autres. Un gros travail l'attend.

Le géant pétrolier anglo-néerlandais, Royal Dutch Shell, a annoncé, vendredi, 24 mars, la vente de ses activités dans le pétrole et le gaz onshore (terrestre), au Gabon, à une société de l'américain Carlyle pour 587 millions de dollars. Le groupe Total avait fait de même, il y a quelque temps, au profit de la société Perenco.

Le "dialogue politique" pouvoir-opposition, voulu par le président du Gabon, Bongo Ondimba Ali, s'ouvrira le 28 mars. Il espère que sortiront, à cette occasion, des propositions qui permettront au pays de repartir d'un bon pied.

Le calendrier politique s'est accéléré, mardi, 28 février, au Gabon, avec la fin des préparatifs du "dialogue politique" voulu par le président, Bongo Ondimba Ali, après sa réélection contestée, en 2016, une main tendue que refuse une partie de l'opposition.

Chacun pour tous et tous pour chacun. Voilà la devise des Lions indomptables qui les a conduits au succès du 5 février.

Etats de droit vraiment ? Beaucoup de pays africains s'affichent comme tels. Il s'agit de la partie visible de l'iceberg. Car, la réalité est dans la partie immergée : la dictature sinon la démocratie « façon façon ». Pour la première fois, le parlement européen a décidé de mettre les pieds dans le plat. A Strasbourg, les députés européens viennent de prendre une résolution pour dénoncer l'organisation de la présidentielle au Gabon, en août 2016, et le refus du pouvoir rdcongolais de respecter la loi fondamentale en organisant les élections dans les délais constitutionnels. C'est une première dans l'histoire franco-africaine de cette institution, même si cette initiative n'a que valeur symbolique. Pas de quoi fouetter la panthère et le léopard, qui ne vont rien s'interdire dans leur forêt équatoriale où ils sont les rois incontestés.

L'ancien ministre de l'Economie tout puissant du président, Bongo Ondimba Ali, a été emprisonné pour corruption présumée, une première dans cet Etat pétrolier frappé par une crise économique et politique où le ministre du Pétrole vient, aussi, d'être destitué.

On peut haïr BOA (Bongo Ondimba Ali) à cause de la succession des erreurs et des fautes politiques qu'il a commises, malgré les conseils qui lui étaient prodigués, tout au long de son premier mandat. Mais, on ne peut que l'applaudir quand il se rattrape par une action symbolique qui se veut d'éclat. Contre toute attente, il a décidé de baptiser, le 9 janvier, le nouveau stade de Port Gentil de 20.000 places où va se jouer la Coupe d'Afrique des nations, « Complexe Michel Essonghe » du nom de son conseiller politique, fidèle parmi les plus fidèles de ses collaborateurs du Palais du Bord de Mer.

Dans deux semaines, le Gabon accueillera la plus grande fête sportive du continent, la CAN (Coupe d'Afrique des nations) de football. Mais pour qu'elle soit, réellement, une fête populaire, il faut que l'environnement le permette et que les populations aient le cœur à cette fête. Tel n'est pas le cas dans le Gabon post-électoral actuel où on compte deux présidents : un président proclamé par la Cour constitutionnelle et un autre, auto-proclamé, qui draine une masse importante de Gabonais derrière lui, et qui lui reconnaît la qualité de « président élu ».