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RDCongo

Après quatre mois d'attente, le nouveau président de la (RDC) République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a nommé un premier ministre au profil très singulier : il a été proposé par son prédécesseur, Joseph Kabila, pour former un gouvernement de coalition. L'expérience de la cohabitation se poursuit, pour le moment, sans couac, mais, de façon très ralentie.

Il vient de faire ses cent premiers jours en tant que président démocratiquement élu de la RDCongo. Pourtant, plus de cent jours, plus tard, il n'a, toujours, pas eu les coudées franches pour nommer son premier ministre, et, encore moins, ses ministres et secrétaires d'Etat. Ne disposant pas de la majorité au parlement, il est condamné à vivre en bonne entente avec son prédécesseur, Joseph Kabila, qui ne fait rien pour lui faciliter la tâche.

Le président rdcongolais, Félix Tshisekedi, a levé la mesure suspendant l'installation du nouveau sénat de la République démocratique du Congo, satisfait par le rapport préliminaire d'enquête sur les allégations de corruption de grands électeurs, selon un communiqué de la présidence lu ce vendredi, 29 mars, à la télévision d'Etat.

Le parquet de Nanterre a indiqué vendredi, 22 mars, avoir fait appel de la condamnation de Koffi Olomidé, star de la chanson congolaise, à de la prison avec sursis pour "atteintes sexuelles sur mineure".

Quatre de ses danseuses l'accusaient, auprès du Tribunal de grande d'instance de Nanterre, de leur avoir imposé des relations sexuelles, mais, le chanteur congolais, Koffi Olomidé, relaxé pour trois d'entre elles, s'en est, finalement, sorti, lundi, 18 mars, avec une peine de deux ans de prison avec sursis pour "atteinte sexuelle" sur mineure.

L'étau se resserre sur le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, de plus en plus, sous le contrôle de son prédécesseur, Joseph Kabila, qui dispose de tous les atouts pour revenir au coeur du jeu politique. En fait, on commence à se demander si le président élu disposera d'une marge de manœuvre suffisante pour appliquer son programme. Car on a, plutôt, l'impression que c'est toujours Joseph Kabila, par ses partisans interposés, qui contrôle la substance du pouvoir.

L'ex vice-président congolais, Jean-Pierre Bemba, acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité après près d'une décennie en détention, demande plus de 68 millions d'euros de dédommagement, a annoncé, lundi, 11 mars, son avocat.

Le candidat de l'opposition, Martin Fayulu, qui revendique la victoire à l'élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), a proposé "de refaire les élections dans un délai de six mois", dans une lettre adressée aux dirigeants de l'Union africaine (UA) réunis en Sommet, à Addis Abeba, les 10 et 11 février. Une requête qui a mis bien de chefs d'Etat dans l'embarras, le président de l'UA de l'époque, le Rwandais, Paul Kagame, ayant cherché, en son temps, à initier une mission de bons offices, à Kinshasa, avant la prestation de serment du candidat déclaré par la CENI, à savoir, Félix Tshisekedi. La démarche de Paul Kagame se fondait sur le fait que la CENI n'avait pas désigné le véritable vainqueur de l'élection qui était non pas Tshisekedi mais Martin Fayulu. C'est ce dernier que l'épiscopat rdcongolais qui avait plus de 40.000 observateurs sur le terrain, avait, aussi, désigné comme vainqueur. Mais par la suite, le pays a fait confiance dans ses institutions officielles chargées d'organiser les élections, et a proclamé et investi Félix Tshisekedi président élu de la RDCongo. Mais, jusqu'à ce jour, Martin Fayulu conteste ce verdict.

Le roi de la rumba congolaise est attendu, lundi, 11 février, devant la justice française : Koffi Olomidé, visé par un mandat d'arrêt, doit répondre des faits d'agressions sexuelles qui auraient été commis, en région parisienne, entre 2002 et 2006, sur quatre de ses danseuses. Chanteur célèbre, Koffi Olomidé est un collectionneur de procédures en justice.

Le courant passe 5/5 entre le nouveau président de la RDCongo, Félix Tshisekedi, et son prédécesseur, Joseph Kabila. En l'espace de quelques jours, les deux hommes ont appris à se connaître, à se respecter et à parler le même langage. On a, aussi, l'impression qu'ils regardent dans la même direction. Au niveau des institutions, par exemple, on ne sent pas, vraiment, l'alternance. C'est le sentiment de la continuité qui prédomine avec la nomination du futur premier ministre, qui a de fortes chances d'être proche de Joseph Kabila, le parti de ce dernier ayant raflé plus de la moitié des députés de la future Assemblée nationale. C'est donc un sentiment contrasté qui anime les RDCongolais : ils ont, certes, obtenu le changement qu'ils escomptaient avec le départ formel de Joseph Kabila, mais, ce changement se fait dans la continuité car Joseph Kabila reste omniprésent dans les rouages de l'Etat. Alors changement ou pas changement ? Continuité ou pas continuité ? A chaque RDCongolais de définir ces concepts à sa façon.

Sénateur à vie (avec tout ce qui va avec), ancien président de la République, qui garde tous les investissements effectués par lui-même, ainsi que, sa famille, pendant ses dix-huit ans de pouvoir, Joseph Kabila n'a pas pensé, seulement, à lui-même et aux siens proches. Chef d'un système de prédation (en voie disparition?), il a, aussi, oeuvré pour que tous ses ministres et anciens collaborateurs, manquent de rien. Ils vivront, tous, comme s'ils étaient, toujours, en fonction. Voilà le prix de la victoire d'Etienne Tshisekedi que semble dénoncer Martin Fayulu qui manifestait, cet après-midi, à Kinshasa où il a appelé ses militants et sympathisants à la « résistance pacifique ».

Ramazany Shadary n'est pas bavard de nature. Ancien ministre de l'Intérieur, homme des dossiers, il sait garder un secret. Mais, en tant qu'être humain, il peut être exaspéré. Et il l'a été. Lors de cette élection présidentielle à laquelle il avait été désigné par le chef de l'Etat comme le candidat du pouvoir, il s'est senti trahi par son patron, celui-là là même qui l'avait convaincu d'aller au feu. Sans état d'âme, il lâche, à son tour, Joseph Kabila, en expliquant pourquoi.

La prestation de serment du nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, qui va prendre le relais du chef de l’Etat sortant, Joseph Kabila, aura bien lieu, jeudi, 24 janvier, à Kinshasa. Elle est prévue à partir de midi (11h00 GMT) au Palais de la Nation de Kinshasa, siège de la présidence de la République.

Le miracle attendu par Martin Fayulu et ses amis, n'a pas eu lieu. La Cour constitutionnelle congolaise a proclamé, dimanche, 20 janvier, Félix Tshisekedi, président de la République. Martin Fayulu, dont le recours a été rejeté, appelle à "ne pas reconnaître un pouvoir qui n'a ni légitimité ni qualité légale". C'est une rhétorique qu'on a souvent entendu ailleurs, en Afrique, et qui ne peut déboucher sur rien. Martin Fayulu doit se comporter en homme d'Etat et prendre date pour l'avenir : vainqueur selon les décomptes de la CENCO (Conférence épiscopale nationale congolaise) et des observateurs neutres, et non par ceux de la CENI qui est l'organe officiel des élections, il doit appeler à la paix et accepter la main tendue de Félix Tshisekedi. Tous deux étant issus de l'opposition, il leur appartient de mettre de côté leurs égos personnels et trouver un terrain d'entente pour travailler ensemble à l'avancement de la RDCongo.

Du jamais vu sous les tropiques : pour la première fois, l'instance continentale n'est pas d'accord avec la proclamation des résultats des élections faite par la CENI en République démocratique du Congo (RDC). Président en exercice de cette organisation, le président du Rwanda, Paul Kagame, a demandé, jeudi, 17 janvier, soir, la "suspension" de la proclamation des résultats électoraux définitifs, ainsi que, l'envoi d'une délégation de "haut niveau" à Kinshasa. Cette délégation composée, essentiellement, de chefs d'Etat sera conduite par lui-même, avec à ses côtés, le président de la Commission, le Tchadien, Moussa Faki Mahamat.

Trop trop trop de contestations sont en train de contraindre la CENI à ré-compter les voix. Elle y va en traînant les pieds. Mais, le poids déterminant de l'épiscopat rdcongolais fait pencher la balance en faveur de cette solution qui devrait arranger tout le monde, sauf, peut-être, le pouvoir en place, ainsi que, Félix Tshisekedi, déclaré vainqueur de cette présidentielle contestée. Même le Conseil de sécurité à la demande de la France, s'est emparé de ce dossier, ce qui est fort rare si on consulte les annales de cette institution des Nations-Unies. La CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) qui avait déployé des observateurs sur l'ensemble du territoire, a fait ses calculs : c'est Martin Fayulu qui a gagné. Ce dernier brandit un score de 61% des voix à qui veut l'entendre. Même contestation des résultats de la CENI par les églises protestantes de la RDC. Tshisekedi, le régime de Kabila et la CENI sont le dos au mur.

Candidat de l'opposition, Martin Fayoulou est coiffé au poteau, alors qu'il se voyait déjà au palais présidentiel. Que s'est-il passé pour que son rival de l'opposition, Félix Tshisekedi, le double, de cette manière, au dernier moment alors que les décomptes de voix lui étaient favorables ? Le candidat de l'opposition n'est pas le seul à protester et à penser qu'il y aurait une sorte d'arrangement entre le vainqueur désigné et le pouvoir. Dans une sortie inhabituelle, le Quai d'Orsay (Ministère français des Affaires étrangères) juge les résultats communiqués par la CENI « non conformes ».

Tout le monde ne voulait pas que les élections se déroulent dans de bonnes conditions en RDC (République démocratique du Congo). Après avoir assisté, hier, 30 décembre, à une journée électorale (bon enfant), à Kinshasa, et sur presque tout l'ensemble du territoire rdcongolais, tout Africain désireux de voir son continent prendre son destin en main, pouvait être heureux. Il y a lieu de dire que, globalement, tout s'est bien passé, mieux même que dans certains pays africains où les observateurs européens et américains viennent crédibiliser l'organisation des élections. Premier point positif : aucune mort, à Kinshasa, due à ces élections n'a été enregistrée par la police de la capitale, ce qui montre le haut niveau de conscience des populations kinoises, mais aussi, la maîtrise des forces de défense et de sécurité, chargées de sécuriser le vote. A l'intérieur du pays, on note, cependant, quelques morts, notamment, dans le Kivu. Cela dit, si ces morts sont à regretter, ils sont loin des craintes qui avaient provoqué le Sommet de Brazzaville organisé, en catastrophe, par Denis Sassou Nguesso avec quatre autres chefs d'Etat de la sous-région.. Deuxième point positif : après avoir refusé les aides de toutes sortes venant de l'Union européenne, de la Francophonie, de l'Union africaine et d'autres pays occidentaux, la RDC a montré que malgré ses 40 millions d'électeurs, la CENI était à la hauteur de l'événement, sans l'aide de qui que ce soit. Troisième point positif : même si la logique électorale devrait favoriser le candidat commun de l'opposition, Martin Fayulu, ses deux principaux concurrents, à savoir, Félix Tshisekedi, et le candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadari (qui crierait déjà victoire), s'organisent, aussi, pour se déclarer vainqueurs, sans remettre, fondamentalement, en cause, l'organisation des élections. C'est une victoire énorme que doit savourer le raïs sortant.

Le docteur, Denis Mukwege, a profité de la remise du Prix Nobel de la Paix qu'il partage avec l'Irakienne, Nadia Murad, pour en appeler à la « responsabilité de la communauté internationale » pour une bonne tenue de l'élection présidentielle prévue le 23 décembre prochain. Denis Mukwege qu'on présente, parfois, comme un possible recours pour une transition en RDCongo a semblé très préoccupé par la catastrophique situation dans son pays, qui est, essentiellement, provoquée par son extrême richesse. La RDCongo, en effet, est un scandale géologique, tellement, elle aligne des mines à caractère stratégique et rarissimes (coltan, uranium, cobalt, cristaux divers, glaukosphaerite, etc.). Tout ce qui ne se trouve nulle part ailleurs dans le monde gît dans le sous-sol rdcongolais. Voilà la source de son instabilité.

Pour ce numéro double 471-472, nous avons hésité entre deux couvertures : Ali Bongo Ondimba dont l'état de santé venait de mobiliser l'attention de toute l'Afrique et de la communauté internationale, et le dictateur 5 étoiles du Congo-Brazzaville. Pour des raisons de sympathie non déguisée, Ali Bongo Ondimba a été choisi pour faire la pleine page dudit numéro.

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