Togo

Que se passe-t-il au Togo pour que les uns après les autres, les dignitaires décèdent, parfois, sans aucune logique. Si l'opposition a été frappée, ces deux derniers mois, avec la mort de deux anciens premiers ministres, Edem Kodjo, en avril, et depuis, samedi, 30 mai, Yao Agboyibo, le parti au pouvoir, lui aussi, a perdu quelques éléments de valeur dont les plus illustres sont les doyens Ayité Gachin Mivedor (2012) et Voulé Koffi Agbényiga Frititi (2015), mais aussi, l'excellent confrère et ancien président de la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication, Pitang Tchalla (2017). Le pays se vide, donc, petit à petit de ses dignes fils au moment où il aborde un tournant important avec la mise en œuvre du PND (Plan national de développement) qui requiert l'expérience et le savoir-faire des aînés.

Mieux vaut tard que jamais. Emmanuel Macron n'est pas Donald Trump dont l'ambassadeur, au Togo, avait cherché à déstabiliser la CENI (Commission électorale nationale indépendante), en organisant ni vu ni connu l'introduction d'informaticiens américains du NDI (National Democratic Institute) et de leur matériel informatique, qui devaient servir à donner des contre-résultats de la présidentielle, avec comme finalité, de montrer que le candidat, Faure Gnassingbé, a fraudé. La manœuvre ayant été neutralisée, in extremis, par les Services togolais, à la grande colère de l'ambassadeur des Etats-Unis au Togo, Donald Trump et son secrétaire d'Etat ne s'empresseront certainement pas d'envoyer un message de félicitation au président réélu. Tel n'est pas le cas du jeune président français qui l'a fait, le 25 mars.

Ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, le professeur, Robert Dussey, a effectué, le 11 mars 2020, une visite à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne. La coopération entre les deux parties était au menu des discussions.

Le numéro 486 du magazine Afrique Education, qui est chez les marchands de journaux depuis samedi, 7 mars, propose un dossier complet sur le déroulement de l'élection présidentielle du 22 février, au Togo. La victoire du président-sortant, Faure Gnassingbé, dès le premier tour (« Coup KO » selon une appellation non contrôlée de ses partisans et militants du parti UNIR) est autopsiée dans ce numéro où on explique, en détails, comment une telle victoire a été rendue possible alors qu'en face, le vainqueur affrontait six candidats dont deux poids lourds : Jean-Pierre Fabre de l'ANC et Agbéyomé Messan Kodjo du MPDD.

Bien que le Togo soit calme, surtout, la ville de Lomé, où les Togolais et les Togolaises vaquent à leurs occupations, comme si de rien n'était, depuis la proclamation des résultats de la présidentielle, le dimanche, 23 février, qui désignent le président-sortant, Faure Gnassingbé, vainqueur dès le premier tour, le candidat sorti deuxième, selon la CENI, Agbéyomé Kodjo, qui, de son côté, revendique la victoire, grâce à ses propres calculs effectués par son dispositif de campagne, a appelé, mardi, soir, au calme, en attendant les négociations qu'il aurait entamées auprès des instances extérieures en vue de la prise du pouvoir d'Etat au Togo. Agbéyomé Kodjo, dans sa déclaration, dit ne pas souhaiter que le sang des Togolais coule, ni qu'il y ait destruction des biens au moment où son pouvoir, dès son installation, voudrait attirer l'investissement étranger. Nous vous proposons l'entière et très surprenante déclaration du candidat sorti deuxième à l'élection présidentielle du 22 février. Il appelle au calme dans un pays qui est totalement calme.

Cheffe des observateurs de la CENSAD, la Mauritanienne, Diye Ba, dit ce qu'elle a vu, avec sa vingtaine de collègues. Pour elle, le Togo a atteint un niveau d'organisation des élections, qu'on ne voit pas toujours ailleurs sur le continent. Cela dit, il y a des choses à améliorer.

La vie a repris son cours normal, à Lomé, après la proclamation des résultats, la nuit de la veille, par le président de la CENI, Tchambakou Ayassor, qui donnaient vainqueur, Faure Gnassingbé, avec une très large avance sur le second, Agbéyomé Kodjo. Ce dernier (on s'y attendait un peu) a, vigoureusement, protesté, allant même jusqu'à inviter les Togolais « à refuser qu'on vole leur victoire ». Pourtant, la ville de Lomé, depuis ce lundi, 24 février, a repris son train-train quotidien où on voit chacun et chacune vaquer à ses occupations. La parenthèse de l'élection présidentielle s'est refermée hier avec le verdict provisoire de la CENI que ne renversera pas la Cour constitutionnelle.

Tchambakou Ayassor, le président de la CENI, pendant la nuit électorale du 22 au 23 février, avait annoncé la publication des résultats provisoires pour le lundi, 24 février, à 20 h 00 GMT (heure du Togo), au plus tard. Mais, dès, dimanche, 23 février, matin, la CENI disposait, déjà, de plusieurs tendances lourdes, qui donnaient Faure Gnassingbé vainqueur dans 4 régions sur les 5 que compte le pays. La Région maritime, qui abrite Lomé, est la seule où il a été devancé par Agbéyomé Messan Kodjo. Sinon, dans le reste du territoire, y compris au sein de la diaspora où le président-sortant aurait réalisé un 100% en France, l'assise nationale de son parti, UNIR, lui a permis de gagner l'élection haut la main.

Sur l'ensemble du territoire, le vote a pris fin à 16h00 GMT (Heure du Togo). Nous avons assisté à la fermeture du Bureau N° 3 de l'Ecole primaire évangélique Dangbuipe, à Bè-Lagune (Lomé), en plein fief de l'opposition pure et dure. Au départ fief de l'UFC de Gilchrist Olympio, cette zone avait basculé en faveur de l'ANC de Jean-Pierre Fabre, après le rapprochement politique entre l'UFC et l'UNIR de Faure Gnassingbé. En attendant la confirmation de la CENI, seule habilitée à énoncer des résultats, la donne, serait-elle en train de changer, avec le basculement de ce fief en faveur de la Coalition des forces démocratiques d'Agbéyomé Messan Kodjo ? Ce dernier aurait fait de bons scores à Bè plus que Fabre, le patron politique des lieux. En effet, il a profité du fait que les militants de Jean-Pierre Fabre ne disposent pas de cartes d'électeurs, leur leader les ayant appelés à ne pas aller s'inscrire sur les listes, avant de se raviser plus tard. Malheureusement, son changement de position n'a pas fait modifier la donne en sa faveur et c'est Agbéyomé qui en profite aujourd'hui. Cela dit, UNIR a beaucoup progressé dans Grand-Lomé au point où son candidat n'a pas trouvé utile d'y consacrer ses forces. Pour preuve, il a laissé la bataille de cette ville à ses lieutenants car Lomé n'est plus la citadelle imprenable comme avant. Alors qu'en 2015, il avait tenu son dernier meeting à Agoè-Nyivé (banlieue de Lomé), cette fois, il a préféré mobiliser à Kara, où il a réuni 40.000 personnes jeudi après-midi lors du meeting de clôture.

Le jour tant attendu est enfin arrivé. Ce samedi, 22 février, jour de l'élection présidentielle sur l'ensemble du territoire togolais, ainsi que, dans quelques représentations diplomatiques (France, Etats-Unis, RDCongo, Gabon, Maroc, Nigeria), les sept candidats se croisent le fer. Il s'agit de Faure Gnassingbé, 54 ans, parti UNIR (Union pour la République), Aimé Gogué, 73 ans, ADDI (Alliance démocratique pour le développement intégral), Komi Wolou, 56 ans, PSR (Pacte social pour le renouveau), Agbéyomé Messan Kodjo, 66 ans, Coalition des forces démocratiques, Jean-Pierre Fabre, 67 ans, ANC (Alliance nationale pour le changement), Mohamed Tchassona, 60 ans, MCD (Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement) et Georges-William Kouessan, 53 ans (le plus jeune des candidats), Parti Santé du peuple.
Certains d'entre eux sont des candidats de témoignage.

Editorialiste et président du Club de l'information africaine, le journaliste camerounais, Louis Magloire Keumayou, et le patron du groupe togolais de presse, Focus Infos, Jean-Paul Agboh Ahouélété, passent au crible, dans un ouvrage de 192 pages, les hauts et les bas de la démocratie togolaise, mise sur les rails depuis une bonne trentaine d'années.

En matière électorale, il n'y a pas de fumée sans feu. La CENI (Commission électorale nationale indépendante), a invalidé la CNSC (Concertation nationale de la société civile). Mais, a-t-elle eu tort de le faire ? La CENI a édité, en novembre 2019, une petite brochure de 51 pages intitulée, « Guide et code de bonne conduite de l'observateur » (Election présidentielle de 2020). Celle-ci a été largement distribuée, notamment, aux 600 observateurs nationaux appartenant à la soixantaine d'ONG, membres de la CNSC. Ces observateurs ont, semble-t-il, bénéficié d'une formation sur l'observation des élections, dispensée par une ONG américaine. Mais, ont-ils respecté les principes édictés par la brochure de la CENI ? On pense que NON !

Fils de militaire, le président-candidat, Faure Gnassingbé, s'il n'est pas lui-même militaire, est, totalement, imprégné du fait militaire. C'est donc à juste titre qu'il a su, jusqu'à présent, préserver le Togo, des différentes ingérences djihadistes, qui sont en passe de déstabiliser plusieurs pays voisins du Togo. C'est dire que le Togo est sous une pression forte et permanente qui nécessite que les services de renseignement et les forces de défense et de sécurité, ne baissent jamais la garde, pour que le ver ne pénètre pas dans le fruit. Pour préserver le Togo de cette menace des temps modernes, Faure Gnassingbé, éduqué à la bonne école, celle de son défunt-père, prend des mesures qu'il faut. Que les Togolais ne se posent donc pas la question de savoir pourquoi, partout ailleurs chez les voisins, les terroristes font parler d'eux, et pas chez eux au Togo. La réponse est qu'un travail sérieux et de fond, est fait, quotidiennement, sur le terrain, loin des oreilles indiscrètes et des yeux malveillants. Et c'est le résultat final (qui est excellent) qui compte. Faure Gnassingbé demande à ses compatriotes de lui donner la possibilité de pouvoir poursuivre cette mission, pour que cette menace, du reste, sous-régionale, soit, totalement, enrayée. En effet, des mesures sont prises et le Togo, pour ne parler que de lui, fait partie des têtes de pont des pays africains, qui prennent des initiatives salvatrices dans ce domaine.

L'élection présidentielle du 22 février entre dans sa dernière ligne droite. Pendant que les sept candidats retenus par la Cour constitutionnelle, tiennent leurs derniers meetings quand ils ne font pas le porte à porte, la journée du vendredi, 21 février, étant blanche, c'est-à-dire, sans campagne, les observateurs internationaux commencent à arriver. 280 observateurs électoraux internationaux provenant des organisations internationales, des missions diplomatiques près du Togo et des ministères des Affaires étrangères des Etats partenaires sont accrédités sans oublier les plus de 3.000 observateurs nationaux, vont, ensemble, quadriller les quelque 9.300 bureaux de vote qui sont mis à la disposition des électeurs. Les experts pensent que le quadrillage sera parfait d'autant plus que le Togo ne dispose que d'une superficie de 56.785 km².

Après avoir co-présidé, à Bruxelles, avec la ministre finlandaise des Affaires étrangères, Jutta Urpilainen, la réunion sur la préparation du futur accord entre l'Union européenne et les pays d'Afrique des Caraïbes et du Pacifique (UE-ACP), les 13 et 14 février, le ministre togolais des Affaires étrangères, le professeur, Robert Dussey, s'est retrouvé, le 15 février, à Munich, en bonne compagnie, avec son homologue russe, Serguei Lavrov. Le PND (Programme national de développement), lancé par Faure Gnassingbé, en mars 2019, à Lomé, intéresse les Russes au premier chef dont le retour en force est signalé en Afrique. Pour signer leur intérêt pour le Togo, les deux ministres envisagent la tenue d'un Forum économique au cours de cette année.

Dans le cadre du 33eme Sommet de l'Union  africaine (UA), le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, le professeur, Robert Dussey, qui représentait le président, Faure Essozimna Gnassingbé, empêché, a présenté, lundi, 10 février, devant la grande assistance des chefs d'Etat et de gouvernement, une importante communication au nom du chef de l'Etat du Togo, portant sur le lancement de la « Décennie des racines et des diasporas africaines ». C'est un ambitieux programme à la fois politique, économique et culturel, qui englobe, non seulement, le (traditionnel) retour aux sources des vieilles et récentes diasporas africaines éparpillées de par le monde, mais aussi, leurs capacités à accompagner de multiples façons, l'émergence de ce continent qui les a vu naître, eux ou leurs ancêtres, et sans lequel ils ne seraient pas ce qu'ils sont aujourd'hui. Comme il faut battre le fer quand il est chaud, le Togo, sous l'égide de l'UA, va accueillir, très rapidement, le premier « Forum économique des diasporas africaines ». Ainsi, le train sera lancé.

A l’invitation du secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, le professeur, Robert Dussey, vient d'effectuer une visite à Washington. Objectif : procéder au lancement, aux côtés de ses pairs, de l'initiative Alliance sur la liberté religieuse (Religious Freedom Alliance) pour combattre l'intégrisme et l'extrémisme violent.

Mgr Philippe Kpodzro demande à voter le candidat Agébéyomé Kodjo, après avoir échoué à faire désigner un candidat unique pour l'ensemble de l'opposition. Mais, qu'on ne s'y trompe guère, la démarche de l'archevêque émérite de Lomé est, suprêmement, solitaire. Elle est même condamnée par l'épiscopat togolais et désapprouvée au Saint-Siège. A la limite, elle est perçue par certains Togolais comme anti-religieuse, voire, haineuse, et montre une attitude fortement hostile à l'encontre du candidat de Unir, non pas parce qu'il est le candidat de Unir, mais, parce qu'il s'appelle Faure Gnassingbé. Pour un prélat qui a passé sa vie à prêcher l'amour du prochain, c'est le ratage complet de sa vocation.

Ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, chef négociateur des pays ACP (Afrique Caraïbes Pacifique), le professeur, Robert Dussey, a rencontré son homologue finlandais, Pekka Haavisto, à Helsinki, vendredi, 31 janvier, en marge de la réunion du High Level Groups qu'organisaient l’Union Européenne, le GIZ et la République de Finlande. Les deux chefs de la diplomatie ont exprimé leur souhait de nouer de véritables relations de coopération entre les deux pays. Pour le Togo qui est à la recherche des investisseurs pour la réalisation du PND (Plan national de développement) lancé, en mars 2019, à Lomé, par le président, Faure Gnassingbé, c'est tout bénéfique. C'est cette diplomatie économique dont les fruits sont palpables sur le terrain, qui a motivé cette rencontre entre les deux ministres. Assurément, la Finlande, dans quelque temps, comptera parmi les Etats qui investissent dans le PND, cette idée géniale de Faure Gnassingbé. 

Comme en 2018 où le Togo, entre autres grands sommets, avait réuni les pays de la CEDEAO et de la CEEAC pour étudier les voies et moyens de lutte contre le djihadisme et l'extrémisme violent, l'année 2019 a, aussi, vu la tenue, à Lomé, des grandes conférences économiques dans le cadre du lancement du PND (Programme national de développement), mais aussi, visant à permettre la signature d'une nouvelle Convention entre l'Union européenne (UE) et les pays ACP dont le ministre togolais des Affaires étrangères, le professeur, Robert Dussey, est l'illustre porte-parole et négociateur en chef.