Politique

Estimant qu’Emmanuel Macron était « quelqu’un de très honnête » susceptible de contribuer à un climat d’apaisement, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a déclaré, samedi, 4 juillet, attendre des excuses de la France pour la colonisation de l’Algérie. A la chaîne de TV, France 24, sur d’éventuelles excuses de Paris, il a répondu : « On a déjà reçu des demi-excuses. Il faut faire un autre pas […] On le souhaite ». Tout est dit ! Les propos du chef de l'Etat algérien auraient pu être prononcés par n'importe quel autre chef d'Etat d'Afrique noire francophone. Autant dire que le problème du passé colonial français en Afrique est très sérieux et conditionne l'image de la France en Afrique et les relations véritables que ce pays devra avoir avec ses anciennes colonies. En évitant cette question ou en disant que c'est du passé, les élites françaises qui tiennent ce langage, ne rendent pas service aux deux parties et ne font que repousser un éventuel partenariat véritable (égal égal et gagnant gagnant), à la fois, sain et mutuellement bénéfique entre la France et les pays africains concernés.

Le 30 juin dernier, à 1h30 du matin, l'opposant congolais exilé (involontaire) en région parisienne, Bienvenu Mabilemono, nous a fait parvenir l'alerte suivante que nous publions, sur les opposants, Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, actuellement, internés à la prison centrale de Brazzaville. Bienvenu est, généralement, (très) bien renseigné, bien qu'à Afrique Education, nous n'exploitions pas, toujours, les mines d'or informationnelles qu'il met à notre disposition. Son message, cela dit, nous interpella d'autant plus que le magazine, Afrique Education, connaît, parfaitement, André Okombi Salissa, et n'ignore pas le calvaire qui est le sien depuis que le dictateur (5 étoiles) a choisi de lui coller le motif de déstabilisation des institutions, afin de tenter de le disqualifier de l'élection présidentielle du premier trimestre 2021. Il faut rappeler que lors de la présidentielle de mars 2016, Denis Sassou-Nguesso, qui se présentait pour le compte du PCT (Parti congolais du travail) avait été, correctement, battu par Okombi et Mokoko, qui, malgré ses menaces, ne s'interdirent pas de le clamer haut et fort, attirant son grand courroux. C'est d'ailleurs pour leur interdire toute forme de contestation publique qu'il les mit, arbitrairement, en prison pour 20 ans. Et c'est parce qu'il ne dispose pas d'argument de poids pour les y maintenir, qu'il se sert, aujourd'hui, du coronavirus afin de les disqualifier à jamais de la compétition présidentielle, en leur ôtant, carrément, la vie. L'alerte envoyée par Bienvenu Mabilemono que nous reproduisons ci-dessous, a, donc, toute son importance.

Quand les gens de la diaspora souffrent de voir les Ivoiriens devenir progressivement étrangers dans leur propre pays et qu'ils invitent l'opposition à défendre le peuple qu'elle compte gouverner demain au lieu de subir les caprices et décisions de Ouattara, il se trouve malheureusement des compatriotes pour répondre qu'il est facile de critiquer quand on est à l'étranger et que Ouattara est si puissant qu'aucun Ivoirien vivant dans le pays ne peut rien faire contre son régime. Mensonges !

Les crânes de 24 résistants à l'invasion française au 19e siècle sont revenus en Algérie. Ils reposaient depuis au Musée d'histoire naturelle de Paris. Bachir Senouci, initiateur d’une pétition pour la restitution de ces restes mortuaires, envisage de lancer de nouvelles actions pour la récupération du patrimoine algérien situé en France. On en arrive, maintenant, à faire des pétitions car l'idée du président, Emmanuel Macron, de faire voter une loi qui favorise le retour des patrimoines culturels pillés en Afrique pendant la colonisation française est presque jetée aux oubliettes. Le contexte politique actuel dans lequel se débat le jeune président, fait qu'un tel dossier ne fait plus partie des priorités à moins de deux années d'une réélection très (très) incertaine. Conséquence : il faudra que chaque pays africain se débatte comme il pourra pour récupérer ses objets culturels en France. L'Algérie vient de montrer l'exemple à suivre.

Une nouvelle étude d’origine française soumise au British Medical Journal, met en évidence les coûts disproportionnés du confinement en termes sociaux, économiques et humains, dénonce une « escroquerie sanitaire », et pointe la responsabilité de l’OMS (Organisation mondiale de la santé).

Que Paul Marie Mpouele, président du Parti Les Républicains, qui nous a quittés, le 1er juillet 2020, à Brazzaville, repose en paix.

Au nom de toute l'équipe qui fabrique Afrique Education, Merci d'avoir accepté de souffrir avec nous de l'absence du magazine chez les marchands de journaux. Trois mois sans nous lire, c'est beaucoup trop autant pour vous que pour nous.

Dans une lettre adressée au président de la RDCongo, Félix Tshisekedi, à l’occasion des 60 ans de l’indépendance de ce pays, le roi Philippe a écrit : “Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore présentes dans nos sociétés”.

Téhéran a émis un mandat d’arrêt pour « action terroriste » et « meurtre » à l’encontre de Donald Trump et 35 autres Américains, impliqués dans le bombardement en Irak qui avait tué le général Qassem Soleimani.

Figure emblématique de la lutte contre les violences policières et le racisme depuis la mort de son frère Adama, Assa Traoré a reçu le prix BET Global Good.

“L’opposition fait toujours la gloire d’un pays.” La citation d’Ernest Renan, qui se trouve dans  ‘Discours et Conférences’ (Paris, Calmann-Lévy, 1887), peut-elle s’appliquer à la Côte d’Ivoire ? Avant de répondre à cette question, je voudrais montrer pourquoi l’opposition est importante dans un pays. Pour moi, la raison est la suivante : un pays qui n’a pas d’opposition est un pays qui manque d’un contre-pouvoir face au parti qui gouverne.

L'opposition remporte l'élection présidentielle. Au terme de quatre longues journées de dépouillement, la Commission électorale (MEC) a confirmé, samedi, 27 juin, la large victoire de l'opposant, Lazarus Chakwera, avec 58,57 % des suffrages, face au chef de l'Etat sortant, Peter Mutharika. La question centrale se pose : pourquoi la démocratie et l'alternance à la tête de l'Etat sont beaucoup plus effectives dans les anciennes colonies anglaises que françaises ? Aussi bien, en Afrique de l'Ouest que du Centre, de l'Est et australe, les pays anglophones, connaissent partout l'alternance alors que les pays francophones, surtout, d'Afrique centrale sont hostiles au changement de président. Une remarque rapide : les pays francophones qui sont rétifs à l'alternance à la tête de l'Etat, sont, souvent, accusés d'être sous la forte emprise de la France, sur le plan économique et politique. Autrement dit, la longévité des chefs d'Etat francophones d'Afrique centrale est due à leur soumission et à leur docilité à la France. C'est pourquoi certains observateurs sévères les considèrent non pas comme des chefs d'Etat élus par leurs peuples, mais, comme de simples et vulgaires sous-préfets de la France. Dans les pays anglophones, au contraire, c'est la réelle démocratie. Le président est élu par le peuple et non par Londres. La défaite du président sortant, Peter Mutharika, malgré le fait qu'il est en poste et pouvait profiter de la complaisance de l'administration, est la preuve que le Malawi appartient aux Malawites.

Le Burundi a célébré, vendredi, 26 juin, les obsèques nationales de l'ancien président, Pierre Nkurunziza, décédé subitement le 8 juin, à l'âge de 55 ans. La cérémonie, très émouvante, a été présidée par le nouveau président, le général, Evariste Ndayishimiye, qui lui a rendu un vibrant hommage.

La promulgation du Code de l'enfant par le président de la République centrafricaine le 15 juin 2020  mérite d'être saluée. Ce nouveau code vient compléter très heureusement les dispositions du Code de la famille et du Code pénal.

Ce « maréchal » de pacotille s'appelle Idriss Déby Itno, président du Tchad. La tuerie massive du Lac Tchad, en mars, a laissé de grosses traces, non seulement, au sein de l'armée tchadienne, mais, surtout, dans la population où on ne cesse de se poser les questions sur la gestion calamiteuse et affairiste de l'armée par son chef suprême. En mars, elle avait, officiellement, perdu une centaine d'hommes au combat contre « Boko Haram » dans le pourtour du Lac Tchad. 100 militaires tués, en une bataille, c'est beaucoup trop pour une armée qu'on dit redoutable comme l'armée tchadienne. En réalité, ce n'était pas, seulement, une centaine (98 soldats exactement), mais, ...567 soldats. Plus qu'une défaite militaire, une véritable déconfiture armée. C'est ainsi que le président, Idriss Déby Itno, lança l'Opération Bohoma dont l'objectif était de venger ses (vaillants) soldats tués. Pendant plus d'une semaine, il installa son quartier général dans le Lac Tchad, inspectant, en compagnie des caméras de la télévision d'Etat, les différents sites de Boko Haram, abandonnés. Avant de conclure lors d'une conférence de presse improvisée, qu'il avait, personnellement, nettoyé la zone. Menteur !

Emmanuel Macron ne sera, assurément, pas un grand président, reconnu comme tel par les Africains. Bien qu'ils furent colonialistes, ne sont pas de Gaulle, Mitterrand ou même Chirac, qui veut ! La politique africaine du jeune président n'est pas à la hauteur de la relation entre les deux parties. Reconnaissons, souvent, qu'il est lui-même à l'origine des incartades qu'on lui reproche. Son passage à Ouagadougou, par exemple, où il a cru bon de donner un cours à son homologue, Roch Marc Christian Kaboré, a laissé l'image d'un homme politique qui dit tout ce qui est bon à entendre mais qui ne respecte aucun de ses engagements. Deux années, plus tard, à Abidjan, il a, carrément, énervé les Africains de l'Ouest en croyant bon de faire l'OPA sur leur idée de créer l'ECO, future monnaie de la CEDEAO et actée comme telle par les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres, en lieu et place des monnaies en circulation dont le fameux F CFA de l'UEMOA. Le jeune président, certainement convaincu par le président ivoirien, Alassane Ouattara, dont l'image ne séduit pas grand monde en Afrique, ne pouvait pas faire bon effet quand il vient surfer sur une idée déjà arrêtée par ses homologues de la CEDEAO. Tôt ou tard, il apprendra que les droits de la propriété intellectuelle existent aussi en Afrique.

Le général de brigade, Marc Conruyt, nommé début mai, commandant de l’Opération Barkhane, s'entretient avec sa patronne, la ministre des Armées, Florence Parly, ce jeudi, 25 juin, avant de prendre ses fonctions, dans le chaud bouillant Sahel, le 31 juillet prochain. Il prend ses fonctions au moment où les Maliens commencent à être de plus en plus nombreux dans les manifestations qui exigent la démission purement et simplement du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta. Ce dernier, pour beaucoup, ne serait pas (plus) l'homme de la situation pour résoudre le très difficile problème de djihadisme au Nord-Mali.

La disparition de Jean Michel Bokamba Yangouma, dans les premières heures de la matinée, du mercredi, 24 juin 2020, à Brazzaville, vient s'ajouter à la longue liste des Congolais qui nous quittent, faute de soins appropriés, dans les structures sanitaires du pays.

L’Assemblée nationale du Burundi,  a approuvé, mardi, 23 juin, la nomination d'Alain-Guillaume Bunyoni au poste de premier ministre chef du gouvernement. Cette nomination s'est faite sans la présence de la grande majorité des députés des partis d'opposition qui avaient préféré ne pas participer à cette cérémonie de vote. Le promu ne s'est pas taillé une réputation de tendre pendant les 15 années de pouvoir du président, Pierre Nkurunziza.

Si nous étions dans une Côte d’Ivoire normale, la candidature de Laurent Gbagbo et de Henri Konan Bédié serait une incongruité parce que l’un et l’autre ont atteint ou dépassé 75 ans qui est un âge “où on est fréquemment malade” (dixit Laurent Gbagbo sur RTI un jour), ont fait leur temps et ont eu l’occasion de montrer de quoi ils sont capables à la tête du pays. Dans un pays normal, tout le monde aurait voulu que les candidats à la présidentielle du 31 octobre 2020 soient de nouvelles personnes afin que le pays puisse bénéficier d’idées et de méthodes nouvelles mais nous ne sommes plus dans un pays normal depuis avril 2011.