Politique

Après cinq jours de siège de la Médina, les insurgés anjouanais ont fini par abandonner leurs positions. Le chef de l'Etat, Azali Assoumani, leur avait donné 24 heures, puis, 12 heures de plus qui s'achevaient ce samedi, 20 octobre, matin, pour rendre leurs armes sans être inquiétés par la suite. Mais aucune arme n'a été rendue. La quarantaine d'insurgés aurait, plutôt, emprunté des kwassas-kwassas pour se rendre dans l'île française de Mayotte. Ont-ils des visas où en sont-ils originaires ? Les autorités comoriennes ont des raisons de se demander de quel côté se trouve la France dans ce conflit ?

Le président rwandais, Paul Kagame, a procédé, jeudi, 18 octobre, à un remaniement ministériel, avec, notamment, le remplacement aux Affaires étrangères de Louise Mushikiwabo, récemment, élue à la tête de la Francophonie et celui du très influent ministre de la Défense, le général, James Kabarebe, qui devient conseiller spécial du président. Un poste créé. Si le départ du ministère des Affaires étrangères de Louise Mushikiwabo était attendu, celui de James Kabarebe s'explique difficilement. Mais, chez Paul Kagame, on n'explique, jamais, tout.

Le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a nommé, mardi, 16 octobre, un gouvernement paritaire. C'est une première pour ce pays et même pour tout le continent africain. Ce choix politique confirme la volonté d'Abiy Ahmed de réformer, profondément, son pays dont son plus grand succès reste le rétablissement des relations diplomatiques et politiques avec l'ennemie de toujours : l'Erythrée.

La police fédérale brésilienne a demandé, mardi, 16 octobre, au parquet général d'inculper le président, Michel Temer, (actuellement en fonction) et dix autres personnes, dont sa fille, pour corruption, blanchiment d'argent et association de malfaiteurs. Les dirigeants du Brésil, qu'ils soient de gauche ou de droite, sont, donc, tous pourris. L'ancien président, Lula, actuellement, condamné à 12 ans de prison, pour corruption, croupit en prison. Il a été empêché par les juges de prendre part au scrutin présidentiel. Sa successeure, Dilma Rousseff, avait, tout simplement, été démise de ses fonctions, toujours, pour corruption, et remplacée par Michel Temer qui, aujourd'hui, voit rouge avec la police judiciaire qui demande son inculpation. Bientôt la prison pour lui aussi ?

Un responsable des droits de l'homme aux Nations-Unies a appelé l'Algérie à "cesser immédiatement les expulsions de migrants" africains vers le Niger, dans un rapport transmis à la presse : "J'appelle le gouvernement algérien à cesser immédiatement les expulsions collectives de migrants" africains "vers le Niger", a écrit Felipe Gonzalez Morales, rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'Homme des migrants, à l'issue d'une mission au Niger du 1er au 8 octobre. L'Algérie ne s'attendait pas à une telle sortie, elle qui sait proclamer sa solidarité à l'endroit des Africains, mais une solidarité qu'elle ne sait pas mettre œuvre sur le terrain.

Puisque les politiciens français prennent, toujours, l'Allemagne en exemple et qu'ils évoquent, sans cesse, le modèle allemand dans tout ce qu'ils font, voilà, un domaine dont ils se gardent de parler mais qui pourrait, très bien, les inspirer : la bonne gestion des deniers publics et leur bonne utilisation par les principaux responsables. Dilapideurs nés des fonds publics, les dirigeants français sont loin d'être des exemples à suivre. Par extrapolation, les colonies françaises d'Afrique se manifestent, aussi, par la gabegie, et ce, sans aucune exception. Il n'existe pas un seul pays francophone d'Afrique qui sache utiliser les biens publics en bon père de famille. Les Biens mal acquis avec la cohorte de procès en France (où la justice heureusement se montre très souvent indépendante du pouvoir) sont une spécialité des anciennes colonies françaises, une situation que ne connaissent pas les anciennes colonies anglaises et portugaises.

Finalement, Ali Bongo Ondimba (ABO) n'est pas si mal que cela en politique. On peut même oser une (certaine) comparaison : Tel père tel fils ! Car le patriarche Ondimba, son feu père, en effet, était un expert hors pair en matière politique. Personne ne rivalisait avec lui au Gabon, ni même dans la sous-région. ABO, c'est vrai, a mis un peu de temps à apprendre les leçons (toutes les leçons du célèbre professeur), mais, à force de forger, il est devenu, maintenant, forgeron. Après la calamiteuse présidentielle d'août 2016 où son parti, le PDG, était descendu dans les abîmes au point qu'on avait craint qu'il y découvre du pétrole, tellement il était allé bas, personne ne pouvait lui prédire une victoire aussi écrasante deux années, après, pendant les législatives. Nous y voilà pourtant ! Maître ABO (appellation désormais contrôlée) a, donc, sévi, détruisant au passage ceux qui lui cherchaient « noise », à commencer par ses ex-alliés du PDG, aujourd'hui, complètement, laminés. Certains vont même arrêter la politique. Jean Ping, lui, doit rire jaune en se disant : « Je leur avais bien dit de ne pas y aller. On aurait pu conserver une certaine crédibilité ». En fait, c'est lui Ping qui est fini. Il le sait. Même ses proches lieutenants ont été défaits. Afriqueeducation.com lui conseille, vivement, de se mettre, sans tarder, dans l'écriture de ses mémoires, ce que le patriarche n'avait pu faire (alors qu'il y pensait fortement) son départ éternel n'ayant jamais jamais été programmé. De cette façon, il aura fait bonne œuvre pour la postérité. Car il est (tout compte fait) un homme de (grande) valeur.

Son arme fatale c'est le génocide. Un argument que le président du Rwanda, Paul Kagame, n'hésite jamais à brandir quand il est en difficulté. Surtout quand il est en face d'un dirigeant occidental dont le pays ne fit pas grand chose pour l'empêcher en 1994. Devant un Emmanuel Macron, terriblement, affaibli sur le plan intérieur français, Paul Kagame, ses fonctions de président en exercice de l'Union africaine aidant, lui a fait accepter « l'inacceptable », à savoir, une candidature de la ministre, Louise Mushikiwabo, au poste de secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Un choix qu'Emmanuel Macron a eu du mal à assumer, par la suite. Le tollé général que son choix a suscité jusqu'au sein de la classe politique française, n'est pas du genre à consolider une institution dont l'utilité peine à être prouvée sauf quand il s'agit d'accompagner les dictateurs dans leur parcours de potentats.

Olusegun Obasanjo n'en est pas à son coup d'essai. Membre du parti de Goodluck Jonathan, il avait préféré soutenir le candidat de l'opposition, Muhammadu Buhari, pendant la présidentielle de 2015. Tout le monde connaît le résultat. L'ancien président est en train de récidiver pour l'élection de février 2019. En effet, il a adoubé jeudi son ancien vice-président et principal candidat de l'opposition à la prochaine présidentielle, Atiku Abubakar, abandonnant Buhari. C'est un soutien de poids malgré quelques années de brouille entre les deux hommes, après avoir, définitivement, tourné le dos à l'actuel président.

On ne peut pas avoir enseigné le droit à plusieurs générations de Camerounais et bafouer soi-même ce droit. En annonçant sa victoire (« J’ai reçu mission de tirer le penalty, je l’ai tiré et je l’ai marqué ») avant la proclamation des résultats d’abord par Elecam (Elections Cameroun), ensuite, par le Conseil constitutionnel camerounais dont les décisions sont sans appel comme en France, Maurice Kamto piétine en effet les lois de son pays et se comporte, par la même occasion, comme un hors-la-loi.

Question à 10.000 F CFA (15 euros). Que veut la France en Centrafrique, pays où elle a retiré son armée, il y a deux ans, malgré les supplications de son nouveau président, Faustin Archange Touadera, alors que les rébellions battaient, encore, leur plein à l'intérieur du pays jusqu'aux faubourgs de Bangui ? La question étant peut-être mal posée, faudrait-il sans doute dire les choses autrement : en réalité que ne veut pas la France en Centrafrique, bien qu'elle ait pris la poudre d'escampette laissant ce pays se démerder dans ses graves difficultés ? Réponse, également, à 10.000 F CFA (15 euros) : que la Russie de Poutine s'y implante pour aucun prétexte, elle qui a commencé, grâce à un feu vert du Conseil de sécurité, à y fournir des armes avant de s'y installer : aujourd'hui, c'est la Russie qui (chose incroyable il y a un an) s'occupe de la sécurité personnelle du président, Faustin Archange Touadera. C'est une très mauvaise affaire pour Paris et on comprend qu'Emmanuel Macron ait mis en route sa cheffe des armées, Florence Parly, pour contrecarrer les plans de Moscou. Car la stratégie de la Russie ne se limite pas au seul Centrafrique. Elle s'inscrit dans un vaste plan où elle va marcher main dans la main (comme tous bons partenaires des BRICS) avec la Chine du camarade Xi Jinping.

L'ADI (Action indépendante démocratique), le parti au pouvoir, a frôlé la catastrophe. En effet, elle a perdu la majorité absolue à l'Assemblée nationale de Sao Tome et Principe, pendant les élections législatives et municipales organisées, dimanche, 7 octobre. Ce parti compte, maintenant, sur des alliances pour gouverner le pays.

Le premier tour de la présidentielle qui se tiendra au Nigeria en février 2019 opposera deux vieux routards de la politique issus du Nord du pays : le chef de l'Etat sortant, Muhammadu Buhari, 75 ans, sera face à l'ancien vice-président et riche homme d'affaires, Atiku Abubakar, 71 ans. Atiku Abubakar a une excellente carte à abattre : De 1999 à 2007, il avait été le vice-président du général-président, Olusegun Obasanjo. Ce dernier, qui fut l'un des anciens chefs d'Etat nigérian à avoir laissé une bonne image en quittant sa fonction, avait appelé à voter contre Goodluck Jonathan alors qu'ils appartenaient tous les deux au même parti politique. Il se rangea dans la catégorie des déçus de son régime qui appelèrent à voter le général, Muhammadu Buhari. Mais le triste bilan de l'actuel président l'a contraint, à nouveau, à réviser sa position. S'il apporte son soutien à son ancien vice-président, Atiku Abubakar, l'actuel président candidat à sa succession aura de gros soucis à se faire.

Plus de peur que de mal : ce matin du 8 octobre, les Camerounais ont raison de pousser un Ouf de soulagement. Car la peur est derrière eux. Les élections, de manière générale, se sont bien déroulées. Désormais, place aux résultats qui, disons-le tout net, ne réserveront aucune surprise car au Cameroun, comme ailleurs, en Afrique, le pouvoir en place n'organise pas les élections pour les perdre.

Président en exercice de l'Union africaine (UA) jusqu'en janvier 2019, le président du Rwanda, Paul Kagame, a profité de cette tribune inespérée pour propulser la candidature de sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, au poste de secrétaire générale de l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie), qu'elle brigue, dans quelques jours, à Erevan. Même si le bilan de la sortante, la Canadienne, Michaëlle Jean, est loin d'être défendable, Paul Kagame, malgré le soutien du Français, Emmanuel Macron, peut se faire des soucis. L'élection de sa ministre ne sera pas comme une lettre à la poste. Car non seulement les Canadiens ne lâchent pas leur candidate, mais, Kagame ne peut, réellement, bénéficier des suffrages de tous les pays francophones d'Afrique puisqu'il n'est nullement un modèle à suivre en Francophonie : il a installé l'anglais à la place du français comme langue d'enseignement dans le système scolaire rwandais (lui-même sait dire à peine « Bonjour » en français). D'autre part, il a rempli ses prisons d'opposants. Il suffit de le contredire pour se retrouver en cellule avec comme motif : « Révisionnisme ». Le génocide dont on peut se demander s'il n'en est pas le principal déclencheur à cause du missile sol air qui venait de l'endroit que contrôlaient ses troupes de l'APR, lequel missile pulvérisa le Falcon 50 à bord duquel avaient pris place les présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira.

Décidément, la justice coréenne est intraitable vis-à-vis des anciens présidents de la République accusés de détournement de fonds publics. Après l'ex-présidente, Park Geun-hye, qui a écopé de 25 ans de prison, en août dernier, c'est au tour de l'ancien président, Lee Myung-bak, d'être condamné ce vendredi, 5 octobre, à 15 ans de prison pour corruption, ce qui donne une bien triste image des anciens chefs d'Etat sud-coréens.

Le système imposé par Alassane Ouattara avec le soutien de la France est en train de dévoyer, complètement, la Côte d'Ivoire. Cela dit, il existe, encore, quelques rares Ivoiriens qui résistent à cet état de fait en cherchant à oeuvrer dans le bon sens (salutaire) collectif.

Pour la toute première fois, les chefs d'Etat de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) et de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) ont tenu un Sommet commun pour mettre sur la table la question du terrorisme islamique et du djihadisme, qui sévit dans cette partie du continent. Organisé, le 30 juillet, à Lomé, au Togo, ce Sommet a été co-présidé par Faure Gnassingbé en tant que président en exercice de la CEDEAO, et son homologue du Gabon, Ali Bongo Ondimba, président en exercice de la CEEAC.

La Guinée célèbre, ce mardi, 2 octobre, le 60e anniversaire de l'indépendance acquise de haute lutte au point d'en payer durement le prix. Le fameux « NON » du père de l'indépendance guinéenne, Ahmed Sékou Touré, au général de Gaulle, entraîna la marginalisation du pays, jusque dans les années 80. En organisant de grandioses festivités pour ce 60e anniversaire, le président, Alpha Condé, a voulu replacer les choses dans leur contexte : si Sékou Touré a été considéré par Paris comme un ennemi de la France pour avoir choisi une indépendance « totale » de son pays, il n'était pas l'ennemi de l'Afrique et des Africains, ou des autres pays occidentaux. Au contraire, son esprit panafricaniste devrait en inspirer plus d'un sur le continent.

Général à la retraite, Muhammadu Buhari a le courage de se représenter à l'élection présidentielle de février 2019. Alors que tout son bilan sonne faux : persistance de la corruption, résurgence de la secte Boko Haram dont il annonçait la disparition, absence de leadership du pays sur le plan continental, santé précaire du chef de l'Etat, etc. Bref, les 4 ans à la tête du Nigeria de Muhammadu Buhari n'ont vraiment pas convaincu les Nigérians, à commencer dans son propre camp où on compte des départs de poids lourds politiques, qui pour se présenter à la présidentielle, qui pour soutenir d'autres candidats à cette élection. Si Buhari veut avoir une quelconque chance de passer, il lui faut inverser, radicalement, la tendance, surtout, dans la lutte contre Boko Haram. Mais son armée en a-t-elle la capacité ? On peut en douter !