Politique

L'Accord de Khartoum, le 8e du genre, signé entre le pouvoir centrafricain et les rebelles vient d'être violé, au lendemain du séjour d'un représentant de l'Union africaine (UA), à Bangui, venu le conforter après la perte du pouvoir d'un de ses principaux parrains, le président soudanais, Omar el-Béchir. En effet, des éléments du groupe armé, Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), ont attaqué, lundi, 22 avril, le village de Lokoti, dans l'Ouest du pays, où ils ont incendié des véhicules et pris en otage onze personnes, selon des informations recueillies auprès de la gendarmerie locale. L'Accord de Khartoum a, donc, du plomb dans l'aile. Sa signature en fanfare, à Bangui, en présence du président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, et des représentants de l'Union africaine, de la Russie, de la France et des Etats-Unis, n'était qu'un coup d'épée dans l'eau ? La question se pose de savoir s'il y aura la nécessité de signer un 9e accord, celui-ci étant, déjà, violé et bientôt mort ?

Le Kremlin a confirmé, mardi, 23 avril, une rencontre très attendue entre Vladimir Poutine et Kim Jong Un, organisée, jeudi, 25 avril, à Vladivostok, en Extrême-Orient russe, à un moment où Pyongyang cherche de nouveaux soutiens internationaux dans son bras de fer avec le bouillant président américain, Donald Trump. Avec à ses côtés, le Chinois, Xi Jinping, et Vladimir Poutine, le « leader bien aimé » saura, plus que par le passé, faire face au tumultueux locataire de la Maison Blanche qui lui demande de désarmer sans contrepartie véritable.

Deux sommets africains se tiennent ce mardi, 23 avril, au Caire, sous la houlette du chef de l'Etat égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l'Union africaine (UA), pour évoquer en urgence les crises au Soudan et en Libye. Cela dit, certains chefs d'Etat en parlant du cas Omar el-Béchir qui s'impose, aujourd'hui, à eux, penseront, d'abord, à leur propre situation, car beaucoup d'entre eux sont des Omar el-Béchir en puissance.

Claude Guéant, ministre de l’Intérieur de Sarkozy, était venu à Abidjan peu avant l’élection présidentielle d’octobre 2010. Après une rencontre avec le président Gbagbo, il déclara, un peu pince sans-rire, que son pays ne soutenait pas de candidat mais travaillerait avec celui qui serait élu par les Ivoiriens.

Depuis la révolution tunisienne, une dizaine de pays africains ont vu leurs dirigeants, pourtant, considérés comme indéboulonnables, quitter le pouvoir. Retour sur des changements de régime obtenus, le plus souvent, sous la pression de la rue.
En neuf ans, plusieurs autocrates d'Afrique ont cédé leur fauteuil présidentiel. Sur dix dirigeants, sept ont été renversés sous la pression populaire, deux ne se sont pas représentés, et un a été défait dans les urnes. Chronologie de la fin des régimes autoritaires depuis 2011.

L'ancien premier ministre centrafricain et actuel président du principal parti d'opposition, le MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain), Martin Ziguélé, donne sa lecture des événements qui traversent son pays : Accord de Khartoum, Enchères des rebelles, Nomination de gouvernements, Action du gouvernement, etc. Il dit tout, en responsable politique qui aspire, un jour, à diriger l'Etat du Centrafrique.

Dans un communiqué qu'il avait récemment publié, le président du parti UPC (Unis pour le Congo), Paulin Makaya, avait, purement et simplement, éconduit le représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies en Afrique centrale, le Guinéen, François Lanceny Fall, qui ambitionne d'accompagner le processus du dialogue politique dont le but (véritable) est de permettre à Denis Sassou-Nguesso de briguer un autre mandat en 2021, avec, cette fois, moins de contestations. Car très (très) minoritaire au sein de l'électorat, Sassou qui n'a jamais gagné une présidentielle à la régulière, sait qu'il lui sera, particulièrement, difficile de passer en force, comme en 2016, avec la complicité de François Hollande à l'Elysée, qui, contre toute attente, avait marqué son accord pour que le dictateur modifie la constitution de son pays. Se sachant attendu au tournant, Sassou prend les devants en annonçant sa volonté de dialoguer. Ce processus qu'il gère et manipule de bout en bout met en scène les Nations-Unies dont l'actuel représentant en Afrique centrale est son ami personnel, mais aussi, le Conseil national de dialogue, qui est un démembrement de la présidence de la République. Et donc qui n'a aucune crédibilité ni neutralité.

Au Mali, depuis le magistère IBK (Ibrahim Boubacar Keïta), la nomination des premiers ministres est un éternel recommencement. Champion toutes catégories en la matière, l'actuel président en a usé six en l'espace de sept ans de pouvoir. Cela fait, en moyenne, presqu'un premier ministre chaque année. Une performance à inscrire dans le Livre Guinness des records. Mais, comme on l'entend de plus en plus, le problème de la gouvernance au Mali ne serait-il pas IBK lui-même ? Car voilà qu'il va se donner un septième premier ministre sans que rien ne change sur le fond, absolument rien, sinon que le pays va de mal en pis. En sept ans de présidence, IBK n'a pas réussi à doter son pays d'une armée capable de soutenir l'action de la communauté internationale qui compte de nombreuses troupes sur place au Mali. L'échec de ce président du Mali (du reste sympathique), est bien celui là. Il n'a pas vite compris qu'il lui est impossible de stabiliser, durablement, le Mali, et de le développer, sans une armée à la mesure de l'immensité de son beau pays. Peut-être parce qu'il est un civil ? Jusqu'à quand va-t-il continuer à dormir à Koulouba et à s'en prendre à ses premiers ministres (fusibles) alors qu'il est, lui-même, le problème ?
Chaque pays a les gouvernants qu'il mérite. Le Mali n'échappe pas à ce constat. Aux Maliennes et aux Maliens de savoir ce qu'ils veulent faire de leur Mali, maintenant qu'ils ont la preuve (par neuf) que le pays est gouverné par d'illustres amateurs.

La Cour suprême ougandaise a validé, jeudi, 18 avril, la suppression de la limite d'âge de 75 ans pour la présidence, une disposition adoptée, fin 2017, et permettant au président, Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, de se représenter en 2021 et après.

Le premier tour de l'élection présidentielle en Mauritanie a été, officiellement, fixé au samedi, 22 juin, et un éventuel second tour au 6 juillet, selon un décret présidentiel publié ce mercredi, 17 avril. La publication du décret ouvre la période officielle de dépôt de candidatures qui s'achève le mercredi 8 mai, selon le texte. Mais, plusieurs candidats se sont, déjà, déclarés, dont celui du parti au pouvoir, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, compagnon de toujours du président sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui ne peut se représenter au terme de son second mandat. Il a, rigoureusement, respecté non seulement la constitution, mais aussi, le coran qui l'interdisait d'aller à l'encontre de cette disposition. Une leçon en Afrique où les chefs d'Etat font tout ce qui est possible (et même impossible) pour mourir au pouvoir.

C'est comme si un côté Hosni Moubarak sommeillait en Abdel Fattah al-Sisi. Après avoir remplacé Anouar el-Sadate, en 1981, suite à son assassinat, Hosni Moubarak avait, littéralement, confisqué le fauteuil de chef de l'Etat jusqu'en 2011, où il se faisait, régulièrement, élire par le parlement qu'il contrôlait totalement. C'est le Printemps arabe qui l'a surpris et fait partir. Après la parenthèse Mohamed Morsi à la tête de l'Etat, un frère musulman proche de la Turquie et du Qatar, l'armée à travers le général, Abdel Fattah al-Sisi, a pris le pouvoir, en 2014, pour rassurer le peuple contre les dérives dictatoriales de Morsi qui devenaient inquiétantes : il dirigeait l'Egypte comme une secte des Frères musulmans. Après avoir eu un début de pouvoir mouvementé, al-Sisi a réussi à stabiliser la situation. Maintenant, il met le cap sur le changement de la constitution qui lui permettrait de rester au pouvoir jusqu'en 2030. Au moins. Car quand on s'approchera de 2030, il trouvera moyen de prolonger son bail à la tête de l'Etat. La démarche est classique en Afrique. En imitant ses homologues du Sud-Sahara, le président égyptien n'invente pas le fil à couper le beurre.

L’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris a suscité à Paris, en France et dans le monde, tristesse et émotion. En plus des annonces de subventions des pouvoirs publics, les initiatives privées et associatives se multiplient pour que chacun puisse apporter son concours dans les projets de reconstruction. Loin de démobiliser les générosités spontanées qui naissent, il est important d’être vigilant quant aux organismes collecteurs. Plus que jamais dans ces temps où notre empathie éveille notre générosité, nous nous devons d’être prudents sur la destination de nos dons. 

Le roi de Krindjabo, capitale du royaume du Sanwi, dans le Sud-Est de la Côte d'Ivoire, va faire un don pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, qui vient de brûler. Il explique ce geste par le fait que Louis Aniaba, un prince du royaume, y avait été baptisé dans les années 1700. Doit-on pleurer ou se réjouir de l'initiative de ce roi ivoirien ? Car au-delà de la personne de ce roi, la question se pose à l'ensemble des Africains qui envoient des milliers de témoignages (de toutes natures), dans les réseaux sociaux, pour signifier leur émotion, mais, une émotion qu'ils se gardent de faire preuve quand un pays africain est affecté par un sinistre similaire. Ils restent, tout simplement, motus et bouche cousue. La bêtise ?

L'association SOS Méditerranée a appelé, lundi, 15 avril, les futurs députés européens à défendre les sauvetages de migrants en mer au nom des «valeurs fondamentales de l'Europe», quelques jours après la polémique sur la «complicité» entre ONG et passeurs. Honneur à cette association qui dit des choses fortes et sensées dans un contexte européen où le fait de le dire, rend impopulaire.

Le succès de l'offensive du maréchal, Khalifa Haftar, en Libye --avec le soutien des Saoudiens, des Emiratis et des Egyptiens-- dépendra plus de sa capacité à retourner des milices locales que de la puissance de feu de ses troupes, estiment des analystes. En effet, il fait l'unanimité contre lui à Tripoli où les milices d'habitude rivales ont accepté de combattre ensemble pour le bouter hors des faubourg de Tripoli.

Le refus de la présidence à vie peut, aussi, avoir des conséquences néfastes dans la vie du parti au pouvoir. C'est ce qui arrive à Nidaa Tounès où la succession n'a pas été, clairement, établie et acceptée par tous. En effet, le parti du président tunisien, Beji Caïd Essebsi, est secoué par des conflits internes, dus au fait que le président, au regard de son âge, a refusé, de son propre chef, de se représenter. Conséquence, Nidaa Tounès est dans la tourmente après l'élection de deux directions rivales, qui clament, chacune, leur légitimité, alors que le président de la République, resté silencieux, semble, complètement, dépassé par les événements.

N’Djamena a abrité ce samedi, 13 avril, une session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des Etats sahélo-sahariens  (CEN-SAD). Après l'assassinat du fondateur de la CEN-SAD, Mu'ammar al Kadhafi, par une coalition occidentale emmenée par l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, l'organisation est restée six ans sans tenir un Sommet. Pressé par l'instabilité qui commence à l'accabler et qui arrive des frontières libyenne et du Soudan, le président tchadien s'est vite emparé du dossier CEN-SAD qu'il veut réanimer dans un contexte où la disparition de l'ex-Guide libyen a entraîné des foyers de djihadisme dans tout le Sahel et au-delà.

Les chefs de la contestation au Soudan ont présenté (une première liste de) leurs demandes au nouveau pouvoir militaire. Entre autres exigences, ils réclament la formation d'un gouvernement civil, ce qui a, d'ores et déjà été accepté, mais aussi, la justice pour tous les massacres perpétrés sous le régime du général, Omar el-Béchir. Cette dernière doléance risque de compliquer la situation car, en fait, c'est toute l'armée et l'ensemble des services de renseignement, qui sont comptables des tueries massives, qui ont provoqué la convocation du président déchu à la Cour pénale internationale (CPI). Et Béchir n'était pas seul. Comme quoi, la révolution qui démarre au Soudan, est appelée à faire écrire de nouvelles pages dans l'histoire du pays. Il faudra juste suivre.

Des magistrats, maillon important de l'organisation des scrutins en Algérie, ont annoncé, samedi, 13 avril, à Alger, qu'ils allaient boycotter la supervision de l'élection présidentielle du 4 juillet, en soutien au mouvement de contestation. C'est une première pas seulement en Algérie, mais, dans toute l'Afrique. Le « Printemps arabe » prend, vraiment, de l'ampleur et une proportion insoupçonnée dans le Nord de l'Afrique, la révolte venant des corps jusque-là dociles. C'est par exemple l'armée au Soudan.

Le président, Cyril Ramaphosa, a beau promettre le grand ménage, rien n'y fait. A moins d'un mois des élections générales en Afrique du Sud, les scandales de corruption n'en finissent pas de pourrir la campagne de son parti, le Congrès national africain (ANC). Cette fois, c'est au tour du secrétaire général du parti, Ace Magashule, d'être éclaboussé.