Gabon

La légion étrangère devrait être un souvenir ancien dans quelques jours. A condition que les Gabonais et les Gabonaises qui en ont été les premières victimes de sa calamiteuse gestion, le veuillent. Pour cela, il est recommandé aux partisans de la majorité présidentielle de peser, de toutes leurs forces, pour que la Cour constitutionnelle, dise le droit, rien que le droit, ce qui éviterait de plonger le Gabon dans une ruineuse guerre civile.

Il y a deux ans, quand il annonçait sa candidature à l'élection présidentielle, après avoir démissionné du PDG, peu de Gabonais donnaient du crédit aux déclarations de Jean Ping. Le voilà qui a réussi à ridiculiser Bongo Ondimba Ali (BOA) après l'avoir exposé à la face du monde comme un vulgaire petit fraudeur incompétent. La prochaine étape, la plus ardue, est celle de son éviction par les moyens démocratiques. Si BOA ne se montre pas beau joueur, tous les coups seront, alors, permis.

Enfant gâté, Bongo Ondimba Ali (BOA) a obtenu le pouvoir, en 2009, après la mort de son père, comme un jeu d'enfant. De la même manière, il va le perdre, en 2016, comme un jeu de gosse.

Originaire du tiers-monde (l'Argentine), le Très Saint-Père, François, est très sensible à la souffrance. Il l'a montré, l'année dernière, en se rendant, à Bangui, malgré les avis contraires de la France, que nul ne peut l'arrêter quand il faut aller prier pour partager la douleur de ses semblables. Finalement, son voyage en Centrafrique s'était très bien déroulé. Aujourd'hui, après avoir élu son chef d'Etat, le Centrafrique retrouve, peu à peu, les chemins de la paix et du développement. Qu'en est-il du Gabon qui voudrait emprunter le mauvais chemin d'hier du Centrafrique ? Le pape a interpellé les Gabonais, à commencer, par Jean Ping et Bongo Ondimba Ali, mais aussi, Mgr Basile Mvé Engone.

Un des ministres les plus zélés de Bongo Ondimba Ali (BOA), le ministre de l'Intérieur (Elections), Pacôme Moubelet-Boubeya, a réussi à se mettre les Gabonais à dos, à cause des actes et des comportements iniques, pour lesquels, tôt ou tard, il devra rendre des comptes. Ce moment n'est plus très loin sauf s'il change : il n'est pas encore trop tard pour bien faire.

Vendredi, 9 septembre, Bongo Ondimba Ali (BOA) a accordé une interview à l'AFP où il se dit « confiant » que la décision de la Cour constitutionnelle, suite au recours de Jean Ping, lui sera favorable. Décidément, BOA devient trop bavard ces derniers jours. RFI par-ci, RTL et Europe 1 par-là. Hier l'AFP. Tous, des médias français. De quoi notre BOA national a-t-il peur ? Dans tous les cas, Méthode Coué ou non, ses jours au Palais du Bord de Mer sont, clairement, comptés. Il le sait.

Il revient de très loin, S.E. Germain Ngoyo Moussavou, ambassadeur du Gabon en France. N'eût été la prompte intervention des CRS (police française) qui stationnaient, à côté de l'ambassade haute représentation du Gabon en France, on conjuguerait, aujourd'hui, sans jeu de mots, le nom de l'ambassadeur au passé composé.

Franco-Camerounais détenu, pendant 17 ans, au Cameroun, et libéré, en 2014, suite à un avis du Groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU, Michel Thierry Atangana a réagi à la disparition d'une quinzaine de ressortissants Franco-Gabonais, suite à l'élection présidentielle gabonaise du 27 août.

Afriqueeducation.com vous l'a annoncé hier : le président en exercice de l'Union africaine, Idriss Déby Itno, éprouve beaucoup de difficultés pour constituer un groupe de haut niveau de chefs d'Etat devant assurer la médiation au Gabon. Pour cacher son échec, il se dit fatigué après sa participation au Sommet du G 20 en Chine.

Une semaine après l'assaut par les forces de sécurité du QG de l'opposant gabonais, Jean Ping, à Libreville, ses partisans présents sur les lieux dans la nuit du 31 août au 1er septembre, restent, profondément, traumatisés par la violence déployée, qui nourrit son lot de questions sans réponse, à commencer par le nombre de victimes.

Il est écrit dans la Bible que : « Qui crache en l'air retombe sur son visage ». Peut-être que le président en exercice de l'Union africaine (UA), Idriss Déby Itno, musulman de son état, ne connaît-il pas ce passage biblique puisqu'il n'existerait pas son équivalent dans le Saint Coran. Qu'importe ! La traduction n'est pas compliquée : après avoir fourni des mercenaires à Bongo Ondimba Ali (BOA) pour participer à des massacres (« 50 à 100 morts » selon Jean Ping), Idriss Déby Itno ne peut plus s'afficher comme facilitateur : il est juge et partie, pour certains chefs d'Etat africains contactés.

Dans le camp de Bongo Ondimba Ali (BOA), on n'y croit plus. Le rouleau compresseur de Jean Ping est, tellement, soutenu qu'il se renforce, tous les jours, avec la position pressante de la Communauté internationale, qui, après avoir, observé l'élection, a pris position contre les fraudes (massives) orchestrées par le camp présidentiel. Pour la première fois, on a l'impression que le vote des électeurs ne sera pas détourné. A moins que le président du Tchad, Idriss Déby Itno et ses homologues, ne désavouent, publiquement, et le Conseil de sécurité, et l'Union européenne, et le département d'Etat américain, et le Quai d'Orsay, et le premier ministre français, ce qui fait, quand même, beaucoup de monde. De poids.

A quelques heures de l'arrivée de la Mission de haut niveau de l'Union africaine (UA), à Libreville, la Haute-Représentante/Vice-Présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini, et le Commissaire à la Coopération internationale et au Développement, Neven Mimica, rappellent la position de l'Union européenne (UE) qui est la même que celle du Conseil de sécurité des Nations-Unies, des Etats-Unis et de la France.

La mauvaise foi de Bongo Ondimba Ali (BOA) a, déjà, fait le tour du monde. Même les habitants du Pôle Nord savent que ce chef d'Etat de l'Afrique centrale, bien que, correctement, battu à l'élection présidentielle du 27 août par son rival, Jean Ping, refuse de quitter le pouvoir. Parti sur cette base, que peut, concrètement, faire la Mission de l'Union africaine attendue à partir de jeudi au Gabon ?

Le patron des armées gabonaises vient de démissionner. A la suite de celle du deuxième vice-premier ministre ministre de la Justice des Droits humains garde des Sceaux, Dr Séraphin Moundounga. C'est un autre coup dur pour l'ancien ministre de la Défense devenu chef de l'Etat, Bongo Ondimba Ali (BOA). Les hauts gradés de l'armée (c'est une litote), retirent, peu à peu, leur soutien à BOA. Rappel : la troupe avait, massivement, voté Jean Ping, le 27 août dernier.

L'édifice de Bongo Ondimba Ali (BOA) commence à se craqueler. Sérieusement. Ce lundi, 5 septembre 2016, son vice-premier ministre ministre de la Justice, des droits humains, garde des sceaux, Dr Séraphin Moundounga, a jeté l'éponge. Il quitte le navire de BOA en perdition pour dénoncer la fraude électorale massive orchestrée par le régime en place.

Tout semble mis en place, au niveau de l'Union africaine (UA), pour aider le (petit) putschiste de Libreville, Bongo Ondimba Ali (BOA) à réussir son hold up électoral, dans le Haut-Ogooué. Son soutien à son homologue gabonais ayant été vite démasqué par www.afriqueeducation.com, le président en exercice de l'UA, le Tchadien, Idriss Déby Itno, veut changer de fusil d'épaule. Mais Jean Ping qui connaît l'UA (comme sa poche) reste sur ses gardes.

Comme à son habitude, le parti français, EELV (Europe Ecologie Les Verts), n'est pas tendre avec la gouvernance du (petit) putschiste de Libreville. Voici son communiqué.

Président du Tchad et président en exercice de l'Union africaine (UA), Idriss Déby Itno peut-il continuer à être, à la fois, juge et partie dans le dossier du Gabon ? Afrique Education avait annoncé, samedi, 3 septembre, qu'il a fourni la logistique et les soldats (mercenaires) à Bongo Ondimba Ali (BOA) alors que le continent africain attend de lui, une neutralité à toute épreuve, dans le dossier Gabon. Nous avons expliqué que c'est pour cette raison que l'UA qu'il préside reste quasi-silencieuse. Quelques heures, après cet article, il a pondu un communiqué. Dans lequel il ne dit rien de bon.

Idriss Déby Itno n'a qu'à démentir cette information s'il s'estime diffamé. Mais www.afriqueeducation.com est sûr de son scoop : alors qu'il occupe les fonctions de président en exercice de l'Union africaine (UA), Déby Itno a eu le courage d'envoyer, ni vu ni connu, du matériel militaire et des soldats pour soutenir le passage en force du (petit) putschiste de Libreville, Bongo Ondimba Ali (BOA). Par cet acte de haute trahison à l'endroit du peuple gabonais, il n'est plus qualifié pour présider aux destinées de l'UA.