Gabon

En ce jour de commémoration du 56e anniversaire de leur indépendance, les Gabonais et les Gabonaises se sont réveillés avec beaucoup d'optimisme. Encore quelques jours, et un vent nouveau soufflera sur l'ensemble du territoire national. Ils pourront alors regarder les autres Africains de la sous-région dans les yeux en leur disant : fiers d'être les héritiers de Léon Mba et du patriarche Ondimba, après la fermeture de la fâcheuse parenthèse 2009-2016.

Jean Ping étant devenu le candidat unique de l'opposition, les candidats, Guy Nzouba Ndama et Casimir Oyé Mba, en attendant le ralliement d'autres candidats, vont se mettre à son service pour permettre une alternance à la tête de l'Etat que les Gabonais attendent de tous leurs vœux.

Alors qu'il devrait être la personne qui rassure tout le monde et crédibilise l'élection présidentielle, le président de la CENAP (Commission électorale nationale autonome et permanente), René Aboghé Ella, déçoit, fortement, par son parti pris systématique en faveur de Bongo Ondimba Ali (BOA). Il sait avoir failli mais se dit couvert par le Palais du Bord de Mer. L'opposition et la société civile demandent sa démission immédiate, ce qui est inquiétant pour l'issue de la présidentielle.

Quand on vous dit que Bongo Ondimba Ali (BOA) est impopulaire. Malgré les moyens colossaux mis dans sa campagne de communication, ne l'aiment, au Gabon, que ceux qui mangent directement ou indirectement dans sa main. Le flop (il n'y a pas un autre mot) qui a caractérisé son meeting « géant » du Stade de l'Amitié, samedi, 13 août, à Libreville, le montre, aisément.

Contrairement à ce que fait croire la majorité présidentielle, ce n'est pas l'assurance tout risque du côté de son candidat. Inquiétudes et inconnus hantent, beaucoup, les esprits des faussaires du Palais du Bord de Mer. On se rend compte que Bongo Ondimba Ali (BOA) est d'une impopularité que seuls les médias d'Etat et la distribution des billets de banque, ne pourront pas effacer.

Paulette Ayo Mba Akolly a-t-elle voulu plaire à Bongo Ondimba Ali (Ali), comme tout le monde pense, qu'elle ne s'y serait pas faite prendre de cette façon. En effet, la fille du premier président du Gabon nommée, il y a deux mois, par BOA, lui-même, présidente de la Cour d'appel, après le refus catégorique des magistrats gabonais d'avaliser la promotion d'une autre inconditionnelle de BOA, a, d'ores et déjà, perdu toute crédibilité, aux yeux des Gabonais.

Après sept ans de sommeil profond, Bongo Ondimba Ali (BOA) se rappelle, à deux semaines de l'élection présidentielle du 27 août, que Port-Gentil, la cité pétrolière, compte pour le Gabon et les Gabonais, et que pendant sa campagne présidentielle d'août 2009, il avait distillé des promesses aux Port-Gentillais, qu'il feint, aujourd'hui, d'ignorer. On va lui rafraîchir sa mémoire de BOA.

Après le président du Bénin, Patrice Talon, c'est François Hollande que le député démissionnaire du PDG, Bertrand Zibi Abeghe, vient d'interpeller dans une lettre datée 5 août. Ici, aussi, c'est le « Problème Accrombessi » qui est au centre de la correspondance adressée au président français. Un cas décidément gênant pour la majorité présidentielle et qui pourrait être à l'origine de l'embrasement du pays.

Bien que la vérité tarde à triompher dans l'histoire des faux actes de naissance du chef de l'Etat, le plus compétent des magistrats du Gabon, Jean de Dieu Moukagni Iwangou, est loin de s'avouer vaincu. Il n'a, jamais, perdu espoir de faire invalider la candidature de « l'usurpateur ». Au Palais du Bord de Mer, on retient son souffle.

C'est inhabituel qu'un président étranger soit, vigoureusement, interpellé sur un sujet qui, au premier abord, ne le concerne pas, directement. Mais, à y regarder de plus près, le député du PDG, Bertrand Zibi Abeghe, qui a démissionné, avec fracas, devant le président du PDG et président sortant et candidat à sa succession, Bongo Ondimba Ali (BOA), lors de sa tournée, dans sa circonscription, à Minvoul, n'agit pas de façon isolée. Il serait, aussi, inexact de considérer son geste comme anecdotique. Car le « Problème Accrombessi » qu'il pose au président béninois, Patrice Talon, est au cœur de la crise profonde qui secoue le Gabon et qui pourrait l'entraîner, dans une guerre civile.

Personne ne sait dans quel état sera le Gabon au soir du 27 août 2016, date de l'élection présidentielle à un tour. Toutefois, pour ne pas être pris de court, Bongo Ondimba Ali (BOA) a pris des dispositions pour ne pas souffrir.

A quatre semaines de l'élection présidentielle, le climat politique au Gabon devient électrique. Malgré la répression qui s'abat sur l'opposition et la très forte main mise du pouvoir sur toutes les institutions du pays, l'opposition fait face. Admirablement. Conséquence : Bongo Ondimba Ali (BOA) ne sait plus à quel saint se vouer. Il admet, désormais, la crise avant et après la présidentielle du 27 août 2016. Une sorte d'appel au secours ? Le clash n'est plus à exclure et BOA ne contrôle plus, réellement, la situation, même si ses militaires et policiers continuent de quadriller le pays.

Le parti politique français, EELV (Europe Ecologie Les Verts) dénonce la répression pré-électorale qui s'abat sur l'opposition et la société civile gabonaises et appelle à une élection réellement libre et transparente, le 27 août prochain, dans ce pays.

La représentante de la Mission d'observation électorale de l'Union européenne au Gabon a appelé, jeudi, 28 juillet, à "tout faire" pour "éviter tout acte de violence ou toute forme de provocation", dans un climat (excessivement) tendu à l'approche de la présidentielle du 27 août, au point qu'on s'autorise à se demander si elle croit à celle qu'elle demande.

La très sectaire Cour constitutionnelle du Gabon a rejeté les recours introduits par trois opposants contre la candidature du chef de l'Etat, Bongo Ondimba Ali (BOA), à l'élection présidentielle du 27 août. Elle a refusé de prendre ses responsabilités, en penchant, comme d'habitude, du côté du plus fort.

Cinq membres du Bureau de la CENAP (Commission électorale nationale permanente et autonome) sur huit ont voté en faveur de la validation de la candidature de BOA (Bongo Ondimba Ali). Résultat, il est retenu. Ce dernier est entré en campagne sans même attendre les « décisions » de la CENAP et de la Cour constitutionnelle.

Après avoir battu le rappel de ses troupes de Libreville et des environs de la capitale en mettant à leur disposition, des autocars pour les transporter, et des bons d'essence de l'administration pour ceux des militants disposant d'un véhicule, afin que beaucoup d'entre eux puissent l'accompagner jusqu'à la CENAP, lieu du dépôt de sa candidature, Bongo Ondimba Ali (BOA) a pu satisfaire son souhait. Son dossier y a été déposé. Première victoire ? Que Oui ! Mais (profondément) divisé, le Gabon sait qu'il marche vers l'inconnu.

L'économie zimbabwéenne traverse une mauvaise passe. C'est la première fois que les fonctionnaires ne sont pas payés à la fin du mois. Sans salaires, beaucoup d'entre eux désertent leur lieu de travail, ce qui n'est pas de nature à aider à la résolution du problème. Le Congo-Brazzaville et le Gabon sont, aussi, dans la même situation.

Avec les nouveaux éléments à charge contre la candidature de Bongo Ondimba Ali (BOA) à la présidentielle du Gabon, et l'acharnement de l'opposition et de plus en plus du peuple gabonais contre sa candidature, le risque est grand de voir le pays sombrer dans les troubles. Le PDG va aussi payer le prix pour n'avoir pas fait les bons choix.

Les candidats à l'élection présidentielle de l'opposition étaient, presqu'au complet, aujourd'hui, à la CENAP, pour l'inviter à invalider la candidature (à venir) de Bongo Ondimba Ali (BOA), détenteur d'un acte de naissance, qui ne serait pas conforme à l'article 10 de la constitution.