RDCONGO : L’opposition surveille Félix Tshisekedi (le roublard) comme du lait sur le feu

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Le 27 août 2026, le président, Félix Tshisekedi, a convoqué un dialogue national inclusif avec toutes les forces vives de la nation, afin de raviver l’esprit de cohésion qui a disparu du milieu de ses concitoyens, aujourd’hui, tiraillés sur l’avenir de la RDCongo. Mais, au-delà des annonces faites par les différents camps, cette démarche du chef de l’Etat permettra, surtout, de déterminer qui du régime au pouvoir ou de l’opposition saura le mieux instrumentaliser la guerre à l’Est du pays. 

En 2023, Félix Tshisekedi avait battu campagne et sollicité un second mandat, précisément, pour résoudre la question sécuritaire face à son homologue rwandais, Paul Kagame. Ce qu’il avait évité de révéler à ce moment-là, était qu’il comptait sur le soutien d’autres pays pour venir rétablir la paix chez lui. Près de 4 ans plus tard, le constat de son échec est saisissant, même si on ne peut que lui reprocher l’inadéquation du plan qu’il avait élaboré et qu’il a suivi à la lettre. 

Les parties prenantes au conflit à l’Est ne sont pas neutres, certaines percevant une rémunération financière directe de Kinshasa, du fait de leur présence militaire sur place, d’autres ayant obtenu le droit légal d’exploiter les ressources du sous-sol rdcongolais. Elles n’ont donc aucun intérêt à voir ce conflit un jour s’arrêter, et se garderont de l’admettre. Rien de tout ceci n’aurait, sans doute, été possible si le leader rdcongolais avait développé un côté un peu plus nationaliste.   

Pour l’opposition rassemblée sous la coalition C64 (notre photo), il ne peut y avoir de dialogue national inclusif sans participation de l’ensemble des acteurs de la vie en RDCongo, notamment, les rebelles à l’administration de Kinshasa. En les excluant de son invitation, Félix Tshisekedi a soulevé un paradoxe difficilement réconciliable avec son intention affichée de restaurer la paix dans son territoire. Cette ligne rouge fait le jeu du C64, et, par extension, celui de Paul Kagame.

Plus d’une fois, le dirigeant rwandais a martelé l’impossibilité de résoudre la crise sécuritaire sans implication directe de l’AFC/M23. Aujourd’hui, cette exigence est reprise par la C64 comme moyen de blocage, juste après sa mise en garde contre toute révision constitutionnelle désirée par la mouvance au pouvoir, dans le but de permettre à son chef de se présenter pour un troisième mandat présidentiel. Elle est là, l’instrumentalisation du conflit par le C64. 

Donald Trump (qui lorgne le sous-sol rdcongolais) est d’accord pour un 3e mandat de Félix Tshisekedi qui n’a rien fait pendant dix ans pour offrir la paix à son pays. L’opposition doit se montrer ferme en ne cédant sur rien.

Prévu pour durer au maximum trois mois, le dialogue national inclusif a été pensé pour faire office de premier terrain d’affrontement médiatisé entre le régime de Kinshasa et le C64. Mais, les tensions ressortant des consultations initiales mettent en lumière l’ampleur des divergences séparant les deux groupes. Félix Tshisekedi, qui a tout intérêt à gagner du temps, aura du mal à surprendre une opposition, qui a eu le temps de se remobiliser depuis la désillusion de 2023.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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