Politique

La nouvelle ministre de l’Intérieur italienne, Luciana Lamorgese, est une parfaite inconnue sur la scène politique, tant nationale qu’internationale. Le choix d’une technicienne à ce poste clé démontre-t-il la volonté du premier ministre, Giuseppe Conte, de tirer un trait sur la gouvernance scabreuse en matière d'immigration de l'ancien ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, chef du parti d'extrême-droite, La Ligue du Nord ? S'il faudra attendre quelques mois avant de tirer les premiers enseignements, on peut, tout de suite, avancer que le nouveau gouvernement de Giuseppe Conte est pro-européen contrairement au précédent qui était euro-sceptique.

L'Afrique est en deuil. L'ancien président, Robert Mugabe, héros de l'indépendance qui a dirigé le Zimbabwe de 1980 à 2017, est décédé à 95 ans. Anti-colonialiste primaire, il était, depuis l'assassinat du frère guide, Mu'ammar al Kadhafi, celui qui osait dire la vérité à l'Occident, de face, sans avoir peur, parfois, du haut de la tribune de l'Union africaine. Aujourd'hui, seul l'Equato-Guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, essaie de défendre, sans peur, le continent africain devant les multiples menaces auxquelles il fait face.

« L'autopsie d'un Etat totalitaire : Crimes d'un génocidaire Sassou Nguesso, Accusé, Répondez ! » est disponible depuis ce vendredi, 6 septembre, en France. Un pavé de 486 pages signé Me Maurice Massengo-Tiassé, docteur d'Etat en droit, vice-président de la Commission nationale des droits de l'homme du Congo, actuellement, en exil involontaire en France. Sans jeu de mots, l'ouvrage est un réquisitoire tel qu'on n'en a plus vu depuis l'ère de feu le maréchal, Mobutu Sese Seko (ex-Zaïre actuelle République démocratique du Congo) et de feu le général, Idi Amin Dada (Ouganda).

Des gens se disant socialistes (Abdou Diouf) se sont affichés avec le “voyou et assassin” Sarkozy et ont prononcé les paroles les plus méchantes sur Laurent Gbagbo. D’autres comme Moustapha Niasse ne se sont pas gênés pour dérouler le tapis rouge à ceux qui avaient tué gendarmes et civils désarmés dans un pays qu’ils accusaient de les traiter comme des citoyens de seconde zone. D’autres encore comme feu Ousmane Tanor Dieng étaient devenus aphones. Et on se demandait ce que tous avaient fait des valeurs socialistes telles que la solidarité, la passion pour la justice et la vérité ; on se demandait si la peur de provoquer l’ire de l’ancien colonisateur ne les avait pas poussés à mettre leur dignité et honneur dans la poche.

C'est la question à laquelle répond le numéro 480 d'Afrique Education en vente, dès vendredi, 6 septembre, au Gabon et, de manière générale, chez les bons marchands de journaux d'autres pays. Le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, fait, d'ailleurs, la pleine page de couverture dudit numéro. En bas de couverture, le chef des sécessionnistes camerounais, Sisiku Ayuk Tabe, qui vient d'écoper de la prison à vie pour ses « oeuvres » en Ambazonie, sa "République" virtuelle.

L'armée du président, Muhammadu Buhari, va-t-elle finir de désespérer les Nigérians, après une dizaine d'années de contre-performance et d'inefficacité, qui ont fini par rendre la secte Boko Haram invincible ? En effet, dix fois l'armée du Nigeria a annoncé avoir décapité la secte et tué son leader, et dix fois les faits ont démenti ses déclarations. En fait, Boko Haram doit sa survie à une seule chose : la faiblesse (notoire) de l'armée nigériane, qui pour certains observateurs, n'en est pas une. La récente sortie de cette dernière est-elle à prendre au sérieux ou à mettre sur la longue liste des déclarations tonitruantes et mensongères que les faits sur le terrain ne vont pas tarder à démentir ?

Le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense nationale, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, a suggéré, lundi, 2 septembre, qu’il est « opportun » de convoquer le corps électoral le 15 septembre prochain, pour des élections avant la fin de l’année. Le corps électoral est, en effet, convoqué 90 jours avant le jour du scrutin. Dans le cas d’une convocation le 15 septembre, l’élection présidentielle aurait lieu autour du 15 décembre. En faisant cette suggestion, Ahmed Gaïd Salah réfute l'idée d'un dialogue national avant l'élection présidentielle que le président par intérim, Abdelkader Bensalah, avait appelé de ses vœux, début juillet dernier. La guerre de leadership entre les deux hautes personnalités est, désormais, sur la place publique.

Ce lundi, 2 septembre, n'est pas un bon jour pour les anciens barons du régime de Blaise Compaoré. Accusés d'être les cerveaux du coup d'état manqué de 2015 au Burkina Faso, les généraux, Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, ont été condamnés, respectivement, à 20 ans et 10 ans de prison ferme par le tribunal militaire de Ouagadougou. Ils vont faire appel.

Le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, est arrivé, à Paris, lundi, 2 septembre, à la première heure, en provenance de Brazzaville, pour une visite officielle de soixante-douze heures. Il avait quitté Brazzaville dimanche soir. Après les rendez-vous de ce jour avec des personnalités françaises, il rencontrera, mardi, 3 septembre, Emmanuel Macron, à l'Elysée. Les sujets de discussion sont nombreux : la Libye avant la grande conférence organisée par les Nations-Unies, la Forêt du Bassin du Congo toujours sans financements de la France et des gros pollueurs du monde, l'avenir du F CFA en Afrique centrale après sa disparition en Afrique de l'Ouest, la présence économique de la France au Congo où la Chine devient envahissante, etc. A 19 mois de l'élection présidentielle, le dictateur (5 étoiles) va s'assurer que personne en France ne lui mettra les bâtons dans les roues quand il organisera son passage en force pour un nouveau mandat de 5 ans.

Ces Africains sont, pour la plupart, inconnus du grand public, ce qui est une bonne chose. Car ceux dont les noms sont connus ont, déjà, fait quoi pour l'Afrique ? C'est donc avec optimisme et curiosité qu'on suivra, avec intérêt, la toute première édition de la Conférence internationale pour Plus d'engagements pour l'Afrique, en sigle CIPEA. Cet événement marquera, aussi, le lancement officiel de la dynamique #KIMIA à qui on souhaite Bonne Chance.

L'ancien président soudanais, Omar el-Béchir, continue à vivre son long chemin de croix. Ce qui lui arrive, aujourd'hui, est la conséquence des actes qu'il posait sous sa présidence. N'est-il pas écrit dans la Sainte Bible (et certainement dans le Saint Coran) que « qui crache en l'air retombe sur sa face » ? Destitué par l'armée le 11 avril après 30 années de pouvoir, il a été inculpé, ce samedi, 31 août, par un tribunal de Khartoum pour possession illégale de fonds étrangers et utilisation frauduleuse de ces fonds, selon le juge. Il devra s'expliquer.

Le futur gouvernement de coalition de la République démocratique du Congo (RDC) a, enfin, été formé, sept mois après l'investiture du nouveau chef de l’Etat, Félix Tshisekedi. Il s'agit de la première cohabitation du pays dans la mesure où la majorité à l'Assemblée nationale et au sénat et dans les régions, est détenue par l'ancien président, Joseph Kabila.

L’ex-président soudanais, Omar el-Béchir, évincé du pouvoir en avril dernier, apparaissait, ce samedi, 24 août, devant un tribunal de Khartoum pour la deuxième audience de son procès. Celui-ci va durer un certain temps. La défense a demandé sa libération sous caution. Mais, ce qui fait le plus mal, c'est l'image qui est véhiculée de ce procès. Voilà un homme qui a eu le droit de vie et de mort sur les Soudanais pendant une trentaine d'années, et qui, du jour au lendemain, se retrouve, lui-même, prisonnier et subit, en personne, ce qu'il a fait endurer à ses opposants pendant des décennies. Que penser d'une telle image dans l'inconscient populaire en Afrique ? Sur un autre plan, que pourraient se dire les chefs d'Etat africains actuels dont certains sont en porte à faux avec leurs opinions publiques, et qui voient comment un des (anciens) leurs se fait traiter, après avoir présidé aux destinées du pays pendant une trentaine d'années ? Loin d'en faire une polémique, cette situation devrait pousser les Africains (des pouvoirs, des oppositions, de la société civile, de la classe intellectuelle non partisane) à réfléchir sur l'état de leur continent. Avec objectivité et sans passion.

La Corée du Nord serait prête à la confrontation avec les Etats-Unis. Voilà ce qui ressort de la réaction du chef de la diplomatie nord-coréenne, Ri Yong-ho, après les propos jugés belliqueux prononcés par son homologue américain, Mike Pompeo, dans le cadre de la recherche de solutions à la crise entre les Etats-Unis et la Corée du Nord.

Après des mois d'accusations mutuelles, les présidents rwandais, Paul Kagame, et ougandais, Yoweri Museveni, ont signé un mémorandum d'accord, mercredi, 21 août, en Angola, grâce à la facilitation du président, Joao Lourenço. Anciens alliés ayant permis l'éviction du pouvoir rdcongolais du maréchal, Mobutu Sese Seko, au grand bénéfice du Mzee, Laurent Désiré Kabila (père de Joseph Kabila), Paul Kagame et Yoweri Museveni ont-ils, réellement, enterré la hache de guerre quand on sait que les deux chefs d'Etat ne savent entendre que le langage des rapports de force ?

Une ressortissante gabonaise de 49 ans a été découverte à son domicile de Pessan (Gers) tuée d'une balle au côté du cadavre de son époux octogénaire dans ce qui apparaît comme un «féminicide suivi d'un suicide», a indiqué, mercredi, 21 août, le parquet d'Auch.

Pour l'opposition, Roch Marc Christian Kaboré a bel et bien échoué. Cela dit, elle ne demandera pas sa démission car elle est une opposition républicaine, mais, elle exige celle du gouvernement Dabiré : 24 soldats tués, 7 blessés et 5 disparus, voilà le bilan (pour le moment) de l'attaque, qui a frappé une base militaire dans le Nord du Burkina Faso, lundi, 19 août. La plus meurtrière jamais subie par l'armée burkinabè dans sa confrontation avec les groupes djihadistes depuis 2015. Conséquence, l'opposition réclame - carrément - la démission du gouvernement.

C'est un sujet qui va nourrir les débats dans les chaumières pendant de longues semaines : le leader des séparatistes anglophones au Cameroun, Sisiku Ayuk Tabe, et neuf de ses partisans, ont été condamnés, ce mardi, 20 août, à 5h38 du matin, au terme d'un procès marathon de plus de seize heures, à la prison à vie, par le tribunal militaire de Yaoundé. Les condamnés auront à payer la somme de plus de 250 milliards de F CFA, soit plus de 380 millions d'euros, de dommages à l'Etat du Cameroun, et plus de 13 milliards de F CFA d'intérêts. Présidé par le juge, Jacques Misse Njone, le tribunal les reconnaît coupables de dix chefs d’accusation : « apologie des actes de terrorisme, sécession, complicité d’actes de terrorisme, financement des actes de terrorisme, révolution, insurrection, hostilité contre la patrie, propagation de fausses nouvelles, atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat, défaut de carte nationale d’identité ». Les condamnés vont, certainement, faire appel, selon leurs avocats.

A un an et demi de la prochaine élection présidentielle, le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, présente un bilan avec des hauts et des bas. S'il n'est pas encore temps d'en faire un, plus exhaustif, on peut tout de même rapidement dire qu'il a réussi à apaiser le pays qui ne recourt plus à des manifestations monstres pour montrer ses multiples désaccords avec le pouvoir comme au temps de Blaise Compaoré. D'autre part, le Burkina Faso est redevenu ce pays « des hommes intègres » qu'il était sous Thomas Sankara, le nouveau pouvoir faisant très attention à la gestion des biens publics. Cela dit, il y a un domaine où il est en train d'échouer : celui de la défense et de la sécurité. Un domaine dans lequel son prédécesseur excellait en savoir-faire. Après trois ans et demi de pouvoir, Roch Marc Christian n'a pas réussi à bâtir une armée capable de défendre les frontières du Burkina Faso contre les nombreuses incursions des djihadistes à défaut de leur offrir le gîte et le couvert pour avoir la paix comme Blaise Compaoré. Un problème de volonté politique car la Mauritanie voisine qui n'est pas plus riche que le Burkina Faso a instauré, elle, une politique qui l'a mise à l'abri des attaques terroristes, ce qui n'est pas le cas du Faso. Au Mali et au Burkina Faso, les dirigeants préfèrent appeler de leurs vœux la montée en force de la Force G5 Sahel que les Occidentaux refusent de financer. La sécurité des Burkinabé est une affaire du président du Faso et non celle de la communauté internationale. Si Roch Marc Christian est incompétent pour assurer cette sécurité à ses compatriotes, il pourrait être sanctionné lors de la prochaine présidentielle car les attaques djihadistes sont le gros point faible de son bilan à la tête de l'Etat.

Le policier accusé d'avoir asphyxié Eric Garner, mort après une interpellation musclée en 2014, à New York, dans une affaire qui avait scandalisé le mouvement #BlackLivesMatter, a été licencié, a annoncé, lundi, 19 août, le chef de la police new-yorkaise.