Politique

Six responsables de l'opposition congolaise, dont deux candidats à la présidentielle, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, ont appelé, ensemble, mercredi, 12 septembre, le régime du président, Joseph Kabila, à respecter la loi électorale, sous peine d'entraîner le "chaos" dans le pays. Le calme observé par Kinshasa est déconcertant. Après avoir été pressé, par la communauté internationale, d'organiser la présidentielle, Joseph Kabila surnommé le « boulanger de Kinshasa » pour sa capacité à rouler ses adversaires dans la farine, déploie une stratégie qui laisse penser que le pouvoir va rester à son candidat, même si, numériquement, on peut penser que l'opposition est, largement, majoritaire dans le pays. Comment faire à ce que la majorité des populations qui soutiennent l'opposition se transforme en majorité électorale le jour du vote ? Réunis, à Bruxelles, mercredi, 12 septembre, les principaux candidats de l'opposition ne prennent pas le chemin de l'unité et du candidat unique, ce qui est à l'avantage du « boulanger de Kinshasa ».

Ce matin, j’ai regardé, dans les journaux abidjanais, le compte-rendu de la conférence de presse animée hier par Abou Drahamane Sangaré (le représentant de l'aile du FPI qui a pour président Laurent Gbagbo, ndlr). Alors que je pensais y trouver quelque chose de nouveau, je me suis aperçu que le conférencier reprenait simplement une ancienne demande de Bédié : le report des élections municipales et régionales du 13 octobre 2018 à une date ultérieure et la réforme de la Commission électorale. Une demande à laquelle Dramane Ouattara avait, déjà, opposé une fin de non-recevoir.

Après l’esclavage, la colonisation et le néocolonialisme, les puissances étrangères continuent à être les bienvenues en Afrique pour piller les ressources avec la complicité de nos gouvernants, mais, paradoxalement, les Africains qui sont chez eux font l’objet de traitements inhumains : assassinats, détentions en prison parfois injustes, déportations, etc… le cas des milliers de Sénégalais en Allemagne en est une illustration éloquente.

On se dirige droit vers la bunkerisation de l'Union européenne (UE). Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé, mercredi, 12 septembre, devant le parlement européen à un renforcement significatif de l'agence européenne de garde-frontières, proposant qu'elle puisse disposer d'ici 2020 de 10.000 agents mobilisables aux confins de l'Union, contre 1.500 personnes actuellement. On ne sera pas à un garde-frontière tous les 100 mètres, mais, le renforcement de la surveillance sera telle qu'il deviendra difficile aux migrants africains de contourner ce dispositif de surveillance. Resterait, maintenant, à Juncker de trouver les fonds car le financement de cette opération n'est pas la moindre des difficultés.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a écarté, mardi, 11 septembre, tout risque de sanction internationale s'il engage sa réforme agraire, qui prévoit, notamment, des expropriations sans indemnisation au profit de la majorité noire du pays.

Le chef de l'opposition zimbabwéenne, Nelson Chamisa, qui dénonce les conditions frauduleuses de la victoire du chef de l'Etat, Emmerson Mnangagwa, lors des récentes élections, va se faire investir, samedi, 15 septembre, président "légitime" du pays. Une situation de casse-tête pour les nouvelles autorités du pays qui croyaient avoir apaisé les contradictions après la tenue de l'élection présidentielle.

Le président tanzanien, John Magufuli, a appelé les femmes à "abandonner" les moyens de contraception, estimant qu'il "est important de se reproduire". Le président dit, ainsi, tout haut ce que beaucoup de ses homologues pensent tout bas. Plus important, il se positionne contre les théories occidentales qui font pression sur les dirigeants africains pour qu'ils instaurent le contrôle des naissances. Au moment où l'Europe connaît une certaine stagnation de sa population, celle de l'Afrique atteindra 2,5 milliards de personnes en 2050, selon les nations-unies. De quoi effrayer l'Occident triomphant. En Europe, par exemple, les dirigeants donnent un très mauvais exemple à leurs compatriotes en choisissant de ne pas avoir d'enfant. C'est le cas des dirigeants allemand, français, anglais, luxembourgeois, par exemple. Ils sont mariés le plus naturellement du monde, depuis de très longues années, sans aucun enfant. Un choix assumé. C'est tout simplement impensable en Afrique où on reconnaît la valeur d'un homme dans le grand nombre d'enfants qu'il possède. En demandant aux femmes d'abandonner la contraception, le très courageux président, John Magufuli, reste égal à lui-même. C'est un authentique africain qui parle au nom des peuples d'Afrique.

Que vont-ils encore nous dire, ces présidents africains de fédération (mentalité de colonisé oblige), qui ne jurent qu'aux noms des sélectionneurs non-africains ? Ils auront, bientôt, de moins en moins d'arguments pour convaincre l'opinion africaine, décidée à nationaliser les postes de sélectionneurs de football.
En effet, les résultats obtenus, lors de la deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2019, devraient faire revoir leur logiciel à ces présidents de fédérations africains qui continuent de penser que le succès de leur football ne se fera qu'avec des techniciens étrangers. Sans citer leurs noms, on en compte (malheureusement) au Cameroun, au Gabon, en Gambie, au Congo-Brazzaville, pour ne citer que ces pays africains. Ce sont des présidents de fédération qui ont une vision à court terme du football, laquelle arrange (certainement) leurs petites affaires du moment. Mais, bientôt, ils devront se résoudre à l'évidence et faire des choix qui s'imposent à leur football.

C'est devenu plus fort que lui. La façon dont Donald Trump est en train de désacraliser la fonction de président des Etats-Unis (première puissance du monde) a poussé son prédécesseur, Barack Obama, à violer la sacro-sainte règle (non écrite) qui veut qu'un président sortant ne critique pas son successeur. Donald Trump est en train de tout faire voler en éclats à la Maison Blanche. Il est un président ordurier, qui ne respecte aucun code, qui est, complètement, hors normes, ce qui a obligé Barack Obama à dénoncer, vendredi, 7 septembre, le mutisme des républicains face aux dérives de son successeur, dans un discours passionné visant à mobiliser les démocrates à l'approche d'élections législatives cruciales. Avec ce retour, l'Amérique profonde va, enfin, pousser un Ouf de soulagement, car Donald Trump, aura, maintenant, de la réplique à la hauteur de ses gaffes. Lui qui dit en avoir encore pour six ans et demi à la Maison Blanche.

Bien fait pour sa sale g... Grossier comme il est tel que ne l'a jamais été un autre président américain, Donald Trump fait jubiler l'Amérique (et le monde) à mesure qu'il perd les pédales dans deux récentes parutions chez Oncle Sam. Placé sur la défensive par un livre décapant et une tribune anonyme explosive, il se cabre et tente de discréditer les témoignages qui mettent en doute sa capacité à diriger les Etats-Unis. Pourtant, cette incapacité est bien réelle. On mesure les dégâts de l'intrusion des agents russes dans la disqualification d'Hillary Clinton pendant la dernière élection présidentielle. Le coup porté par Moscou à la démocratie américaine pèse très lourd dans la bonne marche des Etats-Unis aujourd'hui. Le pays, en effet, se livre en spectacle ahurissant par un président, totalement, incompétent. Les manoeuvres russes ont faussé l'élection en permettant l'accouchement d'un enfant hybride mi-prématuré et semi-normal appelé Donald Trump. Une intrusion qui désavantage tellement les Etats-Unis qu'on se demande combien de temps durera le calvaire actuel des Américains alors que l'intéressé annonce qu'il en a, encore, pour six ans et demi à la Maison Blanche.

L'ex-président angolais, Ingénieur, Jose Eduardo dos Santos, prend, samedi, 8 septembre, sa retraite politique définitive en cédant la direction du parti au pouvoir à son successeur à la tête du pays, Joao Lourenço. Il fait ce qu'il avait dit même si la transition entre les deux hommes d'Etat, ne se passe pas comme prévu. Il y a de la crispation dans le camp du partant dont les deux enfants (José Filemeno et Isabel) ont maille à partir avec la justice angolaise.

Le Sommet Chine-Afrique a pris fin, le 4 septembre, à Beijing. Le prochain aura lieu, à Dakar, dans trois ans. D'ores et déjà, le témoin a été transmis à Macky Sall, président du Sénégal. Le président du Togo, Faure Gnassingbé, a participé, de bout en bout, à toutes les phases de ce grand rendez-vous, qui a réuni 53 pays africains dont une quarantaine de chefs d'Etat. Après la clôture du Sommet, le chef de l'Etat togolais a continué à rencontrer des grands partenaires de l'Etat, du parti et du secteur économique, avec lesquels le Togo entretient d'étroites relations. Jeudi, 6 septembre, il s'est retrouvé avec son homologue, Xi Jinping, pour asseoir ce qui va caractériser leur partenariat, dans les mois et années à venir.

Il n'y a pas que du bon chez les Chinois. Comme dans toute relation humaine, le partenariat gagnant-gagnant initié par Beijing a des hauts et des bas, des couacs et des moments qui poussent à se poser des questions, même après avoir, religieusement, écouté le discours du grand camarade, Xi Jinping, à, Beijing, le 3 septembre. La réaction de son compatriote, qui dirige une entreprise au Kenya, est assimilable au comportement d'une petite brebis galeuse. De quoi s'agit-il ? Un homme d'affaires chinois a été arrêté au Kenya après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo où il compare les Kenyans et leur président, Uhuru Kenyatta, à des "singes", selon le service de l'immigration de Nairobi. On peut se poser la question de savoir, ce qui lui est passé par la tête avant de réagir ainsi.

« Nous condamnons cette sanction arbitraire et disproportionnée et demandons à l’organe de régulation des médias de lever cette suspension. La Hama (Haute autorité des médias et de l'audiovisuel) a pour rôle de veiller à la déontologie et à l’éthique et non de s’ériger en tribunal des opinions, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF (Reporters sans Frontières). L’analyse politique fait partie du champ applicable de plein droit à l’exercice du journalisme. Si des personnes ou des Etats s’estiment mis en cause, il existe des recours légaux comme la possibilité de faire publier un droit de réponse” . Transmis au Palais rose (présidence de la République du Tchad) où cette fâcheuse décision de suspendre l'hebdomadaire indocile, Al-Chahed, a été prise, par le dictateur, Idriss Déby Itno, himself.

Le président, Faure Gnassingbé, du Togo a accueilli ses pairs de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) en Sommet, mardi, 31 juillet, à Lomé. Votre magazine préféré, Afrique Education, qui a assisté à cette 53e session, peut attester que ce fut un « Sommet des grandes décisions ». Le numéro 468 de septembre chez vos marchands de journaux depuis ce jeudi, 6 septembre, vous dit tout comme si vous y étiez.

La Mauritanie a aboli l'esclavage en 1991, alors pourquoi criminalise-t-elle les opposants à l'esclavage, se demandent Irwin Cotler et Judith Abitan, deux défenseurs canadiens des droits de l'homme ? La triste vérité est que le pays du général-président (dictateur), Mohamed Ould Abdel Aziz, n’a pas aboli l’esclavage, mais reste sa dernière place forte.

La politique a ses raisons que la raison ignore : Idriss Déby Itno regretterait-il d'avoir placé son compatriote, Moussa Faki Mahamat, à la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA) ? Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il le marque à la culotte comme s'il redoutait que ce poste ne lui donne une certaine épaisseur politique au point de représenter une alternance à la tête du Tchad dans quelques années. Mais attention au mauvais calcul dont Ali Bongo Ondimba a été victime au Gabon. Au lieu de favoriser un deuxième mandat pour Jean Ping à la présidence de la Commission de l'UA, les « émergents » gabonais avaient, plutôt, détruit la carrière de Ping au sein de cette organisation, faisant profiter au passage la transmission de témoin à la Sud-Africaine, Xhosazana Dlamini-Zuma. Résultat, le Gabon est entré, quelques mois plus tard, dans une zone de turbulence, Jean Ping qu'on disait amorphe et incapable de toute réaction, s'étant, viscéralement, rebellé au point de déstabiliser le fonctionnement de l'Etat. Alors que s'il avait eu son deuxième mandat, qui lui tendait les mains à l'UA, Ali Bongo Ondimba aurait eu une présidentielle tranquille en août 2016.

Le remaniement annoncé par Emmanuel Macron pour ce mardi, 4 septembre, sera de grande ampleur. Après le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, la ministre des Sports, Laura Flessel, sera, aussi, à remplacer. Voilà les deux personnalités les plus populaires du gouvernement aux yeux des Français qui quittent l'équipe. Au même moment presque. A moins de trouver un Zinedine Zidane, la ministre des Sports qui était bardée de titres de championne du monde dont celui de championne olympique, sera assez difficile à remplacer. Même si elle annonce quitter le gouvernement pour "raisons personnelles" (ce que beaucoup ne croient pas), elle était considérée comme un ministre alibi. La seule noire de l'équipe. Comme si la France ne comptait pas de noirs capables de faire valoir leurs talents dans d'autres postes du gouvernement. Avec cette seule et unique nomination dans le gouvernement (le Sport), Emmanuel Macron annonçait, déjà, la couleur. Aujourd'hui, son seul beau sourire ne suffit plus pour faire passer la pilule de chef d'Etat (assez) sectaire, qui sait applaudir les noirs sur les terrains de sport et les oublie lors de la distribution des postes de responsabilité dans le gouvernement.

L'Union européenne (UE) a versé une aide de 21 millions d'euros (près de 13,775 milliards de F CFA) au Niger pour l'aider dans la lutte contre l'émigration clandestine vers l'Europe et pour la "sécurité intérieure". Ce « job » ignoble avait été récusé par les Marocains, les Algériens et même les (très dépendants) Libyens. Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, lui, s'est empressé de dire « Oui Chef » ! On suivra, donc, attentivement, comment le gouvernement du Niger mettra en œuvre son plan de retour dans leurs pays des immigrés bloqués sur son sol. Comme pendant l'esclavage, c'est le nègre qui vend le nègre quand il ne le tue pas.

La santé du président, Abdelaziz Bouteflika, n'est pas un sujet de polémique en Algérie. On sait qu'il est, physiquement, diminué, mais continue de remplir sa fonction, après avoir délégué beaucoup de prérogatives à son premier ministre. Il se déplace en fauteuil roulant et s'organise, actuellement, avec son parti, le FNL et les généraux de l'armée, pour se porter candidat à la prochaine élection présidentielle.