Politique

Ce n'est pas le genre de nouvelles qu'on annonce souvent. Après avoir bravé les sanctions et l'embargo des pays occidentaux sous couvert du Conseil de sécurité qui voulaient le faire emprisonner à la CPI (Cour pénale internationale), l'insaisissable président soudanais, Omar el-Béchir, se déploie, maintenant, sans crainte, dans les pays où il n'est pas persona non grata. C'est le cas de la Syrie dont les multiples tentatives d'assassinat de son chef d'Etat, Bachar al-Assad, par les grandes capitales occidentales (Washington, Paris, Londres pour ne citer que celles-là) ont toutes échoué, grâce à l'appui stratégique de la Russie et à l'aide non négligeable au niveau de la sous-région apportée par l'Iran et le Hezbollah. Pour une fois, les Africains ne sont pas restés inertes : l'Union africaine avait, officiellement, déclaré de nul effet les résolutions tendant à le condamner et demandé à tous les pays africains de lui réserver un bon accueil chaque fois qu'il décidait de se rendre dans un pays du continent. Voilà qui est clair.

« Baba Go Slow » est aux abois. C'est le moins qu'on puisse dire. Il sait qu'il peut perdre, facilement, l'élection présidentielle de février 2019 à cause de sa grande incapacité à éradiquer la secte Boko Haram comme il l'avait promis avant de se faire élire en 2015. De tous les pays qui participent à la lutte contre cette nébuleuse, le Nigeria (avec ses 180 millions d'habitants) est le pays qui aligne l'armée la plus faible, la plus contre-performante, de loin la plus corrompue et la moins bien entraînée. Que peut-on en espérer ? C'est quand même incroyable qu'en quatre années, malgré sa volonté sans cesse réaffirmée de régler son compte à ces djihadistes, Muhammadu Buhari, lui-même, ancien général de l'armée nigériane, n'ait rien pu faire plus que son prédécesseur civil, Goodluck Jonathan, qu'il avait, beaucoup (beaucoup) critiqué pendant la campagne présidentielle de 2015. Muhammadu Buhari aura beaucoup déçu ses homologues de la sous-région : on se rend compte que le Nigeria n'est qu'un géant aux pieds d'argile. Le fait qu'il lance un SOS à la solidarité internationale pour aider les pays du Lac Tchad à éradiquer ce fléau, est une façon de reconnaître son échec personnel.

La 108e session du Conseil des ministres ACP organisée du 12 au 14 décembre, à Bruxelles, a pris fin avec une concertation entre les douze ministres ACP chargés de négocier pour le compte des ACP et la délégation de l'Union européenne que dirigeait le Commissaire à la Coopération internationale et au développement de la Commission européenne, le Croate, Neven Mimica. Du côté des pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique), on a noté la présence du docteur, Issa Doubragne, ministre de l'Economie et de la Planification du développement et président de la Conférence des ministres des pays ACP, du professeur, Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo et négociateur en chef pour le compte des ACP de la future Convention ACP-UE, et du docteur, Patrick I. Gomes, secrétaire général des ACP.

Les Etats-Unis veulent contrer les "comportements prédateurs" de Pékin et Moscou en Afrique, tout en promettant, dans la stratégie africaine de Donald Trump dévoilée, jeudi, 13 décembre, de mettre fin aux aides financières et aux missions de paix de l'ONU inefficaces. En guise de stratégie, il serait, plutôt, question de mettre fin à certaines aides et subventions que Trump juge inutiles pour l'Afrique et qu'il voudrait détourner en faveur d'autres régions du monde amies des Etats-Unis. Il est clair que sur l'Afrique, il n'a aucune stratégie. Pour lui, l'Afrique ne compte pas et n'a jamais compté.

Ex-chef de milice centrafricaine et figure de proue des autorités du football africain, Patrice-Edouard Ngaïssona a été arrêté, mercredi, 12 décembre, en France, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a annoncé la Cour pénale internationale (CPI). Il a été, aussi, brièvement, ministre des Sports dans le gouvernement de l'ancien premier ministre (et actuel président de la République), Faustin Archange Touadéra.

Ils n'arrêteront jamais de nous étonner les Gaulois. Après avoir attaqué la Russie d'avoir utilisé à d'autres fins la résolution onusienne qui l'autorisait à livrer des armes au Centrafrique, la France, après avoir constaté que la Russie faisait la sourde oreille à ses remarques, change, aujourd'hui, de fusil d'épaule. La sortie de la ministre française de la Défense, Florence Parly, est plus conciliante, constructive et montre une volonté de coopération et non de confrontation.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a invité, dimanche, 9 décembre, le président américain, Donald Trump, qui a commenté par une série de tweets critiques le mouvement populaire des "Gilets Jaunes" en France, à ne pas se mêler de politique intérieure française. Il faut dire que « l'ami » Trump est tout hilare de voir Emmanuel Macron, donneur de leçons devant l'éternel, embourbé jusqu'aux cheveux dans une crise qu'on juge facilement évitable aux Etats-Unis.

On était dans la dernière semaine de juillet 2018. Emmanuel Macron était dans la tourmente parce que les Français venaient de découvrir qu’un certain Alexandre Benalla avait violemment frappé un manifestant, le 1er mai 2018. On attendait alors qu’il s’explique. On voulait savoir pourquoi il avait embauché un gamin qui, en plus de faire le boulot des policiers, malmenait des marcheurs aux mains nues. Au lieu de répondre à ces questions, “Jupiter” préféra s’adresser à un groupe de députés de son parti « La République en marche ».

Parmi les principaux pays d'accueil des migrants, très peu devraient être représentés au niveau le plus élevé, à Marrakech, au Maroc. Si la chancelière allemande, Angela Merkel, par exemple, est annoncée, le Français, Emmanuel Macron, sérieusement, embourbé dans des problèmes internes de mal-gouvernance, n'y sera pas, alors qu'il y était aussi annoncé. Toute la semaine dernière, une vidéo a circulé dans les réseaux sociaux en France pour dénoncer la volonté d'Emmanuel Macron (une volonté qu'on lui prêtait) de signer un pacte onusien qui consacrerait l'ouverture des frontières à l'immigration internationale. C'était une Fake News qui a finalement été dénoncée par les autorités françaises, après l'avoir laissé circuler pendant plusieurs jours.

Quand Donald Trump n'est pas content, ça se sait : ce vendredi, 7 décembre, matin, il a, littéralement, étrillé le procureur spécial, Robert Mueller, qui cherche à le pousser dans ses derniers retranchements en tentant de discréditer son enquête dont de nouveaux éléments sont sur le point d'être dévoilés. L'inquiétude du président américain est palpable tout comme son mécontentement : en l'espace de quelques heures, il a publié jusqu'à sept tweets contre le procureur spécial.

Pour ce numéro double 471-472, nous avons hésité entre deux couvertures : Ali Bongo Ondimba dont l'état de santé venait de mobiliser l'attention de toute l'Afrique et de la communauté internationale, et le dictateur 5 étoiles du Congo-Brazzaville. Pour des raisons de sympathie non déguisée, Ali Bongo Ondimba a été choisi pour faire la pleine page dudit numéro.

L'opposante rwandaise, Diane Rwigara, critique du président, Paul Kagame, a été acquittée, jeudi, 6 décembre, par un tribunal de Kigali d'incitation à l'insurrection et falsification de documents, des charges qui lui ont valu d'être emprisonnée, pendant plus d'un an, et dénoncées comme politiques par l'intéressée. "Les charges retenues par l'accusation sont sans fondement", a déclaré le juge président Xavier Ndahayo. La salle d'audience bondée, dans laquelle avaient, notamment, pris place des membres de la famille Rwigara, a laissé exploser sa joie une fois la lecture de la décision achevée. Est-ce la magie de la francophonie ? Car ce retournement de situation qu'on observe, depuis quelques mois, avec la libération d'autres opposants comme Victoire Ingabire, n'est pas le fruit du hasard : Paul Kagame a réussi (malgré beaucoup de critiques) à placer une de ses très proches, son ancienne cheffe de la diplomatie, Louise Mushikiwabo, à la tête de l'OIF (Organisation internationale de la francophonie). Ceci expliquerait cela.

L’un des titres portés par le pape est « le souverain pontife ». Pontife vient de deux mots latins : pons, pontis = pont et facere = faire, construire. Le « pontifex » est celui qui fait ou construit des ponts. Séry Bailly était à sa façon un pontife parce qu’il était un jeteur de ponts entre les générations, parce qu’il voulait que les jeunes sachent ce que les aînés avaient écrit/fait et inversement.

En reculant à propos de la hausse de la taxe sur les carburants, Emmanuel Macron s'est fragilisé, lui-même, mais pas seulement. Il a, également, déstabilisé son premier ministre, Edouard Philippe, qui ne sait plus exactement sur quel pied danser, l'assurance qu'il affichait, jusque-là, ayant été ébranlée. Le chef de l'Etat reste, cependant, très silencieux. Et pour cause ! Va-t-il reculer comme François Hollande hier ? Il avait beaucoup critiqué l'absence de courage de l'ancien chef de l'Etat. Ses anciens collègues du gouvernement de Manuel Valls suivent, avec très (très) grand intérêt, le déroulement des événements qui surviennent, actuellement, suite à son entêtement de vouloir résoudre l'ensemble des problèmes de la France, parfois, sans l'adhésion des Français.

Coup de tonnerre dans la salle d'audience du tribunal militaire de Ouagadougou. Accusé d'être le commanditaire du coup d'état de septembre 2015, ce qu'il a, toujours, démenti, totalement, le général, Gilbert Diendéré, a demandé « pardon », ce mercredi, 5 décembre, matin, aux victimes. Est-il traversé par l'esprit saint pour qu'il redescende, ainsi, sur terre, après avoir donné l'impression qu'il était insensible à la douleur des victimes ? Cette question, pour l'heure, demeure sans réponse.

Les Etats-Unis ont beau réduire le nombre de leurs soldats en Afrique, ils sont "plus engagés que jamais" sur ce continent dont la stabilité est primordiale pour la sécurité internationale, assure le patron de l'armée de terre américaine en Afrique. Mais, au même moment, les Occidentaux au premier rang desquels on compte la France, grande alliée des Etats-Unis au sein de l'OTAN, critiquent l'arrivée de l'armée russe en Centrafrique (le cœur du continent), mais aussi, en Guinée équatoriale, et surtout, au Burkina Faso où l'aide des militaires américains et français n'arrive pas à contenir les attaques des djihadistes à la frontière burkinabo-malienne où les écoles se ferment, en centaines, au nom de la haine vouée à l'endroit de l'éducation « des Blancs ».

Depuis que le général-major, Pierre Buyoya, est devenu une personnalité recommandable au point de travailler pour la paix pour le compte des Nations-Unies ou de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), il aurait bien souhaité que la page de sa vie d'ancien putschiste soit, complètement, effacée de sa biographie. Que non ! Le major a été un distingué déstabilisateur de son pays, le Burundi, pendant plusieurs années. Sa soif pour le pouvoir a causé la mort de beaucoup de Burundais. Maintenant que le petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza, le lui rappelle, il pique une crise hystérique, comme si le pouvoir de Bujumbura avait travesti la vérité. Doublement que non ! Le major, aujourd'hui, est, toujours, en costume cravate bien soigné. Il est devenu un faiseur de paix. Excellente reconversion après avoir participé à la mort de 300.000 Burundais. Malheureusement, pour lui, Nkurunziza n'est pas d'accord.

Le chef de l'Etat sénégalais, Macky Sall, s'est engagé à amener le pays "plus loin et plus haut", lors de son investiture par la coalition présidentielle pour l'élection du 24 février, alors que ses principaux rivaux sont hors course pour des raisons judiciaires. Si le candidat à sa succession est traité de « mauvais joueur » par ses adversaires, lui n'en a cure. Seule compte son passage en force pour un deuxième mandat qui lui tend les bras.

Candidat à sa succession, en 2019, lors de l'élection présidentielle suite au changement de la constitution obtenu par référendum, fin juillet dernier, le président, Azali Assoumani, malgré les rumeurs alarmantes qui affolent les réseaux sociaux, est en bonne santé. On peut même ajouter qu'il sent bien son corps. Il est très bien portant malgré la petite alerte provoquée par sa longue exposition au soleil d'hier. Pour qui connaît Moroni, capitale des Comores, et son (très) beau soleil, un tel malaise n'est pas exceptionnel.

Nouvel épisode dans la saga des "biens mal acquis": la justice française a ouvert une enquête visant l'entourage du président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, à la suite d'une plainte de l'ONG Sherpa sur l'acquisition de propriétés immobilières à Paris. Djibouti n'a pourtant ni pétrole ni gaz mais rien que son port et sa position stratégique sur la Corne de l'Afrique.