Politique

Une dizaine de soldats burkinabé ont été tués dans la nuit de mardi à mercredi, 25 décembre, lors d'une attaque contre un détachement militaire à Hallalé, dans le Nord du Burkina Faso, quelques heures, seulement, après l'attaque d'Arbinda. Cette attaque perpétrée en pleine nuit de Noël, la fête de la nativité célébrée par les chrétiens du Burkina Faso, montre, clairement, qu'au-delà des enjeux politiques, les djihadistes veulent éradiquer le christianisme implanté dans cette partie du pays. Autrement dit, les djihadistes ne mènent pas seulement une guerre politique, de « valeurs » et une façon de concevoir la vie, mais, ils mènent, aussi, une guerre religieuse avec comme objectif final, la suprématie de l'islam radical (et non tolérant) qui autorise de couper les bras et les jambes en guise de punition. Ce qui se passe, aujourd'hui, au Burkina Faso ne concerne pas uniquement ce pays, car les terroristes, une fois qu'ils auront mis le grappin sur ce pays, passeront à d'autres pays dont certains abritent, déjà, sans parfois le savoir, des cellules dormantes de djihadistes. La CEDEAO doit dépasser l'étape du discours et prendre les choses en main car le terrorisme est une épreuve de longue haleine qui ne peut, jamais, jamais, être vaincue par la seule coopération internationale. Pour être efficace, celle-ci ne doit venir qu'en appui aux véritables efforts fournis par le pays lui-même pour le combattre.

A quoi sert, réellement, la présence des soldats américains au Sahel ? Leurs énormes moyens de surveillance, n'ont pas permis de déjouer des attaques qui ont coûté, en centaines d'hommes, ces derniers temps, les armées des trois pays concernés, à savoir, le Burkina Faso, le Niger et le Mali.
Si les dirigeants africains se sentent bâillonnés ou ont peur de dire ce qu'ils pensent, tel n'est pas le cas des peuples africains, qui expriment haut et fort ce qu'ils qualifient de double-jeu des armées occidentales présentes dans le Sahel. Parfaitement lynchée dans les réseaux sociaux et sur internet, l'armée française, par exemple, est invitée à lutter (vrai vrai) contre les terroristes ou à plier bagages. Le fait que son chef suprême, le président, Emmanuel Macron, vole à son secours en « convoquant » les cinq présidents du G5 Sahel, le 13 janvier, à Pau, en France, ne change rien à la situation. La Force Barkhane doit se montrer à la hauteur de la situation, sinon, sa présence au Sahel n'est pas nécessaire, même si on reconnaît, très très honnêtement, le rôle joué par les forces françaises pour empêcher les djihadistes de s'emparer de Bamako, il y a sept ans. C'est justement d'une telle armée (performante et sécurisante) dont les peuples du Sahel disent avoir besoin et non de sa version Barkhane actuelle.
Donald Trump profite-t-il de cette polémique pour mettre fin à la présence de ses boys au Sahel ? Toujours est-il que les Etats-Unis envisagent de réduire considérablement leur présence militaire en Afrique de l’Ouest, voire, d’y retirer complètement leurs troupes engagées dans la lutte antiterroriste, selon le  New York Times, citant des responsables américains.

Le candidat à la présidentielle de 2020 en Côte d'Ivoire, Guillaume Soro, a dénoncé, mardi, 24 décembre, "la brutalité inacceptable" des forces de l'ordre à l'encontre de ses partisans, quelques heures après l'émission d'un mandat d'arrêt international à son encontre par la justice ivoirienne. Soro, le chrétien, voulait fêter Noël auprès de sa femme, ses enfants et ses partisans. La fête de la nativité a un sens pour tout chrétien. Mais, Ouattara, le musulman, regarde, plutôt, du côté de la Mecque. Noël pour lui ne revêt qu'une importance relative. Sur le fond, Guillaume Soro peut avoir raison d'en vouloir à Alassane Ouattara. Mais, toutes choses égales par ailleurs, il ne doit s'en prendre qu'à lui-même. Ce qui lui arrive, aujourd'hui, n'est que la conséquence de ses propres turpitudes politiques d'ancien enfant gâté, faiseur de la pluie et du beau temps, pendant plusieurs années en Côte d'Ivoire.

Ministre des Affaires étrangères, le professeur, Robert Dussey, a signé, lundi, 23 décembre, à Grand-Popo (frontière Togo-Bénin), un accord-cadre de coopération transfrontalière et un mémorandum de coopération sécuritaire avec le Bénin. Précisons juste que les relations entre les deux pays sont excellentes et qu'il s'agit d'ailleurs d'un même peuple qui vit des deux côtés de la frontière, et qui a, injustement, été séparé par l'ancien colonisateur dont le but a, toujours, été le même : diviser pour mieux régner.

Sur le devant de la scène après avoir arraché en avril la démission du président, Abdelaziz Bouteflika, le général, Ahmed Gaïd Salah, était le visage du haut commandement militaire. Un homme autant vilipendé, haï que puissant.

Emmanuel Macron a estimé, dimanche, 22 décembre, à Niamey, que la lutte armée contre les groupes djihadistes au Sahel était à “un tournant” nécessitant une clarification des objectifs militaires et politiques de la mission engagée par la France en 2013 avec l’Opération Serval, puis, Barkhane. Clarification ? Il le faut des deux côtés car la France n'est pas exempte de tout reproche : son armée (la 5e plus forte du monde) n'arrive pas à se mettre à la hauteur des affreux djihadistes qui tuent, violent et pillent, impunément, dans le Sahel, depuis que l'intervention occidentale en Libye l'a déstabilisée, laissant fuir dans la nature, des milliers de djihadistes que Kadhafi confinait de force dans des casernes pour les rendre inoffensifs. En exigeant la clarification de ses cinq homologues du G5 Sahel, il faut bien que le jeune président français commence par le commencement avant de critiquer les peuples africains d'avoir adopté des comportements « anti-français ». Car avant lui, il y a eu François Hollande (2012-2017) et surtout, Nicolas Sarkozy (2007-2012) qui est à l'origine de la grave situation qui prévaut aujourd'hui au Sahel. C'est l'Afrique qui est en position de demander des comptes à la France et non le contraire.

En séjour de deux jours en Côte d'Ivoire, le président, Emmanuel Macron, a convenu avec son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, du changement du F CFA qui va devenir l'ECO courant 2020. Les pays membres de la CEDEAO (y compris ceux de l'UEMOA) doivent surveiller le président ivoirien comme du lait sur le feu car il n'a, jamais, été un partisan d'une monnaie authentiquement africaine, et encore moins, une monnaie africaine qui viendrait remplacer le F CFA qu'il considère (sans rires) comme l'une des meilleures monnaies du monde.

Partira, partira pas ? Poutine relance les conjectures sur l'après 2024. En réalité, après un aller-retour qui lui avait permis de laisser un mandat de cinq ans à son actuel et inamovible premier ministre, Dmitri Medvedev, de 2008 à 2012, le tsar, Vladimir Poutine, voudrait rester, définitivement, au pouvoir, comme son allié chinois, Xi Jinping, qui a modifié la constitution pour devenir président à vie. En effet, Poutine est fasciné par le style de gouvernance de Xi Jinping. En raison de sa pratique du pouvoir très personnalisé, rompant avec l'effacement relatif de ses prédécesseurs, de son exaltation du sentiment national chinois et de sa mainmise totale sur le parti, Xi Jinping est souvent présenté comme le dirigeant le plus puissant et le plus autoritaire de Chine depuis Mao. A la suite d'une modification de la constitution, il peut théoriquement rester président de la Chine et du Parti communiste, pour une durée indéterminée, alors que ses prédécesseurs étaient limités à deux mandats depuis 1998. Par ailleurs, la « pensée » de Xi Jinping est inscrite dans la doctrine et la constitution du parti communiste chinois, un privilège jusqu'ici réservé à Mao et Deng Xiaoping (le père de la Chine moderne). Vladimir Poutine rêve exactement de la même chose. Le connaissant, il va y parvenir

La visite que le jeune président français effectue en Côte d'Ivoire est économique, mais, surtout, politique. On passe outre le fait que les deux présidents vont relancer leur stratégie pour retarder le plus longtemps possible l'entrée en service de la monnaie ECO au sein de la CEDEAO, Ouattara n'ayant pas pu imposer le F CFA aux géants du Nigeria et du Ghana, mais, ce voyage permet, aussi, au président ivoirien de demander, formellement, l'appui politique de son homologue et ami afin que son inévitable candidature pour un troisième mandat à la tête du pays, ne soit pas un moment fâcheux pour la paix et la stabilité en Côte d'Ivoire. Si la Côte d'Ivoire doit justement préserver cette paix et cette stabilité (précaires), Macron devrait, fortement, le décourager. Mais le fera-t-il ?

Alpha Condé a publié, jeudi, 19 décembre, soir, un projet de Constitution qui devrait être prochainement soumis à l'approbation des Guinéens. Dans ce domaine, le conseiller en chef du président guinéen n'est autre que le « grand démocrate » congolais, Denis Sassou-Nguesso. A partir de cette annonce qui fait raidir l'opposition, nous allons voir ce que nous allons voir en Guinée, en 2020. Des jours sombres en perspective.

Personne ne doit toucher à Lénine : le président russe, Vladimir Poutine, a soutenu, ce jeudi, 19 décembre, que le corps du révolutionnaire bolchévique, conservé dans un mausolée sur la Place Rouge à Moscou, ne devait pas être déplacé.

A l’invitation du professeur, Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, la secrétaire générale de l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie), la Rwandaise, Louise Mushikiwabo, a effectué une visite officielle à Lomé, du 16 au 18 décembre 2019. Cette visite s’inscrivait dans le cadre du renforcement des relations de coopération entre l’OIF et le Togo, pays qui abrite, en plein cœur de Lomé, depuis les années 80, un important centre culturel appelé « le Village du Bénin », qui est un démembrement de l'OIF.

Le procès de l'ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens, Charles Blé Goudé, qui devait s'ouvrir, mercredi, 18 décembre, a été reporté, un pourvoi en cassation ayant été déposé, selon son avocat, Maître Suy Bi Gohoré. C'est le président, Alassane Ouattara, qui est derrière cette manœuvre alors qu'il a transféré Blé Goudé à la CPI (Cour pénale internationale) où il avait été élargi de ses charges, au grand étonnement du pouvoir ivoirien, même s'il n'a pas encore recouvré sa totale liberté. Est-ce par peur de le revoir revenir en Côte d'Ivoire où, forcément, il constituerait une menace certaine pour le pouvoir que le président Ouattara, décide de le poursuivre à nouveau ? Après avoir raté la réconciliation des Ivoiriens, Alassane Ouattara semble vouloir recourir à un troisième mandat, qui, pense-t-il, le mettrait à l'abri de certains désagréments. Il craint la loi du Talion : « Oeil pour œil, dent pour dent ». Mais de là à s'en prendre à Charles Blé Goudé, il n'y a qu'un pas qu'il a franchi, se fichant des qu'en dira-t-on. Même la procureure de la CPI, Fatou Ben Souda, qui cherche à garder Blé Goudé en prison à La Haye, doit se demander les raisons pour lesquelles « son client » est, au même moment, poursuivi par les tribunaux ivoiriens ? La Côte d'Ivoire n'est plus un Etat de droit. La Côte d'Ivoire devient une dictature. C'est comme si Alassane Ouattara avait perdu le nord (c'est-à-dire le sens de toute mesure).

Lors du 27e Sommet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), qui se déroula à Londres, les 3 et 4 décembre 2019, le président français a vivement souhaité que ses homologues du G5 Sahel aient une position claire sur la présence de Barkhane dans leurs pays respectifs. Quoi de plus normal, pourrait-on dire ! Mais, à l’exception du Parti communiste français et de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, y a-t-il classe politique plus ambiguë que celle de France, depuis de Gaulle jusqu’à Macron ?

« Nous allons passer à la vitesse supérieure » au Sahel, annonce le général, François Lecointre, chef d'état-major des armées françaises. Il faut admettre que la pression sur la Force Barkhane est au maximum dans le Sahel. Les résultats à la hauteur de la réputation de l'armée française ne sont pas au rendez-vous. Loin de là. Au contraire et pire même, cette dernière est accusée, fortement, de favoriser l'ennemi djihadiste. En lui filant, parfois, des renseignements sur les positions des armées régulières. Il faut donc dire que la France et son armée sont acculées de partout. Dans le Sahel, les populations demandent même le retrait de celle-ci, sans qu'elles ne proposent une alternative crédible à Barkhane. La « convocation » des présidents membres du G5 Sahel par Emmanuel Macron semble être comme l'histoire de l'arroseur arrosé. Convoqués pour donner des comptes, les chefs d'Etat africains concernés entendent, eux aussi, demander des comptes à leur homologue français. La relation n'est plus bonne, même en apparence, entre les deux parties. Que de battre en retraite, la France préfère annoncer qu'elle va faire monter son armée en régime. Question de ne pas perdre la face en Afrique. Question, aussi, de faire taire les critiques ? Dans tous les cas, la Force Barkhane est, désormais, sous surveillance. Par les peuples du Sahel. Cela dit, le général Lecointre a dit une vérité biblique : si les politiques ne prennent pas le relais avec des actions civiles d'éclat sur le plan du développement, l'action militaire à elle seule, ne peut suffire. La balle, à ce niveau, est dans le camp des présidents de la sous-région, élus pour développer leurs pays.

En exil après avoir été chassé du pouvoir en 2013, François Bozizé vient de rentrer à Bangui, selon son parti et ses proches. L’ancien président centrafricain n'a jamais caché son intention de reprendre le pouvoir par les urnes, alors que se profile la présidentielle de décembre 2020. Sa candidature va bouleverser la donne et le premier à s'en inquiéter pourrait être l'actuel président de la République. En effet, tous les deux puiseraient leur force électorale dans le même gisement.

Les cinq chefs d'Etat membres du G5 Sahel se sont réunis, dimanche, 15 décembre, à Niamey, pour faire part de leurs condoléances à leur homologue du Niger, Mahamadou Issoufou, au lendemain du massacre de 71 soldats nigériens de la garnison d'Inatès par les les djihadistes de l'Etat islamique, mais aussi, pour élaborer d'autres stratégies plus gagnantes contre ce phénomène qui semble prendre le dessus sur les moyens mis en œuvre pour le combattre.

Omar el-Béchir, destitué en avril par l'armée sous la pression de la rue après 30 ans au pouvoir, a été condamné, samedi, 14 décembre, à deux ans en centre correctionnel pour corruption, première condamnation pour l'ex-dictateur soudanais, dont les ennuis judiciaires pourraient continuer.

Au Ministère des Affaires étrangères, de l'Intégration africaine et des Togolais de l'extérieur, les choses ne se passent pas comme dans les autres ministères. C'est un ministère à part, qui produit des résultats à part, avec à sa tête, un ministre à part. C'est ainsi que, vendredi, 13 décembre, ce « ministre à part », le professeur, Robert Dussey, pour ne pas le nommer, a organisé une cérémonie pour primer les meilleurs collaborateurs du ministère, avec à la clé, le Prix d'excellence pour celui des travailleurs qui a fait l'unanimité par son travail, ses résultats, son comportement, son dévouement, au cours de l'année qui finit. On ne doit, donc, pas être étonné par le bilan des activités de ce ministère. Chaque agent donne du mieux qu'il peut à longueur de l'année car il sait qu'il est noté, et donc, peut être récompensé par une distinction à la fin de l'année. Et si les autres ministères copiaient ce bel exemple ?

Les Algériens ont un nouveau président. Abdelmadjid Tebboune, un ex-fidèle du président déchu, Abdelaziz Bouteflika, a été élu pour lui succéder à la tête de l'Algérie. L'ancien premier ministre a recueilli 58,15% des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle, a annoncé, vendredi, 13 décembre, l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), au lendemain d'un scrutin massivement boudé par la population.