Politique

Certaines personnes pensent que le rôle des prêtres et évêques se limite à appeler à la paix politique et sociale. Ce n’est pas mon avis car le psaume 84, pour ne citer que cet exemple, nous apprend que c’est la justice, mais également, la vérité qui conduisent à une paix durable dans un pays. C’est sur la base de ce principe que des prophètes comme Amos, Nathan, Osée, Ezéchiel (Ancien Testament), Jean-Baptiste et Jésus (Nouveau Testament), prenaient la parole pour fustiger tout ce qui blesse ou bafoue la dignité humaine. Car le prophète ne sait pas tourner autour du pot ; de sa bouche ne sortent que des paroles de feu ; il dévoile les choses qui sont cachées ou qu’on veut dissimuler (c’est le sens du mot latin profiteor).

Les élections au Togo donnent, rarement, de l'ennui. Elles constituent, généralement, des moments de vie inoubliables pendant lesquels on peut, facilement, mettre entre parenthèses ses soucis personnels pour laisser place aux rêves que distillent avec grande intelligence les différents candidats. La chance d'Unir (Union pour la République), c'est son héritage, des acquis du défunt RPT (Rassemblement du peuple togolais), qui était un expert hors pair en matière d'animation électorale. Le dernier meeting dans le commune d'Agoè-Nyivé 1 n'a pas échappé à la règle.

Le président camerounais, Paul Biya, se repose, à Genève, depuis dimanche, 23 juin, soir. Il y est, pour quelque temps « un bref séjour » dit un communiqué de la présidence camerounaise, avec la première dame, Chantal Biya. Le chef de l'Etat camerounais n'y avait plus mis les pieds depuis plus de neuf mois. Cela dit, son séjour ne sera pas de tout repos. Après avoir marqué son accord à la proposition de médiation suisse dans le cadre de la crise anglophone, il mettra son « bref séjour » à profit pour rencontrer plusieurs personnalités suisses impliquées dans cette médiation afin de la faire avancer, sachant que les élections régionales seront programmées au courant du dernier trimestre de cette année, ce qui n'est pas le cas des élections locales et législatives qui ont été repoussées à l'année prochaine.

Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a été hospitalisé dans un état critique, jeudi, 27 juin, le jour où un double attentat suicide revendiqué par l'organisation djihadiste, Etat islamique (EI ou Daesh), a tué un policier à Tunis, faisant ressurgir le spectre de la violence. Avec pour conséquence immédiate, le sabotage de la remontée des réservations touristiques, qui commençait, déjà, à donner de l'espoir au gouvernement tunisien et à ses partenaires extérieurs.

Un style vif, des chapitres courts, pour relater trente ans de sa vie politique. Passions, qui sort, jeudi, 27 juin, et est tiré à 200 000 exemplaires, est à l’image de Nicolas Sarkozy. On y retrouve un ton percutant, qui ne s’embarrasse pas de périphrases, des anecdotes piquantes et drôles et in fine un témoignage très éclairant sur l’histoire intime et humaine de la droite au cours de ces dernières années.

Les responsables militaires et religieux éthiopiens ont rendu hommage au chef d'état-major de l'armée, condamnant son assassinat et ceux de responsables régionaux, samedi, 22 juin, lors d'une cérémonie chargée d'émotion, mardi, 25 juin, durant laquelle le premier ministre, Abiy Ahmed, a, ouvertement, pleuré.

Actuellement, le mouvement des gilets jaunes faiblit, mais ne rompt pas ! Or, au-delà de leurs revendications socio-économiques, apparaît un enjeu démocratique, celui de la violence légitime ou illégale exercée par les forces de l’ordre, qui porte notamment sur la liberté d’expression par le droit démocratique de manifester. Si le Lanceur de balle de défense (LBD) est considéré comme une arme létale ou non létale, il peut être autorisé légalement ou non à l’encontre de manifestants. Si le LBD est classé comme une arme non létale, il peut alors soit être utilisé en cas de légitime défense seulement, ou bien, comme une arme d’attaque, afin de « gérer » les déplacements des manifestants. Par contre, si des policiers attaquaient des personnes qui manifestent pacifiquement avec une arme létale, ce serait anti-démocratique et illégale en France au regard de la loi de 2019. Or, en fonction de l’interprétation de la loi par le ministère de la Défense et par les préfets dans le cadre du pouvoir exécutif, mais aussi, par les juges du siège, dans le cadre du pouvoir judiciaire, alors l’usage du LBD sera considéré comme relevant d’actions légales ou illégales, démocratiques ou anti-démocratiques ! Or, une justice équitable et une démocratie conséquente, ne peuvent dépendre d’une aussi grande latitude en matière d’interprétation.

« Evitez-nous une autre guerre », demandent 5 fois les évêques et archevêques catholiques aux acteurs politiques dans le message de leur 113e Assemblée plénière à Agboville. Pour moi, il n’y a ni originalité, ni engagement, ni courage dans cette assertion car tout le monde aspire à la paix. Nos prélats n’apportent rien de nouveau au débat en se bornant à parler d’une peur qui est en train de gagner la population et qui est « liée à la réalité des conflits inter-communautaires récurrents, aux questions d’insécurité, du foncier, de l’occupation illicite des forêts classées, de l’orpaillage clandestin et des problèmes relatifs à l’identité ivoirienne ».

La principale incompréhension de ce scrutin, c'est finalement le fait que les candidats de l'opposition, se comportent comme s'ils espéraient, réellement, que le sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz, avait accepté de quitter le pouvoir sans assurer ses arrières. Il a bien dit, dans une conférence de presse tenue avant la présidentielle, qu'il n'était pas exclu qu'il soit, à nouveau, candidat dans cinq ans, car le constitution ne le lui interdit pas. Le message était, suffisamment, clair pour faire comprendre aux Mauritaniens qu'il va assurer la réélection de son poulain (cela s'est fait au premier tour) qui assurera la gestion du pouvoir, pendant un seul mandat, avant son retour, en 2024. Si cette stratégie à la Poutine était décelable même pour un étudiant de deuxième année de sciences-politiques de l'Université de Nouakchott, elle n'a pas, volontairement, été prise en compte par l'opposition, surtout, les quatre candidats malheureux, qui veulent porter leur contestation auprès du Conseil constitutionnel. N'ont-ils pas autre chose à faire ?

Voilà un président de la République, qui, toutes ces dernières années, n'a pas varié d'un iota dans son discours. Il avait, toujours, dit que les versets du coran lui interdisaient de modifier la constitution pour briguer un troisième mandat consécutif, et qu'il respecterait la constitution. Comme sous d'autres cieux en Afrique, il s'est trouvé des partisans qui le poussaient à braver cet interdit d'ordre religieux et à penser, avant tout, au peuple qu'il n'avait pas le droit d'abandonner. Le général-président a passé outre ces faux conseils et écouté la voix de son cœur (ainsi que le coran), qui lui demandait de passer la main. Dans d'autres pays africains, les chefs d'Etat font le contraire parce qu'ils sont, tellement, liés à la jouissance du bien public pour lequel ils ne rendent aucun compte. Ce n'est, visiblement, pas le cas du président sortant. A Afriqueeducation.com, le général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, n'était pas notre tasse de thé. Il y était même, régulièrement, vilipendé. On lui reprochait beaucoup de choses dont le fait qu'il ait protégé (malgré quelques mesurettes) le système esclavagiste qui fait que les Noirs et les Haratines sont des Mauritaniens de seconde zone. Avec ce départ voulu, on lui reconnaît une hauteur d'esprit qui suscite du respect à son égard et de la sympathie à sa personne.

Paul Biya, le très silencieux président du Cameroun, n'a, vraiment, pas de chance. Il a un parti, le RDPC, une grosse machine par excellence, et une majorité présidentielle solide, qui ne l'aident pas beaucoup. Tenez ! La chanson qu'on entend, partout, c'est que Paul Biya est un président vieux, âgé de 86 ans, qui est aux affaires depuis plus de 36 ans. Et qu'il doit laisser la place à quelqu'un d'autre, plus jeune que lui.

Le 5 juin 2019, Henri Konan Bédié révélait que, dans nos villes et villages, certains étrangers possédaient des armes et utilisaient ces armes pour tuer les nationaux en cas de différend (1); qu’on donnait à Abobo les papiers ivoiriens à des étrangers pour qu'ils puissent voter en 2020 (2) ; que des étrangers exploitaient, illégalement, l’or et d’autres minerais (3) et que ceux qui favorisaient la venue massive et agressive d’étrangers en Côte d’Ivoire (4) avaient pour but de faire des Ivoiriens des étrangers sur leur propre sol.

Les plus hauts dirigeants de Chine et de République populaire démocratique de Corée (RPDC) ont déclaré, jeudi, 20 juin, que les deux pays devaient rester fidèles à leurs aspirations originelles, et s'efforcer de créer, à un nouveau point de départ historique, un avenir prometteur pour les relations entre les deux partis et entre les deux Etats. Une déclaration qui inquiète Donald Trump au plus haut point et qui l'isole un peu plus.

Le président des Comores, Azali Assoumani, qui n'a, jamais, ménagé ses efforts pour faire revenir l'Ile de Mayotte dans le giron national, sera, sans doute, très content de l'interpellation que Moscou vient de faire à Paris sur la question de Mayotte. En visite officielle en France, le nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a reçu le soutien d'Emmanuel Macron qui, parlant du différend entre la Russie et la Crimée, a parlé d'une « annexion illégale de la Crimée par la Russie ». Colère du ministère russe des Affaires étrangères qui a demandé au président français de balayer devant sa porte en évoquant le « 101e département français » (Mayotte). Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, est un concept qui est moins considéré par la France, ancien pays colonisateur par excellence, que par la Russie, qui s'est, toujours, distinguée dans son soutien aux peuples qui cherchent à s'autodéterminer. Sur la question de Mayotte, la diplomatie comorienne sait qu'en se rapprochant de la Russie, elle trouvera une oreille attentive.

Ceux qui avaient dit que le lancement du PND (Plan national de développement) togolais n'était qu'un programme de plus car c'est du déjà vu et du déjà entendu, se mordront, bientôt, la langue d'avoir parlé trop tôt. Car, après son lancement le 4 mars, à Lomé, par le président, Faure Gnassingbé, en présence des partenaires privés et publics nationaux, bilatéraux et multilatéraux du Togo, le président a organisé, les 13 et 14 juin, à Lomé, le premier Forum économique Togo-Union européenne, en présence d'un vice-président de la Commission de l'UE et de plus de 300 entreprises européennes. Bilan : plus de 1,3 milliard d'euros de projets vont être financés. Un succès qui ne dit pas son nom. Dans la foulée, le président a envoyé son ministre des Affaires étrangères, le professeur, Robert Dussey, au Brésil pour une mission dont le but est de renouveler l'expérience qui vient d'être réussie avec l'UE à Lomé. Ses contacts ont abouti à la tenue, au Brésil, très prochainement, du premier Forum économique Brésil-Togo dans le cadre du PND, en présence du chef de l'Etat togolais en personne.

La justice française a, définitivement, validé, mardi, 18 juin, le renvoi devant le tribunal correctionnel de l'ex-président, Nicolas Sarkozy, poursuivi, notamment, pour la "corruption" d'un haut magistrat de la Cour de cassation. Il est écrit dans la Sainte Bible que « Qui crache en l'air retombe sur sa face ». Le quinquennat de Sarkozy fut une calamité pour l' Afrique avec les deux coups d'état violents qu'il y organisa, d'une part, contre le colonel, Mu'ammar al Kadhafi, pour le chasser du pouvoir avec de lourdes conséquences (tout le Sahel est aujourd'hui affecté par des djihadistes sortis des geôles de Kadhafi ; ils se retrouvent dans la nature où ils dictent désormais leur loi aux Etats) et, d'autre part, en Côte d'Ivoire, avec l'éviction par l'armée française (missionnée par le président Sarkozy) de Laurent Gbagbo de son fauteuil de chef d'Etat pour y placer un ami personnel, Alassane Ouattara. Ces crimes ne font l'objet d'aucune poursuite pénale en ce moment de son auteur. C'est en France que l'ancien président est poursuivi pour d'autres délits qui vont le conduire, bientôt, en correctionnelle.

C'est la question qui se pose à dix-huit mois de la présidentielle américaine à laquelle l'actuel locataire de la Maison Blanche est candidat pour un deuxième mandat. Personnage controversé, Donald Trump a, effectivement, lancé la campagne pour sa réélection en 2020, mardi, 18 juin, devant 20 000 supporters réunis à Orlando. Le président américain a repris ses thèmes favoris de 2016 et attaqué, avec violence, les démocrates, accusés de vouloir "détruire le rêve américain". « Son » rêve américain !

L'ex-président soudanais, Omar el-Béchir, a été déféré, dimanche, 16 juin, au parquet en charge des affaires de corruption à Khartoum, sa première apparition en public depuis sa destitution par l'armée en avril sous la pression de la rue. Nul n'étant au-dessus de la loi, l'ancien président mérite, amplement, de comparaître devant la justice de son pays d'autant plus qu'il est accusé de mauvaise gouvernance et de détention illégale de très fortes sommes de devises, ce qu'il laisse croire qu'il aurait, massivement, détourné les fonds publics. La comparution d'Omar el-Béchir, président du Soudan, il y a encore six mois, ne laisse aucun chef d'Etat africain indifférent, surtout, ceux qui ont une certaine durée au pouvoir et qui sont contestés dans leur pays.

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré être opposé à la création de quotas pour le droit d’asile, tout en se demandant s’il ne faudrait pas en instaurer pour l’immigration. Une interrogation métaphysique qui soulève la polémique en France où le débat sur cette question ne se déroule, jamais, de façon apaisée.

Le texte qu’on va lire pourrait s’appliquer tout aussi bien aux pasteurs et imams de la Côte d'Ivoire. Si je ne m’adresse qu’aux évêques catholiques, c’est parce que ces derniers ont leur assemblée plénière, du 17 au 23 juin 2019, à Agboville, qui se situe à 80 km d’Abidjan. En outre, ne dit-on pas que « la charité bien ordonnée commence par soi-même » ?