Politique

A la suite de leur rencontre, mardi, 10 avril dernier, au palais de la présidence de la République, le président, Alassane Ouattara, et son aîné, Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA et président du présidium du RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix), ont donné leur accord pour la création du parti unifié dénommé RHDP dont le principe a été adopté, lundi, 16 avril, par les autres présidents des partis membres, c'est-à-dire, l'UDPCI, le MFA, l'UPCI et le PIT. Après avoir signé le document d'accord politique, les six partis concernés devront, maintenant, entrer dans le vif du sujet, en mettant sur pied, un autre parti politique en bonne et due forme (le RHDP) en lieu et place des six partis existants. Un exercice qui est loin, très loin d'être aisé, à deux ans de l'élection présidentielle à laquelle le candidat du PDCI-RDA ambitionne d'être le représentant unique du RHDP.

Aide toi et le ciel t'aidera. Elu président du Nigeria, spécialement, pour vaincre la secte terroriste, Boko Haram, Muhammadu Buhari, qui a échoué dans cette mission, s'est-il donné les moyens pour réussir ? Alors que son pays compte l'armée la plus nombreuse du continent, celle-ci est, paradoxalement, la moins efficace sur le terrain dans la guerre qui est menée contre Boko Haram. Les armées des trois autres pays engagées dans la même guerre, à savoir, le Tchad, le Niger et le Cameroun, sont, nettement, plus performantes que celle du Nigeria. Et tant que ce problème fondamental ne sera pas résolu et que Boko Haram continuera à faire des militaires du Nigeria ce que bon lui semble, la sous-région du Lac Tchad ne viendra, jamais, à bout du problème de Boko Haram. Avant l'arrivée de Buhari au pouvoir, les observateurs mettaient cette contre-performance de l'armée sur le fait que le président, Goodluck Jonathan, étant un civil, n'était pas obéi et respecté par les militaires. Mais voilà qu'avec un militaire à la tête du pays, le problème reste entier.

Neuf chefs d'Etat membres de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), se sont retrouvés, samedi, 14 avril, à Lomé, autour de leur homologue, Faure Essozimna Gnassingbé, président du Togo et président en exercice de cette organisation, pour trouver une solution définitive à la lancinante question bissau-guinéenne. C'est un problème récurrent qui perturbe le fonctionnement institutionnel de ce pays depuis trois ans et qui peinait à trouver une solution digne de ce nom. Pendant sa présidence en exercice, le Togolais, Faure Gnassingbé, y est parvenu grâce à l'efficacité de sa diplomatie dont les va et vient entre Lomé et Bissau, ont fini par porter les fruits salués par tous. D'où la convocation du Sommet extraordinaire ce 14 avril, à Lomé, qui a permis aux chefs d'Etat d'acter les décisions de sortie de crise dont la mise en place sera co-assurée, non seulement, par le président de la Guinée et médiateur de la CEDEAO pour la Guinée Bissau, Alpha Condé, mais aussi, par Faure Gnassingbé, en tant que président en exercice de la CEDEAO et par José Mario Vaz, lui-même, président de la Guinée Bissau. A Lomé, les chefs d'Etat, au vu de ce résultat inespéré, ont poussé un ouf de soulagement et adressé bien des éloges mérités à leur homologue, Faure Gnassingbé.

Si l'opinion publique française est partagée sur la participation de l'armée française aux frappes en Syrie de cette nuit, les Anglais, eux, ne prennent pas de gants pour signifier leur mécontentement contre le jusqu'au boutisme de leur première ministre, Theresa May, dont le pays s'est, toujours, aligné sur les positions va-t-en guerre de Washington de façon quasi-automatique depuis l'époque de Tony Blair que d'aucuns qualifiaient d'ailleurs de « caniche de Bush ». Depuis 2007, c'en est fini de l'indépendance de la France que Jacques Chirac avait bien su incarner avec son chef de la diplomatie de l'époque, Dominique de Villepin, en signifiant la neutralité de la France dans l'accusation non démontrée des armes chimiques que Colin Powel brandissait aux Nations-Unies. A partir de 2007, en effet, Nicolas Sarkozy (soutenu par son chef de la diplomatie Bernard Kouchner) a aligné la France sur l'atlantisme américain en se rapprochant de l'OTAN. Par la suite, François Hollande ne s'en est pas départi et a, plutôt, confirmé cette position qu'accentue, aujourd'hui, Emmanuel Macron. Désormais, l'Amérique n'a pas un seul caniche à sa solde, mais deux : la première ministre britannique et le jeune président français, Emmanuel Macron (voir notre photo montrant Trump et ses deux caniches).

L'ex-guérillero tombeur de Milton Oboté est-il devenu tolérant ou a-t-il vu qu'il se rendait ridicule en poursuivant devant une justice aux ordres, deux petits chanteurs ougandais qu'il doit au contraire protéger au lieu de les brimer, juste parce qu'ils ont dit, dans une chanson, ce qu'ils pensaient en leur for intérieur, à savoir, que leur président, trop âgé, devait prendre sa retraite ? Le titre de la chanson, « Mzei Wumula », en langue luganda, signifie, tout simplement, « Prends ta retraite, vieil homme ». L'ex-guérillero s'est mis dans une colère indescriptible qui rappelle celle du président camerounais, Ahmadou Ahidjo, dans les années 70. En effet, le premier président du Cameroun avait, carrément, emprisonné, sans procès, le chanteur populaire de l'assiko, Jean Bikoko dit Aladin, qui avait affirmé dans une chanson que « Yak Baoussa ba gwé ngen » (Même les Haoussa ont leur temps), autrement, dit, ils ne resteront pas, éternellement, au pouvoir. Mais, quelques mois, plus tard, il ordonnait sa libération. L'histoire se répète en Ouganda : l'ex-guérillero a, politiquement, stabilisé son pays, en conservant le pouvoir, mais, il ne doit pas beaucoup aimer l'humour. Surtout quand celui-ci met à mal sa (modeste) personne.

Désinformation, amplification, intimidation : les dictateurs africains comme le Tchadien, Idriss Déby Itno, le Rwandais, Paul Kagame, le Soudanais, Omar el-Béchir, le Mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, sans oublier, le négativement célèbre en la matière, l'Egyptien, Abdel Fattah el-Sissi, suivent de bon pied leur modèle dans le domaine de la censure et de la manipulation, à savoir, le Russe, Vladimir Poutine, et le Chinois, Xi Jinping. Deux prédateurs (hors pair) de la liberté de la presse, qui opèrent, impunément sur internet. Reporters sans frontières (RSF) montre comment ils procèdent et comment contourner leurs manoeuvres.

Depuis que le Sommet de fin décembre 2016, à Yaoundé, entre les pays de la CEMAC, la France et le FMI, avait débouché sur la non-dévaluation du F CFA, mais encouragé chaque pays membre à se rapprocher du FMI pour signer un programme de redressement, seul le Congo-Brazzaville est en (bien) mauvaise posture. Si la Guinée équatoriale, pour des raisons idéologiques et d'indépendance nationale, a préféré trouver d'autres moyens internes pour maintenir son autonomie et ses marges de manœuvre en ne signant pas, le Congo-Brazzaville, lui, peine à conclure un programme avec le FMI, comme l'ont, déjà, fait le Tchad, le Gabon, le Centrafrique et le Cameroun. Après lui avoir présenté un endettement public de 77% par rapport au PIB, en septembre, le Congo-Brazzaville a dû reconnaître, trois mois plus tard, un peu honteusement, qu'il avait occulté certaines créances pour ne pas aggraver la dureté du programme qui allait en découler. C'est ainsi que, dans un deuxième temps, sa dette publique est montée à 122% du PIB, son niveau actuel. Mais il faut préciser que ce niveau (déjà anormalement élevé) ne tient pas compte de la dette contractée auprès des créanciers privés (Glencor, Trafigura, Total, etc.). Quand on l'ajoute, elle s'élève à plus ou moins 200% du PIB. Un niveau qui fait froid au dos, même à Paris, d'où l'extrême prudence du FMI à signer avec les autorités d'un pays qui sont devenues expertes en dissimulation des créances. La visite du ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, cette fin de semaine, à Brazzaville, où il va présider une réunion sur la zone franc, permettra-t-elle à Denis Sassou-Nguesso d'obtenir, enfin, la caution de Paris, et passer à l'étape de la signature d'un programme ?

Là où elle fait de bonnes affaires, la Chine ne se mêle, jamais, de politique. Elle ne fait qu'aligner des contrats. Sa stratégie est, radicalement, différente de celle des Occidentaux, grands donneurs de leçons d'éthique et de morale (qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes) devant l'éternel. Avec son trésor de guerre, l'empire du milieu ne se fait pas prier pour conquérir l'Afrique. Cette Afrique qui est de moins en moins la chasse gardée de l'Occident. Ce dernier tente, actuellement, de rattraper son retard en suscitant, parfois, des conflits (sans queue ni tête ici et là), juste pour qu'on continue de faire appel à lui. Chacun fait la politique de ses moyens.

L'appareil s'est crashé peu, après son décollage, près de la base aérienne de Boufarik, à une trentaine de kilomètres au Sud d'Alger.

Il y a eu la création d'un nouveau parti politique, le Front patriotique, avec la bénédiction de Robert Mugabe, qui laisse songeur. Ce parti, dirigé par un ancien général, rassemble tous ceux qui étaient proches de l'ex-première dame, Grace Mugabe, et qui se sentaient ostracisés au sein de la Zanu-PF après la perte du pouvoir par Camarade Bob. Le Front patriotique présentera son propre candidat contre Emmerson Mnangagwa, le successeur de Robert Mugabe, à la prochaine élection présidentielle de cette année. Comme pour la faire taire, le nouveau pouvoir a diligenté une enquête pour savoir dans quelles conditions Grace Mugabe avait obtenu son doctorat de philosophie qu'on menace, d'ailleurs, de lui retirer. D'autre part, le nouveau pouvoir lui reproche, aussi, d'avoir, par le passé, trafiqué l'ivoire pour s'enrichir à titre personnel. De son côté, Robert Mugabe en accordant sa première interview, depuis sa chute, il y a quelques semaines, a déploré le fait que l'Afrique du Sud n'ait pas fait intervenir son armée pour stopper le coup d'état militaire dont il a été victime. Autant d'éléments qui montrent que les choses se gâtent entre le couple Mugabe et le nouveau pouvoir, ce qui risque de crisper le paysage politique zimbabwéen.

L'année dernière, un mouvement armé (que nous ne nommons pas) avait, ouvertement, menacé le président, Faustin Archange Touadera, qu'il restait sous la menace de son éviction du palais présidentiel à cause de son incapacité à résoudre la crise centrafricaine pour laquelle il a été élu président de la République chef de l'Etat. Il faut reconnaître que la situation dans le pays s'est beaucoup dégradée : de 2 départements qui connaissaient l'insécurité quand Faustin Archange Touadera prenait le pouvoir en mars 2016, on est passé, aujourd'hui, à 14 départements sur 16 qui sont, totalement ou partiellement, sous le contrôle des milices qui se créent tous les jours que Dieu fait. Le président Touadera qui essuie les critiques de partout (et même plus discrètes des chefs d'Etat de la sous-région qui sont fatigués de résoudre les problèmes sans solution du Centrafrique depuis de très longues années) a fini par perdre tout crédit dévolu au président démocratiquement élu qu'il est. Pour certains observateurs, il attend, tranquillement, la fin de son mandat dans trois ans pour passer le témoin tandis que pour d'autres, il serait suicidaire qu'il reste à la tête du pays dans les conditions actuelles jusqu'au terme de son mandat. Les événements de dimanche, 8 avril, soir, d'une gravité extrême, posent la question de la longévité de Touadéra à la tête de l'Etat. Son compte à rebours a-t-il commencé ?

Depuis quelques jours, la presse privée mauritanienne se fait l'écho de la découverte d'ossements humains dans une fosse commune à quelques kilomètres de l'arrondissement de Choum, dans la Wilaya de l'Adrar. Les médias ont indiqué que les ossements seraient ceux de quinze personnes dont certaines semblaient avoir été ligotées. Qui est à l'origine de cette barbarie ? Dans le système vertical du président, Mohamed Ould Abdel Aziz, les décisions viennent du sommet de l'Etat. Est-ce la raison du silence de cathédrale des autorités de Nouakchott ? Toujours est-il que le Collectif des Veuves que dirige Houlèye Samba Sall s'insurge, fortement, contre cette attitude silencieuse et très indifférente des autorités mauritaniennes, face à la douleur des parents des victimes concernées. Elle s'indigne à très haute voix et demande la lumière, toute la lumière, sur ces charniers, directement au général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, l'homme qui décide de tout en Mauritanie.

L'ex-premier ministre, Jeannot Ahoussou-Kouadio, a été élu, jeudi, 5 avril, à Yamoussoukro, à 230 km d'Abidjan, président du Sénat créé pour la première fois au sein du Parlement de la Côte d'Ivoire depuis l'accession du pays à l'indépendance en 1960. Proche parmi les plus proches du président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, Jeannot Ahoussou-Kouadio devient, ainsi, constitutionnellement, le troisième personnage de l'Etat, et ce avant le président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro.

L'ex-présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, a été condamnée, ce vendredi, 6 avril, à 24 années de prison pour son rôle dans le retentissant scandale de corruption qui avait précipité sa disgrâce l'année dernière. Hier, c'est l'ancien président du Brésil et candidat à la présidentielle de cette année, Lula Inacio da Silva, qui a écopé de 12 ans de prison ferme pour avoir été corrompu par une entreprise de bâtiment qui lui aurait offert une luxueuse villa au bord de la mer. Conclusion : La justice devient intraitable face aux dirigeants qui se hissent à la tête des Etats, non pas pour servir les peuples, mais, pour se servir eux-mêmes. Avis aux dirigeants africains.

Coup de tonnerre au Brésil : l'ancien chef d'Etat, Lula, pourrait se retrouver en prison, à six mois d'une élection présidentielle pour laquelle il est donné favori. En effet, l'ancien président brésilien a été condamné, ce jeudi, 5 avril, dans la journée. Néanmoins, malgré les menaces des juges, il a réaffirmé son intention de se présenter aux prochaines élections, qui se tiendront en octobre prochain. Afriqueeducation.com pose la question qui fâche : Lula est-il vraiment corrompu comme le soulignent ses adversaires politiques ou s'agit-il d'un acharnement judiciaire ?

Selon certains observateurs politiques du Gabon, le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, doit démissionner son ministre des Finances et du Budget pour agression indigne et inexpliquée sur la personne du professeur, Daniel Ona Ondo, président en exercice de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale).

Avant son coup d'état de novembre dernier, le nouveau président, Emmerson Mnangagwa, en collaboration avec ses amis de l'armée zimbabwéenne, avait tenu l'empire du Milieu au courant de la grave situation politique qui prévalait au Zimbabwe et des conséquences qui pouvaient en découler. Sans être, totalement, affirmatif de ce que les Chinois étaient au courant de l'issue de la crise au Zimbabwe, ils avaient, néanmoins, compris la sollicitation qui leur était faite, tout en gardant leur amitié à leur partenaire historique, Robert Mugabe. Cinq mois après sa chute, le nouveau président, Emmerson Mnangagwa est, triomphalement, reçu, sans surprise, à Beijing, par Xi Jinping qui a décidé de maintenir le niveau de coopération entre les deux Etats où il était, et même, de l'élever encore plus. Conclusion : la Chine (comme les pays occidentaux à quelques variables près) n'a pas, réellement, d'amis mais elle a, surtout, des intérêts à préserver.

RSF et ses partenaires dévoilent la "Journalism Trust Initiative (JTI)", un dispositif d’autorégulation des médias visant à lutter contre la désinformation en ligne. La Journalism Trust Initiative (JTI) a été lancée par Reporters sans frontières (RSF) et ses partenaires, l'Agence France-Presse (AFP), l'Union européenne de radio-télévision (UER) et le Global Editors Network (GEN).

Le maire de Dakar, Khalifa Sall, a été condamné, vendredi, 30 mars, à cinq ans de prison pour escroquerie portant sur des fonds publics et faux, une décision qui l'écarte de la course à la présidentielle sénégalaise de février 2019. Désormais, le président à sa propre succession, Macky Sall, aura comme unique préoccupation, son autre rival et ancien camarade du parti PDS, Karim Wade.

Le parti historique de l'opposition congolaise Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a investi, samedi, 31mars, lors de son congrès, Felix Tshisekedi, candidat à l'élection présidentielle annoncée pour le 23 décembre en République démocratique du Congo (RDC).