Politique

“L’opposition fait toujours la gloire d’un pays.” La citation d’Ernest Renan, qui se trouve dans  ‘Discours et Conférences’ (Paris, Calmann-Lévy, 1887), peut-elle s’appliquer à la Côte d’Ivoire ? Avant de répondre à cette question, je voudrais montrer pourquoi l’opposition est importante dans un pays. Pour moi, la raison est la suivante : un pays qui n’a pas d’opposition est un pays qui manque d’un contre-pouvoir face au parti qui gouverne.

L'opposition remporte l'élection présidentielle. Au terme de quatre longues journées de dépouillement, la Commission électorale (MEC) a confirmé, samedi, 27 juin, la large victoire de l'opposant, Lazarus Chakwera, avec 58,57 % des suffrages, face au chef de l'Etat sortant, Peter Mutharika. La question centrale se pose : pourquoi la démocratie et l'alternance à la tête de l'Etat sont beaucoup plus effectives dans les anciennes colonies anglaises que françaises ? Aussi bien, en Afrique de l'Ouest que du Centre, de l'Est et australe, les pays anglophones, connaissent partout l'alternance alors que les pays francophones, surtout, d'Afrique centrale sont hostiles au changement de président. Une remarque rapide : les pays francophones qui sont rétifs à l'alternance à la tête de l'Etat, sont, souvent, accusés d'être sous la forte emprise de la France, sur le plan économique et politique. Autrement dit, la longévité des chefs d'Etat francophones d'Afrique centrale est due à leur soumission et à leur docilité à la France. C'est pourquoi certains observateurs sévères les considèrent non pas comme des chefs d'Etat élus par leurs peuples, mais, comme de simples et vulgaires sous-préfets de la France. Dans les pays anglophones, au contraire, c'est la réelle démocratie. Le président est élu par le peuple et non par Londres. La défaite du président sortant, Peter Mutharika, malgré le fait qu'il est en poste et pouvait profiter de la complaisance de l'administration, est la preuve que le Malawi appartient aux Malawites.

Le Burundi a célébré, vendredi, 26 juin, les obsèques nationales de l'ancien président, Pierre Nkurunziza, décédé subitement le 8 juin, à l'âge de 55 ans. La cérémonie, très émouvante, a été présidée par le nouveau président, le général, Evariste Ndayishimiye, qui lui a rendu un vibrant hommage.

La promulgation du Code de l'enfant par le président de la République centrafricaine le 15 juin 2020  mérite d'être saluée. Ce nouveau code vient compléter très heureusement les dispositions du Code de la famille et du Code pénal.

Ce « maréchal » de pacotille s'appelle Idriss Déby Itno, président du Tchad. La tuerie massive du Lac Tchad, en mars, a laissé de grosses traces, non seulement, au sein de l'armée tchadienne, mais, surtout, dans la population où on ne cesse de se poser les questions sur la gestion calamiteuse et affairiste de l'armée par son chef suprême. En mars, elle avait, officiellement, perdu une centaine d'hommes au combat contre « Boko Haram » dans le pourtour du Lac Tchad. 100 militaires tués, en une bataille, c'est beaucoup trop pour une armée qu'on dit redoutable comme l'armée tchadienne. En réalité, ce n'était pas, seulement, une centaine (98 soldats exactement), mais, ...567 soldats. Plus qu'une défaite militaire, une véritable déconfiture armée. C'est ainsi que le président, Idriss Déby Itno, lança l'Opération Bohoma dont l'objectif était de venger ses (vaillants) soldats tués. Pendant plus d'une semaine, il installa son quartier général dans le Lac Tchad, inspectant, en compagnie des caméras de la télévision d'Etat, les différents sites de Boko Haram, abandonnés. Avant de conclure lors d'une conférence de presse improvisée, qu'il avait, personnellement, nettoyé la zone. Menteur !

Emmanuel Macron ne sera, assurément, pas un grand président, reconnu comme tel par les Africains. Bien qu'ils furent colonialistes, ne sont pas de Gaulle, Mitterrand ou même Chirac, qui veut ! La politique africaine du jeune président n'est pas à la hauteur de la relation entre les deux parties. Reconnaissons, souvent, qu'il est lui-même à l'origine des incartades qu'on lui reproche. Son passage à Ouagadougou, par exemple, où il a cru bon de donner un cours à son homologue, Roch Marc Christian Kaboré, a laissé l'image d'un homme politique qui dit tout ce qui est bon à entendre mais qui ne respecte aucun de ses engagements. Deux années, plus tard, à Abidjan, il a, carrément, énervé les Africains de l'Ouest en croyant bon de faire l'OPA sur leur idée de créer l'ECO, future monnaie de la CEDEAO et actée comme telle par les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres, en lieu et place des monnaies en circulation dont le fameux F CFA de l'UEMOA. Le jeune président, certainement convaincu par le président ivoirien, Alassane Ouattara, dont l'image ne séduit pas grand monde en Afrique, ne pouvait pas faire bon effet quand il vient surfer sur une idée déjà arrêtée par ses homologues de la CEDEAO. Tôt ou tard, il apprendra que les droits de la propriété intellectuelle existent aussi en Afrique.

Le général de brigade, Marc Conruyt, nommé début mai, commandant de l’Opération Barkhane, s'entretient avec sa patronne, la ministre des Armées, Florence Parly, ce jeudi, 25 juin, avant de prendre ses fonctions, dans le chaud bouillant Sahel, le 31 juillet prochain. Il prend ses fonctions au moment où les Maliens commencent à être de plus en plus nombreux dans les manifestations qui exigent la démission purement et simplement du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta. Ce dernier, pour beaucoup, ne serait pas (plus) l'homme de la situation pour résoudre le très difficile problème de djihadisme au Nord-Mali.

La disparition de Jean Michel Bokamba Yangouma, dans les premières heures de la matinée, du mercredi, 24 juin 2020, à Brazzaville, vient s'ajouter à la longue liste des Congolais qui nous quittent, faute de soins appropriés, dans les structures sanitaires du pays.

L’Assemblée nationale du Burundi,  a approuvé, mardi, 23 juin, la nomination d'Alain-Guillaume Bunyoni au poste de premier ministre chef du gouvernement. Cette nomination s'est faite sans la présence de la grande majorité des députés des partis d'opposition qui avaient préféré ne pas participer à cette cérémonie de vote. Le promu ne s'est pas taillé une réputation de tendre pendant les 15 années de pouvoir du président, Pierre Nkurunziza.

Si nous étions dans une Côte d’Ivoire normale, la candidature de Laurent Gbagbo et de Henri Konan Bédié serait une incongruité parce que l’un et l’autre ont atteint ou dépassé 75 ans qui est un âge “où on est fréquemment malade” (dixit Laurent Gbagbo sur RTI un jour), ont fait leur temps et ont eu l’occasion de montrer de quoi ils sont capables à la tête du pays. Dans un pays normal, tout le monde aurait voulu que les candidats à la présidentielle du 31 octobre 2020 soient de nouvelles personnes afin que le pays puisse bénéficier d’idées et de méthodes nouvelles mais nous ne sommes plus dans un pays normal depuis avril 2011.

A lire l'adresse du député et ancien candidat à l'élection présidentielle d'octobre 2018, Cabral Libii, lors de la 10ème législature de l’Assemblée Nationale, qui tient sa session, ce mois courant, la question de l'utilité de ce ministère, hors polémique, mérite d'être posée. Si la discussion portait, pendant la plénière du 22 juin, sur le projet de loi n° 1072/PJL/AN portant autorisation de ratification de l'accord sur la conservation des gorilles et de leurs habitats, adopté le 26 octobre 2007, à Paris, et jamais mis en œuvre, le député a élargi le débat aux autres plus que nombreux problèmes que concentre ce ministère dont le caractère stratégique n'est plus à démontrer, mais dont le bon fonctionnement et l'efficacité sont inversement proportionnels aux actions que les populations ont droit d'en attendre. S'agit-il d'une banale question d'homme (le ministre) ou des hommes et femmes (ses collaborateurs) qui l'entourent ? L'inertie ambiante du pouvoir en est-elle la principale cause ? La corruption qui profite à quelques-uns a-t-elle pris le pas sur le souci de l'intérêt général ? Bref, reconnaissons que l'honorable ex-candidat défait par le chef du régime en place, pose des questions essentielles, qui mériteraient d'attirer l'attention, non seulement, du ministre, Jules Doret Ndongo, mais aussi, de son patron direct, Chief Joseph Dion Ngute. On note au passage que le député demande au ministre de se réveiller, de bouger (un peu).

Dans son dernier rapport remis au Conseil de Sécurité à la mi-juin, le secrétaire général des Nations-Unies se dit préoccupé par la poursuite des confrontations entre les milices et leurs conséquences, en Centrafrique.

Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a prévenu que toute avancée des Pro-GNA risquait de mener à l’intervention « directe » de l’Egypte. Ce que le Gouvernement libyen d’union nationale (GNA) a dénoncé, dimanche, 21 juin, comme une « déclaration de guerre ».

Toute avancée en Libye des forces du Gouvernement d'union nationale (GNA) soutenues par la Turquie risque de mener à l'intervention "directe" de l'Egypte, a menacé, samedi, 20 juin, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi. L'intervention de la Turquie en Libye est en train de livrer son vrai visage. Il faut, désormais, dégager, rapidement, l'encombrant général (devenu maréchal par ses propres soins), Khalifa Haftar, avant de passer au plat de résistance que constitue la réinstallation d'un Frère musulman au pouvoir en Egypte. Car c'est de cela qu'il s'agit. Elu président de la République, en juin 2012, Mohamed Morsi, le Frère musulman, après une année de pouvoir très controversé, s'était retrouvé en prison, en 2013, après la prise du pouvoir par l'armée, au nom d'une réinstauration de la paix civile et sociale. Il faut préciser que le pouvoir de Morsi voulait remodeler la vie publique en Egypte (pays moderne s'il en est avec son ouverture sur le monde à travers ses flots de touristes qui s'y déversent tous les jours) comme le souhaitent les Frères musulmans avec leur conception plus ou moins théocratique du pouvoir. C'est ainsi que l'armée par l'intermédiaire de son chef, le maréchal, Abdel Fattah al-Sissi, le dégagea, avec l'accord des Américains : c'est Hillary Clinton qui s'était occupée de ce dossier au département d'Etat, permettant à Barack Obama d'avaler cette pilule amère du coup d'état. L'Arabie Saoudite, amie fidèle de l'Egypte applaudit, mais, le Qatar et la Turquie, principaux soutiens de Mohamed Morsi, firent grise mine. Considéré comme le chef des Frères musulmans du monde entier, sur le plan politique, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, voudrait rendre la monnaie de sa pièce à l'impertinent maréchal, Abdel Fattah al-Sissi. L'ancien président français, Nicolas Sarkozy, ayant déstabilisé la Libye et fait tuer son leader, Mu'ammar al Kadhafi, en se servant de l'OTAN et des pays comme le Qatar, on voit, aujourd'hui, que les conséquences de sa bêtise sont incalculables et provoquent un retard du développement certain, ainsi que, des tueries massives que Sarkozy disait vouloir éviter en y imposant (sa) démocratie à la française. Aujourd'hui où la Libye (et bientôt l'Egypte) se déchire, personne ne lui demande aucun compte. La France du jeune président a tôt fait de battre en retraite. Pas de continuité de l'Etat en réparant les dégâts provoqués par son indigne prédécesseur. Pour sa part, Erdogan a, vite, compris que ses succès dans sa conquête du monde devaient passer par une certaine entente avec le tsar Vladimir Poutine. Cela a été le cas en Syrie. Cela va être de même en Libye au grand dam des Français donneurs de leçons de démocratie qu'ils ne s'appliquent jamais à eux-mêmes. Et bientôt en Egypte sans oublier le Centrafrique où le président, Faustin-Archange Touadéra, vit et survit, politiquement et militairement, grâce aux Russes, et marginalement, aux Turcs en passe de devenir de grands protecteurs de musulmans centrafricains.

Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président de la République démocratique du Congo (RDC), a été condamné, samedi, 20 juin, à "20 ans de travaux forcés", au terme d'un procès anti-corruption sans précédent. La question est celle-ci : le président, Félix Tshisekedi, n'est-il pas en train de scier la branche où il est assis ? Car les kabilistes sont en droit de se réjouir d'avoir réussi à semer la zizanie dans le camp présidentiel, qui s'en trouvera, incontestablement, affaiblie.

Contre le racisme, l’oppression et les violences policières…, des milliers de personnes ont manifesté et célébré le 155e anniversaire de l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis, vendredi, 19 juin, dans un contexte de tensions raciales, qui secouent le pays depuis la mort de George Floyd.

Ibrahim Boubacar Keita (IBK) va-t-il s'en sortir cette fois-ci ? La situation lui est d'autant plus défavorable que son principal rival, Soumaïla Cissé, fait prisonnier, il y a deux mois, par des djihadistes, n'est toujours pas libéré, ce qui n'arrange pas les choses. A Bamako, certains vont jusqu'à crier au complot qui justifie que Cissé reste aussi longtemps entre les mains de ses bourreaux. Du coup, le gouvernement d'union proposé par le président, n'est perçu que comme un gadget d'un dirigeant qui a échoué sur toute la ligne.

Prix Nobel de la Paix 2018, le docteur rdcongolais, Denis Mukwege, se retrouve au cœur d'une polémique sur les réseaux sociaux, après sa démission, le 10 juin, de ses fonctions au sein des équipes qui luttent contre le coronavirus en République démocratique du Congo (RDC). Prenant le relais de son service de communication qui a dénoncé les fake news, qui circulent, lui-même s'est fendu d'un tweet pour expliquer ce qui ne tourne pas rond, avec ses propres mots.

Christophe Boisbouvier (RFI) et Marc Perelman (France 24) auraient contacté Laurent Gbagbo pour obtenir de lui une interview après l’assouplissement des restrictions, qui pesaient sur son acquittement du 15 janvier 2019 et l’ancien président ivoirien leur aurait répondu ceci : “Avant d’accorder une entrevue à un média français, vos rédactions doivent commencer par rétablir mon intégrité morale et ma réputation, qui ont été entachées pendant près de 20 ans de diabolisation contre les institutions ivoiriennes que j’ai gouvernées. Diffusez, pendant quelques jours, la décision de la justice française, qui a condamné le journal “Le Monde” [en 2006] pour avoir accusé mon épouse, Simone Gbagbo, d’avoir orchestré les escadrons de la mort pendant mon mandat. Rétablissez notre honneur que vous avez traîné dans la boue. Ensuite, je jugerai s’il est opportun de vous consacrer cette interview.”

Face  à la persistance des violences, il a fallu trouver les moyens de venir à bout des bandes armées, qui occupent, toujours, une grande partie du territoire national et continuent de terroriser la population.