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Cameroun

Le président camerounais, Paul Biya, se repose, à Genève, depuis dimanche, 23 juin, soir. Il y est, pour quelque temps « un bref séjour » dit un communiqué de la présidence camerounaise, avec la première dame, Chantal Biya. Le chef de l'Etat camerounais n'y avait plus mis les pieds depuis plus de neuf mois. Cela dit, son séjour ne sera pas de tout repos. Après avoir marqué son accord à la proposition de médiation suisse dans le cadre de la crise anglophone, il mettra son « bref séjour » à profit pour rencontrer plusieurs personnalités suisses impliquées dans cette médiation afin de la faire avancer, sachant que les élections régionales seront programmées au courant du dernier trimestre de cette année, ce qui n'est pas le cas des élections locales et législatives qui ont été repoussées à l'année prochaine.

Paul Biya, le très silencieux président du Cameroun, n'a, vraiment, pas de chance. Il a un parti, le RDPC, une grosse machine par excellence, et une majorité présidentielle solide, qui ne l'aident pas beaucoup. Tenez ! La chanson qu'on entend, partout, c'est que Paul Biya est un président vieux, âgé de 86 ans, qui est aux affaires depuis plus de 36 ans. Et qu'il doit laisser la place à quelqu'un d'autre, plus jeune que lui.

Une équipe des reportages très sereine dirigée par la directrice des Rédactions TV de la CRTV, Madeleine Soppi Kotto, sous la « supervision générale » du patron de la télévision publique, Charles Ndongo, qui a préféré être aux côtés de ses équipes techniques et rédactionnelles au lieu de prendre place à la tribune avec les officiels, a pu retransmettre, sans fausse note, l'ensemble du défilé, celui-ci étant d'ailleurs repris par les chaînes privées camerounaises de télévision. Le défilé du 20 mai aussi bien militaire que civil aura été un bon moment tel que les Camerounais souhaiteraient en avoir, souvent, pour magnifier leur vivre ensemble. Commencé à 11 h 00 (9 h GMT), il a pris fin à 13 h 30 (11 h 30 GMT).

Michelle Bachelet, haut-commissaire aux droits de l'homme des Nations-Unies, vient de séjourner au Cameroun, à l'invitation du gouvernement. Pendant trois jours, elle a pu rencontrer, le président camerounais, Paul Biya, le premier ministre, Joseph Dion Ngute, les ministres concernés à un titre ou à un autre par la question anglophone, les partis politiques de la majorité présidentielle et de l'opposition, et les organisations de la société civile. Elle a tenu à parler, absolument, avec tout le monde. Objectif, se faire sa propre idée de la très difficile situation qui prévaut dans les régions du Nord et du Sud-Ouest du Cameroun, où on vit au ralenti.

Chef de l'opposition camerounaise dans la mesure où son parti, le SDF (Social Democratif Front) compte le plus grand nombre de députés à l'Assemblée nationale et au Sénat (ce qui n'est pas le cas du MRC de Maurice Kamto (qui est sorti deuxième à l'élection présidentielle d'octobre 2018 derrière le candidat du pouvoir Paul Biya), Ni John Fru Ndi a été enlevé puis libéré, samedi, 27 avril, après six heures de croisement de positions idéologiques et politiques avec ses compatriotes de l'Ambazonie, partisans de la sécession du Cameroun. Agé de 77 ans, Ni John Fru Ndi avait refusé de se (re)présenter à la dernière élection pour laisser la place à la nouvelle génération. C'est le jeune député de Douala, Joshua Osih, qui l'avait remplacé à l'issue d'un vote interne du parti. Malheureusement, Joshua Osih (sorti quatrième avec 3,35% des votes) a pâti de l'impossibilité de ses électeurs du Nord et du Sud-Ouest (sa principale base électorale) de voter à cause des fâcheux événements qui s'y déroulent. La position de John Fru Ndi a toujours été constante : pas de sécession, pas de partition du Cameroun, mais, un fédéralisme bien pensé, ce qui ne semble pas être l'avis de ses ravisseurs, qui voulaient une déclaration de sa part comme quoi il soutenait leur combat pour la sécession du Cameroun. Le Vieux a tenu bon et ses jeunes compatriotes l'ont finalement libéré sans rien obtenir.

Arrêté fin janvier et écroué à la prison centrale de Yaoundé (Nkondengui), Maurice Kamto reste en prison. En effet, la demande de sa libération immédiate a été rejetée, ce jeudi, 7 mars, par la justice, selon le vice-président du MRC (le parti de Kamto) et en même temps son avocat, Me Emmanuel Simh.

L'ancien directeur de Cabinet du président de la République, ancien délégué général à la Sûreté nationale, ancien ministre de la Défense, ancien ministre des Transports, Edgar Alain Mebe Ngo'o, un baron des barons du régime du président, Paul Biya, vient de tomber dans les filets de l'Opération (anti-corruption) surnommée « Epervier ». C'est un véritable séisme au Cameroun car le nouveau pensionnaire de la prison Nkondengui de Yaoundé, est considéré comme un des fils (chéris) du chef de l'Etat. En effet, il a grandi dans la maison de Paul Biya quand il était premier ministre, avant de dévenir préfet. C'est à juste titre qu'il appelle le président de la République « Papa » en privé. C'est son père ! Mais, il faut dire que s'il se retrouve en prison, aujourd'hui, c'est parce que le président de la République s'estime, quelque part, trahi. Par son fils qu'il aimait tant ! Ne dit-on pas que « Qui aime bien châtie bien » ? Cette arrestation est la preuve que les déviances de certains proches du chef de l'Etat ne sont pas encouragées par ce dernier, mais, qu'elles relèvent de leur propre chef.

C'est une bonne nouvelle pour le pouvoir de Yaoundé qui lutte contre le terrorisme à l'Est (rebelles centrafricains dont des ex-Sélékas et des anti-balakas), au Nord-Est et au Sud-Est contre les Ambazoniens (séparatistes camerounais soutenus par quelques mercenaires du Nigeria au nom de l'internationalisme du crime) et à l'Extrême-Nord (Boko Haram). A l'Est du Cameroun, les rebelles centrafricains sont contenus et ne constituent, réellement, plus une menace. Au Nord-Est et au Sud-Est, l'armée camerounaise n'a pas encore trouvé une parade efficace pour mettre les Ambazoniens hors d'état de nuire juste parce qu'il s'agit, dans leur écrasante majorité, de Camerounais qui n'ont pas de marqueur particulier sur le visage. La difficulté est que, citoyens comme tout un chacun qui vaquent à leurs occupations le jour, la nuit, parfois, ils se transforment en Ambazoniens actifs ou passifs, avant de créer des exactions. Dans l'Extrême-Nord, Boko Haram, qui fait la pluie et le beau temps dans le Nord-Est du Nigeria, est, complètement, contenu au Cameroun où il n'a, jamais, réussi, à prendre un cm² du territoire national. Mieux pour le gouvernement camerounais, voyant qu'ils n'ont aucun avenir à rester enrôlés dans ce mouvement, 200 de ses membres viennent de se rendre, avec armes et bagages, aux autorités camerounaises.

L'opposant camerounais, Maurice Kamto, arrêté, lundi, 28 janvier, soir, après des manifestations (sauvages) non autorisées de son parti, va faire l'objet d'une enquête, notamment, pour "rébellion" et "incitation à l'insurrection". C'est le moins qu'on puisse dire car Kamto avait prémédité son coup. De retour d'un voyage hors du Cameroun, il avait annoncé, il y a quelques jours, qu'il allait entreprendre de fortes actions de contestation, dès le 26 janvier, pour protester contre le hold up électoral dont il dit avoir été victime lors de la présidentielle d'octobre. De la parole aux actes, il a lancé des mots d'ordre qui ont abouti au saccage des représentations diplomatiques du Cameroun à Paris et à Berlin. On se demande si c'est de cette façon qu'il compte ravir le pouvoir à Paul Biya, qui, lui trône, tranquillement, à Etoudi (Yaoundé). Les deux ambassades vont rester fermées pendant plusieurs semaines outre le fait que la perte d'importants dossiers est à déplorer.

En gros, on reprend les mêmes et on recommence. C'est l'impression qui se dégage de l'équipe gouvernementale sortie, vendredi, 4 janvier 2019. En dehors du changement du premier ministre, Philemon Yang, qui était en poste depuis neuf ans, la nomination de son successeur, le professeur, Joseph Dion Ngute, 64 ans, ressortissant de la province du Sud-Ouest, est tout, sauf une révolution. Ce dernier sort droit de la présidence de la République où il occupait un poste de ministre chargé de mission. Après son investiture, le 6 novembre, la nomination d'une nouvelle équipe gouvernementale était scrutée pour répondre aux attentes d'un peuple qui avait dit ce qu'il pensait, lors de l'élection présidentielle d'octobre 2018. Le message avait été clair : le changement. Les besoins pressants du peuple, c'est le rajeunissement des équipes dont celle du gouvernement, la fin de l'impunité pour les détourneurs de fonds publics, l'amorce d'un dialogue avec les provinces frondeuses du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la mise en index de tous les responsables ayant failli dans le dossier de la CAN 2019 et leur renvoi devant les tribunaux, etc. Le gouvernement sorti vendredi, 4 janvier, n'est pas satisfaisant à ces égards.

Après la visite, cet été, du président de la CAF, le Malgache, Ahmad Ahmad, au Cameroun, visite pendant laquelle il a rencontré le président, Paul Biya, et qu'à l'issue de cette audience, il avait déclaré que «La CAF ne disposait pas d'un Plan B » pour la CAN 2019, les Camerounais n'avaient plus de doute quant à l'organisation de cette compétition sur leur terre. Paul Biya, lui-même, lors de ses rares sorties publiques, avait tenu à rassurer l'opinion africaine en disant qu'il en faisait une affaire (rigoureusement) personnelle et que « La CAN serait organisée au jour dit », et dans d'excellentes conditions. Mais, une fois de plus, le président de la CAF a déjoué les pronostics. Il change de position comme le vent du désert change de direction. Il rend triste, cette fin d'année, tout un pays qui n'avait les yeux que pour cette CAN 2019.

Sitôt réélu le 22 octobre, le président du Cameroun, Paul Biya, n'a pas tardé à prendre des mesures fortes pour montrer à l'opinion qu'il est l'homme de la situation. Après la signature, la semaine dernière, à Paris, de l'accord de financement de 780 milliards de F CFA (1,6 milliard de dollars) avec les partenaires occidentaux en vue de la construction du barrage de Nachtigal d'une puissance de 430 MW, soit, le tiers de la production nationale actuelle de l'énergie du Cameroun, ce qui, à sa mise en service, dans 57 mois, rendra le Cameroun excédentaire en énergie électrique qu'il pourra même exporter dans des pays voisins comme le Nigeria ou le Tchad, il a ordonné, mardi, 13 novembre, le recrutement de 2.000 docteurs ou titulaires d'un PhD de nationalité camerounaise pour l'enseignement supérieur.

A Paris comme à Washington, on n'est pas content ce mardi, 6 novembre. Et pour cause, tous les plans visant à éjecter Paul Biya du pouvoir, ont, tous, été déjoués, les uns après les autres, par les Camerounais. Malgré ses 85 ans dont 36 au pouvoir, le président, Paul Biya, a, gaillardement, prêté serment ce mardi, 6 novembre, à Yaoundé, pour un 7è mandat après sa réélection le 7 octobre avec plus de 71% des voix. Cela dit, l'ennemi ne se cache plus : pendant la cérémonie d'investiture dirigée par Cavaye Yeguié Djibril, président de l'Assemblée nationale, un rapide coup d'oeil du côté de la loge des diplomates montrait le visage crispé de certains ambassadeurs occidentaux qui ont oeuvré, vainement, pour son départ : ils gardaient leurs mains serrées pendant que l'assistance applaudissait. Une attitude qui tranchait avec celle des diplomates africains, asiatiques et des BRICS.
Le numéro 470 de novembre 2018 d'Afrique Education disponible chez les marchands de journaux répond à la question de savoir si, une fois réélu et son serment prêté, le président, Paul Biya, pourra s'opposer aux Américains et aux Français, qui par tous les moyens utilisés ces derniers temps, ont montré qu'ils ne voulaient plus de lui.

« Le chef qui fait trembler est comme une grosse pierre qui barre une piste. Les voyageurs l’évitent, la contournent, puis un jour, ils s’aperçoivent que le chemin serait moins long s’il n’y avait pas la pierre. Alors, ils viennent en grand nombre et la déplacent. La force ne crée pas un chef mais un adversaire à abattre », écrit joliment et justement le Malien Seydou Badian dans “Sous l’orage”, un des romans africains qui abordent de fort belle manière le conflit entre tradition et modernité.

Parmi les messages de félicitation qui s'additionnent sur la table de travail de Paul Biya, à Etoudi, il y en a un qui revêt une importance particulière, pas pour son destinataire qui va effectuer un septième mandat de sept ans, mais pour son expéditeur : Teodoro Obiang Nguema Mbasogo compte en le président camerounais quelqu'un sur qui s'appuyer en Afrique centrale en cas de coup dur.

Le Conseil constitutionnel a gardé en haleine le Cameroun entier, toute la journée du lundi, 22 octobre, pour proclamer les résultats de l'élection présidentielle du 7 octobre. Sans surprise, le candidat sortant, Paul Biya, a remporté le scrutin avec 71,28% des voix. Maintenant le combat se transpose ailleurs : enrayer la menace de déstabilisation qui guette le Cameroun et qui n'est pas une mince affaire.

Fabien Eboussi Boulaga a tiré sa révérence le 13 octobre 2018 à 84 ans. Il y a trois jours, pourtant, je réécoutais, quasi-religieusement, deux de ses conférences sur internet. Il y parlait avec ce calme, cette rigueur et cette précision qui le caractérisaient. On rendra un hommage mérité à cet intellectuel qui ne parlait jamais au hasard. Il sera célébré partout où il eut à poser ses pieds, et pas seulement dans son Cameroun natal, car il avait enseigné un peu partout : au Nigeria, en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo, en Allemagne, en France, aux Etats-Unis, etc. Pour ma part, j’ai pensé que la meilleure façon de lui exprimer ma gratitude était de partager ses meilleures intuitions et saillies sur le christianisme, la politique et les intellectuels en Afrique afin que ceux qui ne connaissent pas son œuvre aient envie de s’y plonger. Et c’est par une citation de Luc Ferry que je voudrais essayer d’entrer dans la pensée de l’enfant de Bafia.

On ne peut pas avoir enseigné le droit à plusieurs générations de Camerounais et bafouer soi-même ce droit. En annonçant sa victoire (« J’ai reçu mission de tirer le penalty, je l’ai tiré et je l’ai marqué ») avant la proclamation des résultats d’abord par Elecam (Elections Cameroun), ensuite, par le Conseil constitutionnel camerounais dont les décisions sont sans appel comme en France, Maurice Kamto piétine en effet les lois de son pays et se comporte, par la même occasion, comme un hors-la-loi.

Plus de peur que de mal : ce matin du 8 octobre, les Camerounais ont raison de pousser un Ouf de soulagement. Car la peur est derrière eux. Les élections, de manière générale, se sont bien déroulées. Désormais, place aux résultats qui, disons-le tout net, ne réserveront aucune surprise car au Cameroun, comme ailleurs, en Afrique, le pouvoir en place n'organise pas les élections pour les perdre.

Arrivé à Beijing à 12 heures locales (5 heures du matin à Yaoundé), vendredi, 31 août 2018, pour prendre part au 3ème Sommet du Forum de coopération Chine-Afrique (FOCAC) dont l’ouverture est prévue le 3 septembre, le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, accompagné de son épouse, Chantal Biya, a, immédiatement, eu une séance de travail avec son homologue chinois, Xi Jinping, au Grand Palais du Peuple, dans l'après-midi. Au Cameroun, les Chinois financent, pratiquement, huit grandes réalisations sur dix, et veulent aller au-delà. Mais, encore faudrait-il que cela soit, véritablement, un partenariat « gagnant-gagnant » pour les Camerounais aussi. Paul Biya n'a pas eu tort de demander une annulation pure et simple de la dette chinoise, une requête que va examiner la partie chinoise au moment où le Cameroun devient la principale destination des investissements chinois en Afrique francophone et la quatrième en Afrique après l'Afrique du Sud, la Tanzanie et l'Ethiopie.

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