Gabon

Le Sommet extraordinaire de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) tenu, à Yaoundé, vendredi, 23 décembre, aura permis à Bongo Ondimba Ali (BOA) de faire d'une pierre deux coups : y participer aux côtés de ses cinq autres homologues, et, revoir, son « papa » Paul Biya dont il a ignoré les sages conseils, ces dernières années, avec les conséquences qu'on sait, aujourd'hui, sur la vie politique au Gabon.

BOA (Bongo Ondimba Ali) va sabler le champagne, ce soir, à Libreville, en bon musulman qui ne doit boire ni l'alcool ni consommer le porc. Mais l'occasion étant trop belle, il ne refusera pas de trinquer avec les camarades. Le putsch fomenté à Nairobi, au Kenya, où se réunissaient les Pays ACP et l'Europe, a été étouffé. Meurtris par cet échec, les Européens vont changer de fusil d'épaule. A Strasbourg.

Le président chinois, Xi Jinping, a invité son homologue gabonais, Bongo Ondimba Ali (BOA), à effectuer une visite d'Etat, en Chine, pour éviter une banqueroute générale de son pays. Ce serait très fâcheux pour le Gabon, même si, à Pékin, on n'oublie pas que le chef de l'Etat gabonais s'était comporté de façon très inamicale à l'endroit de la Chine, au lendemain de son arrivée au pouvoir, en 2009, en annulant une série de contrats que le Gabon avait signés.

On ne reprochera pas à Bongo Ondimba Ali (BOA) de chercher à (re)devenir un chef d'Etat tout à fait présentable sur le plan international. Le Sommet de la CEEAC de ce 30 novembre 2016 a été organisé à cet effet. Mais c'est raté. BOA devra chercher d'autres solutions pour être bien vu, l'élection du 27 août ayant laissé de profondes traces.

Président de la CAF (Confédération africaine de football), le Camerounais, Issa Hayatou, aura des sueurs froides jusqu'au coup de sifflet final, marquant la fin de la CAN 2017, le 5 février, à Libreville. Son énième démenti de la délocalisation de cette épreuve dans un pays du Maghreb, lui rappelle que les amoureux du ballon rond ne croient pas trop dans son choix d'organiser (coûte que vaille) la plus grande fête africaine de football sur la terre gabonaise. Non pas parce que le Gabon ne le mérite pas (loin de là), mais, parce que ce pays, en toute honnêteté, a d'autres chats à fouetter.

Un accord à l'amiable ou une gestion commune (?) entre pays frères du Gabon et de la Guinée équatoriale des richesses pétrolières, gazières et autres, contenues sur l'Ile de Mbanié est, désormais, acquis. Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a, en effet, présidé, mardi, 15 novembre, à Marrakech, au Maroc, une cérémonie de signature d'un accord entre les deux pays, allant dans ce sens. Les deux parties vont,maintenant, se retrouver devant la CIJ (Cour internationale de Justice) de La Haye.

Les autorités françaises sont au courant des risques qu'encourt l'ambassadeur du Gabon en France. Les autorités gabonaises aussi. Mais pas la majorité des Gabonais et des Gabonaises. Après avoir échappé à un lynchage en règle, pendant l'été dernier, sauvé in extremis par la police française, Germain Ngoyo Moussavou est, toujours, dans le collimateur de certains Gabonais de France. Il n'a pas peur de le dire ni d'accuser Jean Ping d'en être le principal instigateur.

Décidément, Bongo Ondimba Ali (BOA) n'arrêtera pas d'étonner les Gabonais. En mal. Par une imprévoyance qui, souvent, caractérise sa gouvernance. Comme pour se donner un peu d'air, il se met, subitement, à arrêter les journalistes. Ces derniers sont-ils à l'origine des maux dont souffre le pays du patriarche ?

Comment sauver le « soldat BOA »  (Bongo Ondimba Ali) ? La question est dans la bouche de beaucoup de chefs d'Etat africains. Mais la solution reste un sérieux caste tête chinois. Résultat : deux mois après l'élection présidentielle, le Gabon n'arrive pas à se relever. Pour être objectif, il est beaucoup plus proche de la descente aux enfers.

Le président de la CAF, Issa Hayatou, continue de faire confiance à Bongo Ondimba Ali (BOA). Un peu trop de l'avis de beaucoup d'observateurs. En effet, BOA qui sait parler, ne cesse de lui marteler que la CAN va bien se passer. Mais contrôle-t-il, encore, le peuple gabonais depuis sa fraude électorale du 27 août ? Le président de la CAF croit-il que les différentes épreuves se dérouleront dans la joie et la paix sociale (retrouvée) alors que plusieurs secteurs de la vie nationale seront en grève dont l'éducation nationale et l'université ? Alors que la jeunesse chômeuse des mapanes venait d'appeler à ne pas se rendre au stade de Franceville soutenir le Gabon parce que certains internationaux avaient appelé à soutenir BOA  à la présidentielle ? Issa Hayatou prend, donc, un sérieux risque. Mais un risque calculé parce que l'Algérie et le Maroc, les deux frères ennemis du Maghreb, sont en embuscade, prêts à remplacer un Gabon défaillant.

Samedi, 15 octobre 2016, Jean Ping, qui se considère comme le « président élu » du Gabon, contrairement, à Bongo Ondimba Ali, qui est le président installé par la Cour constitutionnelle (aux ordres), a créé, à Libreville, la «Coalition pour la Nouvelle République». Objectif : sortir, définitivement, le Gabon des griffes de ses fossoyeurs actuels. C'est un deuxième pas vers la constitution d'un gouvernement parallèle.

La compétition en vue de l'élection du futur président de la Commission de l'Union africaine (UA) risque de connaître deux candidats issus de la même sous-région. En dehors du candidat équato-guinéen dont l'élection ne s'est pas faite en juillet, à Kigali, on comptera, aussi, un candidat tchadien, ce qui risque de mettre la solidarité des pays de la CEMAC à rude épreuve.

Dans toute démocratie qui se respecte, celui qui gagne les élections, dirige le pays. Ce n'est pas le cas au Gabon qui tourne, fortement, au ralenti, à cause d'un président (battu mais) reconnu par les institutions dont la Cour constitutionnelle qui l'a installé, et un deuxième président, véritable vainqueur de la présidentielle, et reconnu comme tel par le peuple gabonais dans sa majorité, surtout, l'opposition et la société civile. Une situation qui relève du casse-tête chinois.

Président « élu » du Gabon mais non reconnu par la Cour constitutionnelle, Jean Ping vient de lancer le Conseil gabonais de la résistance. Il s'agit de la première étape en vue de la constitution d'un gouvernement parallèle. Après le coup d'état « militaro-électoral » perpétré par la Cour constitutionnelle gabonaise, Jean Ping, comme c'était prévisible, est tiraillé par des avis contraires de ses partisans. Entre ceux qui veulent dialoguer avec le pouvoir, ceux qui appellent, ouvertement, à la constitution d'un gouvernement bis du Gabon, et ceux qui ne disent rien, la synthèse n'est pas facile à trouver. Dans sa déclaration du 7 octobre, l'enfant d'Omboué sort, enfin, du coma post-électoral dans lequel il s'était, volontairement, plongé.

On ne change pas une équipe qui gagne. A trois mois de la CAN 2017 qui va être organisée au Gabon, Bongo Ondimba Ali (BOA) a retiré le portefeuille des Sports à son titulaire, Blaise Louembé, pour le confier à une bleue en la matière, Nicole Assele. Une sanction qui devrait interpeller la CAF (Confédération africaine de football).

Le parti de gauche, Europe Ecologie Les Verts (EELV), est égal à lui-même. Ses positions ne sont jamais mi-figue mi-raison. Elles sont, toujours, entières et assumées. Sa dernière sortie invite, ni plus ni moins, l'Elysée, Matignon et le Quai d'Orsay, à ne point reconnaître la « victoire » (entre guillemets) de Bongo Ondimba Ali (BOA). Parce que c'est un affreux fraudeur.

Entre Nicolas Sarkozy et Bongo Ondimba Ali (BOA), ce n'est plus l'entente parfaite comme avant. Il y a quelques mois, l'ancien président français avait même reçu Jean Ping, à Paris, alors que les relations entre les deux hommes n'étaient pas bonnes à cause des positions de chacun pendant le conflit libyen, qui avait conduit à l'assassinat du colonel Kadhafi.

Pour sauver sa peau (car l'exil ne s'est pas encore éloigné) ou ce qui peut encore l'être, Bongo Ondimba Ali (BOA) vient de sacrifier ce qu'il avait de plus cher au monde : les deux caciques de sa légion étrangère qui faisaient la pluie et le beau temps dans son cabinet : Maixent Accrombessi et Liban Soleiman.

Comme annoncé, le gouvernement de Franck Emmanuel Issoze-Ngondet est en place. La moitié des ministres de l'équipe de Daniel Ona Ondo ont été éconduits tandis que la nouvelle équipe compte 30% de femmes, mais, notons-le, à des postes secondaires. Il n'y a pas eu débauchage de taille dans l'équipe de Jean Ping comme on le craignait. Résultat : l'ouverture annoncée n'est qu'une toute petite ouverture.

Jean Ping est le président « élu » du Gabon, mais, privé du Palais du Bord de Mer. Bongo Ondimba Ali (BOA) a été reconnu par la Cour constitutionnelle comme vainqueur de l'élection présidentielle du 27 août 2016. Le Gabon a, donc, deux présidents : un président de fait et un président de droit.