Gabon

Avec les nouveaux éléments à charge contre la candidature de Bongo Ondimba Ali (BOA) à la présidentielle du Gabon, et l'acharnement de l'opposition et de plus en plus du peuple gabonais contre sa candidature, le risque est grand de voir le pays sombrer dans les troubles. Le PDG va aussi payer le prix pour n'avoir pas fait les bons choix.

Les candidats à l'élection présidentielle de l'opposition étaient, presqu'au complet, aujourd'hui, à la CENAP, pour l'inviter à invalider la candidature (à venir) de Bongo Ondimba Ali (BOA), détenteur d'un acte de naissance, qui ne serait pas conforme à l'article 10 de la constitution.

Ils sont accusés de tous les maux et de tous les péchés d'Israël. Mais comme un seul homme, ils se dressent, aujourd'hui, contre le verrouillage du système judiciaire gabonais par le président de la République. Cet acte, particulièrement, courageux oblige Bongo Ondimba Ali (BOA) à changer de stratégie (de fraude), pour la présidentielle du 27 août.

Déjà suspect aux yeux des Gabonais, dans leur grande majorité, le président de la CENAP (Commission électorale nationale autonome et permanente), René Aboghé Ella, nommé par le pouvoir, vient de prêter le flanc en annonçant la date de la future présidentielle : il a omis d'indiquer la liste des pièces à fournir dans la composition du dossier de candidature, ce qui est très suspect.

Pour que Bongo Ondimba Ali (BOA) accepte d'aller implorer la clémence du dictateur, sur ses terres, à Oyo, il faut que ça aille très mal pour lui, sinon, il s'en serait passé. Sassou est-il, donc, devenu (si) incontournable dans la survie présidentielle de BOA ?

Après avoir été la force du PDG (Parti démocratique gabonais), en 2009, pour conserver le pouvoir laissé vacant par le patriarche Ondimba, le BOA (Bongo Ondimba Ali) est, aujourd'hui, la principale faiblesse de ce parti. Ses adversaires entendent l'exploiter, à fond, avec comme risque principal, la guerre civile.

Président pendant 19 ans de l'Assemblée nationale, et ce, jusqu'au 31 mars 2016, date de sa démission, Guy Nzouba Ndama a décidé de se présenter à l'élection présidentielle de fin août prochain. Vieux routier de la politique gabonaise, il ne court après personne et fait les choses à son rythme. Il met la dernière main à son équipe de campagne avant d'entamer un tour du Gabon qui va durer un mois. Sept ans après la mort du patriarche, le Gabon est au bord d'une guerre civile, comme en Côte d'Ivoire, après la mort du Sage Houphouët. Guy Nzouba Ndama n'a pas une autre ambition que de recoller les morceaux.

La rigolade est finie. Le mépris, côté émergents du Palais du Bord de Mer, va aussi prendre fin. L'opposition, cette semaine, compte passer à la vitesse supérieure. Après avoir demandé, en vain, la destitution de Bongo Ondimba Ali (BOA), pour usage de faux papier à la présidentielle de 2009, elle va, dans les moments qui suivent, saisir le parlement.

Bongo Ondimba Ali (BOA) est en train de réussir l'exploit de faire imploser ce que son père avait laissé de très cher à ses partisans politiques : le Parti démocratique gabonais (PDG). Sauf à miser sur la fraude, une fraude gigantesque, on ne sait plus sur quel instrument il peut s'appuyer pour gagner la présidentielle d'août prochain. Ca semble cuit pour lui.

Le dictateur continue de mobiliser les énergies de notre rédaction afin que ses multiples et innombrables forfaits et méfaits ne passent pas sous silence, bien qu'il adore agir, dans la nuit, dans le noir complet, ni vu ni connu. Nous n'avons pas eu tort de le mettre à la une. Ses faits d'arme le prouvent : il est, actuellement, sur la sellette.

Sitôt parti, certains députés commencent à faire comme Guy Nzouba Ndama. En effet, neuf députés, rien que ce jour, ont démissionné de l'Assemblée nationale. D'autres départs sont annoncés. A cette allure, son fonctionnement en tant qu'instance républicaine pourrait être remis en question. Il n'est pas exclu, non plus, que le BOA perde la maîtrise du pays dans les semaines à venir. Le Gabon deviendrait, donc, ingouvernable. Malgré l'excellent « savoir-faire » de la clique des « profito-situationnistes » du Palais du Bord de Mer.

Il n'a rien dit du mal de BOA (Bongo Ondimba Ali). Il ne fait que démissionner de son poste de président de l'Assemblée nationale. Le très honorable, Guy Nzouba Ndama (c'est son nom), ne dit pas encore ce qu'il fera de cette liberté qu'il s'octroie. Mais tout le monde le voit venir. Même son quotidien en ligne préféré, afriqueeducation.com

Le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, est annoncé, à Libreville, jeudi, 24 mars. Un voyage impromptu qui va durer moins d'une journée. Retour à Abidjan le même jour.

Les choses sérieuses commencent au Gabon. Femme, généralement, discrète, mais, d'influence, ancienne confidente et proche collaboratrice du patriarche Ondimba, pendant plusieurs années, Chantal Myboto Gondjout est sortie de sa réserve, samedi, 19 mars, à Libreville. Une sortie qui risque de s'avérer fatale pour le régime.

Bongo Ondimba Ali (BOA) est en train de réussir l'exploit de faire imploser ce que son père avait laissé de très cher à ses partisans politiques : le Parti démocratique gabonais (PDG).

Le principal enseignement à tirer du discours du non moins distingué camarade député du PDG, Alexandre Barro Chambrier, du courant, Héritage et Modernité, qui a le vent en poupe, c'est que le PDG hérité du patriarche Ondimba, a, désormais, deux candidats à la prochaine présidentielle : BOA et ABC.

Quand on vous dit que Bongo Ondimba Ali (BOA) a perdu le sommeil. Une preuve supplémentaire : le limogeage de Barro Chambrier et deux de ses amis du parti, à trois jours du congrès d'investiture. De quoi BOA a-t-il peur ?

Au Gabon, pas la peine de s'adresser à un juge. Inutile de recourir aux lois de la République, si c'est pour contrarier l'autorité suprême. La loi est sélective et les magistrats sont aux ordres du Palais du Bord de Mer. Dès lors, pourquoi aller aux élections ?

Bongo Ondimba Ali (BOA) est en train de vouloir mettre le Gabon à feu et à sang. Au vu et au su de la communauté internationale. On n'en est pas encore à ramasser des cadavres au petit matin comme à Bujumbura. Mais on n'en est plus très loin. Pays de paix et de concorde du patriarche Ondimba, le Gabon, sous son fils indigne, risque de devenir, bientôt, une destination à déconseiller aux touristes occidentaux.

Prenant la hiérarchie de son parti de court, y compris Faustin Boukoubi, son secrétaire général, Bongo Ondimba Ali (BOA) s'est déclaré, en pleine forêt équatoriale, candidat à sa propre succession. Devant les arbres et les oiseaux, et quelques dizaines d'ouvriers d'un chantier (pas à l'abandon comme beaucoup d'autres) plus amusés qu'autre chose.