Mali

Le chef de l'Etat malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), s'est rendu, jeudi, 14 juin, sur les lieux de la tuerie du village dogon de Sobane Da, dans le Centre du pays. Du tourisme ? On sait que ce genre d'événements se répètent et, visiblement, les mesures ne sont pas prises, après le passage du chef de l'Etat sur les lieux où ils se sont déroulés, pour qu'ils ne surviennent plus. Alors question : IBK est-il dépassé par les événements ? Il faut commencer à se rendre à cette évidence.

Pendant que le Mali pleure sa deuxième tuerie massive du genre après celle d'Ogossagou, le 23 mars dernier, la polémique fait rage sur le nombre de tués. Les chiffres du gouvernement sont, diamétralement, opposés à ceux des responsables locaux. Cela dit, les autorités ont reconnu, mardi, 11 juin, qu'il leur incombait de protéger la population et d'oeuvrer à la réconciliation entre communautés de plus en plus antagonistes dans le Centre du pays, après cette deuxième tuerie massive de civils, en l'espace de trois mois.

Le samedi 25 mai 2019, la jeunesse malienne est sortie massivement dans les rues de Bamako pour conspuer et menacer la France. « France Dégage », « France Terroriste », « Mort à la France », « France Complice », ou encore, « Plus jamais la France au Mali », pouvait-on lire sur quelques pancartes brandies par les manifestants. Comme l’on était loin de l’époque où les Maliens, arborant le drapeau français, chantaient pour la France et Hollande, les remerciant de les avoir libérés d’islamistes barbares !

Au Mali, depuis le magistère IBK (Ibrahim Boubacar Keïta), la nomination des premiers ministres est un éternel recommencement. Champion toutes catégories en la matière, l'actuel président en a usé six en l'espace de sept ans de pouvoir. Cela fait, en moyenne, presqu'un premier ministre chaque année. Une performance à inscrire dans le Livre Guinness des records. Mais, comme on l'entend de plus en plus, le problème de la gouvernance au Mali ne serait-il pas IBK lui-même ? Car voilà qu'il va se donner un septième premier ministre sans que rien ne change sur le fond, absolument rien, sinon que le pays va de mal en pis. En sept ans de présidence, IBK n'a pas réussi à doter son pays d'une armée capable de soutenir l'action de la communauté internationale qui compte de nombreuses troupes sur place au Mali. L'échec de ce président du Mali (du reste sympathique), est bien celui là. Il n'a pas vite compris qu'il lui est impossible de stabiliser, durablement, le Mali, et de le développer, sans une armée à la mesure de l'immensité de son beau pays. Peut-être parce qu'il est un civil ? Jusqu'à quand va-t-il continuer à dormir à Koulouba et à s'en prendre à ses premiers ministres (fusibles) alors qu'il est, lui-même, le problème ?
Chaque pays a les gouvernants qu'il mérite. Le Mali n'échappe pas à ce constat. Aux Maliennes et aux Maliens de savoir ce qu'ils veulent faire de leur Mali, maintenant qu'ils ont la preuve (par neuf) que le pays est gouverné par d'illustres amateurs.

Ibrahim Boubacar Keita (IBK) est dépassé par les événements. Complètement et totalement. Les faits le montrent tous les jours. Sa réélection pour un deuxième mandat, l'année dernière, avait montré que le Mali était sans solution de rechange. Devait-on attendre des miracles de lui ? Il ne peut faire pendant ce deuxième mandat que ce qu'il avait montré lors du premier, c'est-à-dire, pas grand-chose pour le Mali et les Maliens. Les populations n'ont que les yeux pour pleurer avec ce qui vient d'arriver dans les villages d'Ogossagou et de Welingara.

Le premier ministre français, Edouard Philippe, effectue de vendredi, 22 février, soir, à dimanche, 24 février, au Mali, une visite de "soutien" à ce pays, qui peine, malgré une pression militaire accrue de la France, à enrayer l'extension des violences djihadistes, notamment, vers le Burkina et le Niger voisins. Alors qu'au même moment, malgré l'appui de la France, le G5 Sahel n'arrive toujours pas à être, réellement, opérationnel, faute de financements.

L'homosexualité est un sujet qui fâche en Afrique. C'est une forme de sexualité, venue d'ailleurs, qu'on ne tolère pas sur le continent noir. Les populations voyant que les dirigeants politiques, sous la pression des bailleurs de fonds occidentaux, commencent, progressivement, à plier l'échine, elles prennent leurs responsabilités, à la place des Etats, pour ne rien laisser passer. Et ça marche. C'est ce qu'on vient de vivre au Mali où le pouvoir politique a reculé devant la colère des confessions musulmanes, qui considèrent l'homosexualité comme une abomination.

Le président malien sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, a été, officiellement, déclaré vainqueur de l'élection présidentielle et entamera son deuxième mandat de cinq ans, le 4 septembre, a annoncé, lundi, 20 août, la Cour constitutionnelle du Mali, dont la décision est sans appel. Quid des protestations de son adversaire, Soumaïla Cissé, qui a décidé de contester cette réélection, par tous les moyens, car elle serait, selon lui, entachée de grosses irrégularités.

Le candidat de l'opposition au Mali, Soumaïla Cissé, a rejeté, lundi, 13 août, à l'avance, les résultats du second tour de la présidentielle, entachés, selon lui, de fraudes, et appelé la population à "se lever". Soumaïla Cissé veut-il brûler le Mali après s'être rendu compte qu'il ne sera pas son prochain président de la République ? La question mérite d'être posée.

La température est en train de changer à la vitesse V au Mali où dix-huit des 24 candidats à la présidentielle du 29 juillet ont "exigé", ce lundi, 6 août, "la démission" du ministre chargé des élections et appelé à manifester mardi, dénonçant un "hold-up électoral" par le camp du chef d'Etat sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), arrivé en tête du premier tour du scrutin. La situation politique se dégrade à vue d'oeil et du coup se pose la question de la tenue dans la sérénité du deuxième tour en date du 12 août prochain.

Sauf cas de force majeure qui a défié toutes les lois de la physique, le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé, le restera, pendant les cinq prochaines années. Car avec 18% obtenus au premier tour, il y a de fortes chances qu'il ne rattrape pas son retard comme Alpha Condé, lors du deuxième tour qui l'opposa, en Guinée, à Celou Dalein Diallo en 2010. Après avoir obtenu un peu plus de 20,67% au premier tour contre plus de 39,72% pour Celou Dalein Diallo, Alpha Condé réussit l'exploit de gagner le deuxième tour avec 52,52% alors que les deuxième et troisième candidats de cette élection avaient appelé à voter Celou Dalein Diallo.
L'histoire va-t-elle se répéter au Mali ? Que non ! Ibrahim Boubacar Keita (IBK pour les intimes) est (contrairement à Celou Dalein Diallo) le président sortant, qui gère la machine électorale et contrôle l'administration. Quand ses partisans annonçaient une victoire de leur candidat dès le premier tour, ils n'étaient pas loin de la vérité. Le deuxième tour, sauf retournement de situation, sera, largement, à son avantage. Ceux qui, en France, ne voulaient plus voir IBK au Palais de Koulouba, doivent revoir leurs petites fiches : ils se le « taperont » pendant un nouveau quinquennat bien rempli.

Et si IBK (Ibrahim Boubacar Keita), le président sortant, malgré son fâcheux bilan, était, encore, le meilleur atout malien dans la crise actuelle ? En cinq ans, on ne peut, vraiment, pas dire que le président-candidat à sa succession, ait eu des circonstances atténuantes. Il a, lui-même, montré des insuffisances en nommant cinq premiers ministres en cinq ans de mandat. Autant dire qu'il ne sait pas, exactement, où il va. Pourtant, même s'il est considéré comme n'étant pas la personne qu'il faut pour résoudre la crise, la France pense que le président IBK sera réélu. Les Nations-Unies, quant à elles, le soutiennent, sinon, le secrétaire général, Antonio Guterres, aurait attendu que la présidentielle prévue fin juillet, se tienne, avant de courir rencontrer ses casques bleus de la MINUSMA. Et si la journée internationale des Casques bleus n'était qu'un prétexte ?

Mamoudou Gassama, le Malien qui a sauvé un enfant à Paris, va être naturalisé et intégrer le corps des sapeurs pompiers, annonce Emmanuel Macron, ce lundi, 28 mai. Le « sans papier » (appellation française pour distinguer certains Africains des autres qui ont des papiers) avait escaladé un immeuble parisien pour sauver un enfant suspendu dans le vide. Un acte de bravoure. Une véritable scène à la Rambo qui a émerveillé jusqu'à la France qui vote Front national, et que Emmanuel Macron a tenu à saluer. Honneur à lui !

Qui a dit qu'Ibrahim Boubacar Keita (IBK) était terminé ? Il a, certes, eu un mandat très très difficile. Le fait qu'il ait nommé 5 premiers ministres en 5 ans, le prouve aisément. Mais, il n'entend pas abdiquer, pour autant, et la multiplicité de candidatures, au premier tour, joue, forcément, en sa faveur. C'est pourquoi la position du parti ADEMA, parti qui compte dans l'échiquier politique malien, et qui a, déjà, eu à gérer le pouvoir, était à suivre : ce parti allait-il désigner un candidat en son sein ou pas ? Sans demander son avis, le choix de ses hiérarques semblait se porter sur l'ancien président de transition, Dioncounda Traoré, jusqu'à ce qu'il décline l'offre. Résultat, l'ADEMA, orpheline de candidat, offre, maintenant, un spectacle de division avec trois tendances en son sein : une première tendance qui va soutenir IBK (qui ne demande pas mieux), une deuxième tendance qui apportera son appui au candidat de l'opposition, Soumaïla Cissé, et une troisième tendance, qui choisit de ne pas choisir. Du moins, pour le moment.

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a nommé premier ministre, l'ancien ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maiga, en remplacement d'Abdoulaye Idrissa Maiga qui était en poste depuis, seulement, avril. On espère que ce 5e premier ministre sera le tout dernier du premier quinquennat d'IBK car l'élection présidentielle aura lieu mi-2018. Mais avec le président malien, ne sait-on jamais.

L'ex-président malien, Amadou Toumani Touré, en exil au Sénégal depuis le coup d'état qui l'a renversé, il y a cinq ans, est rentré, dimanche, 24 décembre, à Bamako. C'est son premier Noël qu'il passe sur ses terres depuis le coup d'état qui l'éjecta du pouvoir à cause de sa catastrophique gestion du dossier « Djihadistes ». On lui reproche, entre autres, lui, le militaire faiseur de paix dans d'autres pays comme le Centrafrique, d'avoir fermé les yeux devant les islamistes qui gagnaient du terrain dans le Nord du pays. Il avait, plutôt, cherché à rapidement quitter le pouvoir en laissant cette délicate situation à son successeur. Malheureusement, l'assassinat de plus de 80 soldats maliens (certains avaient été égorgés), dans le Nord, par des djihadistes, avait vite sonné le glas de son pouvoir finissant. C'est ainsi que l'armée, très très mécontente de lui, le chassa du pouvoir avant de prendre le chemin de l'exil à Dakar.

Mort le 15 octobre, à l'hôpital de Sévaré, dans le Centre du Mali, à l'âge de 77 ans, de suite d'une longue maladie, l'écrivain malien, Yambo Ouologuem, a produit des œuvres qui ont marqué la littérature négro-africaine, ce que salue, ici, le doyen, Olympe Bhêly-Quenum, à sa manière.

Ecrivain malien célèbre, Yambo Ouologuem, sur le plan de l'âge, venait juste après la génération des Mongo Beti, Camara Laye, Olympe Bhêly-Quenum (encore en vie et bien actif), Birago Diop, Léopold Sédar Senghor, et bien d'autres qui ont bercé notre jeunesse de leurs recueils de poèmes ou de nouvelles. Moins médiatique mais percutant, Yambo Ouologuem développait une pensée profonde. Comme tout bon malien qui se respecte. C'est ce refus des phares des projecteurs qui l'a, sans doute, poussé à mourir un peu dans l'anonymat alors qu'il demeure un classique de la littérature négro-africaine. Mort, dimanche, 15 octobre, à Sévaré, dans le Centre du Mali, afriqueeducation.com adresse ses condoléances les plus attristées à la grande famille des écrivains africains, au gouvernement malien, ainsi qu'à sa famille éplorée.

Comment la guerre peut-elle être gagnée si l'administration d'Etat déserte le terrain, en laissant toute latitude aux rebelles d'y opérer seuls. C'est le cas, à Kidal, dans le Nord-Est du Mali, où le gouverneur (c'est-à-dire l'Etat) avait fui les lieux, depuis 2014, laissant le terrain aux différentes rébellions. Il est, aujourd'hui, de retour, après que les groupes armés pro-gouvernementaux aient accepté d'observer une trêve. C'est une attitude bien peureuse de la part des dirigeants de l'Etat qui devraient, plutôt, donner le bon exemple de courage et de détermination aux soldats maliens, français et des Nations-Unies, qui combattent les djihadistes avec beaucoup d'adversité sur le terrain.

Ahmad al Faqi al Mahdi, déjà, condamné à 9 ans de prison pour avoir ordonné la destruction de ces mausolées inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, devra verser des réparations à la communauté de la ville de Tombouctou d'un montant de 2,7 millions d'euros.