L’ancien premier ministre tunisien, Ali Laarayedh (notre photo), accusé d’être impliqué dans l’envoi de djihadistes à l’étranger, a été condamné, en appel, à 24 ans de prison, une affaire qui a pendant des années agité le débat public en Tunisie. Le verdict a été rendu dans la nuit de, jeudi, 26 février, à vendredi, 27 février, selon son avocat, Oussama Bouthelja. En première instance en mai dernier, il s’était vu infliger 34 ans de prison. Après la révolution de 2010-2011, qui a chassé Zine el Abidine Ben Ali du pouvoir, la Tunisie a connu l’essor d’une mouvance djihadiste ayant culminé en 2015 avec une série d’attentats (plusieurs dizaines de touristes étrangers tués à Sousse et à Tunis).
Environ 5.500 Tunisiens ont combattu, selon l’ONU, auprès de groupes djihadistes dont l’organisation l’Etat islamique (EI) en Irak, Syrie ou Libye entre 2011 et 2016. Le parti islamiste, Ennahdha, dont Laarayedh est l’un des responsables historiques et qui a dominé la vie politique tunisienne jusqu’à l’été 2021, a été accusé d’avoir facilité l’envoi de ces djihadistes à l’étranger, ce que la formation a toujours nié. Depuis sa prison, Ali Laarayedh, qui fut premier ministre de mars 2013 à janvier 2014 après avoir été ministre de l’Intérieur de 2011 à 2013, a clamé son innocence.

Il a été accusé de « formation et appartenance à une organisation terroriste » et d’avoir facilité l’envoi de djihadistes vers les zones de conflit en Irak et Syrie, a précisé Oussama Bouthelja. Il avait été arrêté en décembre 2022 en vertu de la loi antiterroriste. Son procès s’est ouvert en novembre 2024. Plusieurs autres personnes étaient jugées dans la même affaire.




