DROITS DE DOUANE : Trump proroge l’AGOA d’une année (au moins)

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Donald Trump n’est pas un saint et n’aspire, probablement, pas à en devenir un. Mais, la diabolisation dont il est victime de la part de la presse occidentale et internationale qui lui prête toutes sortes de mauvaises intentions envers l’Afrique mérite d’être relevée. Le continent africain n’est pas en reste, ayant, lui-même, été annoncé comme devant faire l’objet d’une hécatombe lors de la période du COVID-19, qui ne se matérialisa finalement pas.

Le même constat est fait aujourd’hui concernant l’African Growth Opportunity Act (AGOA), dont la fin et l’enterrement avaient été définitivement prononcés par certains observateurs, en signe du prétendu désintérêt du leader républicain pour l’Afrique. Contre leurs attentes, Trump vient de proroger cet accord portant sur l’exemption des droits de douane sur une série de produits pour (au moins) une année de plus (sur notre photo, Donald Trump déroule la liste des pays qui vont subir ses droits de douane élevés. Il utilise la même stratégie avec les trente pays africains sélectionnés pour bénéficier de l’AGOA).

Ainsi, c’est une trentaine de pays africains qui vont pouvoir reprendre les exportations avec les Etats-Unis dans une configuration douanière avantageuse. Et pour contenter ses homologues africains, le locataire de la Maison Blanche a inséré une clause rétroactive audit accord, lequel avait expiré en septembre dernier, tout en prévenant qu’il s’attend à une amélioration de la balance commerciale. Ce qui signifie une hausse des exportations américaines vers le continent (au détriment, pense-t-on, de la Chine).

Félix Tshisekedi et Donald Trump : Réussira-t-il à signer un accord gagnant-gagnant avec les Etats-Unis alors que celui actuellement exploité par la Chine est largement perdant pour la RDCongo ?

Plusieurs choses sont reprochables à Donald Trump, mais pas le fait qu’il avertisse toujours avant d’agir. Son mode opératoire et ses visées ne sont méconnus de personne ni chez ses alliés, ni chez ses ennemis. Néanmoins, malgré ses efforts de communication, d’aucuns, incapables de prédire correctement son comportement, préfèrent s’attarder sur l’image qu’il aime entretenir d’être capable du meilleur comme du pire, et de vouloir bouleverser l’ordre international.

En ce qui concerne l’Afrique, il a déjoué les pronostics des sceptiques, en défendant sa logique pro-business, pour le plus grand bonheur des commerçants qui subissaient de plein fouet la suspension de l’AGOA. Dans les 3 dernières années qu’il lui reste encore à la Maison Blanche, il est fort à parier qu’il posera d’autres actes pour justifier de l’importance de l’Afrique à ses yeux, ne serait-ce qu’en réponse à l’influence de la Russie et de la Chine sur le continent noir.  

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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