Alors que des négociations étaient en cours à Abu Dhabi entre l’Ukraine, la Russie et les Etats-Unis pour mettre fin à une guerre bientôt âgée de 4 ans, des médias russes ont annoncé que le numéro 2 de l’équipe des négociateurs russes a failli être assassiné vendredi à Moscou. D’une gravité extrême, l’incident est passé sous silence par les médias mainstream occidentaux, qui sont plutôt occupés à couvrir en permanence l’ampleur des dégâts subis par le réseau énergétique ukrainien.
Pour le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, il ne fait aucun doute que cette opération porte la marque des services d’intelligence ukrainiens. Depuis le début du conflit en 2022, ces derniers ont fait de l’assassinat de hauts gradés russes l’une de leurs priorités absolues, et n’hésitent pas souvent à revendiquer la responsabilité de certaines attaques menées en territoire russe. Ce qui frappe est le degré de négligence des agences de renseignement russes.
En effet, les failles dans les protocoles de sécurité sont telles que les Ukrainiens n’ont pas beaucoup de difficulté à atteindre leurs cibles, peu importe leur localisation géographique. Dans le cas du négociateur, Vladimir Alexeyev (notre photo), aucun garde du corps n’avait été mobilisé par le ministère de la Défense, malgré la connaissance du risque, et le fait que les discussions actuellement menées soient perçues comme une perte de temps, pour au moins deux raisons.
La première est la position maximaliste de la Russie, dont les demandes augmentent à mesure que la guerre poursuit son cours. La seconde est le fait que Volodymyr Zelensky est dans l’impasse totale face aux Américains, qui lui exigent de s’aligner sur les conditions de Vladimir Poutine. Céder à la pression américaine signerait sa fin en Ukraine, où il ne pourrait jamais justifier à ses concitoyens le pourquoi du lourd tribut finalement payé par eux.
La seule option viable qu’il lui reste consiste donc à faire échouer la médiation impulsée par Washington afin de maintenir le statu quo vis-a-vis de la Russie, et ce peu importe le coût en vies humaines et en infrastructures. Cela fait un moment que Zelensky n’a plus aucune considération pour les Ukrainiens. Il vient, probablement, de le re-confirmer avec cette tentative d’assassinat, même s’il n’est pas certain qu’il en accepte la responsabilité, de peur d’irriter les Américains.

Avec l’échéance de juin 2026 que vient de se fixer la Maison Blanche pour parvenir à faire taire les armes entre la Russie et l’Ukraine, beaucoup de choses peuvent encore se passer entre les deux belligérants. Du côté du Kremlin, l’enthousiasme et l’implication dans cette démarche de médiation sont minimaux, au vu des nombreux actes inamicaux posés dans le passé par les soutiens de Volodymyr Zelensky. Une grosse perte de temps pour toutes les parties !
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





