GUINEE BISSAU : Le scrutin présidentiel du 6 décembre se tiendra-t-il vraiment ?

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Dans moins de six mois se tiendront l’élection présidentielle de Guinée-Bissau, censée entériner la fin de la transition dans laquelle le pays se trouve depuis le coup d’état du 26 novembre dernier. Si pour la junte militaire au pouvoir, le 6 décembre prochain tient toujours comme date du scrutin présidentiel, pour les acteurs de la société civile, y compris le président de la Ligue bissau-guinéenne des droits de l’homme, le respect de cette date est plus qu’improbable.

En effet, le constat dressé par Bubacar Turé sur la situation des droits humains en Guinée-Bissau est loin d’être flatteur. Au contraire, il laisse plutôt sous-entendre que le climat de répression du nouveau régime est pire que sous l’ancien président, Umaro Embalo Cissoko, qui avait réussi à paralyser les institutions de son pays. En plus d’avoir pris la relève, le chef de la junte, Horta N’Tam, a élargi le champ d’application des restrictions en termes de libertés fondamentales (sur notre photo, il s’affiche avec ses collègues qui dirigent le pays avec lui).

Résultat, l’opposition est réduite au silence le plus complet, son principal leader, Domingos Simoes Pereira, étant maintenu en résidence surveillée depuis le début de l’année en cours, en attente de sa comparution prochaine devant un tribunal militaire pour participation à un coup d’état. A moins que ses avocats ne parviennent à convaincre la Cour suprême de statuer sur l’incompétence dudit tribunal militaire, compte tenu du fait que leur client est un civil. 

Sans oublier la presse locale qui, déjà, restreinte sous l’ancienne administration, est, désormais, inexistante, du fait de la crainte suscitée par le nouveau pouvoir de Bissau. C’est l’existence de ce climat répressif qui légitimise les inquiétudes autour de la tenue du rendez-vous électoral de décembre, surtout que l’organisation de réunions par les partis politiques est interdite. Malgré cela, Joao Bernardo Vieira n’a ressenti aucune gêne à parler de droits humains, à Pékin, le 11 juin.

En Guinée Bissau, ça risque d’être « J’y suis j’y reste » avec Horta N’Tam.

Précédemment en charge du portefeuille ministériel des Affaires étrangères, il a, récemment, été nommé ministre de la Justice et des Droits humains. Son passage d’un ministère clé à un autre traduit son influence au sein de l’appareil de l’Etat bissau-guinéen. Toutefois, il semble qu’il n’a pas encore totalement changé de costume ministériel, ses déclarations relatives aux droits humains en Guinée-Bissau étant en décalage avec les réalités du terrain, et frisant le ridicule.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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