Alassane Ouattara, de nationalité burkinabé, était arrivé en Côte d’Ivoire, à la demande du Vieux Sage de Yamoussoukro sur des conseils insistants des Français et de leurs amis des institutions de Bretton Woods, pour aider à rééquilibrer les comptes de la nation, sans se mêler de la politique. Malheureusement, le Vieux Sage est parti tôt, laissant Ouattara qui, aidé par ses amis de la communauté musulmane, s’est installé en devenant plus ivoirien que les Ivoiriens eux-mêmes. Aujourd’hui, ces derniers n’ont que les yeux pour pleurer, celui qu’on appelle « Le menteur d’Abidjan » ayant réussi à écarter tous ses rivaux politiques grâce au mensonge. Il a, aujourd’hui, un boulevard devant lui, qui lui permet d’islamiser la Côte d’Ivoire sans crainte et sans se soucier de qu’en dira-t-on. Comme s’il avait anesthésié le pays, il avance, sûrement, sans peur de rien ni de quiconque, dans la cimentation d’un système où on ne trouve que les musulmans de sa communauté et quelques chrétiens et animistes qui servent d’alibis. Face à cette situation, des voix s’élèvent dans le pays pour dire Non au « Menteur d’Abidjan ». Y en a marre d’utiliser le mensonge et la ruse pour écarter tout le monde. Ca ne marchera plus même si l’illusion du moment peut laisser penser qu’il a la situation en main. Que non ! Ouattara devrait avoir peur car tôt ou tard, son système va casser. Et ce n’est pas Konan Kouadio Siméon qui dit le contraire. Comme son nom ne l’indique pas, il est Baoulé, c’est-à-dire, de l’ethnie du père de la Côte d’Ivoire moderne, celui-là qui doit se retourner dans sa tombe en voyant ce que « Le Menteur d’Abidjan » fait de son pays. Après la lettre ouverte pleine de colère de Pulchérie Gbalet intitulée « Alassane Dramane Ouattara, le terroriste en chef de la République de Côte d’Ivoire », publiée le 8 août sur le site quotidien d’Afrique Education, voici le verdict de Konan Kouadio Siméon que Ouattara devrait considérer avec attention car le pays se réveille.
Ivoiriens, Ivoiriennes,
La coutume républicaine vient de s’accomplir. Nous venons d’entendre le récit d’une Côte d’Ivoire reluisante (discours du président prononcé le 6 août au soir, ndlr). Mais, pendant que le pouvoir s’adresse au monde, à ses créanciers et à ses soutiens extérieurs, qui parle au peuple de Côte d’Ivoire ? Au moment où les écrans officiels s’éteignent, l’honneur de ma responsabilité m’impose, en ma qualité de citoyen libre et patriote de prendre la parole pour vous dire la part de vérité que le chef de l’Etat sûrement par défaut de temps, n’a pu dire.
Tout d’abord, par honnêteté intellectuelle et parce que la rigueur républicaine l’exige, il convient de saluer les réalisations indéniables du régime en matière d’infrastructures physiques. Regarder le réel en face, c’est aussi reconnaître ce qui se lève sous nos yeux. Ensuite, parce que la construction d’une nation est une œuvre continue portée par mille générations enracinées dans l’œuvre des prédécesseurs, ils méritent, eux aussi, en ce jour de commémoration (66e anniversaire de l’indépendance fêté le 7 août 2026, ndlr), l’hommage appuyé de la nation avec une pensée particulière pour le premier d’entre eux, le père de la nation, le président, Félix Houphouët-Boigny (sur notre photo, Houphouët reçoit Ouattara et ne manque pas de lui dire de ne pas se mêler de politique en Côte d’Ivoire).

Cela dit, Chers compatriotes, gouverner ne se réduit pas à couler du béton. C’est là que se mesure l’écart abyssal entre la poésie du discours officiel et le vécu quotidien des Ivoiriens. Depuis la dernière bagarre électorale d’octobre 2025, la Côte d’Ivoire vit un long vendredi saint humanitaire. Je veux rappeler ici le souvenir des 59 disparus de la saison des pluies et redire ma profonde affliction au milieu de sinistrés jetés dans le dénuement total par les démolitions sauvages. La réalité de la Côte d’Ivoire, ce n’est pas celle des salons feutrés d’Abidjan. C’est celle de nos mamans au marché qui voient les prix du riz, de l’huile et de la viande grimper sans s’arrêter. C’est celle des pères de famille foudroyés par des hausses successives des factures d’électricité et l’étranglement sans fin des prix du carburant à la pompe. On nous promet le sommet du monde mais, on vous cache le pillage de nos sous-sols et les détournements publics impunis.

Nos planteurs de café et de cacao sont spoliés du fruit de leur sueur. Nos terres et forêts sont détruites par l’orpaillage clandestin au mercure tandis que la mafia foncière exproprie nos villages. Des quartiers entiers sont réduits en poussière sans dignité ni relocalisation. On nous dit que c’est de la modernisation. Moi, j’y vois de la discrimination. La haine du pauvre. Pendant ce temps, l’avenir de notre jeunesse est hypothéqué par un endettement vertigineux. Nos jeunes diplômés sont condamnés au chômage endémique ou poussés à l’exode tandis que nos PME étouffent sous la pression fiscale et se contentent pour survivre des miettes de la sous-traitance étrangère. Mais, à quoi sert donc la croissance économique si elle ne se mange pas ? Voilà ça. A quoi servent les milliards de la dette si le panier de la ménagère s’effondre chaque jour ? La réalité sociale est là, implacable. Les Ivoiriens roulent tous confortablement sur des magnifiques ponts neufs mais la grande majorité dorme le ventre creux.

Chers compatriotes,
Le diagnostic politique est encore plus lourd. Notre administration a été clanisée, caporalisée par le rattrapage (ethnique) et notre justice donne l’illusion d’une double vitesse prompte à traquer les opposants mais singulièrement clémente face au scandale du pouvoir. A l’évidence, nous sommes bien loin de la démocratie proclamée. Nous sommes plutôt sous le joug d’une « partocratie » où les partis se partagent l’Etat comme un butin de guerre au détriment du peuple. Notre système politique est d’inspiration gaullienne c’est-à-dire calqué sur la constitution française de 1958. Si le général de Gaulle voyait notre système actuel, qu’en dirait-il ? Ecoutez-le, lors de son entretien du 15 décembre 1965 et je le cite : « Si le pays se laissait aller à ce que le pouvoir suprême appartienne au parti, nous serions alors ramenés au régime des partis qui ne peut aboutir qu’à l’impuissance de l’Etat à l’intérieur et à la dépendance à l’extérieur. Ce serait alors, je le dis comme je le pense, une catastrophe nationale » (fin de citation).
Eh bien Chers compatriotes, ne sommes-nous pas installés là depuis au moins trois décennies dans cette catastrophe nationale avec nos crises meurtrières successives ? L’Etat de Côte d’Ivoire à l’exception du sabre n’est-il pas en ce moment dans l’impuissance totale face aux multiples pieds de nez et aux nombreux scandales dont les plus emblématiques sont le scandale d’Etat de Koumassi ? La saga de la mafia foncière et la défiance ouverte des cartels de pillage clandestin pour ne citer que ceux-là.
Enfin, tant sur le plan politique qu’économique, ne sommes-nous pas dépendants de l’extérieur ? Mes Chers compatriotes, le régime des partis ou la « partocratie », voilà le problème de la Côte d’Ivoire que personne ne veut nommer. La « partocratie » est ce système dans lequel le pouvoir appartient aux partis et à ses courtisans. Un système inique où le parti est tout, a tout, et le peuple n’est rien et n’a rien. N’est-ce pas bien là ce que nous vivons actuellement en Côte d’Ivoire ? Si nous étions en démocratie, le débat sur la partialité des institutions électorales paraîtrait surréaliste. Parce qu’en démocratie, le pouvoir appartient au peuple, pas au parti. Le parti n’est pas l’Etat. En démocratie, les partis passent, l’Etat profond demeure intact adossé à une administration républicaine neutre et citoyenne pour assurer la continuité de l’Etat afin d’organiser et honorer en toute impartialité ses devoirs et obligations régaliennes. Devoirs et obligations dont fait partie précisément l’organisation des élections. Nous en sommes là parce qu’en « partocratie », chaque parti arrivant, démantèle l’administration, met au garage ou révoque les cadres compétents du pays et colore tous les services publics de ses partisans pour agir dans son seul intérêt clanique, d’où l’impossible équité dans le traitement des dossiers politiques.

Pour sortir de ce piège systématique mortifère, la solution est évidente et unique : Opérer un schisme historique de la « partocratie » vers la démocratie, la vraie. Cela exige de remettre le peuple au centre du jeu. C’est pourquoi je réitère aujourd’hui encore avec force mon appel à l’ouverture d’un véritable dialogue national inclusif. En effet, à ce stade de la vie de la nation, plutôt que de compromis éphémère entre politiciens, la Côte d’Ivoire a besoin d’un débat citoyen national incluant toutes les forces vives de la nation pour une refondation institutionnelle profonde. C’est tout le sens du projet que je m’apprête très bientôt à mettre à la disposition de la nation à travers mon dernier livre intitulé « démocratie ou partocratie ?». Nous devons en finir avec le centralisme étouffant d’Abidjan et briser définitivement la mafia foncière. Nous devons en finir avec la guerre du fauteuil pour mettre fin au scrutin de sang. Nous devons restituer le pouvoir et la richesse à la base pour que chaque territoire profite légitimement de sa richesse. Nous devons bannir l’exclusion et le népotisme pour consacrer le seul mérite des compétences et des diplômes. Nous devons briser le blanc-seing des dirigeants pour que plus personne ne soit au-dessus de la loi. En attendant et face à l’urgence, j’en appelle à deux mesures conservatoires d’ordre humanitaire :
- Le blocage immédiat des prix des produits de première nécessité pour les ménages les plus faibles.
- L’arrêt immédiat de tout déguerpissement sans indemnisation préalable et sans relocalisation.
Place au grand débat national. Merci, en avant pour la reconstruction républicaine. Vive la Côte d’Ivoire.
Konan Kouadio Siméon.





