Le classement 2026-2027 des meilleures universités mondiales de U.S. News a été publié. Parmi les 2 604 écoles qui y figurent, seules 111 sont africaines, soit 4.26% de ce total. Quand on sait que l’Afrique dispose de plus de 1 300 institutions de type tertiaire, il y a lieu de s’interroger sur la qualité de l’enseignement offert par celles qui ne sont pas classées. C’est le cas, par exemple, du Burkina Faso, où les autorités éducatives ont décidé d’aborder le problème autrement.
Face aux difficultés d’employabilité qui frappent plus d’un tiers de leurs jeunes diplômés, ainsi qu’aux objectifs de développement durable à atteindre, le gouvernement burkinabè va exiger l’intégration de l’entrepreneuriat dans tous les cursus universitaires nationaux, et restreindre la fuite des cerveaux. Ces deux maux sont des préoccupations majeures pour tout Etat qui se respecte, compte tenu de leur coût socio-économique, et ce même chez les pays les plus avancés.
Au Burkina Faso, où la vision du capitaine, Ibrahim Traoré, octroie une place centrale à la notion de souveraineté, la recherche de solutions sectorielles ne pouvait mener qu’à une rupture avec l’ancienne approche en matière d’enseignement supérieur. Celle-ci n’avait jamais été remise en question, bien que n’ayant jamais convaincu, comme le montre l’absence systématique des universités burkinabè des classements des meilleures facultés internationales, année après année.

En se lançant sur la voie des réformes, le Burkina Faso, sous l’impulsion du ministre, Adjima Thiombiano (notre photo), a tout à gagner, puisque son secteur de l’enseignement supérieur ne peut simplement pas faire pire que ce qu’il a montré jusqu’à lors. Les initiatives en cours paraissant salutaires, leur impact sera scruté par le reste de l’Afrique, en proie aux mêmes soucis. Plusieurs indicateurs seront, ainsi, attendus, tels que la hausse anticipée du taux d’activité chez les jeunes.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





