BIENS MAL ACQUIS : Mamadi Doumbouya (le colosse général-président franco-guinéen) bientôt devant la justice française ?

Date

Devenu chef d’Etat de Guinée début 2026, à la suite du scrutin du 28 décembre 2025, Mamadi Doumbouya refuse de se départir de son appétence pour les procédés en marge de la loi. Le 05 septembre 2021, il y avait eu recours pour renverser son ancien patron et mentor, Alpha Condé, afin de l’empêcher de violer la Constitution guinéenne (comme le lui conseillait le président ivoirien Alassane Ouattara, lui-même, grand violeur de la constitution ivoirienne qui lui permet d’être à son 4e mandat), et s’octroyer un troisième mandat successif. Cela lui avait valu d’être acclamé par les Guinéens, avant qu’il ne leur révèle ses véritables couleurs.

Ayant probablement toujours eu un mauvais fonds, Doumbouya n’a eu besoin que d’une opportunité pour étaler ses aptitudes à manipuler et à tromper pour parvenir à ses objectifs (sur notre photo, de porteur de parapluie d’Alpha Condé à chef d’Etat putschiste, bloqueur de la démocratie). Sa promesse de rendre le pouvoir à la fin de la transition, couplée de la purge méthodique effectuée par les siens sur l’arène politique pour décourager la participation de sérieux candidats à la magistrature suprême, a fini par donner raison à ses critiques, au lendemain de son coup de force.

Mais, comme si cela ne suffisait pas, l’ancien légionnaire français a réussi à transporter ses casseroles en France, au grand dam de son mentor, Emmanuel Macron. En effet, selon la presse régionale, il aurait acquis, au moins, deux propriétés immobilières, dont une à Cévennes, la localité d’origine de sa femme française, Lauriane Doumbouya, gendarme de son état, située dans le Gard. L’acquisition s’étant faite dans le secret, l’annonce de l’identité de son propriétaire a déplu à plusieurs résidents.

Le colosse est passé de lieutenant-colonel à général 5 étoiles sans se soucier de qu’en dira-t-on.

Cévennes dépendant de la commune des Mages, actuellement, sous pavillon communiste, le maire, Alain Giovinazzo, réélu sans opposition, en mars dernier, a résisté à la pression de rendre public le permis de construire délivré par ses services au couple présidentiel guinéen, au motif de la sécurité publique en lien avec le statut de dirigeants étrangers de Mamadi et Lauriane. Une position qui remet donc en question l’accès libre aux documents délivrés par une mairie française.

Certainement novice face à ce genre de situation, Giovinazzo, visiblement esseulé, au regard du silence du Quai d’Orsay, n’a pas réalisé que la raison qu’il avait évoquée pour justifier le blocage de la consultation publique dudit document soulevait des problématiques plus graves pouvant relever de la violation de souveraineté de l’Hexagone. Les soupçons de détournements de fonds publics guinéens venant renforcer l’ampleur de ce scandale en cours.

Mamadi Doumbouya sans son treillis militaire avec Lauriane bientôt en visite officielle chez Emmanuel Macron. La politique africaine de la France là même… ça craint !

La prochaine visite à Paris de Doumbouya sera intense. Si jusqu’ici, le dirigeant guinéen n’avait pas à craindre Macron, se servant même de son rejet en Afrique, pour n’en faire qu’à sa tête, la donne a changé. A ce jour, le Parquet national français (PNF), dont les procédures pour biens mal acquis contre les familles d’Omar Bongo, de Denis Sassou-Nguesso et de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, sont bien connues, doit, déjà, s’être constitué un dossier sur lui.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)  

More
articles

Laisser un commentaire

×
×

Panier