CENTRAFRIQUE : La mise à nu de la propagande russe par Anthropic

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Selon un long rapport publié le 10 septembre par Anthropic, l’un des leaders mondiaux de l’intelligence artificielle, la Russie mène une campagne de désinformation à grande échelle à l’encontre de la France en Centrafrique. L’information n’est pas vraiment nouvelle, étant donné les accusations régulièrement proférées par les médias français ces dernières années. Le scoop provient ici du fait que ce soit un troisième acteur qui en atteste, preuves à l’appui. 

Le départ de l’armée française de la Centrafrique a laissé la voie libre à la Russie, qui ne s’est pas fait prier pour s’installer, et n’a pas perdu de temps pour marquer sa présence. La politique menée par le Kremlin étant celle de “j’y suis j’y reste”, tout est fait pour empêcher toute chance de retour de la France. Même si pour cela, il faille manipuler l’information et l’opinion publique. C’est de bonne guerre, puisque Paris n’est pas en reste avec ce genre de procédés.

La publication d’Anthropic tombe à un mauvais moment pour Bangui, dont l’homme fort, le président, Faustin-Archange Touadéra, fait actuellement l’objet de critiques de mal-gouvernance de la part de l’opposition centrafricaine, six mois seulement après sa réélection. Il faut dire que la situation des finances publiques et la pénurie de carburant inquiètent et limitent grandement les contre-arguments des fidèles du parti au pouvoir.

Une agence de Neptune Oil Centrafrique à Bangui.

Sur les six premiers mois de l’année en cours, l’Etat a consacré près de 60% de ses recettes fiscales et douanières au règlement des salaires des fonctionnaires, soit 10% de plus que la norme prévisionnelle attendue. Ce qui signifie qu’à moins d’une hausse substantielle des encaissements de l’Etat, ou d’un ralentissement conséquent de ses dépenses de fonctionnement, le dépassement du budget prévu pour la masse salariale semble acquis.

Malgré le vote pour la libéralisation du secteur des hydrocarbures en juillet dernier, la pénurie d’essence perdure en Centrafrique (sur notre photo, Tradex Centrafrique). Pourtant, cette initiative visait à pallier les difficultés d’approvisionnement rencontrées par Neptune Oil, la société camerounaise qui opérait en situation de monopole depuis 2023. Rien n’a donc changé pour les Centrafricains, qui sont toujours livrés à eux-mêmes, et sont confrontés aux dérives d’un marché parallèle de l’or noir.    

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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