CEDEAO : Le nouveau bureau de la Commission a pris fonction

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Depuis le 1er septembre, la Commission économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est dirigée par le général sénégalais, Birame Diop. Ancien membre du gouvernement d’Ousmane Sonko, jusqu’au limogeage de celui-ci, Birame Diop va tenter d’apporter un souffle nouveau au sein de l’entité sous-régionale dont la crédibilité est à son plus bas niveau, en raison des tendances de va-t-en guerre de l’équipe sortante, ainsi que, de sa politique décriée de deux poids deux mesures.

Des tendances purement arbitraires si l’on considère le passage sous silence par l’organisation des tentatives flagrantes de l’ancien président bissau-guinéen, Umaro Cissoko Embalo, de s’octroyer un second mandat consécutif, en piétinant les règles démocratiques les plus triviales de son pays. A défaut d’avoir subi une refonte complète de son fonctionnement, on s’attend, au moins, à ce que la CEDEAO montre un tout autre visage dans un futur proche.

Ce ne sera pas trop demander au général, Birame Diop (notre photo), qui a déjà eu à faire montre de certaines de ses capacités en février dernier, lorsqu’il a fallu convaincre les autorités de transition en Guinée-Bissau de libérer le chef de l’opposition, Domingos Simoes Pereira. En effet, l’ancien ministre des Forces armées sénégalaises avait, non seulement, obtenu sa sortie de prison, mais, était aussi allé jusqu’à l’escorter personnellement chez lui.

Il apparaît donc que Birame Diop, est, actuellement, l’un des seuls protagonistes sur le continent africain, l’autre étant le maréchal-président du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, à bénéficier de suffisamment de crédit auprès de la junte bissau-guinéenne, pour accéder directement à son leader, le général, Horta N’Tam, et engager avec lui un dialogue constructif, si la situation en Guinée-Bissau venait à l’exiger. 

Horta N’Tam reçu à N’Djamena par MIDI en août.

Avec la prise de fonction du nouveau bureau de sa Commission, la CEDEAO a une carte à jouer dans les pays ouest-africains où elle a été le plus critiquée, à l’image du rapprochement observé entre Abdourahamane Tiani et Romuald Wadagni, après l’accession au pouvoir de ce dernier. Le fait que Bassirou Diomaye Faye soit l’actuel président de la CEDEAO devrait faciliter la mise en place des conditions pour une reprise des échanges avec l’Alliance des Etats du Sahel, loin du spectre d’une marionnettisation impérialiste.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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