CENTRAFRIQUE-MALI : Wagner, les « dogues » du Kremlin en Afrique

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Les sociétés de sécurité constituées d’anciens militaires et de mercenaires se sont multipliées un peu partout dans le monde. Elles sont généralement chargées d’assurer la sécurité d’installations industrielles, des cadres de ces entreprises ou la protection de personnalités. La société Wagner occupe une place très particulière dans cette nébuleuse.

Présents en Afghanistan, en Syrie, en Lybie, en Centrafrique, au Mali et probablement en Ukraine, les mercenaires de Wagner font la une des médias et sont actifs sur les réseaux sociaux. Certains leur appartiennent. C’est ainsi qu’afin de nuire à la France, Wagner a diffusé une vidéo censée montrer un charnier qu’aurait laissé la Force Barkhane après son départ. Un drône de l’armée française a pu filmer les mercenaires de Wagner (notre photo) dans une mise en scène macabre en train d’enterrer des corps.

Ils se singularisent par leur brutalité et les liens qu’ils entretiennent avec le pouvoir russe même si celui-ci s’en défend.

En Centrafrique, les experts des Nations-Unies les accusent d’exactions et d’atteintes graves aux droits humains, voire, de crimes contre l’Humanité. Ils inspirent la terreur parmi les milices armées qu’ils sont censés combattre aux côtés des FACA (Forces armées centrafricaines), mais également, auprès des populations qu’ils sont censés protéger.

Au Mali, ils ont tué des civils lors d’opérations menées contre les djihadistes.

Leur efficacité vis-à-vis des milices armées en Centrafrique et des djihadistes au Mali reste à prouver.

S’ils assurent la sécurité du président, Touadéra, en Centrafrique et des membres de la junte au pouvoir au Mali, ils s’avèrent incapables d’ une stratégie globale de lutte contre les milices en Centrafrique et les djihadistes au Mali.

La terreur qu’ils inspirent sert les intérêts de la Russie en Afrique et sur d’autres terrains d’opérations.

Les mercenaires de Wagner sont les « dogues » du Kremlin. Ils entretiennent cette réputation qu’ils brandissent comme une marque de fabrique. La Russie les utilise comme un épouvantail en Ukraine : on leur attribue la torture et le meurtre de prisonniers ukrainiens.

Ils défendent en Centrafrique et au Mali, les intérêts d’une Russie enlisée dans le conflit ukrainien.

Seuls le goût de l’action violente et l’appât du gain les animent. En Centrafrique, ils ont obtenu d’avantageux contrats miniers et d’exploitation du bois tropical. Au Mali, ils sont largement rétribués par la junte au pouvoir.

Ces soldats sans foi ni loi qui n’appartiennent à aucune armée régulière devront, comme ceux qui les dirigent et les recrutent (les donneurs d’ordre), un jour ou l’autre, répondre de leurs crimes.

Quant à ceux qui recourent à leur service, leur soutien plus ou moins officiel les expose au jugement de l’opinion publique, de la communauté internationale et peut-être la justice.

Patrick David 

Docteur en droit 

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