Une fois de plus, le nom de Denis Sassou-Nguesso est cité dans une affaire de corruption remontant à 2016. Fait particulièrement insolite pour l’opinion publique internationale, cette information, communiquée par Marianne Djupesland, une procureure de la République de Norvège, est considérée comme une banalité en République du Congo, où le concerné a réussi à systématiser ce type de mal-gouvernance dans le pays après 4 décennies de règne sans partage.
Dans son numéro 538 de novembre 2024, Afrique Education s’était interrogée sur l’utilisation faite de l’argent du pétrole dans un pays où 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté. On a maintenant quelques éléments de réponse qui montrent qu’en plus d’avoir monnayé les droits d’exploitation pétrolière en échange de 25% des futures exportations, le clan Sassou s’assurait que les caisses du Trésor public ne perçoivent qu’une infime fraction des 75% restants.
L’éclaboussement de ce scandale tombe à point nommé, compte tenu du contexte de l’élection présidentielle prévalant actuellement. Il met les autorités congolaises dans un embarras total, et fragilise leur leader en l’obligeant à adopter une posture défensive face à des actes qui lui sont reprochés depuis de nombreuses années, non seulement, par ses propres concitoyens, mais également, par des partenaires ou institutions internationales, dont le FMI.

Des noms des Norvégiens impliqués dans l’affaire ont déjà commencé à fuiter dans la presse occidentale, même si ce sont ceux des membres du Clan Sassou qui sont le plus attendus avec impatience. Alors que Brazzaville réfléchit encore par rapport à la réponse à apporter pour se sauver la face, les autorités judiciaires d’Oslo se préparent à introduire une procédure de justice pour que toute la lumière soit rapidement faite sur cette affaire.
Denis Sassou-Nguesso fait partie de ces dirigeants africains qui connaissent leur sort en cas de perte du pouvoir. C’est pourquoi ils sont persuadés que leur maintien en poste à la magistrature suprême jusqu’à leur mort leur permettra d’éviter de rendre des comptes pour tout le mal qu’ils ont commis en parfaite connaissance de cause. Qu’ils se détrompent, car nul ne peut échapper à ni à la justice terrestre, ni à la justice divine.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





