Economie

Il n'y a pas si longtemps, Sassou-Nguesso niait toute crise dans le département du Pool. Quand on lui faisait le reproche de s'occuper des lointaines crises en Libye et en Centrafrique alors que son propre pays était en train de brûler avec des réfugiés qui se comptaient en plusieurs dizaines de milliers, il bottait, simplement, en touche. Eh bien, ce même Sassou est en train d'encourager la tenue d'un dialogue (express) avec ceux qu'il qualifiait hier de simples « bandits ». Pourquoi ce virage à 180° ?

Ce n'est vraiment pas de la misogynie mais on constate qu'en matière de détournements de fonds publics, les femmes n'ont plus grand chose à envier aux hommes. Dans ce domaine, la femme apprend, tellement, vite qu'elle a tendance à dépasser l'homme. Au Nigeria, à l'heure actuelle, Diezani Alison-Madueke, la ministre du Pétrole de l'ancien président, Goodluck Jonathan, serait la personne la plus corrompue de ce pays qui fut, il n'y a pas longtemps, numéro un mondial de la corruption, selon le classement de Transparency International. Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2015, Muhammadu Buhari a déclaré vouloir lutter contre la corruption et la secte Boko Haram. Malgré son état de santé, il ne réussit pas mal. Au Burkina Faso, la corruption battait, aussi, son plein sous Blaise Compaoré. Depuis son arrivée aux affaires, le nouveau président, Roch Marc Christian Kaboré, a lancé une opération « Mains Propres » pour nettoyer les écuries d'Augias. Beaucoup sont, déjà, tombés. Mais, personne ne s'attendait à ce que la patronne de la Communication, Nathalie Somé, tombe, elle aussi, dans les mailles du filet, son secteur n'étant pas le plus attractif pour les corrupteurs de tout poil.

Christine Lagarde, la patronne (française) du Fonds monétaire international (FMI) est-elle en train de payer les erreurs (volontaires ?) de son prédécesseur à ce même poste, Dominique Strauss-Kahn, dans les relations entre le FMI et le Congo-Brazzaville ? Toujours est-il que pour exiger un véritable programme digne de ce nom et dénué de tout soupçon de favoritisme à l'endroit de Brazzaville, la diaspora congolaise est vent debout pour exiger des conditionnalités sans lesquelles ce futur programme ne serait pas viable. Pour se faire entendre, elle va entreprendre une série de manifestations, à Paris et à Washington, pour pousser à la signature d'un accord utile, non pas pour le (seul) clan présidentiel, mais pour (tout) le peuple congolais.

Les relations entre la France et la Guinée équatoriale ne sont pas en voie de normalisation. Au contraire, elles s'enveniment de jour en jour. Pour preuve, la Guinée équatoriale vient de sommer le groupe pétrolier français, Total, bras financier de la Françafrique (qui est une politique abjecte dont les élites africaines ne veulent plus car elle infantilise les Etats africains et leurs dirigeants) de payer la rondelette somme de 73 millions d'euros (48 milliards de F CFA) pour fraude dans la vente de carburant, sur une période de, seulement, deux ans. Parallèlement, le gouvernement va saisir la justice.

L'ancienne ministre du Pétrole, Diezani Alison-Madueke, n'en a pas fini avec la justice. Elle en est même loin. Une cour de justice nigériane a ordonné, ce lundi, 28 août, la saisie bancaire de 7,6 milliards de nairas (21 millions de dollars ou plus de 11 milliards de F CFA) qui lui appartenaient, suite à des accusations de corruption, après la confiscation de nombre de ses biens ces dernières semaines.

Contrairement à ce que pensent certains Anti-Français (à tort), la question des « Biens Mal Acquis » n'est pas une trouvaille, strictement, franco-française. Quand on détourne de l'argent public dans un pays et on vient le dépenser, dans un autre pays, européen ou américain, ce dernier est, juridiquement, fondé à vous poursuivre, voire, à confisquer ces biens. Car ils ne sont pas à vous. C'est les lois de ces pays européens et américains, qu'on peut, valablement, contester, discuter, car la logique voudrait que c'est la loi où le prétendu détournement a été effectué, qui soit applicable. Mais, encore faudrait-il que la justice soit à peu près équitable et indépendante dans ce pays, ce qui n'est, parfois, pas le cas. Un ancien ministre guinéen se retrouve en prison, pour sept ans, pour avoir détourné 8,5 millions de dollars, venant des industriels chinois. Argent qui aurait dû être logé au trésor public, si la Guinée du président en exercice de l'Union africaine, Alpha Condé, ne marchait pas sur la tête.

Personne ne peut dire que le nouveau locataire de l'Elysée est immobile. Après avoir quitté le gouvernement de François Hollande parce qu'il n'allait pas assez loin dans les réformes, en cherchant, toujours, à ménager la chèvre et le choux, Emmanuel Macron doit, montrer, maintenant, qu'il est aux commandes de l'Etat, que, lui fait ce qu'il dit et dit ce qu'il fait. Sauf que, comme le général de Gaulle aimait à le souligner, « la volonté seule ne suffit pas », encore faut-il en avoir la capacité. Les critiques s'abattent, de toutes parts, sur le jeune président français. Qui de son côté veut faire bouger la France. Les solutions aux multiples problèmes, il les cherche, partout, y compris, avec la torche. Il en est de l'immigration, ce serpent des mers, qui n'est que la conséquence (directe) du système colonial et néocolonial de la France, en Afrique. Certains parlent de Françafrique. Macron convoque, lundi, 28 août, un mini-Sommet, à l'Elysée, pour en parler. Un énième Sommet, pour (certainement) tourner en rond. Car le problème essentiel de l'Afrique (et dont de l'immigration) est dans la malgouvernance que la France protège (précieusement) en Afrique car c'est elle qui fait, en partie, son rayonnement à l'international.

La justice nigériane a ordonné, mardi, 22 août, la confiscation, à titre provisoire, de quatre propriétés appartenant à l'ex-ministre du Pétrole, Diezani Alison-Madueke, d'une valeur de 7 millions de dollars, que les juges soupçonnent de provenir de détournements massifs de fonds publics. Avant cette décision, la justice avait, déjà, procédé à d'autres saisies immobilières, ce qui tend à démontrer que cette femme nageait dans la corruption.

Le roi, Mohammed VI, du Maroc ne rêve que d'Afrique. Après la ré-admission du Maroc au sein de l'Union africaine, au début de cette année, le souverain essaie de brûler les étapes. Lors du Sommet de la CEDEAO, au Liberia, le 4 juin dernier, il avait demandé l'adhésion du Maroc à cette organisation sous-régionale de l'Afrique de l'Ouest alors qu'il appartient, géographiquement, à une autre sous-région, l'UMA (Union du Maghreb arabe). Cette requête n'ayant pas abouti, le Maroc reviendra à la charge lors du prochain Sommet de la CEDEAO, à Lomé, en 2018, d'autant plus que certains pays membres sont favorables à son admission. En attendant, le roi se déploie sur d'autres terrains. Avec parfois quelques échecs retentissants. C'est ainsi qu'il y a quelques jours, à l'instigation de la Fédération royale de football, le nouveau président de la CAF, le Malgache, Ahmed Ahmed, a, vainement, cherché à dessaisir le Cameroun de l'organisation de la CAN 2019, au profit du Maroc. Le Cameroun est décidé à garder sa CAN. Paul Biya, sentant le danger, est même venu à la rescousse pour confirmer, officiellement, que l'Etat allouerait l'argent qu'il faut pour permettre une parfaite tenue de la CAN sur les six sites de jeu choisis. Le Maroc a, donc, ciblé l'Afrique comme terrain par excellence de sa chasse aux contrats. Dans un discours télévisé prononcé, dimanche, 20 août, à l'occasion d'une fête nationale, le roi, Mohammed VI, s'est félicité de la politique menée par son pays en Afrique, basée sur des partenariats "gagnant-gagnant". Le langage adopté dans cette offensive est tout à fait chinois, les nouveaux maîtres de l'Afrique. Ce qui montre que le Maroc veut aussi bien faire en Afrique que la Chine.

Le dictateur devrait former son nouveau gouvernement (pile ou face) dont l'ambition est de mener à bien les difficiles réformes économiques que va édicter le Fonds monétaire international (FMI). Ce gouvernement est annoncé, dans les tout prochains jours, tandis que le programme avec le FMI doit démarrer courant octobre, ou avant la fin de l'année, si les négociations sont, particulièrement, difficiles comme on peut le prévoir. Sauf à vouloir démentir (inutilement) afriqueeducation.com, Clément Mouamba, ayant l'avantage de bien connaître l'ampleur du désastre, est bien parti pour se succéder à lui-même.

Le siège de la Commission nigériane des crimes économiques et financiers (EFCC), à Abuja, a été attaqué, mercredi, 16 août, par des hommes "lourdement" armés, qui ont tiré sur les façades et dans le parking, a annoncé l'EFCC. Mesures d'intimidation sans doute, le pouvoir mettant le turbo pour traquer les délinquants en col blanc du gouvernement Jonathan dont sa propre épouse, Patience Jonathan.

Frappée par une des pires catastrophes de son histoire, la Sierra Leone a commancé à enterrer ses morts, ce jeudi, 17 août, au cours d'une cérémonie en présence du président, Ernest Bai Koroma, qui a décrété une semaine de deuil national.

Pour limiter l'hémorragie financière hors de la zone BEAC (Banque des Etats de l'Afrique centrale), le gouvernement équato-guinéen a dû limiter les transferts de fonds à un million de F CFA (1.500 euros), grand maximum, par personne, et par mois. Le pays se prépare à signer un programme de redressement (Facilité financière élargie) avec le FMI comme l'ont, déjà, fait le Cameroun, le Gabon, le Centrafrique et le Tchad.

Des pluies torrentielles accompagnées de coulées de boue et de glissements de terrain ont surpris, en pleine nuit, les habitants de la capitale de la Sierra Leone, Freetown, faisant, au moins, 312 morts et plus de 2.000 sans-abris, selon un bilan qui risque, encore, de s'alourdir. Du rarement vu en Afrique, ce qui explique que ce pays demande une aide internationale d'urgence, ses capacités d'intervention étant, largement, dépassées.

Avec l'argent du pétrole, le président, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a transformé son pays tel qu'aucun autre chef d'Etat d'un pays pétrolier, en Afrique, ne l'avait fait, auparavant, au point de susciter, énormément, de jalousie, non seulement, en Afrique, mais aussi, chez certains pays occidentaux, qui encouragent la mal-gouvernance, en Afrique, à des fins politiques de maintien de leur influence. Frappée de plein fouet par la baisse des cours du pétrole, la Guinée équatoriale doit revoir son programme de grandes réalisations dans le domaine des infrastructures, et bénéficier de certains concours financiers pour repartir d'un bon pied.

« Baba Go Slow » (Muhammadu Buhari) est, toujours, en congé médical, à Londres, depuis le 8 mai dernier. Mais, la lutte contre la corruption (qu'il a insufflée) bat son plein, malgré son absence du pays. L'ancienne ministre du Pétrole, Diezani Alison-Madueke, vient d'en être victime, la justice ayant ordonné la saisie d'une de ses luxueuses propriétés, au Nigeria.

La dette publique du Congo-Brazzaville par rapport au PIB n'est pas de 77% comme l'indiquaient, de façon mensongère, les autorités de Brazzaville, mais, de 117%. C'est le FMI qui vient de le faire savoir, très officiellement, critiquant, par la même occasion, le pouvoir de Brazzaville d'avoir cherché à l'induire en erreur en lui indiquant un déficit très loin de la réalité, pour bénéficier d'un accord qui n'aurait pas correspondu à la réalité de la situation du pays.

Malgré la pression de certains dictateurs voisins qui lui ont (fermement) demandé de rester au pouvoir en déléguant certaines de ses prérogatives à ses adjoints, Ingénieur, José Eduardo dos Santos, va quitter la présidence de la République dans quelques mois au profit de son actuel ministre de la Défense, le général, Joao Lourenço. Mais, d'ici là, il est, pleinement, actif comme chef de l'Etat. C'est ainsi qu'il vient d'inaugurer le barrage hydroélectrique de Lauca, à l'Ouest du pays, qui est appelé à être (très prochainement) l'un des barrages les plus puissants du continent.

Monnaie par excellence des échanges internationaux, le dollar commence à subir des assauts, qui visent à contester sa suprématie. Si la mise de l'euro sur le marché, au début des années 2000, a, finalement, été contenue au point où le dollar n'en a plus peur, le contournement de la devise américaine par la Chine et la Russie (qui ne l'utilisent plus systématiquement dans leurs échanges), rentre dans la stratégie globale des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), qui consiste à trouver une alternative crédible à la dictature du système financier occidental bâti autour des institutions (américaines) de Bretton Woods, à savoir, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Alors que le taux d'endettement du pays par rapport au PIB (richesse nationale) doit être de 70%, au maximum, dans les pays membres de la CEMAC, celui du Congo-Brazzaville annoncé par les autorités de Brazzaville, s'élevait à 77%, au moment du Sommet du 23 décembre 2016, à Yaoundé, entre les chefs d'Etat des pays membres de la BEAC, le ministre français de l'Economie de l'époque, Michel Sapin, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Mais, ce qu'on ignorait, en ce moment, c'est que ce chiffre de 77% était faux. En effet, en pleine négociation pour l'octroi de nouveaux financements internationaux, le FMI découvre que le Congo-Brazzaville n'est pas endetté de (seulement) 77% de son PIB, mais, de 120%, ce qui le met, résolument, en situation de faillite.