Economie

Que se passe-t-il au Tchad ? On savait que les pays de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) traversaient une grave crise de liquidités due à la baisse des cours du pétrole et du gaz. Mais, au Tchad, cette mauvaise passe financière prend une tournure particulière, avec deux limogeages spectaculaires des ministres des Finances en moins d'un an. C'est suffisamment inhabituel pour qu'afriqueeducation.com puisse en parler.

A défaut d'être seule et unique, comme avant, pour investir en Afrique, la France, aujourd'hui, en totale perte de vitesse, sur le plan financier, voudrait s'allier au Maroc (dont les ambitions africaines sont connues) pour regagner des parts de marché perdues en Afrique, au profit des pays émergents comme la Chine. C'est la raison principale du voyage du premier ministre, Edouard Philippe, au Maroc. En Afrique, la France et le Maroc veulent devenir partenaires et concurrents.

Dans une note de presse, la Maison civile du président de la République informe qu’un décret signé mercredi, 15 novembre, par le chef d’Etat, Joao Lourenço, fait état de la nomination de Carlos Saturnino Guerra Sousa e Oliveira comme président du conseil d'administration de la Sonangol, société d'Etat, en lieu et place d'Isabel dos Santos, fille de l'ancien président de la République, qui y avait été nommée en juin 2016. L'indépendance n'a pas de prix. La liberté ne s'octroie pas non plus. Elle s'arrache. Arrivé aux affaires il y a une cinquantaine de jours, le général, Joao Lourenço déclare-t-il la guerre à son mentor José Eduardo dos Santos ?

Nous vous livrons, ici, intégralement, un point de vue sur la question du F CFA qui fait débat depuis quelque temps. Faut-il abandonner le F CFA au profit d'une nouvelle monnaie ? Faut-il retirer à la Banque de France le droit d'émettre le F CFA ? Autrement dit, faudrait-il donner le pouvoir aux « dictateurs africains » d'émettre leur monnaie ? Le point de vue ci-après que nous diffusons n'est, nullement, celui d'Afriqueeducation.com qui soutient, activement, comme savent ses lecteurs, la création d'une monnaie authentiquement africaine ayant tous les attributs de la souveraineté. Mais, il mérite d'être connu.

La mission du FMI est partie du Congo, le 4 octobre, après avoir évalué une dette publique (connue) de 110% du PIB. Reste un certain nombre de zones d'ombre dans le calcul de cette dette. Il s'agit de la dette contractée par l'Etat et la SNPC (Société nationale des pétroles du Congo) auprès de plusieurs créanciers privés (Glencore, Trafigura, Worldwide, Commisimpex, etc), mais aussi, de la dette intérieure (qui a plombé l'activité des entreprises) et celle auprès de la Chine qui reste un véritable mystère. Le FMI demande que tous les documents de ces différentes dettes soient mis sur la table pour qu'il apprécie le niveau réel de son engagement au Congo-Brazzaville. Depuis un mois que la Mission est partie de Brazzaville, plus rien. C'est comme si les deux parties ne voulaient pas donner raison à Afrique Education qui, dans son numéro 458 d'octobre, avait évalué le véritable niveau de la dette publique congolaise à près de 200% du PIB.

Quatre chefs d'Etat sur six se sont retrouvés au Tchad pour le Sommet extraordinaire de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale). Seuls le Congolais, Denis Sassou-Nguesso et le Gabonais, Ali Bongo Ondimba, n'ont pas effectué le déplacement. Dans l'ensemble, les pays de la CEMAC ont évité la dévaluation du F CFA ; l'heure est, désormais, aux réformes avec le FMI (Fonds monétaire international).

Depuis qu'on parle de sa très mauvaise gestion à la tête de la SAA (South African Airways), Dudu Myeni n'a, en réalité, pas daigné changer ses méthodes de management qui étaient très controversées. Politiquement très affaibli, le président, Jacob Zuma, n'a plus les moyens de couvrir les fautes de sa protégée alors que lui-même se trouve sur un siège éjectable et tente de sauver sa peau. C'est dans ce contexte que le gouvernement (Ministre des Finances) a annoncé, jeudi, 19 octobre, avoir mis fin à ses fonctions. La SAA est en proie, depuis des années, à de sérieuses difficultés financières.

Avec un Produit intérieur brut (PIB), qui doit, pour la première fois, dépasser la barre des 120 milliards de dollars à prix courants, en 2017, soit plus que le PIB des pays de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) et de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) réunis, le royaume chérifien se donne les moyens de croquer, économiquement, les pays d'Afrique noire. On peut comprendre, en filigrane, le comment et le pourquoi de l'annulation du Sommet Israël-Afrique qui était prévu, à Lomé, du 23 au 27 octobre 2017. En réalité, Israël aurait été un sérieux prétendant à la contestation de la suprématie économique du Maroc en Afrique noire. Le roi Mohammed VI voyait cela d'un très mauvais œil. Qui dit mieux : à chaque pays de veiller à la sauvegarde et à la préservation de ses intérêts (stratégiques).

On dirait que les difficultés économiques frappent, uniquement, les entreprises françaises en Afrique. Alors que la mauvaise conjoncture internationale affecte tout le monde, seules les entreprises françaises plient bagage pour rentrer en France ou licencient leurs employés dans des pays africains où il n'existe aucune indemnité-chômage ou autre soupape de sécurité sociale. Les employés se retrouvent face à eux mêmes après avoir, parfois, servi des années durant, l'entreprise française en question. Après Bouygues au Gabon, la semaine dernière, et plusieurs entreprises françaises qui ont dû fermer en cascade au Congo-Brazzaville, ces derniers mois, au tour, maintenant, d'Areva d'annoncer un paquet de licenciements en 2018, au Niger. Les législations des Etats africains sont-elles aussi passoires pour sacrifier leurs travailleurs de cette façon ?

L'entreprise Bouygues Energies & Services, présente depuis près de 70 ans au Gabon avec plus de 200 employés, a annoncé la fin de ses activités en milieu de semaine, suscitant l’incompréhension de ses salariés. Une véritable honte de quitter ce beau pays où elle a gagné beaucoup beaucoup d'argent juste parce qu'il traverse quelques difficultés passagères dues à la chute du cours de pétrole. Une logique très multinationale capitaliste vivement condamnable. Quant aux employés de Bouygues, ils ont, via leur syndicat, dénoncé, auprès du PDG, Martin Bouygues, dans un courrier à lui adressé, le caractère « inhumain de (sa) décision ». Pas de réponse du PDG qui reste silencieux.

Après avoir promis de mener "la guerre contre la corruption", le président nigérian, Muhammadu Buhari, est éclaboussé par un scandale visant l'un de ses proches, après la fuite d'une lettre du secrétaire d'Etat au Pétrole dénonçant des malversations au sein de la compagnie pétrolière d'Etat.

Est-ce le Saint-Esprit qui descendra du ciel pour déterminer la dette exacte du Congo à l'égard de ses créanciers ? Toujours est-il que la première mission du Fonds monétaire international (FMI) qui a pris fin, mercredi, 4 octobre, à Brazzaville, n'arrive, toujours pas, à savoir à combien s'élève, exactement, la dette publique congolaise. Le FMI a sorti un chiffre presque déjà connu de 110%. Reste que le FMI n'arrive, pas encore, à déterminer à combien s'élève la dette litigieuse (Glencor, Trafigura, Commissimpex, etc.) qui s'élèverait à plusieurs milliards aussi. Il en est, de même, de la dette chinoise qui reste très floue à évaluer, un flou entretenu volontairement par Pékin et Brazzaville, et qui embrasse des pratiques comme le troc. Il y a, enfin, la dette intérieure dont on ignore aussi le montant exact. Le total de cette dette (non encore) évaluée pourrait rapprocher la dette totale congolaise à près de 200% du PIB.

Le dictateur a rencontré la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, le 19 septembre, à New York, en marge de la 72e Assemblée Générale des Nations-Unies. Au regard de la grave situation de l'économie congolaise, elle aidera le Congo (c'est sa mission), mais ne pourra pas faire des miracles que lui demande son « ami » Sassou-Nguesso. Car elle-même doit rendre des comptes à sa hiérarchie. Pour que le programme de redressement (à venir) ait une chance de réussir, l'opposition demande à être associée, d'une manière ou d'une autre, dans le processus de son aboutissement. D'autre part, le FMI va conclure un programme avec le Congo. Mais de quel Congo s'agit-il ? Car il y a le Congo de Sassou-Nguesso qui a ruiné le pays et l'autre Congo constitué par l'opposition qui représente la grande majorité de la population. Sans dialogue et consensus entre ces deux Congo, ce sera un coup d'épée dans l'eau. C'est à ce niveau où Christine Lagarde est priée de ne pas faire du Strauss-Kahn, si elle ne veut pas que son nom soit traîné dans la boue par les opposants congolais demain et après-demain.

« Au revoir papa, au revoir l'ambassadeur du développement de l'Afrique, repose en paix ». Dans une atmosphère empreinte de forte émotion, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Adesina Akinwumi, a ouvert la cérémonie d'hommage organisée en mémoire de feu Babacar Ndiaye, ancien président de la BAD, jeudi, 21 septembre 2017, au siège de l'organisation à Abidjan.

C'est un problème de santé publique réel auquel le monde est confronté : les cosmétiques destinés aux femmes noires sont plus toxiques que les autres ... Une étude de l'Université George Washington, aux Etats-Unis, publiée dans l’American Journal of Obstetrics and Gynecology, montre que les produits cosmétiques destinés aux femmes noires sont plus toxiques et dangereux que les autres car ils contiennent une quantité plus importante de perturbateurs endocriniens. Il y a de quoi tirer la sonnette d'alarme si on veut éviter une prolifération des cancers de la peau et autres maladies dont les traitements sont de plus en plus coûteux. C'est du reste ce que fait, depuis bientôt 17 ans, l'ONG Label Beauté Noire que préside la Franco-Gabonaise, Isabelle Mananga Ossey.

Il n'y a pas si longtemps, Sassou-Nguesso niait toute crise dans le département du Pool. Quand on lui faisait le reproche de s'occuper des lointaines crises en Libye et en Centrafrique alors que son propre pays était en train de brûler avec des réfugiés qui se comptaient en plusieurs dizaines de milliers, il bottait, simplement, en touche. Eh bien, ce même Sassou est en train d'encourager la tenue d'un dialogue (express) avec ceux qu'il qualifiait hier de simples « bandits ». Pourquoi ce virage à 180° ?

Ce n'est vraiment pas de la misogynie mais on constate qu'en matière de détournements de fonds publics, les femmes n'ont plus grand chose à envier aux hommes. Dans ce domaine, la femme apprend, tellement, vite qu'elle a tendance à dépasser l'homme. Au Nigeria, à l'heure actuelle, Diezani Alison-Madueke, la ministre du Pétrole de l'ancien président, Goodluck Jonathan, serait la personne la plus corrompue de ce pays qui fut, il n'y a pas longtemps, numéro un mondial de la corruption, selon le classement de Transparency International. Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2015, Muhammadu Buhari a déclaré vouloir lutter contre la corruption et la secte Boko Haram. Malgré son état de santé, il ne réussit pas mal. Au Burkina Faso, la corruption battait, aussi, son plein sous Blaise Compaoré. Depuis son arrivée aux affaires, le nouveau président, Roch Marc Christian Kaboré, a lancé une opération « Mains Propres » pour nettoyer les écuries d'Augias. Beaucoup sont, déjà, tombés. Mais, personne ne s'attendait à ce que la patronne de la Communication, Nathalie Somé, tombe, elle aussi, dans les mailles du filet, son secteur n'étant pas le plus attractif pour les corrupteurs de tout poil.

Christine Lagarde, la patronne (française) du Fonds monétaire international (FMI) est-elle en train de payer les erreurs (volontaires ?) de son prédécesseur à ce même poste, Dominique Strauss-Kahn, dans les relations entre le FMI et le Congo-Brazzaville ? Toujours est-il que pour exiger un véritable programme digne de ce nom et dénué de tout soupçon de favoritisme à l'endroit de Brazzaville, la diaspora congolaise est vent debout pour exiger des conditionnalités sans lesquelles ce futur programme ne serait pas viable. Pour se faire entendre, elle va entreprendre une série de manifestations, à Paris et à Washington, pour pousser à la signature d'un accord utile, non pas pour le (seul) clan présidentiel, mais pour (tout) le peuple congolais.

Les relations entre la France et la Guinée équatoriale ne sont pas en voie de normalisation. Au contraire, elles s'enveniment de jour en jour. Pour preuve, la Guinée équatoriale vient de sommer le groupe pétrolier français, Total, bras financier de la Françafrique (qui est une politique abjecte dont les élites africaines ne veulent plus car elle infantilise les Etats africains et leurs dirigeants) de payer la rondelette somme de 73 millions d'euros (48 milliards de F CFA) pour fraude dans la vente de carburant, sur une période de, seulement, deux ans. Parallèlement, le gouvernement va saisir la justice.

L'ancienne ministre du Pétrole, Diezani Alison-Madueke, n'en a pas fini avec la justice. Elle en est même loin. Une cour de justice nigériane a ordonné, ce lundi, 28 août, la saisie bancaire de 7,6 milliards de nairas (21 millions de dollars ou plus de 11 milliards de F CFA) qui lui appartenaient, suite à des accusations de corruption, après la confiscation de nombre de ses biens ces dernières semaines.