Economie

Tant pis pour les oiseaux de mauvais augure. Ceux qui renvoyaient le projet de création d'une monnaie commune à tous les pays de la CEDEAO aux calendes grecques en ont pour leur grade. Le 21 février, à Accra, la création de cette monnaie a été entérinée. Le processus se fera à plusieurs vitesses. Les pays qui seront prêts l'adopteront immédiatement. Ceux qui ne le seront pas attendront d'être prêts avant de rejoindre le train en marche. Cela voudrait dire qu'en 2020, le F CFA devra mourir de sa propre mort dans les pays membres qui auront rejoint la monnaie de la CEDEAO.

Depuis qu'il est arrivé au pouvoir, en 2017, en battant, régulièrement, John Dramani Mahama, qui voulait obtenir un deuxième et dernier mandat, Nana Akufo-Addo ne cesse de surprendre. D'autre part, il jouit d'un énorme crédit à l'international au point où Emmanuel Macron lui a rendu visite, début décembre 2017, à Accra, tandis que l'opposition togolaise vient de le plébisciter pour être le facilitateur du dialogue intertogolais. Pourtant, il ne vient que d'arriver au pouvoir. Dans un élan réformiste, il a investi vendredi, 23 février, un "procureur spécial" chargé de mener la lutte contre la corruption. Cité en exemple pour sa bonne gouvernance, le Ghana a reculé de 7 points, en deux ans, dans le récent classement de Transparency International. Le président Akufo-Addo entend éradiquer la corruption en mettant les petits plats dans les grands.

Le président, Ali Bongo Ondimba, et son gouvernement, ont fait acte de courage en mettant fin au contrat léonin qui liait le Gabon à Véolia. Alors que certains ténors de l'opposition cherchent, au contraire, à soumettre, encore plus, le Gabon à l'ancienne puissance colonisatrice, le président, Ali Bongo Ondimba, lui, privilégie le mieux-disant économique et financier pour son pays. C'est le sens que les Gabonais doivent donner à la rupture de la Convention avec Véolia que vient d'opérer le ministre de l'Eau et de l'Energie, Patrick Eyogo Edzang. C'est une posture (pas de facilité) qui permet au Gabon de mieux s'assumer. Personne ne peut le lui reprocher d'autant plus que les consommateurs d'eau et d'électricité du Gabon, souffrent, dans leur chair, depuis 21 ans de l'inapplication du cahier des charges confié à Véolia (ex-Générale des eaux). Les Gabonais doivent soutenir leur gouvernement qui vient de poser un acte de rupture avec la Françafrique. La direction générale de la SEEG a été confiée, le 19 février, à Marcelin Massila Akendengué, pour une durée d'un an. Le chien aboie la caravane passe.

La SEEG (Société d'eau et d'énergie du Gabon), filiale du groupe français Véolia, ne semble pas vivre sur la même terre que les consommateurs d'eau et d'électricité du Gabon. Sinon, elle aurait pris, sans demander son reste, la poudre d'escampette à cause de son incapacité à respecter son cahier des charges. Que de coupures d'eau, que de délestages électriques avec sa cohorte de matériels électro-ménagers abîmés et que personne à la SEEG n'a, jamais, voulu indemniser. Ca fait exactement 21 ans que les Gabonais souffrent. N'y a-t-il pas une fin pour chaque chose ? Même quand on est colonisés comme les usagers d'eau et d'électricité du Gabon ? Au lieu que Véolia rase les murs, son service au Gabon étant indigne de celui d'une grande entreprise française du CAC 40, elle ose dénoncer, parce que c'est le Gabon, un champ où on a l'habitude de récolter même ce qu'on n'a pas semé. On préfère regretter « une action brutale menée en dehors de toute règle de droit » alors que la dégradation de la qualité des services de Véolia devenait inacceptable. Au final, la prorogation du contrat de 5 ans de Véolia, à la demande de l'ancien président, François Hollande, n'a, absolument, pas influencé la qualité de service de cette société dont on avait souhaité que ses performances au Gabon soient à la hauteur de sa réputation en France où elle donne pleine satisfaction à ses nombreux clients. Mais, on l'aura compris : le Gabon n'est pas la France.

Pour le gouvernement, cette rupture est plus que souhaitable, le groupe français n'ayant, vraiment, pas été à la hauteur. Le problème, ici, est technique, et non politique. Il n'est pas question d'aimer ou de haïr la France ou une de ses entreprises. La réalité est simple : l'eau est une denrée rare à Libreville. Quant aux coupures électriques, elles sont monnaie courante. La question mérite, alors, d'être posée : A quoi a servi la concession de 20 ans accordée à la SEEG (Société d'énergie et d'eau du Gabon), filiale du groupe français Véolia ? Rien qu'à pomper les bénéfices, répondent en choeur les Librevillois, pour qui ce problème n'est ni celui de l'opposition, ni de la majorité, mais, des Gabonais tout court. Pourtant, la concession allouée à Véolia (Générale des eaux avant) avait pour but de faire du Gabon un eldorado en Afrique centrale où les pays limitrophes pouvaient se ravitailler pour combler leur déficit. Le patriarche, comme toujours, en visionnaire, avait vu les choses en grand. Mais ses partenaires français, mais aussi, ses collaborateurs, l'ont roulé dans la farine. A qui la faute ? C'est plutôt à un spectacle ahurissant des mamans librevilloises portant des bonbonnes d'eau sur la tête, les robinets des maisons étant à sec, auquel le Gabon se livre, de temps en temps. Un triste spectacle quand le pays s'appelle « Gabon ». Mieux vaut tard que jamais ! Cette rupture engage les Gabonais à prendre (enfin) leur destin, dans ce domaine, en main. En attendant d'autres domaines. Un mal pour un bien.

C'est une décision historique, pleine de symbolique que le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, vient de prendre : refuser de souscrire un nouvel emprunt du Fonds Monétaire International (FMI), s'appuyant sur la rapide croissance que devrait connaître le Ghana cette année.

Le président namibien, Hage Geingob, est l'un des chefs d'Etat d'Afrique à savoir attraper le taureau par les cornes. Au lieu de disserter (à longueur de journée) sur la crise et les moyens de la juguler, comme ailleurs, chez ses homologues, il a, décrété, ce mercredi, 31 janvier, la fin des missions des ministres à l'étranger, cause de grosses dépenses dans le budget de l'Etat. Désormais, les ministres travailleront avec leur téléphone, par vidéoconférence, par internet, et non, en prenant la classe affaires des avions de ligne. Lui-même montre l'exemple en prenant, désormais, des vols commerciaux.

Idriss Déby Itno, général 5 étoiles de son état, ne sait plus à quel saint se vouer, depuis qu'il a constaté que chaque « chèvre broute où elle est attachée ». Autrement dit, chaque Tchadien mange là où il peut. Alors que les revenus pétroliers (mauvaise gestion habituelle aidant) ont fondu comme neige au soleil, le sultan ne sachant plus où donner de la tête (alors que le coercitif programme signé avec le FMI suit son cours), a, tout simplement, créé un numéro vert pour encourager la délation. Ce qui fait courir le risque de la multiplication de cas de dénonciations sans preuve. Le sultan serait-il aux abois ?

Crise ou pas crise, la Guinée équatoriale reste égale à elle-même. Le niveau de réalisation de ses infrastructures en vue de l'émergence économique en 2020, va repartir de plus belle avec la découverte d'un important gisement de pétrole, à 160 kilomètres de Malabo, qui va faire du bien aux finances de l'Etat.

L'Angola veut, désormais, jouer dans la cour des grands. Pour fluidifier ses communications et les rendre accessibles au moindre coût, Luanda a décidé de faire comme les grands pays industrialisés. Pour y parvenir, ce pays a fait appel à l'amie de toujours : la Russie. C'est ainsi que la Russie a lancé, mardi, 26 décembre, de sa station de Baïkonour, une fusée porteuse du premier satellite angolais de télécoms, Angosat-1, en utilisant une fusée ukrainienne, dont l'utilisation est assez rare en raison des mauvaises relations (politiques) entre la Russie et l'Ukraine. Visiblement, dans le domaine du commerce et des affaires, les relations entre la Russie et l'Ukraine sont, plutôt, bonnes.

Le nouveau président de la République, Joao Lourenço, fait face à sa première grande épreuve du pouvoir. Il ne s'agit pas d'une tentative de coup d'état mais, d'une action de sabotage de sa politique contre la corruption, savamment, planifiée, car elle se manifeste pendant les fêtes de fin d'année. En effet, installé, en août, à la place de José Eduardo dos Santos, à la tête de l'Etat, il a limogé, deux mois plus tard, sa fille, Isabel dos Santos, de la présidence de la compagnie nationale de pétrole, Sonangol, au grand étonnement des Angolais. Cette action diversement appréciée dans l'opinion fut saluée par les milieux financiers et d'affaires, qui virent là, les prémices d'une action digne de ce nom contre la corruption dans ce pays. Mais, alors que les Angolais étaient dans l'euphorie des fêtes de fin d'année, ils ont été surpris par la pénurie d'essence qui, du coup, leur complique la vie et montre que la lutte contre la corruption du nouveau président est loin d'être acceptée par tout le monde.

Membre de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale), Sao Tomé et Principe n'est pas membre de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) comme le Gabon, le Congo-Brazzaville, le Centrafrique, le Tchad et le Cameroun. Cet archipel n'est, donc, pas membre de la Zone Franc. A partir du 1er janvier 2018, sa banque centrale va entreprendre une réforme monétaire qui va changer des habitudes.

Le grand ménage engagé par le nouveau président angolais, Joao Lourenço, contre les intérêts de son prédécesseur, José Eduardo dos Santos, suscite des tensions au sommet en Angola, où les deux hommes se sont livrés à une passe d'armes publique inédite. Visiblement, les deux hommes ne sont plus sur une même longueur d'onde. Parler de rupture ou de cassure (c'est selon) n'est pas un abus de langage pour caractériser les relations entre les deux hommes. Faut-il craindre le blocage de la machine administrative du pays, dos Santos ayant gardé les rênes du parti au pouvoir, le MPLA ? S'il est, encore, prématuré de répondre à cette question, beaucoup d'Angolais commencent à retenir leur souffle.

Une chose est de chercher à déloger Camarade Bob de son fauteuil présidentiel, ce qui a été fait, avec succès, sans effusion de sang. Une autre de faire mieux que lui, notamment, dans le domaine de l'économie où le sabotage de Londres avait eu raison des ressorts de la jeune économie du pays. Emmerson Mnangagwa est, désormais, l'homme fort du Zimbabwe. Il ne possède pas de remède miracle pour apporter la prospérité au pays. Issu du système précédent, il compte les mêmes ennemis que son prédécesseur. Cela dit, en homme politique qui a montré qu'il pouvait être très rusé, il se doit de proposer des solutions pour sortir l'économie de l'ornière. Pour cela, il souhaite, avant toute chose, l'unité du pays. L'opposition, qui est déçue de la formation de son premier gouvernement, ne s'inscrit pas dans sa démarche.

Arrivé au pouvoir en 2015, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, surnommé Baba Go Slow pour le temps de réflexion qu'il se donne avant de prendre toute décision, s'est donné deux objectifs majeurs : la lutte contre la corruption et l'éradication de la secte terroriste Boko Haram. Si son action a, considérablement, affaibli la secte terroriste, devenue, aujourd'hui, adepte des attentats aveugles à cause de la réduction de ses moyens de combat, la corruption reste, encore, un cancer pour la société.

Que se passe-t-il au Tchad ? On savait que les pays de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) traversaient une grave crise de liquidités due à la baisse des cours du pétrole et du gaz. Mais, au Tchad, cette mauvaise passe financière prend une tournure particulière, avec deux limogeages spectaculaires des ministres des Finances en moins d'un an. C'est suffisamment inhabituel pour qu'afriqueeducation.com puisse en parler.

A défaut d'être seule et unique, comme avant, pour investir en Afrique, la France, aujourd'hui, en totale perte de vitesse, sur le plan financier, voudrait s'allier au Maroc (dont les ambitions africaines sont connues) pour regagner des parts de marché perdues en Afrique, au profit des pays émergents comme la Chine. C'est la raison principale du voyage du premier ministre, Edouard Philippe, au Maroc. En Afrique, la France et le Maroc veulent devenir partenaires et concurrents.

Dans une note de presse, la Maison civile du président de la République informe qu’un décret signé mercredi, 15 novembre, par le chef d’Etat, Joao Lourenço, fait état de la nomination de Carlos Saturnino Guerra Sousa e Oliveira comme président du conseil d'administration de la Sonangol, société d'Etat, en lieu et place d'Isabel dos Santos, fille de l'ancien président de la République, qui y avait été nommée en juin 2016. L'indépendance n'a pas de prix. La liberté ne s'octroie pas non plus. Elle s'arrache. Arrivé aux affaires il y a une cinquantaine de jours, le général, Joao Lourenço déclare-t-il la guerre à son mentor José Eduardo dos Santos ?

Nous vous livrons, ici, intégralement, un point de vue sur la question du F CFA qui fait débat depuis quelque temps. Faut-il abandonner le F CFA au profit d'une nouvelle monnaie ? Faut-il retirer à la Banque de France le droit d'émettre le F CFA ? Autrement dit, faudrait-il donner le pouvoir aux « dictateurs africains » d'émettre leur monnaie ? Le point de vue ci-après que nous diffusons n'est, nullement, celui d'Afriqueeducation.com qui soutient, activement, comme savent ses lecteurs, la création d'une monnaie authentiquement africaine ayant tous les attributs de la souveraineté. Mais, il mérite d'être connu.

La mission du FMI est partie du Congo, le 4 octobre, après avoir évalué une dette publique (connue) de 110% du PIB. Reste un certain nombre de zones d'ombre dans le calcul de cette dette. Il s'agit de la dette contractée par l'Etat et la SNPC (Société nationale des pétroles du Congo) auprès de plusieurs créanciers privés (Glencore, Trafigura, Worldwide, Commisimpex, etc), mais aussi, de la dette intérieure (qui a plombé l'activité des entreprises) et celle auprès de la Chine qui reste un véritable mystère. Le FMI demande que tous les documents de ces différentes dettes soient mis sur la table pour qu'il apprécie le niveau réel de son engagement au Congo-Brazzaville. Depuis un mois que la Mission est partie de Brazzaville, plus rien. C'est comme si les deux parties ne voulaient pas donner raison à Afrique Education qui, dans son numéro 458 d'octobre, avait évalué le véritable niveau de la dette publique congolaise à près de 200% du PIB.