GABON : Vers la création d’un gouvernement parallèle

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Même si la journée de recueillement du 6 octobre a été, diversement, suivie, à Libreville et à Port-Gentil, notamment, à cause du harcèlement du gouvernement sur les agents de l’Etat, et des forces de défense et de sécurité sur les populations, dont le patron direct n’est autre que le président de la République, lui-même, devenu ministre de la Défense, à travers le secrétaire général de la présidence, Jean Ping peut se satisfaire de ce que le peuple gabonais est à son écoute. On l’a remarqué, samedi, 8 octobre, lors du match de football entre l’équipe nationale du Gabon et celle du Maroc, à l’occasion des éliminatoires de Russie 2018. Dans les réseaux sociaux, les partisans de Ping avaient appelé au boycott de ce match, pour punir les joueurs d’avoir soutenu Bongo Ondimba Ali (BOA) à l’élection présidentielle du 27 août. Résultat, le match s’est joué dans un stade aux 2/3 vide. Chose plus grave : ce boycott ne s’est pas fait à Libreville où Ping est majoritaire ou à Port-Gentil où 4 Gabonais sur 5 avaient voté pour lui, mais, à Franceville, fief de BOA et chef-lieu de la province du Haut-Ogooué, restée mémorable, après ses derniers scores électoraux. Venu assister, personnellement, au match, BOA affichait sa mine des mauvais jours face à cette défiance de ses propres frères du Haut-Ogooué, alors que les Panthères avec un score de 0-0 faisaient piètre figure. Que la vie continue d’être dure pour qui a cherché. BOA a, sans doute, été réconforté par le message de félicitation que le président burundais, Pierre Nkurunziza, lui a adressé. Ce dernier, après avoir effectué son hold up électoral, en juillet 2015, lequel a, déjà, entraîné 500 assassinats ciblés et 350.000 réfugiés, vient d’annoncer le retrait du Burundi de la Cour pénale internationale (CPI). C’est comme s’il voulait faire du Burundi ce qu’il veut.

Qu’a dit Ping de bon dans son message à la nation ? « Que je ne reconnaîtrai pas le pouvoir et l’autorité de Monsieur Ali Bongo Ondimba, désigné président de la République par la Cour constitutionnelle, suite à un coup d’état militaro-électoral ». « Que j’invite l’ensemble des partis, personnalités politiques et amis du Gabon à poursuivre les efforts engagés en vue du respect de la souveraineté du peuple gabonais et partant, le rétablissement de la légalité républicaine ». « Qu’il apparaît donc nécessaire d’organiser la résistance au régime d’Ali Bongo Ondimba, à travers toute l’étendue du territoire et partout dans le monde ». Que « celle-ci s’amorcera, à mon initiative, par l’organisation d’un dialogue national ouvert à tous : partis politiques, société civile et diaspora. Les mouvements associatifs, les organisations patronales et internationales amies du Gabon et préoccupés par la grave crise politique que notre pays traverse, seront invités à apporter leurs précieuses contributions en faveur de la construction d’un cadre institutionnel fort et crédible, garant d’une véritable démocratie », etc.

Pour finir, Jean Ping « estime urgent et prioritaire de promouvoir toute action visant à faire prendre des sanctions ciblées à l’encontre des auteurs et complices de ce coup d’état militaro-électoral. Sans être exhaustifs, sont visées par les mesures précitées, les personnalités dont les noms suivent : Ali Bongo Ondimba, Marie Madeleine Mborantsuo, René Ella Aboghé, Alain Claude Bilié-By-Nzé, Pacôme Moubelet Boubeya, Lambert Noël Matha, Mathias Otounga Ossibadjouo, Frédérique Bongo Ondimba, Hervé Patrick Opianga et Général d’armée Jean Ekoua » (fin de citation).

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