Kenya

La stratégie de l'opposant, Raila Odinga, est, difficilement, lisible. Alors qu'il avait réussi le coup du siècle en faisant invalider l'élection, dès le premier tour, de son adversaire, Uhuru Kenyatta, par la Cour suprême, il avait, par la suite, contre toute attente, décidé de ne pas se présenter au deuxième tour du scrutin, entraînant, automatiquement, la réélection du président sortant avec un score à la soviétique. Ce dernier a, déjà, prêté serment selon la loi, devant les juges de la Cour suprême. Mais, alors qu'on pensait que la vie politique allait retrouver sa normalité, Raila Odinga se réveille, aujourd'hui, pour annoncer sa propre investiture, comme président du Kenya, mardi, 12 décembre. Il s'agit d'un trouble à l'ordre public que les autorités menacent de ne pas laisser passer. Le Kenya est loin d'être sorti de la zone de turbulences.

Personne ne s'attendait à un deuxième coup d'éclat de la Cour suprême. Elle a, donc, logiquement, validé la réélection d'Uhuru Kenyatta, rejetant les deux recours déposés, non pas, par Raila Odinga, mais par un homme d'affaires associé à un ancien député et par deux responsables d'ONG. Trop peu pour faire vaciller, une nouvelle fois, Uhuru Kenyatta, qui va poursuivre sa mission à la tête de l'Etat kényan. En espérant que Raila Odinga le laissera travailler car, non seulement, il refuse de reconnaître la victoire de son ancien adversaire, mais, il promet, aussi, de lui mettre, énormément, de bâtons dans les roues.

Raila Odinga, contre toute attente, a refusé d'affronter Uhuru Kenyatta au deuxième tour de la présidentielle kényane. Ce dernier a, finalement, obtenu 98,26% des suffrages. Mais, les opposants au vainqueur ne baissent pas les bras. Si Raila Odinga veut lancer une campagne de boycottage économique contre les sociétés proches du pouvoir, les activistes et ONG proches de l'opposition ont, quant à eux, déposé deux recours pour faire annuler la victoire du président sortant, Uhuru Kenyatta, auprès de la Cour suprême.

Contre toute attente, l'opposant, Raila Odinga, après que la Cour suprême lui eût donné raison, sur toute la ligne, en annulant la victoire du président sortant, Uhuru Kenyatta, a, finalement, choisi de ne pas competir. En laissant Uhuru Kenyatta seul candidat, il s'est, volontairement, fait le complice de sa victoire. Déclaré vainqueur à plus de 98%, Uhuru Kenyatta ne boude pas son plaisir. Pourtant, Raila Odinga voudrait utiliser le faible taux de participation (moins de 40%) pour lancer une campagne de désobéissance civile avec pour objectif, rendre le pays ingouvernable. D'où la question de savoir si Raila Odinga est, réellement, un homme de paix ou un guerrier ?

L'Afrique fait un mémorable bond en arrière, avec des scores à la soviétique de certains chefs d'Etat, comme au parti unique. Une performance que réfute même le président russe, le camarade, Vladimir Poutine, qui n'aime pas des victoires proches de 100%. Candidat unique à sa succession, après le retrait de l'opposant, Raila Odinga, Uhuru Kenyatta s'est tapé un score de 98,26%. Il fait à peine moins bien qu'un autre expert en la matière, le Rwandais, Paul Kagame, qui s'était octroyé 98,79% en août, après avoir pris soin de mettre tous ses rivaux en prison.

Le président de la Commission électorale kényane, Wafula Chebukati, a émis, ce mercredi, 18 octobre, de forts doutes sur sa capacité à organiser une élection présidentielle crédible le 26 octobre et dénoncé les "interférences" de la classe politique. Raila Odinga, lui, a, déjà, jeté l'éponge tandis qu'Uhuru Kenyatta est, toujours, dans la course. Odinga appelle à des manifestations dont la plus grande aura lieu le jour de la présidentielle, le 26 octobre. De son côté, le président de la Commission électorale souhaite s'entretenir à trois, avec les deux candidats avant le 26 octobre, mais personne ne l'écoute. Les troubles dans le pays semblent inévitables après le 26 octobre.

Aucun remords chez le président-sortant qui sent le piège. Le retrait inattendu de son adversaire, Raila Odinga, ne le fait pas changer de trajectoire. Contre vents et marées, Uhuru Kenyatta se présentera, le 26 octobre prochain, aux électeurs du Kenya, à moins qu'il suive les conseils de bon sens venant des électeurs kenyans et de l'étranger, qui l'invitent à reconsidérer sa position en organisant une élection présidentielle crédible, transparente et ouverte. Quelle que soit sa décision, elle sera très difficile à prendre.

Ca ne va pas bien à la Commission électorale kényane. Le parquet kényan a ordonné à la police et à l'agence anti-corruption d'enquêter sur elle pour "irrégularités" et actes "illégaux" présumés commis dans le déroulement de la présidentielle d'août, qui a été invalidée.

Le langage du président sortant, Uhuru Kenyatta, n'a plus rien à voir avec le discours, enrobé, du chef d'Etat en exercice, qu'on lui connaissait. Au regard de la façon dont tournent, maintenant, les événements, il commence à s'exprimer comme un opposant au pouvoir, comme s'il avait perdu la maîtrise de ses sens. C'est une attitude bizarre qui en étonne plus d'un dans son propre camp où, généralement, il est considéré comme quelqu'un de très bien élevé comme tout fils d'ancien chef d'Etat, qui a appris les bonnes manières depuis sa tendre enfance. Mais, en accusant la Cour suprême d'avoir fomenté un « coup d'état » parce que son arrêt ne lui est pas favorable, quelques jours après que le président de cette Cour eut demandé à sa banque de retourner à son envoyeur, les 5 millions de dollars qui avaient, mystérieusement, atterri sur son compte bancaire, Uhuru Kenyatta ne fait-il pas montrer de perdre son self-control ?

La Cour suprême du Kenya a blâmé (il n'y a pas un autre mot), mercredi, 20 septembre, la Commission électorale (IEBC) pour sa gestion calamiteuse de l'élection présidentielle invalidée du 8 août, lui reprochant d'avoir proclamé les résultats sur la base de documents parfois "douteux" et de ne pas avoir permis l'accès à ses serveurs informatiques. Pour la Cour, l'IEBC serait truffée d'agents anti-Raila Odinga avec pour mission de faire gagner, par tous les moyens, le président sortant. Du coup, la demande de Raila Odinga d'opérer un changement profond au sein de l'IEBC avant de retourner aux urnes, prend un sens. La date du 17 octobre est-elle tenable ?

Le président kényan, Uhuru Kenyatta, a, officiellement, ouvert, mardi, 12 septembre, la nouvelle législature, en s'exprimant devant le Parlement issu des élections du 8 août, en l'absence de l'opposition, qui a boycotté la séance après l'invalidation, par la justice, du scrutin présidentiel. Uhuru Kenyatta n'a pas le cœur net. Il est envahi par la peur de perdre l'élection présidentielle dont l'issue défavorable entraînerait, par la suite, l'annulation des élections législatives. Un malheur ne venant, jamais, seul, il est, actuellement, soupçonné d'avoir voulu corrompre le président de la Cour suprême,David Maraga, en faisant mettre la somme de 5 millions de dollars sur son compte bancaire.

La pression de Raila Odinga est, incontestablement, en train de porter les fruits. Après avoir demandé le remplacement des membres de l'IEBC (Commission électorale), le président de cette institution, Wafula Chebukati, vient de lui donner raison en remplaçant sept responsables parmi les plus décriés par l'opposition.

Il n'y a que Dieu, le maître de l'univers que craint le président de la Cour suprême du Kenya, David Maraga. Partant de cette crainte (absolue) de Dieu, il respecte, rigoureusement, la loi et l'applique de la façon la plus implacable, quel qu'en soit le coût. C'est sa façon de servir Dieu, le respect strict de sa sainte parole. C'est cette force intérieure qui l'a poussé, lui et ses collègues, à trancher en faveur de l'opposition qui demandait l'impossible : l'annulation de l'élection présidentielle. C'est dire qu'aux yeux du président de la Cour suprême, le président, Uhuru Kenyatta, n'a guère plus de poids que le vendeur à la sauvette du marché central de Nairobi. Les deux sont égaux devant la loi. Cela s'appelle, l'indépendance de l'institution judiciaire.

Le leader de l'opposition au Kenya, Raila Odinga, a énuméré, mardi, 5 septembre, devant la presse, une série de conditions à sa participation à l'élection présidentielle du 17 octobre, la date choisie par la Commission électorale après l'invalidation du scrutin du mois dernier.

On dira ce qu'on veut, mais, les pays africains anglophones sont en nette avance sur les pays francophones en ce qui concerne la démocratie électorale. En Afrique francophone, en effet, il n'existe pas d'équivalent du Ghana, du Nigeria, du Liberia, de la Tanzanie, de l'Afrique du Sud, et maintenant, du Kenya, qui, jusqu'à cette décision de la Cour suprême, n'était pas considéré comme un bon élève de la démocratie. Le Sénégal qui faisait figure d'exemple, en Afrique francophone, a connu un réel recul démocratique, lors des élections législatives de juillet dernier. Du coup, de sérieux doutes commencent à planer sur la présidentielle de 2019 à laquelle le président, Macky Sall, est, déjà, candidat. Le Sénégal devenu un pays, démocratiquement, peu sûr, il ne reste plus que le Bénin, le fameux « quartier latin » de l'Afrique francophone qui fait office de pionnier en la matière. 67 ans après les indépendances, c'est tout, simplement, désespérant que les pays africains francophones continuent d'avancer en reculant sur le plan démocratique.

Après une longue journée d'attente, la commission électorale kényane a proclamé, vendredi, 11 août, le président sortant vainqueur de l'élection du 8 août. Uhuru Kenyatta a obtenu 54,27% des voix contre 44,74% à son principal opposant Raila Odinga. « Pas question, c'est Raila qui est gagnant », répond le camp d'Odinga, qui reste silencieux. Déjà une centaine de morts, au moins, selon l'opposition. Une douzaine selon la presse.

L'opposant kényan, Raila Odinga, a rejeté, en bloc, mercredi, 9 août, les résultats provisoires d'une élection présidentielle manipulée, selon lui, par piratage informatique, le sortant, Uhuru Kenyatta, étant crédité d'une confortable avance sur fond de tension, de plus en plus, palpable dans des bastions de l'opposition.

L'élection présidentielle qui aura lieu le 8 août prochain commence dans un climat de terreur. Avec l'attaque de la résidence à l'arme lourde, ce samedi, 29 juillet, du vice-président kenyan, William Ruto, qui fait liste commune avec le président, Uhuru Kenyatta, on peut, d'ores et déjà, dire que les hostilités sont mal engagées. Et que le spectre d'il y a dix ans où les violences électorales avaient fait 1.100 morts, fin 2007-début 2008, plane, à nouveau, sur le Kenya.

Les grandes manœuvres ont commencé, au Kenya, en vue de l'élection présidentielle du 8 août 2017. Candidat malheureux, il y a 5 ans, Raila Odinga va, à nouveau, croiser le fer avec l'actuel président de la République. Candidat unique de l'opposition, il ambitionne, cette fois, de déboulonner Uhuru Kenyatta qui souhaite se succéder à lui-même. Seule inconnue : les violences qui pourraient marquer le scrutin comme celui qui avait consacré la réélection du président, Mwai Kibaki, il y a dix ans ; on avait enregistré 1.100 morts.

L'émir du Qatar, Cheikh Tamim Bin Hamad Al-Thani, effectue une visite officielle au Kenya, cette semaine. Objectif : renforcer les relations entre les deux pays, et demander le soutien du Kenya, pays qui accueille le bureau régional de l'Unesco pour l'Afrique de l'Est et australe, pour le candidat du Qatar qui brigue le poste de directeur général de l'Unesco, dans quelques mois.