Mauvaise entame d’année 2026 pour l’Union européenne (UE) ! Portant l’Ukraine à bout de bras en raison de son soutien démesuré à Volodymyr Zelensky, elle doit maintenant aussi se préoccuper du Groenland, que convoite son probable futur ex-allié, Donald Trump. Ce dernier a jeté son dévolu sur le territoire sous protection danoise depuis des mois et l’a indiqué à qui voulait l’entendre. Jamais pris au sérieux dans ses déclarations fracassantes, le président américain a, pourtant, souvent agi, conformément, à ses annonces. Ce que finit par réaliser tardivement l’UE.
Les Européens avaient raison de redouter le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, qui ne leur a, certainement, pas pardonné d’avoir pactisé avec l’administration de son prédécesseur, Joe Biden, pour lui mettre des bâtons dans les roues. Aujourd’hui, en position de force, le leader républicain ne se gêne pas et voit parfaitement clair dans les manœuvres de flatteries dont se prévalent ses homologues européens. L’hypocrisie de ceux-ci est connue de tous à Washington DC, qui a choisi de répondre par la seule poursuite de ses intérêts nationaux et géopolitiques.

L’objectif réel de Trump sur le Groenland est de contrôler les routes maritimes de la zone arctique, et ainsi, mettre hors jeu Xi Jinping et Vladimir Poutine, qui pourraient, un jour, décider de s’y intéresser à des fins géostratégiques. L’opposition actuelle la plus radicale au plan de Trump sur ce dossier provient du Danemark, qui refuse catégoriquement toute idée d’un transfert de propriété du territoire groenlandais qu’elle assume depuis des siècles. Mais, la première ministre danoise aura du mal à résister longtemps face à la machine washingtonienne.
Elle n’est ni dans le cœur des dirigeants africains qui lui reprochent d’être l’instigatrice du durcissement de la politique migratoire de l’UE, après l’avoir mis en place dans son propre pays. Ni dans celui de Donald Trump qui voit en elle l’une des mains ayant activement participé au refus du président ukrainien de parapher le projet de paix que son émissaire, Steve Witkoff, avait élaboré fin 2025. Son implication dans le dossier ukrainien et son soutien croissant à l’effort de guerre de Kiev a bondi, au point de devenir le plus important du bloc des 27 Etats membres.

Avec un tel cirque, on imagine l’extase dans laquelle se trouve le Kremlin à l’idée de voir l’élite bruxelloise être prise de panique par la décision de Trump d’appliquer des droits de douane de 15% à 25% au bloc européen d’ici février, en cas de résistance à son plan d’expansion du territoire américain. La question qui demeure concerne ce que peuvent réellement faire les Européens pour riposter et garder leurs rangs serrés. Bien qu’elle ne soit plus dans l’UE, l’Angleterre a déjà indiqué sa non-disposition à une quelconque altercation avec les Etats-Unis.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





