L’ambassadrice de Turquie à Lomé, Muteber KILIÇ, était l’invitée d’honneur du Club diplomatique de Lomé, le 5 mars 2026. Aux côtés du chef de la diplomatie togolaise, le professeur, Robert Dussey, elle a pu dérouler son agenda pour l’année en cours, notamment, la tenue du Sommet Afrique-Turquie, qui se tiendra, cette année, en Libye, ce qui constituera une grande première pour ce pays, qui fut, jadis, prospère, sous la direction de feu le frère-guide, Mu’ammar al Kadhafi. Elle a aussi, longuement, parlé des relations entre la Turquie et l’Afrique.
| Avec deux cent soixante-deux (262) missions diplomatiques et consulaires au total, la Turquie possède le troisième réseau diplomatique mondial. C’est en 2003 que sa stratégie pour le développement des relations économiques avec les pays africains, a été préparée. C’est ainsi qu’une série de nouveaux accords économiques et commerciaux avaient été conclus avec les pays africains, débouchant, en 2005, en une « Année de l’Afrique ». Parallèlement, la Turquie obtenait le statut de pays observateur auprès de l’Union africaine, à Addis Abeba. |
L’approche vis-à-vis des pays africains est alignée avec les principes fondateurs de l’Union africaine qui est basée sur le principe « gagnant-gagnant », un partenariat d’égal à égal et dans le respect mutuel (sur notre photo, l’ambassadrice, Muteber Kiliç, avec le chef de la diplomatie togolaise, le professeur, Robert Dussey).

En tant que partenaire stratégique de l’Union africaine depuis 2008, la Turquie a organisé conjointement avec l’Union africaine, trois sommets sur le partenariat entre les deux parties, en 2008, en 2014 et en 2021.
Le troisième Sommet s’est tenu sur le thème « Partenariat renforcé pour le développement commun et la prospérité », du 16 au 18 décembre 2021, à Istanbul. 38 pays africains étaient présents à ce Sommet, notamment, 16 chefs d’Etat et de gouvernement, 100 ministres dont 25 ministres des Affaires étrangères.
Le quatrième sommet sera organisé cette année en Libye.
Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a effectué plus de 50 visites à 31 pays africains, ce qui fait de lui le dirigeant, qui a visité le plus l’Afrique parmi les chefs d’Etat du monde.
Aujourd’hui, 44 ambassades et 4 consulats généraux de la Turquie sont actifs en Afrique contre 12 ambassades en 2002. Conséquence, la communication et l’interaction entre la Turquie et l’Afrique ont fait de sérieux progrès. La Turquie, selon son ambassadrice, à Lomé, Muteber Kiliç, souhaite accompagner les pays africains dans leur processus de développement économique et social par des projets communs surtout dans les domaines de l’infrastructure, l’agroalimentaire, la santé et l’éducation.

Le volume des échanges avec le continent était de 5,4 milliards de dollars en 2003. Les échanges ont atteint 40,7 milliards de dollars à la fin de l’année dernière. Objectif : 50 milliards de dollars bientôt.
L’intérêt des hommes/femmes d’affaires turques pour l’Afrique a connu un essor considérable depuis quelques années. A ce jour, la Turquie compte des conseils d’affaires dans 48 pays africains.
Selon l’ambassadrice, les investisseurs turcs sont parmi ceux qui créent le plus d’emplois en Afrique. En 2014, elle s’est classée au premier rang en termes de création d’emplois. La cinquième édition des Forums économique et des affaires Turquie-Afrique a été organisée en coopération avec l’Union Africaine les 16 et 17 octobre 2025 à Istanbul.
Pour faciliter les relations entre les deux parties, la Turquie a installé l’Agence de coopération et de coordination (TİKA), qui compte, actuellement, 22 bureaux sur le continent.
De son côté, la compagnie aérienne, Turkish Airlines, dessert 65 destinations en Afrique (41 pays), ce qui facilite les échanges.
Dans le domaine de l’éducation, la Fondation Maarif de Turquie mène une activité importante de diplomatie culturelle en formant des jeunes « Amis de la Turquie » grâce à une éducation de qualité dispensée dans plusieurs pays.
Avec cet objectif, la Fondation fournit des services d’éducation dans 64 pays dont 26 en Afrique. La Fondation poursuit ses activités avec au total de 534 établissements d’enseignement et plus de 75 mille étudiants à travers le monde.
Les bourses turques jouent, aussi, un rôle très important dans le renforcement de notre coopération dans le continent. A ce jour, la Türkiye a fourni plus de 15 mille bourses d’études pour les étudiants africains, devenant l’une des adresses les plus recherchées pour les études en ce qui concerne les jeunes africains. Actuellement, plus de 65 mille étudiants africains continuent leurs études supérieures en Turquie.
La Turquie suit, aussi, de près la situation dans la région du Sahel. Celle-ci est confrontée à des défis structurels liés à l’instabilité politique, économique, sociale et sécuritaire depuis des décennies.
L’instabilité politique persistante s’accompagne d’une violence généralisée, d’une insécurité alimentaire et d’une augmentation des mouvements de réfugiés.
Nous considérons que le renforcement de la coopération régionale et internationale est essentiel pour garantir la stabilité et la sécurité au Sahel.
Qu’en est-il de la relation entre la Turquie et le Togo ?
Depuis l’établissement réciproque des ambassades en 2021 et 2022, les relations entre la Turquie et le Togo se sont développées rapidement.
Le Togo est le meilleur exemple de l’approche africaine de la Turquie en Afrique.
La visite du président, Recep Tayyip Erdoğan, le 19 octobre 2021, à Lomé, a marqué un tournant historique dans le cadre de ces relations bilatérales.

Pour sa part, le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a effectué une visite, en Turquie, dans le cadre de la cérémonie d’investiture officielle de Recep Tayyip Erdoğan, président de la République de Turquie, le 3 juin 2023.
Ces visites sont d’une importance primordiale d’autant plus qu’elles permettent l’approfondissement et la diversification de la coopération bilatérale.
Alors que le volume des échanges entre la Turquie et le Togo, en 2021, avait atteint 128 millions de dollars, celui-ci a atteint presque 270 millions de dollars à la fin de l’année dernière, soit, plus du double. C’est une dynamique que les deux pays entretiennent pour faire du Togo le hub des échanges de la sous-région en direction de la Turquie.





