HONGRIE : Viktor Orban en quittant le pouvoir peut remercier le pro-Russe Péter Szijjarto

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Malgré un soutien inédit venant des trois plus grands dirigeants du monde, Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping, Viktor Orban a réussi l’exploit de perdre des élections législatives face à Péter Magyar, un opposant aux moyens limités. Dans cet affrontement ressemblant à celui de David contre Goliath dans la Bible, c’est surtout, la manière dont le désormais ex-premier ministre hongrois a mordu la poussière qui se passe de tout commentaire.

En remportant deux tiers des sièges du Parlement, le leader du parti, Tisza, s’est assuré de pouvoir diriger le pays sans avoir à s’allier à d’autres partis (photo de la victoire de Péter Magyar). Issu de l’ancien parti au pouvoir, FIDESZ, il a séduit la jeunesse hongroise, désabusée par le bilan d’Orban après 16 années de règne à Budapest. Cette alternance est une occasion de joie dans les cercles fermés de l’Union européenne (UE), dont l’influence, dans les derniers jours, de cette campagne aura été décisive.

En effet, la révélation, par Bruxelles, de l’espionnage de Péter Szijjarto, le ministre hongrois des Affaires étrangères, au profit de Moscou, lors des réunions de l’UE, a été le coup de grâce pour Viktor Orban, éloignant, pour de bon, toute éventualité d’une victoire le 12 avril 2026. Dès lors, la tentative de sauvetage de dernière minute orchestrée par la Maison Blanche, via son vice-président, JD Vance, fut ruinée, faisant de son voyage, à Budapest, un séjour de villégiature. 

C’est d’ailleurs la véritable raison du désintérêt affiché par Donald Trump lorsqu’une fois en présence de Viktor Orban, JD Vance l’appela au téléphone pour lui signifier, séance tenante, les remerciements du premier ministre hongrois pour son soutien. Que Péter Szijjarto soit accusé de flagrant délit d’espionnage traduit un amateurisme indigne d’un officiel de son rang. D’où la décision, assez logique, de lui interdire d’apparaître sur scène près d’Orban lors de la concession de sa défaite.

Le soutien réuni de Vladimir Poutine, Donald Trump et Xi Jinping, n’a pas suffi à Viktor Orban qui a subi une cuisante défaite.

Comme l’a dit Péter Magyar, la Hongrie entre dans une nouvelle ère. Pour les capitales africaines qui n’ont bénéficié que des effets d’annonce du gouvernement de Budapest pendant plus d’une décennie, ce changement démocratique est sans conséquence. Ce qui veut dire que l’Afrique reste ouverte au nouvel homme fort de la Hongrie, à condition qu’il ne fasse pas preuve de son absence de vérité et de sincérité qui a caractérisé son prédécesseur dans ses relations avec les dirigeants africains.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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