Le Togo va, bientôt, lancer une « Nouvelle stratégie pour le Sahel ». Son ministre des Affaires étrangères, le professeur, Robert Dussey, explique les raisons qui poussent son pays à aller dans ce sens.
L’action et l’engagement du Togo au Sahel se sont déployés les quatre dernières années dans le cadre de la première stratégie. Mais, la persistance du terrorisme dans les pays du Sahel et le renforcement de la menace dans les parties septentrionales des Etats du littoral du Golfe de Guinée avec des attaques répétitives, la recomposition géopolitique intervenue dans la région d’Afrique de l’Ouest avec la sortie du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la création de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), sans oublier, le besoin de contribuer au renforcement de la stabilité régionale et des relations économiques et commerciales entre le Sahel et le Togo, ont rendu nécessaire l’option d’aller vers l’élaboration d’une « Nouvelle stratégie (du Togo) pour le Sahel ». Objectif : Permettre au Togo d’intégrer dans son action régionale les évolutions des dernières années, qui sont très significatives pour la région de l’Afrique de l’Ouest (sur notre photo, un tête à tête entre Faure Gnassingbé et Assimi Goïta, à Bamako, le 4 janvier 2023).
Comment le Togo, qui est proche des Etats de l’AES, compte-t-il équilibrer ses relations avec les partenaires internationaux ?
Selon le professeur, Robert Dussey, « La ligne est claire et constante : Coopérer sans dépendre, dialoguer sans renoncer à notre souveraineté. Le Togo entretient des relations constructives avec ses partenaires internationaux, qu’il s’agisse des partenaires traditionnels ou les nouveaux venus, mais, toujours dans le respect de nos intérêts nationaux. Nous croyons que la force du Togo réside dans sa capacité à bâtir des ponts sans se laisser enfermer dans des dépendances. C’est cette posture équilibrée – ouverte mais ferme, pragmatique mais souveraine – qui nous confère crédibilité et respect sur la scène régionale et internationale ».

« En nous rapprochant des Etats de l’AES, poursuit le ministre togolais des Affaires étrangères, nous affirmons notre volonté de maintenir une coopération pragmatique face aux menaces communes. En consolidant nos relations avec nos partenaires extérieurs, nous montrons que le Togo est un acteur fiable et indépendant, capable de dialoguer avec tout le monde sans jamais compromettre son autonomie. Notre engagement est simple : Le Togo coopère avec tous, mais, reste maître de ses choix. C’est cette indépendance assumée qui fait de nous un partenaire respecté et un médiateur crédible dans la région et au niveau continental », conclut-il.
La ville de Lomé, grâce à l’action du président, Faure Gnassingbé, est devenue la principale place diplomatique de l’Afrique de l’Ouest, depuis l’effacement de Dakar.





